Sunday, February 03, 2008

Venetian Snares - My downfall (Planet Mu)


Mes connaissances en matière de musique classique ont toujours été limité par la pureté et la rigueur de ce genre. Elevé au rang de musique suprême, tout ce que l'on place sous le signe de la musique classique n'a jamais sut me toucher justement à cause de ce manque de faux pas et d'erreurs heureuses que l'on retrouve dans le jazz ou dans le rock. Peut être est ce une sorte de manque d'humanité que je pourrais déplorer dans cette musique, ce qui est plutot étrange pour un amateur de metal, un genre qui emprunte justement au classique cette même rigueur dans l'execution des morçeaux. L'emploi d'instruments liés aux classiques (violon et piano en tête) n'est plus une nouveauté et bon nombre d'artistes ont experimentés avec ces instruments en les sortant de leur contexte pour les introduire autour d'autres instruments dont je vous épargnerais la liste. Venetian Snares lui même avait endossé le costume de chef d'orchestre sur, le maintenant fameux album, Rossz Csillag Alatt Született pour mélanger ses rythmiques chaotiques, complexe, violente mais jamais répétitive. "My downfall (original soundtrack) se place comme une sorte de continuation, mais uniquement en apparence. Loin, très loin de sa personalité traditionnel et atypique, le costume qu'endosse Aaron Funk est ici plus proche du poète maudit, du compositeur grandiose et solitaire, de l'artiste intouchable.

Les rythmiques electroniques n'ont pas droit au premier rôle pour une fois car ils sont remplacés par un orchestration complexe et sublime où se mèlent violon, violoncelles et autres instruments a corde de la même famille ainsi que des choeurs angéliques placé là tel des muses divines qui accompagnent l'auditeur et le compositeur dans cette lente, douce et sombre depression. Car, titre trompeur, "My downfall (original soundtrack) n'est pas censé accompagner des images mais un récit intérieur dont on ressort affecté. Les quelques passages les plus violents où la caisse clair samplé se mélangent a des sonorités empruntés à la techno hardcore ("Integration") sonnent presque comme des respirations en comparaison avec les sombre chants que l'on entend pointer dans le fond. Les pulsations s'excitent mais la pression redescend pour que la chute continue (Hollo utca 5) sous fond de violons mélancolique. A n'en pas douter, Aaron Funk a surement vécu un évenement particulièrement déchirant pour composer cet album. Mais si "My downfall" peut être vécu comme le récit d'un echec personnel, c'est par contre un document qui relate une victoire indiscutable contre ses propres démons et ce que l'on pourrait attendre de lui en tant que compositeur de musique electronique.

Comme je le disais en introduction, ce que je ne ressent pas et ce que je ne peux ignorer en écourant ce disque, qui a pourtant presque tout d'un disque de musique "classique", c'est l'âme et l'émotion qui s'en dégage. Non seulement le mariage des sonorités est parfaitment réussi mais la maestria avec lequel Venetian Snares place chaque rythme et dirige ses instruments dans mille et une direction relève du génie pure. Surement est ce que parce que j'ai découvert ce disque au moment opportun où mes sentiments et mes gouts musicaux étaient dans une conjonction propices mais je pense malgré tout qu'un observateur extérieur plus "impartiale" ne pourrait me refuser des adjectifs comme "unique", "hors du commun" et "saisissant" pour décrire cet album. J'irais même jusqu'à dire que "My downfall" se place au même rang que le dernier chef d'oeuvre de Ulver qui a tant fait l'unanimité sur ce site et partout ailleurs. On y retrouve aussi la passion et la réinvention du classiue, la maitrise de chaque détail ... et puis surtout cette émotion si sombre mais si entrainante. Personnel et universel à la fois, tout dans ce disque crie, se tord et s'apaise finalement sur une avant dernière plage révélatrice, "How I could say I love you". Un disque complexe et magestueux pour une confession simple mais pourtant toujours aussi complexe, même pour les dieux.

No comments: