Sunday, November 29, 2009

Revolting - Dreadful pleasures (Razorback Records) 2009


Alors que le "death metal mélodique" d'aujourd'hui est devenu synonyme de refrains pop et de riffs compressés avec lesquels vous pourriez faire danser la boum de votre lycée, il y a encore des musiciens avec de la mémoire et beaucoup de passion pour le genre. Roger "Rogga" Johanson est l'un d'entre eux et avec Billy Nocera du label Razorback, ils partagent une passion sans borne.

Nocera l'exprime avec son propre label en signant des groupes de death metal et de doom old school. Johanson, quand à lui, passe son temps a jouer dans une dizaine de groupes différents un death metal purement old school (Paganizer, Ribspreader, Putrevore ou Bone Gnawer avec Kam Lee de Mantas / Death) influencé par les premiers groupes des labels Earache et Peaceville : Autopsy, Dismember, Entombed. Des groupes de death metal capable de découper vivant un bus scolaire avec un son de guitare incisif tout en les faisant headbanguer grâce a un groove immense.

Assisté de Grotesque Tobias (basse) et Mutated Martin (batterie), Roger Johanson joue de la guitare et growl les paroles écrites par Billy Nocera et un dénommé Elektrokutioner. Fait rare, les paroles mérite d'être lu attentivement par tout les passionnés des histoires horrifiques des EC Comics comme Tales from the Crypt et Vault of Horror ("Killer brain ! He wants you for his lunch ! Killer brain ! Your body he will munch !" dans "Brainwaves of death).

L'artiste auteur de la pochette, Jeff Zornow, dessinateur de divers comics comme Vampirella, Halloween ou Warhammer 40000 ainsi que pochettes de disques (Gama Bomb, Gruesome Stuff Relish, Horrific), est clairement influencé par les auteurs de cette époque tels que Wally Wood ou Graham Ingels. Une nuée de référence qui ne laisse pas au hasard la qualité de l'hommage rendu ici au death metal old school.

La production n'a par contre rien d'old school et profite de la technologie contemporaine pour rendre encore plus puissant les neufs morceaux. La basse ronde gronde sous les riffs dont le groove vous attrape la tête pour vous plonger dans une frénésie qui rendra à la longue vos cheveux plus longs et plus graisseux qu'ils ne l'ont jamais été ! Plus qu'un hommage, Revolting poursuit la route tracée par Dismember et Autopsy et vous invite à oublier tout les groupes de death techniques et artificiels au son d'un death metal suédois old school et irréprochable.

Saturday, November 28, 2009

Pyramids with Nadja - Pyramids with Nadja (HydraHead) 2009


Si la pochette vous donne une impression de calme reposant propice à l'isolement, alors vous avez a quoi vous entendre en achetant ce disque. Plus qu'une collaboration entre les membres mystérieux de Pyramids dont on ne connait encore que le contour vaporeux des photos promotionnels et le duo formé par Nadja, ce disque est une fusion entre deux entités dont l'interprétation des préceptes du shoe gaze a été applaudis par leur originalité.

L'écoute de ces quatre titres (pour plus de 55 minutes de musiques) devra cependant se faire dans l'isolement et le calme plus complet pour en apprécier les nappes vaporeuse et le roulement de basse dont la présence, à l'instar du cours d'eau au travers de l'étendu verte de la pochette, se fait discrète tout en alimentant le mouvement de la vie alentours. Les battements de la boite à rythme sont rares tout au long du disque et n'interviennent que brièvement. Les transitions ne sont donc marqués que par les variations dans les couches de sons provenant de guitare, de synthétiseur, de clavier ou de paroles étouffés dont les respirations roulent au gré de l'évolution de chaque compositions.

Celles-ci forment un tout cohérent pour une plongée intégrale dans un univers sonore tout aussi personnelle que celui de chacun des parties intégrés dans le cadre de l'expérience. En plus des six musiciens de chaque formation, Simon Raymonde (Cocteau Twins), Albin Julius (Der Blutharsch), Chris Simpson (Mineral) , Colin Marston (Behold... the Arctopus, Dysrhytmia) et James Plotkin (Jodis, Khanate) participent. Tout n'est pas qu'ambiance et étendu sonore puisque la présence d'un clavier se distingue très nettement mais il n'intervient, par exemple, qu'à 5 minutes passés pendant "Another war" et ne revient ensuite que plus tard. Distingué une structure serait, de toute façon, une perte de temps quand le but est justement de s'abandonner au gré de l'heure passé en compagnie de ces musiciens.

Tim Hecker, Blut Aus Nord, Stockhausen même, sont des noms qui conviennent très bien pour tracer le contours de ce disque. Les influences de chacuns des collaborateurs, de l'indie-rock à l'industriel jusqu'au travail de textures aériennes interviennent tout au long de ce disque pour en faire un album à part. Un disque qui trouvera parfaitement sa place chez les aficionados du label HydraHead ou des artistes cités à condition qu'ils prennent le temps, ferment les yeux et laissent le disque leur parler tout comme on s'allonge parfois dans l'herbe pour ne capter que les sensations autour de soi et nous oublier quelques instants.

Comity - You left us here (Trendkill Recordings) 2009


Depuis As Everything is a tragedy Comity s'est d'abord éteint pour ensuite être raviver alors que la promesse non tenue d'un dernier concert parisien pendant plusieurs mois sans jamais aucune nouvelle. Puis, l'annonce d'un nouveau batteur et de la prise en main de la basse par le chanteur raviva alors les espoirs de tout le monde jusqu'à leur participation au festival Kill the Trend qui les vit reprendre les armes pour interpréter leur deux derniers albums, As everything is a tragedy et ce mastodonte de dix sept minutes.

You left us here est un titre en forme de question de la part du public envers Comity. La conclusion d'As everything is a tragedy pourrait être, en effet, l'introduction de ce nouveau morceau. Lent et parcouru par des hurlements maladifs, Comity délaisse le chaos alambiqué de ses débuts pour une approche toujours aussi complexe et riche en question / réponse entre les instruments. L'intensité dans la lourdeur. L'influence noise rock est beaucoup plus présente mais écrasé par un tempo doom. Une rencontre étrange et unique à la fois nouvelle et pourtant très naturelle dans l'évolution du groupe quand on considère toutes les étapes traversés dans leur carrière jusqu'au monstre de quatre-vingt dix neuf plages qu'ils nous avaient offert avant leur résurrection.

Accueilli comme des fils prodigues dont on attendait plus le retour sur les planches, Comity continue sa vie comme si rien ne s'était passé. Pas de split, pas de reformation, pas de communiqué de presse pour annoncer un retour au source. You left us here prouve que la réputation de ces parisiens n'est pas le résultat d'un hype alimenté par quelques fans bien placés mais la concrétisation d'années de travail et de connivence entre des musiciens pour obtenir un résultat aussi étonnant, vivant et unique dans une scène dite post-hardcore qui s'auto-référence bien trop souvent.

Warsaw Was Raw - Chaajoth (Rejuvenation Records) 2009


Aussi bon cet EP puisse t'il être, la suite s'annonce déjà bien meilleur. Précédemment composé de cinq membres, deux chanteuses, un guitariste, un bassiste et un batteur, Warsaw Was Raw s'est élagué de lui même. Il ne subsiste donc que batteur et guitariste / chanteur pour causer autant de chaos et de bruit que possible. C'est dans cette incarnation que j'ai connu le groupe et je fus par conséquent un peu déçu de découvrir qu'aucun enregistrement n'existe encore de cette nouveau chapitre de la vie du groupe.

Chaajoth sera la marque laissé par le quintet au temps où leur musique ressemblait encore assez à The Locust ou Pg99. Une dizaine d'année plus tôt et Warsaw Was Raw aurait peut être pu faire parti du label Robotic Empire à coté de The Now et Employer, Employee. Le curseur tend plus vers le punk que vers le metal, même si il y en a aussi. Sur l'intégralité des neufs plages des hurlements hystérique de deux chanteuses sautent avec les mouvements épileptique du trio guitare/basse/batterie dont l'épilepsie est tellement avancée que l'on pourrait suggérer un scission des deux hémisphères du cerveaux pour soigner à la dure tous le groupe.

Aujourd'hui les deux seuls membres restant continue de tenir fièrement l'étendard de cette folie chaotique, entre punk, grind et plan metal barrés, et de faire plus de bruit que sur les chansons de Chaajoth. Voilà pourquoi il me tarde d'entendre le résultat studio de ce duo. Aujourd'hui, sous la forme de ce EP d'un quart d'heure, la forme défunte de ce groupe parisien satisfait autant qu'elle frustre par rapport au titres d'aujourd'hui. Cependant, il y en aura toujours qui auront vu ce groupe à cette époque sur les planches et qui apprécieront ce document. Voir même qui regretteront cette époque ! Solide mais remplis de point d'interrogation, Chaajoth a de quoi convaincre sans vraiment satisfaire totalement. L'aventure continue de toute façon et il y aura bientôt une suite à ce EP et une nouvelle occasion de se prendre une plus grosse tatane. Financez donc le groupe avec l'achat de ce disque pour continuer à en prendre plein la gueule!

Thursday, November 26, 2009

Municipal Waste - Massive aggressive (Earache Records) 2009


Depuis leur premier album pour Earache Records, le van municipale a parcourut le monde sans s'arrêter. Tournée, alcool, excès, album et on recommence. Massive agressive est le troisième disque de Municipal Waste pour Earache Records et le quatrième au total. Huit ans de cross-over thrash / punk avec toujours les même vestes a patch et les même bandanas. Le groupe n'a pas changé mais la mode si. L'influence de la petite minorité de thrashers a grandit et d'autres se revendiquent aujourd'hui de la flamme allumé par DRI et Cryptic Slaughter. Le Party Thrash est devenu un emblème. Le marché du beer bong et du surf board ferait bien de les remercier pour tout ces exemplaires vendus à des fans enthousiastes venu faire la fête avec le quatuor Waste.

Seulement le temps passe et la fête devient lassante quand elle est forcée par la demande d'un public dont le concert est la toile de fond de la soirée, pas l'attraction principale. La ligne directrice de ce disque est donc l'agression. Moins de punk, moins de fête, plus de thrash, plus de paroles sur des films d'horreurs. Les "Hadbanger face ripp", "Beer pressure" et "Born to party" de The art of partying sont remplacés par "Wolves of Chernobyl", "Media skeptic" et "Acide sentence". Conscient d'être devenu une attraction, Municipal Waste se ressource dans le thrash et ralentit les riffs, les rends plus menaçant, moins dansant.

L'impression d'une machine fatigué est aussi un présente quand les refrains n'agrippent plus avec autant de folie que ceux des disques précédents. "Wrong answer" fera surement partie du répertoire du groupe pendant longtemps mais je n'entends plus la même envie de tout foutre en l'air et de tout exploser que les trois disques précédents dispensait. Lassitude toute personnelle ou signe de fatigue du groupe, je ne sais encore me décider à ce sujet. Je n'ai juste pas autant envie de faire tourner aussi souvent "Massive agressive" que "The art of partying" et leur album éponyme.

Désormais abonné aux annulations ou décalage de tournée, la France et Muncipal Waste dans un tango agaçant pour un fan désireux de se frotter a l'expérience live. Pas pour se lancer sur un surf board et encore moins pour partager un beer bong avec mes amis mais simplement par passion pour leur musique. J'ai envie de voir comment ces titres sont joués sur scène et si il gagne en puissance. Car malgré le manque d'explosions de caisse clair dont Dave Witte a le secret, et de sing along il reste assez de riffs pour tenir pendant l'hiver et attendre le printemps jusqu'à l'arrivée tant attendu du van municipal venu réchauffer les cœurs et les oreilles.

The Fallen Within - Intoxicated (Coroner Records) 2009


A ce stade du phénomène, il faudrait vraiment un nouveau né pour ne jamais avoir entendu au moins une fois tout les clichés du genre que contient ce disque. D'origine italienne, ce jeune groupe de metalcore ne retient que peu de chose de son origine géographique, en dehors de la voix du chanteur, et suis surtout les marques laissés par Killswitch Engage et Dark Tranquility. Clavier et guitare synthétique, rythmique mécanique et paroles copiés sur Linkin Park. Ce groupe pourrait aller loin si il avait sorti ce même album il y a trois ans. En plein coeur de la mode il aurait surement intéressé quelques fans gourmands des disques du genre. Aujourd'hui repu, Intoxicated porte très bien son nom puisque c'est ce que risque de causer le trop plein de refrains et de riffs mélodiques entourés de mosh part aux fans des artistes précédemment cités. Encore un groupe qui ferait mieux de s'acheter une nouvelle religion avant que le vent ne tourne totalement en sa défaveur, si ce n'est pas déjà trop tard.

Disarmonia Mundi - The isolation game (Coroner Records) 2009


Des groupes peu originaux il en existe des milliers. Des groupes qui invitent le chanteur du groupe dont ils font beaucoup plus que s'inspirer il n'y en a par contre pas des masses. Disarmonia Mundi est donc un clone de Soilwork, purement et simplement, avec a charge d'inviter Speed sur plusieurs chansons afin que l'illusion soit complète et que leur disque ressemble d'autant plus à une compilation de face B de Stabbing the drama. Correct sans jamais dépasser la barre du "supportable, mais pas trop", le chanteur attitré choisit de piller à la fois Soilwork et In Flames en alternant cri rauque et aigus ainsi qu'une voix mélodique emo. Tout les attributs se lisent ensuite comme une liste de course classique pour un groupe du genre : batterie triggée, son compressé et refrains mélodiques à tout les étages. Impossible même de les taxer de débutant puisque The isolation game est leur quatrième disque ! La seule issue pour eux semble donc être la porte de sortie ou un cinquième disque probablement identique. L'industrie du cinéma connait le direct to vidéo, voici le direct to bac à soldes.

Wednesday, November 25, 2009

Puppetmastaz - The Break up (Discograph) 2009


The Break up est l'album post mortem du collectif allemand. Sa sortie marque la fin de leur aventure en tant que la groupe mais pas la fin de leurs carrières respectives. Le concept du disque est donc d'annoncé, non seulement leur séparation, fait accompli sur le skit de la deuxième plage, mais aussi d'annoncer leurs carrières solo! Dénué de fil conducteur, The break up est une mix tape de l'après Puppetmastaz où chaque membre peut démontrer son incapacité à s'éléver au dessus du niveau imposé par les précédents disques du collectif.

La pente est alors très raide dès le début de "Masquerade" dont l'influence principale est Daft Punk (beat funk remixé + auto tune). Une erreur de parcours ? Malheureusement non puisque la chute continue de se prolonger sur chacun des morceaux suivants. L'album souffre alors d'une pluralité de direction mal exploité qui faisait partie du mélange accomplit sur les disques précédents (ragga, crunk, rap west coast) mais qui pris indépendamment perdent toute intérêt.

Sans histoire à raconter, les paroles tournent en rond d'un ego trip minable où tout le monde veut tirer la couverture vers sois sans se rendre compte qu'ils se disputent en réalité un torchon. Dispersé et atrophié, l'avenir sera surement fait de plusieurs disques solos tentant de raviver la flamme en encombrant les bacs et les ipods. L'orientation génèrale semble être vers le crunk et le rap / pop / electro de TTC, la violence et la stupidité outrancière en moins.

Le perpétuel jeux sur les clichés du rap disparait au profit d'un sérieux maladroit pour une bande de musiciens cachés derrière des marionnettes. Un jeu très vite fatiguant et agaçant quand il n'est pas soutenu par un concept et des chansons efficaces. Aucun n'a la classe d'un Dizzee Raskal et tous s'éparpillent dans des chansons de seconde zone, à peine digne de figurer sur des compiles comme on en voit dans les vitrines des épiceries.

La vie des Puppetmastaz s'achève sur une sortie de piste précédé d'une chute vertigineuse depuis le sommet de The Taker over où vous serez bien avisé de vous arrêtez sans regarder jusqu'où nos peluches se sont finalement éclatés.


Tuesday, November 24, 2009

Dj Shadow - Endtroducing... (Mox'Wax) 1996


Aujourd'hui, afin de faire découvrir cette pierre angulaire du trip-hop à une collègue, j'ai téléchargé ce disque depuis un blog pour qu'elle puisse l'écouter sur son lecteur. Celle-ci préfère le format digital au prêt de disque que je lui aurais apporté avec plaisir.

Endtroducing ... est un de mes disques de chevet depuis qu'un ami me l'a gravé sur une compile depuis une version qu'il avait lui-même téléchargé sur les réseaux de peer-to-peer. Un disque échangé sous différents formats dont le contenu est un hommage à l'art du sampling, du digging et donc au vinyle. Composé à partir de la collection d'un mythique magasin de disque de Davis en Californie, ces samples ont été puisés dans la mer de vinyle qui sert de toile de fond à l'interview de l'intéressé dans Scratch. Depuis ce nid où repose tant de vinyle éparse a éclot Endtroducing ...

Reconnu applaudit par la presse généraliste et spécialisé, son nom apparait dans les listes des 100 meilleurs albums jamais produit dans un numéro de Spin Magazine (à la 69 place, entre Maxiquaye de Tricky et The Blueprint de Jay-Z) et Time magazine (entre Time out of mind de Bob Dylan et (What's the story) Morning glory d'Oasis). Un témoignage à la fois de l'éclectisme des classements où on peut le retrouver mais aussi de l'unanimité des journalistes de tout bords à son écoute.

Classé au guiness book comme l'un des seul album réalisé uniquement à partir de sample d'autres albums, Endtroducing ... a aussi popularisé le trip hop (le label Ninja Tune lui doit beaucoup) tout en participant activement à l'histoire de la scène rap et de la scène electro d'une manière générale. Cette attitude musicale est parfaitement illustrée par la liste des artistes, samplés pour la création de ces chansons, dont les frontières musicales sont réduites à la distance entre les différents rayons d'un magasin de disque, comme celui de la couverture. Autant plongé dans le funk et la soul que dans Kraftwerk, Bjork ou Metallica, la liste des artistes se lit comme un voyage à travers les cultures. Paradoxale pour un disque à la sensation aussi organique où les emprunts se superposent avec grâce "comme si le destin avait voulu que ces disques se rencontrent" (comme le décrit Shadow dans ce même reportage).

Ces chansons n'auraient pas aussi bien sonnés si les différents artistes s'étaient rencontrés physiquement dans un studio. Là est tout le talent du Dj pour faire de ce melting pot un joyaux unique. Bien plus que la somme de ses composants.

Endtroducing.... pourrait-il être réalisé aujourd'hui ? Peut-être bien plus facilement qu'en 1996 puisqu'à l'instar de ma méthode de collecte de ce disque, la médiathèque internet donne accès à une réserve inespéré de disques éparses. Le sous sol de ce fameux magasin de disque reproduit à l'échelle mondiale. Le charme de la fouille physique est alors remplacé par le moteur de recherche. La pochette d'Endtroducing... ne sera bientôt plus qu'un vague souvenir nostalgique pour des générations de fans. En revanche, Organ donor continue d'enthousiasmer des générations et des cultures, comme j'ai pu le constater lors d'un récent concert de Dj Krush (le Shadow japonais à la discographie plus conséquente et consistante), et Midnight in a perfect world est toujours une des plus belles chansons au monde.

Dj Shadow @Myspace

Dj Shadow dans Scratch


Dj Shadow - Midnight in a perfect world

Sunday, November 15, 2009

Bloody Panda - Summon (Profound Lore) 2009


Avant même d'écouter Bloody Panda, il suffit de poser les yeux sur une photo pour se rendre compte que sextet n'a rien à voir avec un groupe de doom normal. Autour de la voix de Yoshiko Ohara, aux cordes vocales à la fois angélique et déchiré, six musiciens frappent cordes, touches et percussions pour un résultat bien évidemment des plus sombres.

La place de Yoshiko Ohara n'est pas restreinte à celle de l'enfant perdue ou de l'homme / femme aux vocalises violentes et masculines. Cette jeune japonaise est tout simplement femme et c'est cette sensibilité particulière qu'elle apporte dans Bloody Panda. Une violence et une émotion exprimé avec un registre vocale étendue autant dans les mélodies que dans des cris terrifiant emprunt d'une humanité bien souvent occulté par des chanteurs à la voix gutturale.

Il n'en reste pas moins que de ne parler que sa chanteuse serait se limiter à un joli petit cliché promo pour attirer le chalant. Déguisé sous des robes noirs, ses compagnons apportent chacun une part importante de l'originalité du groupe. La batterie ne se limite pas à une frappe espacé et use de roulement pour briser la monotonie des rythmes funéraires du genre. Ce genre est d'ailleurs le drone doom si l'on veut être précis même si Bloody Panda est aussi à l'aise dans ce genre qu'avec des groupes comme Kayo Dot, Ocean ou Wolves in the Throne Room avec qui ils ont partagés des affiches.

L'autre musicien à l'apport considérable est le claviériste, Blake McDowell chargé du clavier et de l'orgue ainsi que de la voix. Bien que celle-ci ne se fasse pas très bien entendre, le contre pied léger qu'il apporte aux riffs de guitares gras est bienvenue et contribue aussi à l'atmosphère quasi religieuse de Summon. Procession, messe noir, rituel, un vocabulaire qui s'adapte assez bien à ce disque mais qui m'ennuie car trop entendu alors que le produit des influences de ce groupe est bien plus original que la juxtaposition de quelque termes piqués ça et là dans des chroniques de drone doom.

Bien plus variés que Moss ou Monarch!, le sextet américain retient l'attention de différentes manières mais réussit à produire un disque constant alors que l'un des morceaux atteint 21 minutes. Celui-ci est d'ailleurs illustré par le contenu d'un DVD mélangeant images de concert et mise en scène symbolique autour de la chanteuse. L'initiative est à salué et affirme les volontés artistiques du groupe, dénué de prétention puisque la musique s'y prête parfaitement. Un album à la hauteur de la réputation de label hors normes que s'est forgé Profound Lore.


Drumcorps - Grist (Cock Rock Disco) 2006


A l'instar de Bong Ra sur Full metal racket, Drumcorps (aka Aaron Spectre) remixe un genre bien éloigné de son territoire électronique : le hardcore chaotique. Les noms de Curl Up and Die, Converge, Botch, Cave In ainsi que Pig Destroyer apparaissent successivement à l'esprit ou sont référencés dans les titres des chansons, rendant l'emprunt encore plus évident. L'utilisation du riff principal de The Saddest day de Converge est particulièrement réussi et intégré dans une rencontre frontale entre des riffs de guitare déstructures et des beats breakbeat fracturés.

La collusion entre les deux styles est tellement réussi que l'on est en droit de se demander pourquoi personne n'y avait pensé auparavant. Le beat ragga qui introduit "Down" superposé au chant de Steve Brodsky sur "Terminal deity" fait figure de single alors que les deux genres n'ont théoriquement rien à faire ensemble. Il en est ainsi de tout le reste du disque puisque sur dix plages la fusion des genres est accomplis avec beaucoup de maitrise en respectant l'intensité des chansons samplés (Spectre proclame même à l'intérieur du disque son "respect pour les sources" où il a puisé ses samples) en évitant les éccueils des centaines de remixes electro d'artistes metal que j'ai pu entendre auparavant.

Le véritable succès de Drumcorps sur ce disque est d'avoir vraiment compris les genres musicaux dont il tire ses riffs pour les incorporer dans une structure breakcore tout aussi puissante. Rien d'étonnant puisque celui-ci a grandit au son de Converge et de Cave In en allant aux concert de ces groupes dans son adolescence. Tout comme Bong Ra dont le passé est ancré dans la scène metal, Drumcorps rend donc hommage à ses influences en allant plus loin que le simple remixe pour créer de nouvelles chansons. Le seul défaut pour les fans des groupes originaux est que les samples sont tellement faciles a reconnaître qu'il est difficile de s'éloigner de l'idée de remixe (comme "the Saddest day" de Converge sur "Saddist mix")

Cependant, Drumcorps ne s'intéresse qu'à des parties de chansons et crée de véritables chansons autour de ceux-ci. L'emprunt est donc digéré et mis au service d'une musique différente, tout en gardant l'énergie originale et l'inventivité des chansons dont il puise une partie de sa musique.

