Sunday, January 04, 2009

Xanopticon - Psicite (Hymen)

Un des artistes qui aura le plus marqué mon année 2008 est sans conteste Xanopticon. Déjà obsédé tout au long des douze mois par l'éclectisme et le renouveau continu de Venetian Snares, la découverte de cet autre artiste electro que l'on classe dans le foutoir breakcore fut un moment de jouissance musicale. Le genre de moment qui arrive rarement. Celui qui marque la découverte d'un nouvel artiste favoris.

Il n'y a rien dans la musique de cet américain, originaire de Pennsylvanie, que je ne puisse détester. Sans employer aucune référence au metal extrême; Xanopticon propose une musique où la rythmique aussi chaotique qu'explosive se pose sur de mélodies froides et sombres. En terme plus metal, imaginer si vous le pouvez la rencontre entre les rythmes les plus rapides et complexes de Agoraphobic Nosebleed et les mélodies glaciales de Darkspace.

Xanopticon ne construit pas des édifices sonores, il les brise à la même vitesse qu'il construit son propre univers. Dense et unique, le spectre de Aaron Funke (Venetian Snares) apparait de temps à autre mais le travail rythmique de Xanopticon est juste beaucoup trop dense et impossible à suivre pour que l'on puisse pousser plus loin la comparaison. L'essence du breakcore en tant que genre, tel qu'il est définit par ces acteurs les plus marquants (Venetian Snares, Aaron Spectre, Hecate ...) dans le reportage (visionable sur google video) "Notes on breakcore", est de ne pas être limité par des stéréotypes et des clichés. L'apparition de tel schémas signerait l'arrêt de mort de cette scène et la signera surement un jour. C'est ainsi que chacun se distingue, plus méconnaissables les uns que les autres mais mue par le même désir de remuer le amen break (le sample rythmique le plus utilisé au monde) de toutes les manières possibles et imaginables.

Xanoption s'identifie à cet objectif et offre en conséquence un monde à part. En quatre titres on a le temps de vivre tel un électron perdu dans le réseau neuronale de parcourir tout une architecture de cellule et de voir s'allumer et se bousculer les réponses du réseau. Tel est la variété et la folie de ce monde sonore. L'expérience est cependant beaucoup trop courte pour que l'on crie au chef d'œuvre. Surveiller par contre très attentivement ce nom et découvrez a votre tour son talent et son originalité. Avec un peu de chance, il arrivera bien un jour sur le macadam parisien pulverisé des tympans. Et ce jour là, je serais au rendez vous.

Friday, January 02, 2009

Candiria Itw

Pourriez vous nous résumer rapidement ce qui s'est passé dans le groupe et avec le label entre l'enregistrement de Kiss the lie et aujourd'hui ?

Je ne pense pas qu'il y ait une manière courte d'expliquer tout les événements qu'ont traversés le groupe avec le label et entre nous jusqu'à aujourd'hui. Il y a tellement de choses qui sont arrivés et ont affectés la sortie de l'album.
Un des facteurs les plus importants fut le départ de certains membres. La décision de Ken (Shalck, batterie) d'en finir avec Candiria et de déménager pour la côte ouest pour tout recommencer en laissant le groupe sans un de ses membres clé. En ce qui concerne le label, ils ne voulaient pas sortir le disque après son départ même si ils y sont obligés contractuellement. Moi et Carley (Coma, chant) nous nous sommes battus le plus que nous pouvions pour que l'album sorte après que le disque soit enregistré mais le label ne voulait rien entendre. Nous ne sommes pas encore totalement sûr des raisons pour lesquels le label a décidé de nous autoriser a le sortir au bout de deux ans. Nous en somme content ceci dit.

- Souvent les musiciens ont du mal à parler de leur nouvel album car ils viennent de finir de l'enregistrer mais, puisque l'enregistrement de Kiss the lie date d'assez longtemps maintenant, comment le décrirais tu par rapport aux anciens albums de Candiria ?

- Kiss the lie est un album très intéressant. Il a été écrit a une période très étrange dans nos vies. Dans un sens, il n'a rien rien a voir avec nos albums précédents mais c'est tout de même un album de Candiria du début à la fin. Il est mélodique mais beaucoup plus sombre que What doesn't kill you. J'en suis très fier. Je pense qu'on y entend le meilleur travail de Carley Coma, autant vocalement que dans les paroles. C'est tellement un musicien génial avec qui travailler car il entretient une optique d'écrivain tout en poussant pour la perfection dans l'écriture des chansons. Il est aussi très ouvert aux nouvelles idées et je pense que sur cet album en particulier il a accompli des choses qu'il n'avait encore jamais faites. Je venais de sortir d'une période difficile avec une femme ce qui a amené a une rupture très douloureuse. Carley a puisé dans mon expérience personnel et l'a aapliquer a sa propre expérience pour créer la majeur partie du thème des paroles et du concept de Kiss the lie. C'était une très bonne manière pour moi de me sortir du aléas des émotions que je subissais à l'époque. Dans un sens, je pense que Carley savait qu'en me poussant a me plonger dans ce problème avec lui il allait obtenir le meilleur de moi même ... je suis heureux qu'il l'ait fait. Cela lui a donné à lui et au reste du groupe une plateforme sur lesquels s'appuyer pour créer autour des idées de chansons que j'avais. Ca ne va pas pour autant dire que j'ai écris toute la musique sur ce disque. Tout le monde y a participé énormément. Toutefois, la majeur partie de l'inspiration des chansons pour ce disque est venu de ces expérience et du temps que j'ai passé en dehors du groupe.

Aviez vous un but précis en enregistrant Kiss the lie ?

D'un point de vue personnel, oui. Je voulais créer un disque qui experimer ce que je vivais à l'époque. En tant que groupe, je pense que nous essayions juste de faire le meilleur album de notre carrière jusqu'à présent.

Pour en revenir aux origines de Candiria, quels étaient tes influences quand tu les a rejoint ?

Mes influences étaient très variés à l'époque. J'écoutais beaucoup de musique progressive. King Crimson, Yes, Floyd. Puis il y avait l'acid funk jazz comme les albums de Miles Davis de la fin des années 60 et du début des années 70, Bitches brew, On the corner, The Mahavishnu Orchestra, Wayne Shorter, Weather Report et d'autres grands artistes de cette période. Quand j'ai rejoint Candiria vers la fin 96, je m'adaptais juste à un groupe aussi divers et énergique que Candiria.

De quels groupes faisais tu parti avant de rejoindre Candiria ?

Je jouais dans quelque groupe avant Candiria mais j'étais dans Dead Air, avec Michael MacIvor (bassiste de Candiria), quand j'ai rencontré le reste des membres de Candiria et suis devenu ami avec eux.

Penses tu que de venir de Brooklyn ait eu une influence importante sur votre musique ?

tout a fait. New York est une ville d'où l'ont peut tirer beaucoup d'inspiration musicale. Il y a tellement de cultures différentes qu'il est difficile de ne pas être influencé par certaines. Je pense vraiment que cela a eu un grand impact sur le son de Candiria et ses membres en tant que musiciens.

- La plupart des chansons de Candiria traverse de nombreux styles de musiques et de nombreux instruments, surtout sur vos premiers albums. Pourrais tu décrire le processus d'écriture qui vous a fait décidé a chaque fois quel instruments spécifiques utiliser (de la cornemuse, par exemple) ou de passer d'une partie jazz à une partie metal puis à une partie plus rap.

C'était un processus très organique. Je pense que nous étions tellement jeune quand nous créions ces albums que nous voulions juste voir ce qui se passerait si nous mettions de la cornemuse à la fin d'une chanson ou si nous faisions tomber un micro d'une feneêtre au milieu de la quatrième avenue dans Brooklyn et enregestrions 15 minutes des sons de la ville pour l'insérer dans un session de jam ambiant. Ou si nous utilisions un Rhodes (une marque de piano) pour jouer un riff de guitare écris à l'origine pour être une mosh part. C'était juste de l'expérimentation. Tout cela était une sorte d'apprentissage pour nous j'imagine.

Chaque album de Candiria a une chanson rap avec beaucoup de différents rappeurs. Je me suis toujours demandé si la chanson "Words from the lexycon" (sur "300% density") était un freestyle ou si il y avait des paroles avant l'enregistrement. Aussi, y'a t'il une chanson rap sur Kiss the lie et, si oui, qui sont les rappeurs ?

- Pour être honnête, je ne suis pas certain si il y avait ou pas des textes écrit pour "Words from the lexicon". Je n'ai pas écris pour cette chanson. J'ai juste trouvé le titre. Il n'y a pas de chanson rap sur Kiss the lie.

- Auparavant chaque couverture d'album de Candiria a était réalisé par Coma graphic. Pourquoi avoir fait appel à Seldon Hunt pour cet album ? De plus, avez vous pris part dans le processus de création ou avez vous laissé Seldon Hunt vous suggérer des designs ?

Seldon Hunt est devenu un bon ami au cours des dernières années et il est très talentieux. De plus, comme Coma Graphics n'est plus en activité ... c'était logique de lui proposer.

- What doesn't kill you était un album plus mélodique pour Candiria. Qu'est ce qui a motivé cette tournure et quel a été la réaction de vos fans ?

- Carley voulait aller plus loin avec sa voix. Il était fatigué de ne faire que crier. Il s'est ressenti capable de délivrer un message plus fort avec de la mélodie et j'étais d'accord. Il y a toujours des gens pour penser le contraire. On ne peut pas plaire a tout le monde. Il y a des personnes qui seraient heureux si nous réécrivions Surrealistic madness encore et encore mais nous en sommes incapable. Nous sommes des personnes beaucoup trop créatives.
Quand nous avons commencer a écrire pour What doesn't kill you nous avions l'équivalent d'un album de chansons dans la veine de Process of self development et de 300% density mais aucune ne nous plaisaient. Nous avions l'impression de devenir une parodie de nous même. Nous savions qu'il était temps de de partir dans une nouvelle direction. Le probleme était, quel direction et a quel vitesse ? C'est cela qui m'a amené a quitter le groupe. Ca et les problemes personnels que j'avais a ce moment là.

- Que penses tu de What doesn't kill you aujourd'hui ?
Je pense que What doens't kill you a était très bien enregistré. Je pense qu'il y a de très bons moments. Je sais que le reste du groupe croit beaucoup dans ces chansons. D'un point de vue personnel, je pense que certaines s'éloignent trop d'où nous étions partis avec The Comaa Imprint (la réédition remixé de leur premier disque).

- Quel et le futur de Candiria aujourd'hui ? Penses tu que vous pourrez de partir en tournée pour cet album et revenir en Europe ou est ce que le groupe est finit ou ne va continuer a ne jouer qu'en studio ?

- Je ne suis sur de rien. Maintenant nous essayons juste de rattraper le temps perdu. Nous n'avons pas crée de disque depuis longtemps. Les seuls membres officiels de Candiria actuellement sont moi et Carley Coma pour continuer a faire des interviews et tout ce qui sera nécessaire pour garder le nez hors de l'eau. J'essaye de motiver les autres et je pense qu'ils sont un peu plus enclins a contribuer aujourd'hui. Nous avons aussi parlé de jouer quelque concerts prochainement donc peut être qu'au printemps ... nous verrons.

- Quu fais tu actuellement ?
- Et bien, nous sommes tous devenu millionnaires maintenant et nous vivons donc maintenant une vie dans le luxe en baisant des salopes et en conduisant des pures voitures de sport en buvant des bouteilles de petillant. C'est ce que pense les gens en tout cas ... Donc afin de mettre les pendules à l'heure, personne dans le groupe qui a vécu l'accident n'est riche. J'ai un travail, je bosse au bar le Lucky 13 dans Brooklyn. Venez me voir si vous voulez. Je vis dans un appartement avec trois chambre à Brooklyn avec deux colocataires car la vie à New York est beaucoup trop cher. Les gens pensent que si ils le lisent alors c'est la vérité.

- Quels sont les personnes qui participent à l'album de remixe de Candiria et sais tu quand il sortira ?

- L'album de remixe que nous allons sortir va être génial. Dalek, Dub Trio, Kayo Dot, Ben Weinman (guitariste de The Dillinger Escape Plan), Rocky George, Spylacopa et Navicon Torture Technologies sont certains des personnes impliqué dans la transformation ou le remixe des chansons. Je suis très excité par ce projet. Je ne sais par contre pas exactement quand il sortira. J'étais un peu pris au dépourvu quand j'ai appris par téléphone que Kiss the lie allait enfin sortir donc la sortie de l'album de remixe a été repoussé. J'ai commencé mon propre label. Rising Pulse Records. Je vais sortir dessus le vynil de Kiss the lie, la série de remixe appelé "Toying with the insanities" ainsi que le premier EP de Spylacopa pour le moment. J'aime sortir des disques, c'est amusant même si c'est aussi difficile.

- Le nouvel album va sortir en vynil et en CD. Pensez vous sortir les albums précédents de Candiria en vynil aussi ?

Kiss the lie ne sortira qu'en vynil en fait, je n'ai la permission que de presser des vyniles.


Au sujet de Spylacopa

- Qu'est ce qui a motivé le passage d'un projet ambiant a un groupe plus rock pour Spylacopa ?
- En fait, nous n'avons pas vraiment fait de changement d'un genre à un autre. Nous avons juste senti le besoin d'écrire des chansons plus lourdes et de s'éloigner de l'ambiant un peu. Greg Puciato m'a envoyé une demo d'une chanson et cela nous a donné envie d'écrire dans cette direction. Nous n'avons pas abandonné l'ambiant ou l'expérimentation.

- Etant donné que toutes les personnes qui ont participé à Spylacopa ont chacune un emploi du temps chargé, comment as tu travaillé avec elles pour la composition des chansons ?
- Nous avons beaucoup partagé des fichiers en nous emailant les uns les autres et quand chaque membres avait du temps ils se déplacaient pour venir travailler sur les chansons.

Est ce que Spylacopa est un groupe ou un projet centré sur toi et Greg Puciato ?
- C'est plus un projet studio qu'un groupe à ce jour mais cela peut évoluer. Moi et Greg avons beaucoup écris ensemble pour le premier EP et continuerons surement ainsi.
Mais, Jeff et Julie sont des gens très créatifs aussi donc nous laissons les choses ouvertes pour le futur.

Tuesday, December 30, 2008

The Faceless - Planetary duality (Summerian Records) 2008

A l'époque où j'ai chroniqué "Akeldama", le premier disque de The Faceless, j'avais pris ce groupe pour un Necrophagist light comprenant les traces de l'influence de Cynic ou de Dimmu Borgir pour ce qui était des touches de clavier. Piètre raccourcis que j'avais alors fait histoire de simplifier les choses. Elles viennent se compliquer avec bonheur sur "Planetary duality" et je peux donc ranger mes comparatifs car the Faceless est devenu beaucoup plus qu'une copie sans sucre ajouté.

La petite touche Cynic qui pointait du nez à mon écoute d'Akeldama est aujourd'hui beaucoup plus prononcé et assimilé au sein de composition qui n'en perte pas moins en agression et énergie. Cynic n'ayant jamais était qu'un groupe de death metal sur le papier pour faire plaisir à un label cherchant a ranger sous la même étiquette un ensemble de groupe qu'il pouvait vendre à la faveur d'une mode porté sur le death metal, The Faceless est donc beaucoup plus digne d'être associé à ce genre. L'échange growl / voix robotique est tout de même conservé avec en prime des vocaux mélodiques dénués d'effet et correct manquant encore un peu d'assurance.

Les Dimmu Borgirisme ne sont plus du tout au rendez puisque le clavier fait un pas en arrière sur cet album et évite tout épanchement gothique cliché. Son apparition sur "Legion of the serpent" pour un effet digne d'une fête foraine décrépi est par contre surprenante et un peu décalé mais pas vraiment désagréable non plus. L'effet "machine à écrire" employé sur la batterie n'est par contre pas vraiment du meilleur gout bien que l'ensemble de la production soit assez synthétique pour que ce cliquetis absolument pas naturel ne dénote pas tant que ça. "The Faceless" est de toute manière un groupe plus brutal que progressif malgré ses emprunt à un des monument du metal progressif. Mélodique et original tout en étant violent, voilà ce que the Faceless réussit a être tout à la fois sur "Planetary duality". Les mosh part deathcore ont même disparu afin d'asseoir définitivement le groupe dans la scène death metal et loin des mèches.

Les meilleurs moments de ce disque sont toutefois ceux où The Faceless varie le tempo et rentre en mode instrumental sur les deux plages instrumental de fin. Un sample de voix extrait de l'émission radio de Art Bell où un homme explique son enlévement par des extra terrestres et une implication du gouvernement américain par le biais de la fameuse Zone 51 (ce fameux appel téléphone a aussi été utilisé par Tool sur la chanson "Faaip de Oiad" de l'album Lateralus). Le rythme devient alors un peu plus Meshuggah et l'atmosphère se fait plus épique. Une conclusion ont ne peut plus approprié pour un groupe très prometteur dont le deuxième disque leur permet de rejoindre les rangs des immanquables du death technique (Odious Mortem, Necrophagist, Arsis ...).

Jeff Loomis - Zero order phase (Century Media) 2008

A l'écoute de ce disque, une chose est sur : Nevermore ne se résume pas à Jeff Loomis. Efficace et totalement instrumental, chaque chanson, bien que cohérente et bien écrite, est une occasion pour lui de montrer ses prouesses sur son instrument. Si il fallait donc encore discuter des qualités technique de ce musicien, la discussion s'arrêterait sans doute à la première chanson. Jeff Loomis est bon. Jeff Loomis sait très bien jouer de la guitare. Ses solis ont du feeling mais ne s'éloignent pas des jalons metallique posés par son groupe. Les dix titres de Zero order phase sont un condensé des qualités guitaristiques que l'auteur propose dans Nevermore. Toutefois, Jeff Loomis n'étant pas Nevermore, on se retrouve avec un grand trou à la place de l'excellence et de la puissance des disques du groupe principal.

Ce manque se fait surtout sentir quand à la place des lignes vocales sortant de la bouche de Warrel Dane ce sont des solis incessant que l'on trouve. Je n'ai pourtant rien contre la musique instrumental. Electro Quarterstaff ou Behold ... the Arctopus, deux groupes que j'adore, sont totalement dénués de voix et ne compensent pas avec des samples. L'absence de voix est d'ailleurs une force pour ces groupes puisqu'ils en tirent des compositions largement différentes de celles de leurs pairs. Zero order phase est par contre un disque mélangeant thrash et heavy à la manière de Nevermore sans pour autant l'émotion apporté par la voix de son chanteur attitré ou l'interaction génial entre les autres musiciens.

Les associés de Jeff Loomis ne sont pourtant pas en reste. Le jeu du batteur est on ne peut plus varié et permet à toutes les plages du disque d'être dynamique et bien distincte. De même, le solo de basse de Michael Manring sur "Cashmere said" est fort à propos et complète parfaitement la composition de Loomis. Pour un premier album solo, on ne pourra pas non plus critiquer Loomis sur son manque de variété. Son style reste toutefois le metal tel qu'il le pratique au sein de son groupe. En ne s'éloignant donc pas de ce qu'il fait dans Nevermore, l'absence de ses camarades se fait donc cruellement sentir. Je ne suis pas un habitué des albums solos de guitariste donc je ne pourrais comparer avec d'autres efforts relevant de la même catégorie. Ce qu'il apparait donc pour moi est principalement le manque d'autres musiciens dans un disque de metal qui se veut être une version instrumental d'un groupe qui a gagné sa popularité grâce aux talent de chacun de ses membres.

Zero order phase s'adresse donc uniquement aux fans de technique et à tout ceux dont la bave se répand devant les mouvement si habile et précis de Loomis sur son instrument. Ceux là y trouveront leurs compte de même que la partie de moi même qui adore la technique prend du plaisir en entendant Loomis jouer. Je ne peux par contre encenser ce disque auprès de tout les fans de Nevermore car ceux ci n'y trouveront pas leur compte. Dommage mais il y a fort a parier qu'un deuxième disque pourrait corriger les erreurs de celui ci en proposant des collaborations avec plus de musiciens et / ou en explorant d'autre styles.

Friday, December 26, 2008

Spylacopa - Spylacopa (Rising Pulse) 2008

Trop longtemps bercé par Bioman et les Power Rangers, j'ai continué a penser qu'en musique l'addition de couleurs différentes (ici de musiciens de groupes différents) pouvait donner un résultat qui soit plus que la somme de ses part.

Quel déception de me rendre compte que toutes ces années passés à croire dans la logique des super robots ne m'aura rien apporté. Pire, on m'a trompé ! Spylacopa n'est pas un hybride de Candiria, The Dillinger Escape Plan, Isis et Made Out of Babies dont l'addition a engendré un première EP fantastique et merveilleusement originale !
Déception.
Spylacopa n'est cependant pas un projet a oublier ou une note de bas de pages dans la biographie des musiciens qui y sont associés. Ce n'est juste pas la rencontre que l'on aurait été en droit d'attendre.

Tout d'abord, Spylacopa n'est plus un projet ambiant comme à ses débuts quand John LaMacchia manipulait des sons seul derrière son ordinateur. D'un projet solo, l'addition des trois musiciens a fait de ce nom un groupe où le talent de chacun se fait entendre. Julie Christmas hurle et chante avec sa voix de petite fille qui aurait grandit trop vite, Greg Pucciato vitupère aussi et chante des mélodies qui plairont aux fans des albums "Miss machine" et "Ire works" de The Dillinger Escape Plan. Jeff Caxide pose quand à lui des lignes de basses reconnaissable facilement dès qu'elles remontent bien dans le mixe. Des quatre c'est celui dont la présence se fait le moins sentir. L'influence d'Isis se fait toutefois sentir dans certains riffs et dans les moment plus ambiant.

L'homme qui surprend le plus dans ce quatuor est donc John LaMacchia dont la musique solo n'a rien à voir avec les riffs qu'il produisait au sein de Candiria. Accrocheur et fidèle a un schéma couplet/refrain/couplet quand il appuie sur la pédale de distorsion, il se veut ensuite l'auteur de plages ambiantes, douces et aériennes dès qu'il se retrouve seul sur "Together we become forever". Ses riffs de guitare sont toutefois aussi saccadés et variés que dans Candiria. C'est le produit plus mélodique et très "rock" qui en ressort qui surprend surtout en fait. Comment s'attendre a ce qu'une brochette de musicien étiquetté "underground" et "arti" fasse une musique aussi "consensuel". Oui, ça fait beaucoup de guillemet mais Spylacopa est un projet qui flotte entre tellement d'eaux et de siège que l'on ne sait bien comment le décrire et comment il évoluera.

Les fans respectifs de tout les groupes se retrouveront donc difficilement dans ce premier EP. Chacun y verra bien la touche de son musicien favoris mais, pas le groupe. Logique en même temps. Bref, après avoir tergiversé sur la question et tourné autour du pot, il me reste à dire qu'après avoir été un peu déçu par ces cinq titres, j'y ai finalement trouvé assez de bonnes choses pour le faire tourner régulièrement. Tout simplement parce que de " Bloodletting" à "I should have known you would" la variété des ambiances, des mélodies et des émotions font de ce premier effort une entrée en matière engageante dont le produit reste bien en tête. A la place d'un robot géant IsisMadeoutofCandiriaEscape Plan ou a juste Spylacopa et ce n'est pas si mal que ça.

Best of 2008

Les 10 albums

Meshuggah - Obzen
Une année où sort un album de Meshuggah est une année où un album de Meshuggah doit se trouver dans mon top des albums de l'année. C'est aussi simple que ça.

Genghis Tron - Board up the house
Le jeune groupe que personne n'attendait rafle la mise et dépasse les attentes que le prometteur et génial "Dead mountain mouth" avait délivrés.

Kayo Dot - Blue lambancy downward
Toby Driver sait faire beaucoup de choses sauf une, me décevoir. Le Kayo Dot 2008 est plus coloré et changeant mais ce n'est pas pour me déplaire.

Verse - Aggression
Hardcore ou pas hardcore, ce disque m'a touché instantanément et continue de m'affecter comme peu de disques savent le faire.

The Cool Kids - The Bake Sale EP
Tout simplement l'album le plus accrocheur, désinvolte et enthousiasmant que j'ai entendu cette année.

Gnaw their Tongues - An epiphanic vomiting of blood
Sombre, effrayant mais vivant et original. Chaque plages trouve sa propre voix et permet à ce disque de franchir le pas qui le sépare des expériences intéressantes à celui des albums cohérent et complexes.

Venetian Snares - Detrimentalist
Cette année le breakcore du canadien le plus attendu de la scène electro se colore de jungle et de ragga et reste donc toujours aussi imprévisible et génial.

Krallice - Krallice
Un nouvel album de black metal par des musiciens qui n'ont rien à voir avec la Norvège mais use des armes des nordiques pour forger leur propre joyaux.

Burst - Lazarus bird
La progression prodigieuse effectué par Burst entre "Prey on life" et "Origo" continue au même rythme pour un résultat riche et enthousiasmant.

Trap Them - Seizures in barren praise
Coup de foudre instantané avec le death grind matiné de hardcore de ces américains que l'on pourrait croire revenu de Suède. Tout simplement jouissif.


Les groupes français

Trois concerts de Celeste auront suffit à me convaincre de la force de ce groupe. A n'en pas douter, 2009 devra compter avec leur troisième album. Mais, mon coup de coeur de l'année part vers le Sud pour frapper Monarch! pour un concert jubilatoire en ouverture d'Overmars.

Les DVDs de 2008

The Host de Bong Joon-Ho
Deux ans après sa sortie, je découvre enfin le film de monstre qui a tant plu aux cinéphiles et aux moins passionnés et je les rejoins pour célébrer ce très bon moment passé en compagnie d'un monstre aquatique et d'une famille de perdant héroïque.

I'm a cyborg de Park Chan-Wook
Devenu un de mes réalisateur favoris avec sa trilogie sur la vengeance, Park Chan-Wook change de registre et m'enthousiasme dans le dernier genre de film que je me serais attendu à regarder et à aimer : la comédie romantique.

Sukiyaki Western Django de Takeshi Miike
Miike, Tarantino, Django. Un trio qui pouvait donner du bon comme du passable et finit par transcender les trois avec un western asiatique déjanté, violent et drôle à la fois.

Save the Green Planet de Jeong Jun-Hwan
Un thriller de science fiction rencontre une comédie dramatique en corée et réussit à mener en bateau le spectateur pendant un peu moins de deux heures. Spectaculaire !

Cure de Kiyoshi Kurosawa
Ce film est sorti il y a déjà 11 ans mais l'ayant découvert cet année je le fait figurer à ma liste rien que pour sa scène finale qui continue de me terrifier.

Les concerts de 2008

Monarch! au Point Ephémère
Dj Krush à la Maroquinerie
The Dillinger Escape Plan à l'Elysée Montmartre
Kayo Dot au Main d'Oeuvres
Ken Mode au Glaz'art
And also the trees au Théatre de l'Alhambra
Corrupted au Point Ephémère
Squarepusher au Trabendo
Unexpect au Nouveau Casino

Les révélations de 2008

En matière de hardcore j'aurais découvert un grand nombre de groupes tel que Trapped Under Ice, Killing the Dream, Ceremony et j'en passe. Au rayon electro je mentionnerais surtout Xanopticon. Je continue aussi de construire ma culture musicale rap avec MF DOOM, le projet Madvillain, Del tha funkee homosapien et les Puppetmastaz. 2008 aura été aussi une année très metal avec les excellents albums de Textures, All Shall Perish, The Faceless, Withered, Misery Signals et Esoteric. Le prix du nouveau groupe culte de l'année revient par contre à Sigh.

Les déceptions de 2008

Isis en Décembre à la Maroquinerie. Un concert gâché par un problème de son qui continue de me faire grincer des dents.

Les groupes / artistes attendus en 2009
Peut être un nouvel album de Fantomas ? Un nouvel album de Maudlin of the Well ?! Un nouveau disque de Xanopticon ? Le troisième album de MF DOOM ? Et puis l'album annuel de Venetian Snares.

Saturday, December 20, 2008

Agoraphobic Nosebleed & Insect Warfare (Relapse Records) 2008

La compétition de vitesse entre ces deux groupes étant rude le premier groupe a rentrer en piste, Agoraphobic Nosebleed, laisse le champ libre à Insect Warfare pour blaster jusqu'à l'éternité. Les quatres titres (ou plutôt trois vu que le deuxième ne dure que 8 secondes) ralentissent le tempo pour un résultat plus proche du sludge que du grind avec toujours du dynamisme dans la rythmique. Cet orientation n'est pas une nouveauté puisqu'elle avait déjà été prise sur le split avec Apt 213 pour un résultat moins mémorable. "Part III - Disorder of the species" et "Part IV - Unnatural selection" justifie donc l'achat pour le fan de AnB tant qu'il s'ouvre à un tempo moins rapide. Les sept chansons d'Insect Warfare rattrapent de toute façon bien le split en matière de vitesse et de blast. Juste deux minutes de musiques pour sept plages enragés et explosives où la batterie explose et le chanteur éructe. Un message posthume destiné à la scène grind : "Faites mieux que ça". Difficile effectivement de faire plus mémorable malgré la durée ridicule de ce split. Il vous en coutera surement plus d'euros que vous n'aurez de minutes à écouter mais le packaging rattrapant le tout avec une double illustration noir et blanc pour chaque groupes, il y a tout de même de bonnes raisons pour les fans de deux groupes se réjouir de ce split EP.

Monday, December 15, 2008

PuppetMastaz - The Takeover (Discograph) 2008

Pour être franc, le concept de ce disque m'échappe un peu. Je sais qu'il s'agit d'une prise de pouvoir. Que les marionnettes tentent définitivement de dominer le monde. On y parle de se lancer dans l'espace ("Puppet on the moon") et de passer à l'offensive ("Boots on the ground") et même de faire des cours d'aérobic pour se préparer ('Exercize"). "The takeover" n'est pas un récit structuré mais un tout centré autour du même thème de la domination du monde par le rap des marionnettes du crew.

Celui ci est composé d'une vingtaine de rappeurs dont les apparitions sont plus ou moins fréquentes. Les deux voix principales sont encore et toujours Mr Maloke, fondateur du crew et tête pensante au flow ragga et Snuggles the bunny. La taupe et le lapin sont a la tête de l'équipe dans laquelle on retrouve toujours Panic the pig, Wizard the Mighty Lizard et une ribambelle d'A.C. (des Animals of Ceremony ?) comme Ducci le rhinocéros ou Squidrick qui a tout l'air d'un extra terrestre malgré la pipe qu'il tient dans la main à la manière de Sherlock Holmes. La ménagerie des PuppetMastaz a beau être armée et encore plus déterminée dans les photos du livret, leur obsession est toujours de vous faire remuer la tête grâce a leur musique et leurs paroles fleurant bon le rap old school et l'ego trip gangsta (voir le skit 1 "The Hypeconcept" où Snuggles et Maloke expliquent leur plan à coup de "Motherfucker").

Un peu plus crunk et plus digital qu'auparavant, le son des intrus est toujours chargé en basse et en mélodie électronique terriblement efficace. L'influence de Dr Dre, Lil' Jon et des Cool Kids (la forte ressemblance entre le rythme de "So Scandalous" et "Black mags" ne m'aura pas échappé puisque j'écoute tout autant les deux albums) est bien intégré pour un mélange qui porte bien le sceau de Maloke and Co. Sur 23 titres, dont 5 interludes, aucune n'est en dessous de la moyenne que se fixe "Take me on a ride". La première chanson digne de devenir un futur classique des concerts est cependant "Mephistoles". Préférence personnel cependant car les mélodies de chaque refrain et couplet s'accrochent très bien à mes tympans une fois la chanson finit.

La machinerie Puppetmastaz est une usine à hit prête a conquérir les ondes. La grande différence qui fait le caractère exceptionnel de ce disque et en fait un album bien plus intéressant qu'un disque conçu et façonné pour la radio et le grand public est le concept qui se développe tout au long. Sans avoir parfaitement compris ce qui se déroulait entre mes oreilles, je sens bien que l'on cherche a me raconter une histoire et qu'il faudra juste un peu plus de temps pour que toutes les paroles m'apparaissent clairement. Les concerts des Puppetmastaz sont de toute façon devenu des événements prisés bien grâce a cet aspect théâtrale mariant rap et spectacle de marionnette dans un même concept.

Je ne sais donc encore pas si la guerre des Puppetmastaz les verra triompher de l'oppresseur humanoïde mais ils ont déjà acquis tout mon soutient à leur cause grâce a ce disque. Une petite perle de rap intelligent, drôle et capable de faire rebondir les têtes aussi bien que les amortisseurs des voitures de Dr Dre.

The Cool Kids - The Bake Sale EP (C.A.K.E. Recording) 2008

Derrière les pseudonymes de la scène rap indépendante se trouve bien souvent des visages bien blanc pour qui les problèmes du ghetto ne sont pas les premières préoccupations. Petit scission mentale entre les deux milieu. Les blancs philosophent pendant que les noirs se préoccupent de leurs rues. Les jeunes noirs des Cool Kids n'en ont que faire de ces clichés. Ils se cachent pas derrière des pseudonymes. Ils n'essayent pas de se faire remarquer en gesticulant ou en hurlant comme Lil' Jon. Ils sont juste cool.

Pas de vol sur la marchandise. The Bake Sale vous propose bien ce qui est marqué sur la pochette avec onze titres de rap minimaliste, efficace et détendu. Les Cool Kids parlent de rue mais seulement quand ils la traverse pour draguer des filles ("What is it"), rouler en vélo ("Black mags") ou acheter quelque chose dans un magasin ("What up man"). Les chansons des Cool Kids parlent de leur vie. Pas d'une existence brisé par la violence des rues ou des fantasmes littéraires d'étudiant rêveur, juste du quotidien de deux gamins noirs revendiquant leur style de vie, leur ego ("Mikey rocks") et leur culture hip hop / geek ("Does that belt say Star Wars ?" dans "A little bit cooler").

"The Bake sale EP" est un disque d'aujourd'hui. Ancré dans le style et la production minimaliste actuel, il n'use pas de samples de vynil ou d'influences jazz ou blues mais d'un rythme de basse lent et entrainant accompagné d'accroches vocales répétés et entêtantes. Le secret et l'originalité de ce duo tiens dans leur attitude tout ce qu'il y a plus de cool. Comment l'expliquer ? Une fois enclenché dans vos oreilles, les Cool Kids vous feront ralentir le pas et apprecier le rayon de soleil qui viendra toucher votre visage, le regard des filles qui croisent votre chemin, les poignées de main que vous donnerez à vos potes. Un quotidien simple mais agréable au son d'un rythme urbain et de deux voix au flow lent et assuré.

