Saturday, June 23, 2007

Despised Icon - The ills of modern man (Century Media) 2007


"The healing process" était la carte de visite de Despised Icon après un première album passé inaperçut. Le changement de chanteur, deux pour le prix d'une, avait été salutaire au groupe et procurait une dynamique meurtrière au deathcore explosif du groupe. Mosh part après mosh part, "The healing process" ne laissait qu'un paysage devasté dans son sillage pour marquer son territoire. Une réussite que j'avais acclamé avec conviction dans ma chronique précédente et qui n'a pas faiblis depuis. Enfin ... pas jusqu'a "The ills of modern man". "The healing process" était un monstre de violence, efficace et agressif, qui prenait le meilleur du deathcore pour en faire un condensé résumé en neuf titres d'une rare violence. Jouissif en somme. Mais en comparaison de ce nouveau disque, ce n'est plus autant le monstre qu'auparavant. C'était un bon album, mais voilà encore mieux, et encore plus monstrueux. Par cet album, Despised Icon s'échappe progressivement du moule dans lequel ils se sont placés et test donc de nouvelles méthodes de pulvérisation des foules. Leur prestation scénique avant la sortie de ce nouvel album était déjà excellente alors je n'ose imaginer ce qu'elles donneront quand ils joueront plus de nouveaux titres.

Avec "The healing process", les explosions de blast et les riffs simple mais groovy était de rigueur. "The ills of modern man" par contre se focalise plus sur des riffs death metal que l'on ressent beaucoup plus et un rythme parfois beaucoup plus lourd, sinon beaucoup plus rapide. Pas de demi mesure. Les mosh part sont toujours là mais en moins grand nombre. La surenchère de groupe dans ce domaine durant les mois précédents ont bouché le créneau complétement et les mains des chroniqueurs ne peuvent déjà plus tenir toute la production du genre tellement elle devient massive. Despised Icon a donc pris une excellente décision en ouvrant leur musique a un death metal plus basé sur des riffs et moins sur une rythmique dementiel. Que l'on ne s'y trompe pas, celle ci est toujours présente. Mais en contre partie, on a droit aussi a des chansons beaucoup plus mémorables et variés, comme sur "A fractured hand" et son riff au consonnance black metal précédé par un rythme hardcore. Les deux chanteurs jouent encore avec leurs cordes vocales pour procurer encore plus de variété a leurs échanges. Dispensable en théorie, leur présence en concert est determinante pour faire de Despised Icon cette machine a détruire les fosses.

L'aspect "core" de leur musique n'est donc plus aussi dominante qu'auparavant et s'est vu troquer pour des riffs et des rythmes plus metallique. Plus death metal et beaucoup moins deathcore ou même metalcore, "The ills of modern man" est non seulement un meilleur album mais laisse entrevoir un futur encore plus réjouissant. Pensez bien qu'avec un tel saut de kangourou entre leurs deux albums, il y a beaucoup a esperer de la suite des aventures du groupe. Et quand on entend la dernière chanson, "Painted blue ornaments", on peut commencer a réver a des réveils encore plus difficile. Car a force de répéter constamment que Despised Icon est un groupe violent et "vachement bien pour tout casser en concert" on en finis par oublier que ceci n'est pas juste une machine a faire bouger les ados a ceinture blanche mais surtout six musiciens qui ne font pas qu'enchainer les riffs violent mais construise des chansons en forme de char d'assaut, solides et mémorables. Or, cette dernière, si elle laisse présager de l'avenir, montre une tout autre facette du groupe. Tout est présent comme sur les autres chansons, mais pas vraiment aux mêmes endroits. Ainsi, deux minutes passe et l'on se retrouve avec un break où les deux chanteurs posent en même temps pour un effet des plus puissant. Une minute se passe et un lead mélodique et métallique emmène la chanson vers sa conclusion. Et après s'être enfilé neuf titres de violence pure, c'est une véritable révélation que de voir le groupe laisser filtrer un filet de lumière entre tout leurs riffs gras et sombre. Une initiative ingénieuse qui pousse encore plus le disque dans la catégorie des albums qui feront la différence quand la vague deathcore aura reculé et que tout les clones auront finit de profiter de l'opportunité. Despised Icon s'affirme ici comme un groupe mature destiné a un futur beaucoup plus interessant que leurs pairs, cela ne fait aucun doute.

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