Saturday, November 14, 2009

Converge - Axe to fall (Epitaph) 2009


Déçu par un You fail me trop décharné alors que j'avais été introduit à l'univers de Converge par Jane Doe et ses riffs monumentals, je redécouvre aujourd'hui Converge sur un Axe to fall très metal où se côtoient des membres de 108, Himsa, Disfear, Cave In, Genghis Tron, Blacklisted, Neurosis, Hatebreed. Ne figure pourtant sur la couverture que le nom de Converge car celui-ci suffit à juger de la qualité du disque. Invité ou non, l'identité du Converge reste constante.

Les interventions des différents musiciens invités n'ont pas tous un intérêt prononcé. Sean Martin (Hatebreed), George Hirsch (Blacklisted), Trivikrama Dasa (108) et John Pettibone (Himsa) passent presque inaperçus si l'on ne tends pas l'oreille. "Effigy" accompagné des trois quart de Cave In prouve surtout à quel point ceux-ci ont été influencés par Converge si ils ont pris part dans l'écriture dans ce titre. De même, les leads crust de Ulfe Cederlund (Disfear) ne dénote pas par rapport aux envolés frénétique riches en double grosse caisse des quatre premiers titres.

Le tempo se ralentit sur "Worms will feed" pour permettre à Nate Newton de soutenir avec un chant plus déchiré que dans Doomriders une mélodie maladive comme en est capable Kurt Ballou. Un apaisement déchiré dont le relâchement permet de souligner la folie vengeresse qui s'empare de nouveau du groupe sur Wishing well. Du pur Converge, possédé et superbement composé, autant dans l'écriture des titres que dans leur enchainement féroce sur des durées allant d'une minute quarante à moins de cinq minutes. Converge n'est plus un groupe de hardcore, au sens strict du terme, mais il en possède toujours l'énergie.

Que dire des riffs de Kurt Ballou autrement qu'ils semblent meilleurs à chaque écoute plus on prête attention à chacun d'eux. La basse de Nate Newton est proprement monumentale. Un son metallique et lourd qui ne s'écoule pas sur la guitare mais marque sa présence. Qu'en à Ben Koller, il ne s'arrête tout simplement jamais d'asperger sa batterie d'une frappe énergique pour un résultat aussi riche que constant en terme de puissance. Un disque placé sous le signe de la violence dont les seuls véritables ralentissement se trouve à la toute fin du disque.

"Cruel bloom", titre folk interprété avec Steve Von Till (Neurosis) au son d'une guitare folk qu'il ne tient cependant pas entre ses mains et d'un piano. Accompagné de trois autres voix, son intervention présente une rupture radicale dans le flot du disque dont le souffle aurait pu manquer,. Épuiser mais toujours habité par la même mélancolie, les décibels reviennent toutefois en force pour conclure la chanson et relever la tête avant le grand plongeon. Fan de Converge et aujourd'hui invité sur ce dernier titre, les trois membres de Genghis Tron ne doivent pas en revenir de leur ascension. Ils relèvent parfaitement la tâche qui leur est proposé en s'appropriant l'atmosphère du disque sur sept minutes lentes et sombre. Les tonalités électroniques des synthétiseurs s'adaptent parfaitement aux paroles d'un romantisme déchiré. Dernière explosion de guitare. "We may get better" peut-on lire à l'intérieur de l'album. Peut-être. Mais on se remettra difficilement d'une rencontre avec un album pareille.

De Magia Veterum - Migdal bavel (Transcendental Creations) 2009


Non content d'être déjà auteur d'un album dantesque pour Gnaw their Tongues, Migdal bavel marque un tournant dans l'existence de De Magia Veterum, autre projet solo du même compositeur.