Qu'importe le beat, les voix de Mikey et de Chuck s'accroche à la rythmique et transporte chaque plages en un single imparable. Les titres "88", "Black mags" et "A little bit cooler" figure parmis mes plages favorites mais chacun peut trouver de quoi argumenter dans ce trio pour composer son tiercé gagnant. Rien n'est a jetter, tout est a écouter en attendant l'été, saison qui conviendra beaucoup mieux à ce disque. Urbain mais pas pessimiste. Indépendant mais pas excessivement intello. "The Bake sale EP" est juste un disque efficace et agréable de rap qui mettra autant d'accord les fans des aficionados du old school au Def Jukies.

Wednesday, December 10, 2008

Enhancer - Désobeïr

En 2000, quand je lisais encore Rock Sound et que je faisais encore parti de la street team Nowhere, j'étais fan de Enhancer. J'ai beau dire aujourd'hui que mon premier "vrai" concert était celui de Meshuggah au Trabendo en 2003 mais la vérité est tout autre. J'ai vu par deux fois Enhancer en show case à la Fnac pour la sortie de leur premier album, "Et le monde sera meilleur", ainsi que lors de la fête de la musique après avoir vu Aqme le même soir. J'adorais le style, les fringues et l'attitude du groupe. J'étais fan. J'étais adolescent.

Cela fait huit ans de cela et je n'ai plus retouché à leur disque après l'avoir usé pendant tout un été et même encore un peu plus. Huit ans d'exile pour un retour aujourd'hui par curiosité morbide histoire de voir si le groupe de mon adolescence compose encore la même musique.

Surprise et air décontenancé sur mon visage au début de "Debout" quand un des trois chanteurs tente de me faire croire qu'il sait chanter. Enhancer a laissé tomber le core et le neo metal pour le rock et les voix clair façon chanson française actuel. Le résultat les fera peut être passer sur les ondes mais j'aurais du mal à revenir sur ce passage, même pour faire rire les amis. Pourtant, des occasions de se moquer, ce disque n'en manque pas.

Depuis mon départ de leur univers, les musiciens d'Enhancer ont eux aussi grandit. Passé l'époque de la bière, des filles et des délires entre pote. Maintenant proche de l'âge d'être père (peut être le sont ils d'ailleurs), les trois chanteurs /rappeurs d'Enhancer ont découvert le journal de 20H de France 2 et les troubles politiques, économiques et sociaux d'aujourd'hui. Ils ne parlent donc plus de faire la fête et de se soutenir mais de créer un mouvement des "petites mains" contre les politiques. Si ils parlent de rues ce n'est plus pour y glander et trainer leurs baggys mais pour saisir les pavets et les jetter contre ce qui leur déplait dans la société de consommation.

"Désobeïr" est le mot d'ordre de ce disque qui se veut engager. Une rebellion mélangeant Gandy, Martin Luther King, les faucheurs d'OGM. Les symboles de l'opposition dont se réclame tout ce qui manifeste leur frustration vis à vis des inégalités de blablablablabla. Moi même je m'endors en récitant le résumé de tout ces clichés que l'on ressasse. Je n'ai rien contre les intentions, elles sont louables, mais le discours quand à lui est imbuvable et remplis de clichés.

Les paroles débiles du groupe que l'on pouvait faire passer sur le coup de leur jeunesse sont maintenant des paroles d'adultes débitant en rap (dont le flow est aujourd'hui très typé crunk) ce que les piliers de bars expriment quand ils se sentent investit d'un instinct de gauche.

Assorti à ces clichés on trouve du coté des compositions des samples de violons et de piano, histoire de faire plus mature et plus grave. La distorsion n'est plus autant de rigueur. Les chansons ne sont plus autant écrite pour faire sauter le public et sont bien souvent lente. Et longue. Très longue. Pourquoi continuer à écrire des titres de six et cinq minutes quand on a si peu à dire ? Les morceaux s'allongent au delà d'une durée tolérable et s'aventure même dans des second départ inexplicable comme ce poème récité en fin d'album. Symbole d'une nostalgie ? Symbole d'une maturité ? Symbole d'un besoin de se revêtir d'une parure d'adulte alors que l'on sait a peine de quoi l'on parle.

Le titre le plus malin et le plus efficace sur les quatorze qui composent ce disque est donc "SUPERficiel" où une voix de garçon et une voix de fille racontent leurs journées d'adolescent. "Sexe, frime, maille et gadget, c'est ce que j'ai dans la tête, tout ce que j'ai dans la tête". Une chanson pour souligner la superficialité des adolescents d'aujourd'hui vivant au rythme de la mode. Une mentalité que les membres d'Enhancer connaissent bien pour l'avoir pratiqué sur tout un disque. Mais aujourd'hui le temps est passé et c'est l'heure des regrets (sur la chanson du même nom). L'album se conclut toutefois sur une note optimiste, "Banlieue pavillonnaire", où l'on sort les guitares acoustiques pour chanter les souvenirs d'une enfance doré à l'abri de tout soucis. La chanson est mièvre, fade mais finit de confirmer tout le mal que je pense d'Enhancer en 2008.

Ce disque ravira surement les garçons et les filles de 14/16 ans qui découvriront Enhancer avec ce disque. Le discours rebelle leur plaira surement ainsi que les chansons rythmés et sautillantes. Enhancer était un des groupes phare de mon adolescence et a toujours tout ce qu'il faut pour plaire à des jeunes de cette tranche d'âge. Mais au bout de quatre album leur musique accuse le coup d'une mode défraichit et d'idée mal réchauffé. A se demander si il y a eu un jour une bonne époque et pas juste beaucoup de style pour peu de substance.

Sunday, December 07, 2008

Unexpect + Sebkha Chot au Nouveau Casino

Moins d'une centaine de personnes se seront rendu à cette rencontre franco / quebécoise alors que la combinaison aurait de quoi plaire à un très large public. Croisant Magma et Mr Bungle, les français de Sebkha Chot monte sur scène déguisés en une gallerie de personnages où l'on retrouve un corsaire à la guitare, un savant fou aux effets et aussi à la guitare, un(e) betty boop à la batterie dont la tête est orné de deux godemichet massifs. Les trois autres membres sont encore plus difficile a décrire puisque le bassiste croise son costume de général à un masque SM, le joueur de trombone se situe entre l'explorateur alcoolique et le conducteur d'autobus et le saxophoniste avance comme le monstre de Frankestein dans un costume bleu ciel le recouvrant entièrement à la manière d'une tenue SM tandis que des éponges collés sur toute la taille finit de lui donner le look de la créature du lagon dans les films de la Hammer. La musique et le visuel se complète. La fanfare transporte la petite assistance dans le monde du groupe où le bassiste, le dictateur Wladimir Ohrelianov II, commence le concert en menaçant le public de représailles si l'on agit pas contre toutes ces personnes qui nagent ... dans ... quelque chose. Lui semble très convaincu de même que le reste du groupe servant la cause de leur dictateur. Je ne peux donc que me ranger a ce qu'il entre deux morceaux au sujet de tout ces membres du public qui rentreront chez eux écrire leur live report en disant que c'était génial mais sans avoir rien compris. Oui, grand dictateur, je n'ai rien compris à vos revendications mais j'ai eu plaisir a vous voir vous entretuez à la fin du concert ou jouer du trombone avec vos deux administrés pour faire danser votre batteur(se) au son d'une mélodie arabisante. Encore une fois le concert donné par ces français sera des plus mémorables et c'est un bien grand malheur que plus de personnes ne soit pas au courant de leur existence. Pourquoi le talent doit il toujours rester confidentiel ?

Et pourquoi ? Pourquoi n'y avait il pas plus de monde pour applaudir les québécois qui suivirent sur scène et réussirent a reproduire avec précision chaque seconde leur musique. "In a flesh aquarium" est pourtant un disque réussissant a mêler la folie vénitienne de Arcturus à la technicité de Cynic, Psycroptic et consort. Habillé de fringues gothique, le groupe va pourtant beaucoup plus loin qu'un lot de clichés et affiche de toute manière un sourire contagieux bien loin d'une ambiance pseudo glauque. La folie et la fête sont de rigueur et le groupe, heureux de jouer pour ce maigre public, ne relâchera pas la pression durant tout ce concert d'une heure. Plus de la moitié des titres du dernier album seront joués ainsi que des chansons de de leurs deux anciens albums que je ne connais par contre pas et que je ne pourrais donc pas identifier. Tout est parfaitement en place, de la chanteuse qui passe des hurlements au chant lyrique sans fausse note, même durant ses deux passages solos où ses camarades disparaissent quelque instant pour lui laisser la place d'éblouir le public de sa voix clair et cristalline. Que ce soit sur une basse a douze cordes, une batterie, ou un clavier, chacun des membres est de toute façon un virtuose exerçant son talent en chœur avec les autres membres. L'ingénieur du son aura très bien réussi son travail ce soir en permettant à chacun des deux groupes de laisser exploser tout son talent et ses qualités dans des performances uniques et fantastiques chacun à leur manière. Reste a espérer qu'ils repasseront bien vite, le temps que le bouche à oreille fasse comprendre à tout les fans de curiosité et de musique originale et vivante que les concerts d'Unexpect et de Sebka Chot ne sont a manquer sous aucun prétexte.

Sunday, November 16, 2008

Beneath the Massacre - Dystopia (Prosthetic Records) 2008

Après avoir atteint les limites de leur style sur "Mechanics of dysfunction", Beneath the Massacre n'avait pas d'autre option que d'explorer d'autres avenues ou se répéter. Il faut dire que leur première direction, blaster le plus vite possible tout en faisant des arpèges, ne comportait qu'un intérêt limité. Oui, vous pouvez aller très vite, c'est bien, j'adore, mais au bout d'une dizaine d'écoute on a fait le tour des possibilités du disque et il faut passer a autre chose pour avoir une carrière dans un genre saturé par des dizaines de jeunes qui font aussi des arpèges pendant cinq minutes sur toutes leurs chansons. "Dystopia" devait donc être l'album qui ferait la différence pour inscrire le nom de Beneath the Massacre dans les mémoires pour autre chose qu'une curiosité.

Le premier gros changement entrepris par le groupe est la variation de vitesse. Comme le conducteur d'une Ferrari qui découvrirait que l'on peut changer de vitesse entre la première et la cinquième, le batteur fait enfin varier son jeu et propose des breaks plus variés. On a donc aujourd'hui le choix entre trois type de vitesse : lent, mid tempo mais énergique et blast. C'est peu mais pour un groupe dont la musique se veut froide et mécanique c'est une petite révolution. Le refrain de "Reign of terror" est d'ailleurs bien mémorable grâce a ce changement et promet au groupe de conserver sa place en tant que groupe de scène.

Ceci dit, cette petite variation n'est pas non plus une révolution et permet surtout de mieux distinguer les chansons entre elle. Beneath the Massacre est toujours un groupe de death metal froid dont les break down lui permettent de plaire aux fans de deathcore tout en restant assez extrême et metal pour plaire aux fans de death metal. Les arpèges sont de plus assez bien joué comme le prouve le solo de "The wasteland", un petit moment de respiration entre tout ces riffs gras et rapide. Une succession de petit plus donc, suffisant quand on aime déjà le style du groupe, un peu léger si l'on s'attendait à de la nouveauté.

Cependant, il se dégage tout de même suffisamment de cet album un vent de changement pour laisser entendre que "Dystopia" est surtout un album de transition vers quelque chose d'autre. Les nouveautés sont en effet encore un peu mal intégré et ressortent au milieu des blasts comme si le groupe avait voulu délibérément apporter du neuf sans encore très bien savoir comment le faire. Peut être est ce aussi le coté très mécanique du groupe qui fait cela et rend donc le manque de transition entre les parties beaucoup plus mécanique qu'il n'est en réalité. Néanmoins, il y a des idées et des passages très efficace pour peu que l'on ne demande a ce disque que de la violence gratuite, froide et malsaine. Petit point noir par contre, l'inclusion d'une "reprise" de leur propre chanson, "Never more", déjà présente sur le premier EP, "Evidence of inequity". Après comparaison des deux je peux confirmer que la chanson est identique à l'exception de la production plus puissante. Peut être est ce donc une manière de redonner une "jeunesse" à un titre très apprécié en concert pour son break down dantesque très lent mais pour un fan de la première heure c'est une redite inutile qui confirme l'aspect très répétitif de la musique de Beneath the Massacre et son manque de véritable innovation en trois ans d'existence. "Dystopia" est néanmoins un petit pas de plus pour Beneath the Massacre. Un bon disque efficace pour satisfaire les fans et permettre aux groupes de continuer a asseoir sa présence en concert. Ceci dit, j'espère que le groupe se lassera plus vite que son public de ne jouer qu'une musique aussi unidirectionnel et utilisera son talent pour offrir un peu de variété à leurs disques.

This or The Apocalypse - Monuments (Lifeforce) 2008

La bonne nouvelle c'est que ce n'est pas un nouveau groupe de deathcore. La mauvaise c'est que This or The Apocalypse est juste un clone de Misery Signals. Mosh part survitaminés et polyrythmie sur fond d'arpèges mélodique et de voix crié alliant un coté tougth guy à des cris plus déchirés façon emo. Plus focalisé sur les mosh part et les rythmes brisés que sur les mélodies superbe et aérienne de leur première source d'inspiration, This or The Apocalypse est néanmoins un groupe compétent et efficace. Rien de nouveau mais rien de bien désagréable non plus a écouter. On s'y tirera même a bon compte si l'on recherche un disque de metalcore bourré de rythmes saccadés et plus originaux que la pléthore de groupes de deathcore usant les même chugg chugg sur tout un disque. Bien qu'encore très loin de la qualité d'écriture de Misery Signals ou de Protest The Hero, This or The Apocalypse propose une série de chansons anecdotique mais distrayante. Ainsi, si vous trouvez "Monuments" a un prix modique vous ne regretterez pas votre achat si vous aimez tout les groupes susnommés. Il faudra cependant ne pas être trop regardant du coté de l'originalité. Ceci dit, leur prochain disque a tout le potentiel pour être vraiment original si il décide de s'éloigner de l'ombre de Misery Signals et se polyrythmise encore plus.

Left to Vanish - Versus the throne (Lifeforce) 2008

"Versus the throne" n'est pas un album décevant car pour cela il aurait fallu que j'ai l'espoir de trouver sous cette pochette ridicule un disque correct. "Versus the throne" n'est juste qu'un disque de deathcore de plus que l'on peut résumer à une addition aussi enthousiasmante pour moi que de la perspective d'ouvrir un cadeau de noel en sachant que je vais y trouver un CD de Adibou : Between the Buried and Me + Suicide Silence = Left to Vanish. Même le groupe a l'air de s'ennuyer en jouant. Le chanteur pousse les même grognement poussif que le chanteur de Suicide Silence et alterne avec un cri hardcore aussi puissant qu'un cri de protestation d'un de mes arrière grand parent. La musique suit un chemin tout tracé par les précédents disques des membres susnommé. Structure "complexe" à la Between the Buried and Me période "The Silenc circus" mais où toutes traces d'idées et de personnalité seraient remplacés par des chugga chugga deathcore répétitif. Le seul moment intéressant de ce disque est la conclusion ambiante / electronique du premier titre. Peut être que ce groupe a donc un avenir dans un autre genre ?

Saturday, November 15, 2008

Ken Mode - Reprisal (Escape Artist) 2006

La musique est une affaire de son dans l'absolut mais une fois sur scène c'est aussi une question de présentation. Comment s'habiller, que dire entre les morceaux etc. Bien jouer ne suffit pas. Il faut un plus. Pour Ken Mode, ce plus c'est un chapeau de cowboy. Il dit tout ce qu'il faut sur groupe sans fioriture et sans artifice. Car, bien que canadien, Ken Mode est un groupe qui a tout du cow boy chevauchant seul sur la plaine.

Trio guitare, basse, batterie influencé par Unsane, Ken Mode n'est pas un groupe de noise rock de plus car leur groove est complémenté par des musiciens surdoués qui s'amusent a jouer avec leur groove et le ballader dans tout les sens. La batterie trépigne et sautille dans tout les sens tout en gardant le cap. La basse est lourde et ronde. La guitare accélère avec un afflux de note inattendu. Tout cela se veut pourtant sporadique et ne fait pas perdre de cohérence au morceau. Tout se tient grâce a la magie du groove et la cohésion entre les musiciens. Comme un cowboy qui chevaucherait un taureau en furie mais réussirait a se maintenir malgré tout. Comme un type solitaire qui chevaucherait pendant des heures en explorant de nouveaux territoires sans se perdre pour autant. Un truc de cowboy donc.

Indépendant et unique dans la plaine canadienne, Ken Mode est devenu un groupe à la voix beaucoup mieux défini. Moins influencé par Keelhaul que sur leur premier album où les rythmes étaient plus brisés et moins rond. Servi par une production bien plus lourde, naturel et riche que celle, très sèche, de "Mongrel". L'autre grande force de ce groupe est celle aussi de composer tout avec un esprit rock. Un petit quelque chose de difficile a définir qui sent la sueur, la sincérité et donne envie de danser. Ce n'est pas un hasard si la section rythmique de ce groupe est aussi efficace que le duo Stanier & Bogdan des premiers Helmet. Des musiciens qui savent très bien se servir de leurs mains et de leurs instruments.

Le trio canadien a donc aujourd'hui toute les cartes en main pour abattre toute concurrence. Et quel concurrence en fin de compte ? A l'instar de l'animal de la couverture où l'on retrouve un peu de hyène, du raton laveur et du calamard, Ken Mode est un groupe inclassable qui s'impose en affirmant son identité a coup de chansons anguleuse et ronde à la fois et d'un son très rock et brute. Une anomalie typiquement canadienne a rajouté à la discothèque des amoureux dr rock lourd et original.