La tornade annoncé par le EP The Apocalyptic seven beast arisen s'est partiellement apaisé pour un résultat moins intense mais tout aussi puissant. Contrairement à Gnaw their Tongues a l'atmosphère a couper au couteau, De Magia Veterum est une occasion pour son auteur de se tourner vers une musique plus basé sur les riffs de guitare. Alors que Gnaw their Tongues rejoint le black metal dans l'atmosphère, De Magia Veterum est un projet autrement plus violent d'un point de vue sonique.

Proche de Blut Aus Nord à l'époque de The work which transforms God , Migdal bavel présente un visage plus traditionnel malgré sa production, sa boite à rythme tout aussi synthétique et son aura fantomatique gonflé d'effets. Jamais le contenu de ce disque n'aura a être reproduit en concert alors pourquoi ne pas faire partir des sons de tout côté. Tout aussi labyrinthique qu'All the dread and magnificience, l'atmosphère n'est absolument pas la même et exulte une puissance épique et maléfique largement inspiré d'Emperor (période In the nightside eclipse). Des lignes mélodiques triomphe de la carapace bourdonnante d'effets et reigne sur chaque chansons. La basse n'est d'ailleurs présente qu'au troisième plan derrière la boite à rythme, les touches de synthé et les hurlements indistincts caractéristique des projets du fameux Mories.

Contenu dans un boitier cartonné horizontale, l'illustration apocalyptique de couverture évoque lees gravures d'Albrecht Dürer et cloisonne le disque entre deux panneaux. L'appropriation des codes religieux pour créer un artefact unique est très réussis. Une cohérence que l'on retrouve bien entendu sur les dix plages du disques dont deux sont des interludes ambiant habité par un drone de courte durée servant de respiration entre les chansons aux lignes de guitares dissonantes. Le terme de chanson est d'ailleurs très approprié avec des titres comme "Curse of Canaan" ou "Below the altar of R-Hoor-Khuit" aux superbes mélodies bien que le disque trouve toute sa force dans son ensemble. Un seul homme pour deux projets unique et deux disques, tout aussi excellent, produit au cours de la même année.

Between the Buried and Me - The great misdirect (Victory Records) 2009


Fan depuis le premier album éponyme sorti sur Lifeforce, Between the Buried and Me est passé du patchwork metal soutenu par une forte dose de pro tools à un metal progressif toujours aussi varié et plus technique. Sélectionné par Dream Theater après la sortie de Colors, leur album précèdent, pour un festival prog réunissant Opeth et 3. Cette proximité avec les héros du metal progressif les a d'ailleurs marqué dans le mauvais sens si j'en juge par le titre "Desert of song" qui frôle un peu trop le domaine de la ballade sirupeuse et mélodramatique.

Cependant, on est passé a côté du pire : bien que Colors comprenait beaucoup plus de passages en chant clair (tant mieux), l'album aurait put n'en être que constitué (ce qui aurait été dommage). L'alternance est donc toujours présente. Les solos sont aussi toujours là, prog oblige, et l'album s'écoute d'une seule traite comme une plage unique décomposé en mouvements. Rien n'a vraiment changé. The great misdirect est l'album que tout les fans de Between the Buried and Me étaient en droit d'attendre après Colors à l'exception de ceux qui s'imaginaient, comme moi, que le groupe allait évoluer. Se transformer ? Progresser ?!

Between the Buried and Me n'a rien perdu de ses qualités de compositions. Celles-ci s'était fortement accentué sur ce fameux disque précèdent que je ne cesse de citer comme référence, mais stagne aujourd'hui. Autant stagner au sommet de la gloire mais pour l'effet de surprise il faudra repasser. Si le style ne change pas et si la forme n'évolue pas non plus, autant rester chez soi et continuer à écouter les disques précédents. La comparaison avec ses prédécesseurs étant ce qu'elle est, ce nouveau disque en souffre un peu, pris dans son contexte, mais n'en reste pas moins un album très écoutable mais seulement moins enthousiasmant.

Correctement composé mais dénués de surprise pour le fan de longue date que je suis. The great misdirect est un pas de plus dans l'univers du progressif même si l'étiquette en devient malheureusement ironique pour un groupe qui avait toujours franchis, jusqu'à présent, des paliers conséquent dans son évolution entre chaque disque.