Misery Signals - Controller (Ferret) 2008

La mode du metalcore étant sur la pente descendante glisse doucement vers la sortie tandis que les ados a mèches se tournent vers le deathcore et continue de faire la toupie dans la fosse, les groupes montrent aujourd'hui leur détermination a jouer un genre dont beaucoup sont lassés. Pourquoi ne pas donc se tourner vers autre chose et suivre la mode ? Pourquoi ne pas faire dans la simplicité ? Ou alors, pourquoi ne pas solidifier sa carrière avec un nouvel album tout aussi efficace toujours produit par Devin Townsend et ne montrer aucun signe de faiblesse ? "Controller" signe ce choix avec brio grâce a un disque qui est sans doute le meilleur de leur courte discographie.

Depuis "Of malice and the magnum heart" ce groupe dont seul le chanteur a changé après le premier disque ne fait signe d'aucune faiblesse ou manque d'inspiration. Toujours aussi metalcore qu'au premier jour, leur musique est toutefois beaucoup plus technique que la plupart de leur paires. Mélodies inspirés puisant dans un répertoire entre emo et metal pour un résultat à la fois touchant et épique, rythme solide et complexe maintenu a coup de double grosse caisse et hurlement gutturaux intelligibles. Mirros présentait déjà ces symptômes mais ceux ci sont encore plus affinés sur Controller. Plus énergique grâce a des chansons au tempo plus rapide comme "Parallels" ou "Weight of the world", le groupe passe d'un tempo metal a une rythmique emprunté au hardcore pour offrir un peu de variation .Cependant, si le "core" se justifie au vu de certains élément de leur son, il est presque insignifiant face à l'importance des influences metal présente (nottament celle de Meshuggah sur certaines mosh part).

Les mélodies sont aussi beaucoup plus mise en avant et mémorable. Le riff d'introduction de "Coma" ou le refrain de "Set in motion" ne sont que deux des multiple exemple que compte ce disque. L'énergie n'est cependant pas sacrifier puisque le rythme est pesant et puissant grâce a une production qui appuie efficacement la présence de la batterie pour des parties rythmiques offrant plus d'impact. L'alternance entre les mélodies douces et influencé par le post rock (la conclusion de "Coma") renforce le dynamisme et offre une richesse bienvenue pour un disque associé a un genre exploité jusqu'à la moelle par des groupes plus inspiré pour s'habiller que pour composer. Une autre influence notable est celle de Devin Townsend puisque l'ont sent sa patte sur le riff d'introduction de "Labyrinthian" ou l'effet d'écho sur l'intro de "Ebb and flow" ainsi que sur la présence plus affirmé des mélodies. Le retour du producteur est donc bienvenue et leur permet de trouver la maturité qui manquait encore à "Mirrors" tout en donnant plus de place aux fantastiques riffs mélodiques et mélancolique de "Of malice and the magnum heart".

Sur onze titre, aucun ne se distingue par sa médiocrité. Sans éviter totalement les "clichés" du genre (voix mélodique un peu emo par moment et mosh part), Misery Signals ne commet aucune faute de gout et ne se répète pas sans pour autant trahir son style d'origine. Depuis "Of malice and the magnum heart", la qualité d'écriture dont fait preuve ce groupe en maniant habillement leurs instruments pour un résultat de plus en plus metal mais toujours très énergique et original sans pour autant réinventer quoi que ce soit. La persistance et la qualité des albums de Misery Signals continue de ne pas faillir avec ce troisième album et prouve que ce groupe est heureusement fait pour durer. Arriver avec le metalcore, ils vont finir par dépasser cette mode et être classé dans un genre beaucoup plus simple et approprié : le metal mélodique. Une étiquette qui leur sierra beaucoup plus et finira peut être d'affirmer leur présence comme un groupe vraiment intéressant et original pour tout ceux dont l'étiquette metalcore rebute.

Kill the Client - Cleptocracy (Willowtip) 2008

L'election de Barrack Obama met fin a huit ans de domination du parti républicain à l'état américain. Une victoire que les démocrates et tout ceux qui haïssent George W Bush et son institution se devait de célébrer avec un dernier levé de majeur symbolique exprimant toute la frustration qu'ils ont ressentis pendant ces années. Manipulation de l'information, légitimation de la torture dans des prisons se moquant de tout droit et de toute moralité. Huit années d'une institution marqué par le secret, le mensonge et la violence. Rien de véritablement nouveau dans le monde de la politique (personne n'aura oublié Richard Nixon et son Water Gate) mais jamais aucune institution américaine n'aura était aussi unanimement critiqué pour ses excès. Ce concentré de frustration et de colère pure Kill the Client l'exprime sous la forme de dix sept chansons de grind et d'une reprise de Insect Warfare.

"Escalation of hostility" présentait le groupe comme un héritier de l'engagement politique et sonore de Napalm Death. Blast, riffs gras et chanteur possédé et engagé. En cela, Cleptocracy n'est pas un disque très différent de son prédécesseur. La différence majeur entre les deux disques est que si Escalation of hostility était un album excellent mais juste tout aussi efficace que ceux de ses influences majeurs, Brutal Truth et Napalm Death, Cleptocracy par contre est le fruit d'une mutation beaucoup plus violente que les deux groupes susnommés. Cleptocracy est en quelque sorte le Scum du vingtième et une siècle. Une réappropriation violente et déterminé d'un son mélangeant punk, metal et excès de vitesse autour d'un discours politique marqué par la guerre en Irak durant laquelle le chanteur du groupe a servit sous le drapeau américain. Patriote mais pas aveugle pour autant, il exprime son dégout de la politique et des médias. Le symbole des illuminatis (conspiration politique et spirituel censé expliquer les origines de la religion chrétienne et les prétendus manipulations de la CIA durant les attentats du 11 septembre) qui orne le disque (et le pupitre du personnage sur la couverture) est un symbole de la teneur de l'engagement et des croyances du groupe.

Musicalement parlant, cette détermination se retrouve dans des riffs gras alliant la rapidité de Napalm Death et l'épaisseur des riffs de Brutal Truth à l'époque de Need to control. Le rythme des chansons est toujours branché sur la vitesse maximale à l'exception de quelque chansons plus lourde (mais pas doom pour autant) et de la reprise qui conclut le disque à un rythme un tout petit peu moins intense. La déflagration est donc presque ininterrompu sans pour autant rendre l'expérience lassante. Rapide et efficace, il n'y a aucun moment sur ce disque d'un peu plus de vingt minutes où l'on pourrait trouver a redire si l'on aime le grind. Ce disque est tout simplement la quintessence d'un style. C'est la force de la conviction et la puissance de ses musiciens qui font la différence et rende cet album indispensable pour tout amateur du genre.

Trapt Them - Seizure in barren praise (Deathwish) 2008

Au début de l'année j'ai eu l'occasion de voir Trap Them en concert en ouverture de Victims, The Ocean et Rotten Sound. Jeune groupe auteur d'un album et d'un EP efficace allliant un rythme hardcore a des riffs metalique. Les influences black metal du guitariste (aussi membre de December Wolves, excellent groupe de black metal) se retrouvaient dans certains riffs mais le groupe avait encore toute les traces d'une entité qui demande encore a murir. Aujourd'hui, le fruit est tombé de l'arbre et a créer un gros cratère en atteignant la surface du sol.

Seizure in barren praise est l'album que j'attendais depuis la fin de Mistress. Une dose de violence et de rage sans concession alliant des riffs metal à la Dismember a une rythmique grind. Les blast sont toutefois limités à de courtes explosions ce qui rend le rythme de ce disque encore plus imprévisible et devastateur. Une véritable tornade a l'object direct et à l'impact massif en huit titres où l'inspiration et la violence ne s'essouffle jamais.

La voix a aussi subit un changement de rigueur depuis le concert et le EP. Plus grasse mais toujours aussi déchiré et hurlé avec force et conviction, le chant est maintenant beaucoup plus proche de Dismember que de Converge. A se demander ce que ce groupe fait encore sur Deathwish tend l'influence hardcore est réduit au minimum. Seul le rythme rappelle parfois quelque instant ce genre mais la couleur dominante est le metal suédois sans aucun ajout de mosh part ou de clichés à la mode. Trap Them saute directement sur les artères de l'auditeur et l'assèche en un peu plus de vingt minutes de musique violente et épuisante.

La plupart des chanson ne dépasse les trois minutes. Tout est bien trop concis et explosif. Seul "Mission convincers" atteint un total de sept minute grâce a des riffs massif et une rythmique doom orné de cris toujours aussi puissant mais aux paroles plus desespéré. Le dernier coup de poing d'un enchainement de techniques qui feront du public une masse de corps couvert de sueur épuisé par un tel assaut. Si le groupe reproduit avec autant de force cet album sur scène alors leur prochain passage sera surement beaucoup plus mémorable pour le public qui n'avait que peu réagit lors de leur set sur les planches de la petite Locomotive.

Enfin, la marque de Deathwish se retrouve tout de même dans le livret et la packaging. Présenté dans un digipack permettant a une illustration verticale de s'étendre sur les trois panneaux cartonnés, le disque s'accompagne d'un livret de vingt pages. Imprimé sur un papier de bien meilleur qualité que le papier glacé que l'on trouve généralement, les illustrions mélangent textes et reproduction de peintures catholique en noir sur frond grisâtre. Etant donné le prix demandé pour un disque de ce label, l'objet vaut la dépense rien que pour son livret et sa présentation. Fort heureusement, vous aurez droit en plus à un disque d'excellente qualité que les fans de Dismember, Mistress ou Rotten Sound apprécieront ainsi que tout ceux pour qui la musique doit être énergique, massive et diablement enragé. Trap Them s'impose aujourd'hui comme une figure incontournable dans les rangs des rares groupes qui ont un jour mélangé le grind et le sludge.

Wednesday, November 12, 2008

Krallice - Krallice (Profound Lore Records) 2008

Dans la scène rap, le rap indépendant des labels Def Jux et Anticon sont distingués du reste des rappers par leur thèmes, les musiques sur lesquels il posent et leurs flows. Plus intellectuel et conceptuel que le rap plus traditionnel, direct, revendicatif ou tout simplement support d'un ego trip assumé et jouissif, Aesop Rock ou Dose One revendiquent leur appartenance a la scène rap d'une manière globale mais touche finalement a un registre beaucoup plus large. Bien que venant d'un milieu similaire, tout aussi urbain et bercé par les mêmes rappeurs, leur musique est plus le reflet d'un choix de registre. Comme le prouve très bien les aventures de Dose One au sein de formation aussi varié que Subtle (trip hop / rock), CloudDead (trip hop / avant garde) ou des artistes avec qui il collabore (Mike Patton, Sole ...) ou de El-P, fondateur du label Def Jux et collaborateur de Alec Empire (Atari Teenage Riot), Justin Broadrick (Jesu, Techno Animal ...), leur registre musical est loin d'être limité.

A l'instar de ces artistes, on retrouve une même volonté actuellement dans la scène black metal avec des expérimentations à plus (Wolves in the Throne Room) ou moins long terme (Black one de SunnO))), Weakling et leur unique album, "Dead as dreams"). Tout comme El-P et Dose One, les artistes à l'origine de ces disques collaborent généralement avec bon nombres de personnes ou sont issus de milieu atypiques. Leur musique trouve alors un auditoire au confluant de plusieurs genres ou dans le public de webzine intello/avant gardiste comme Pitchfork et les Inrockuptibles. La décision de faire du black metal l'espace d'un instant est alors motivé par des raisons esthétiques et culturels beaucoup plus réfléchis que la plupart des groupes du genre qui s'insèrent dans le style par simple attrait pour la musique, son histoire ou l'image qui y est associé.

Krallice rentre dans la première catégorie. Mick Barr (Orthrelm ...) à la guitare, à la basse et au chant, Colin Marston (Behold ... the Arctopus ...) à la guitare et à la basse et Lev Weinstein (Bloody Panda ...) à la batterie ne sont pas des norvégiens de pure souches. Bien au contraire. Musiciens chevronnés entourés d'autres esprits inventif, toujours en quête de nouveauté et de nouvelles sonorités, ce trio s'attaque aujourd'hui au black metal mais fera autre chose demain. L'aventure n'est que passagère mais le désir de respecter les codes et l'esthétisme du genre est bien là. Les riffs ne sont pas des parodies du genre mais des créations original évoquant le Darkthrone des débuts et les embardées épiques et déchirés de Weakling.

Fortement influencé par ces derniers, du point de vue de la structures des morceaux, Krallice n'est cependant pas un hommage mais un projet enfanté avec un état d'esprit similaire. La grande originalité de ce disque par rapport à tout les autres projets susnommés se trouve dans le talent des musiciens et leur habilité à savoir très bien joué de leur instruments. Sans pouvoir être qualifiable de technique, Krallice vogue entre les vents froids crée par les riffs glacés et répétitifs des premiers disques du black metal mais y ajoute des touches très personnels. Le soli de guitare distordu durant Timehusk par exemple. Comment empêcher des musiciens chevronnés de se laisser aller à montrer leur talent ? Et pourquoi leur en empêcher d'ailleurs. Le jeu de batterie explose donc derrière les guitares et la basse et soutient la dynamique tout en y apportant de nombreuses variations. De traces des groupes originaux de chacun l'on ne trouve que quelque faibles traces, comme le solo de guitare de Energy chasms qui évoque quelque instant Behold ... the Arctopus, suffisante cependant pour permettre aux disques de trouver des occasions supplémentaires de se distinguer.

Tout en étant esthétiquement parlant très black metal comme le prouve la pochette, le logo, la production très froide et le style des guitaristes, Krallice trouve une troisième voix dans les expérimentations des musiciens et donne un souffle nouveau et original à ce disque. Très mélodique, j'ai était surpris à quel point les chansons composés ici se révèlent plus facile d'accès que les groupes noise, extrême et avant gardiste de ces musiciens (le bassiste / guitariste jouant aussi au sein du duo noise / expérimental Infidel ? Castro !). Moins exceptionnel et surement moins envoutant que Wolves in the Throne Room et son idéologie ecologiste, Krallice n'est pas un disque de musicien mais un disque de black metal enregistré par des musiciens chevronnés toujours prêt a surprendre leur auditoire et eux même.

Tuesday, November 11, 2008

Planes Mistaken for Stars - Weridetofight (No idea) 2008

Avant les barbes. Avant les photos de groupes accoudé à un bar. Avant les riffs plus metal et les mélodies marqué par le sud des Etats Unis. Bref, avant "Mercy" il y avait un jeune groupe emo. Pas de confusion possible entre les deux groupes, malgré des changement dans le line up le groupe est essentiellement resté le même a l'exception du poste de bassiste qui fut occupé par trois personnes au fil des années.

En 1999 sortait donc un EP eponyme contenant huit chansons aux chant hésitant et aux mélodies évoquant l'ombre de Texas is the Reason. L'énergie punk et la voix nasillarde du chanteur trahit l'age du groupe mais le talent est déjà là. "Coppers and stars" restera longtemps l'hymne du groupe et sera même encore demandé, parait il, par des membres du public des années plus tard. Des demandes qui ne seront pas exaucés pour autant. Le Planes Mistaken for Stars de "Mercy" est pourtant tout aussi sincère. On reconnait aisement dans les craquement du chant de "Staggerswallowell" les hésitations de cette voix tellement forte en émotion qui confessera plus tard son amour et sa haine sur "Penitence", en conclusion de "Mercy".

"Weridetofight" est donc une compilation des premières années de Planes Mistaken for Stars. Elle permet donc de regrouper sur un même support les différents EP comme l'eponyme de 1999, la chanson écrite pour un split EP avec The Appleseed cast et Race Car Riot, le EP Knife in the Marathon de 2000 et les singles Fucking fight et Spearheading the sin movement. Ajoutons a cela quatre reprises de Black Flag et une de Unbroken et c'est toute l'adolescence de Planes Mistaken for Stars qui se retrouve compilé sur un seul disque.

Entre emo et screamo, les mélodies ne s'écartent pas de ce genre mais sont tout aussi touchante que les meilleurs groupes du genre. Pas difficile de comprendre que ce groupe ait eu une longévité et un succès d'estime aussi important pendant un peu plus de dix ans (1997-2008). La sincérité de ce groupe et l'émotion qu'il déversait dans chacune de leurs chansons ne permet pas de douter de son honnéteté. Si les groupes d'emo sont aujourd'hui légions et font sauter à l'unisson les stades que remplissent aujourd'hui Fall Out Boy et My Chemical Romance il n'en était encore rien en 1999. Parti donc d'un style avant qu'il ne se retrouve sous les projecteurs, le groupe a continué d'évoluer et de contorsionner ses instruments pour en retirer le son et les chansons qui les représenteraient dans leur évolution en tant qu'artistes, musiciens et être humains.

Weridetofight est un bien bel album, cohérent et constant dans sa qualité d'écriture et d'enregistrement. Rien n'est a jeter et l'on sent dans cette parution un désir de rendre hommage a un groupe et a ses chansons bien après que l'effervescence se soit dissipés depuis la disparition regrettable de ce quatuor. Planes Mistaken for Stars n'aura jamais été à la mode mais cela ne doit pas vous empêcher d'écouter et d'apprécier leurs chansons. Une bien belle manière de se rappeler qu'émo est bien le définitif "d'émotion" et pas juste un ensemble clichés vestimentaires et capilaires.