Saturday, August 21, 2010

Aidan Baker - Liminoid / Lifeforms


Selon la définition, le terme de symphonie ne convient pas aux musiques vocales, instrument utilisé dans le cadre de ce morceau en quatre parties. Pour autant, les mots n'étant qu'une part légère de l'oeuvre, il me semble être plus qu'à propos pour décrire cette pièce pour trois guitares, deux batteries, un violon et deux violoncelles.

Les instruments s'ajoutent d'abord de façon rythmique avec des courtes mélodies dansantes, et cela jusqu'à la fin de la deuxième partie. Ensuite, l'introduction du troisième mouvement se fait sur un lit de textures ambiantes dans lequel se couche les différentes lignes mélodiques interprétés par chacun des instruments. Une lente progression où l'impact de chacun des instruments est mesuré sans qu'aucun n'ai le privilège de se faire entendre plus qu'un autre.

Une addition brillante démontrant la connaissance de Aidan Baker dans la superposition des sonorités. Superposition rythmique, mélodique et finalement vocale suivant la même logique pour l'installation d'une atmosphère quasi religieuse conclue par la reconquête par les batteries, puis les cordes, d'une mélodie plus rock faisant se rejoindre les méthodes rythmiques et mélodique développés dans les trois premiers mouvements.

La dernière pièce de vingt-cinq minutes est, en comparaison, beaucoup plus classique pour Aidan Baker. Guitare, violon, violoncelle et effet ambiant forment une nappe consistante similaire au développement d'une plante ou à l'éveil d'une forêt le matin. Le souffle angélique transpercé par les sifflements lointains du vent dans les branches et des oiseaux. Pratiquement une image d'Épinal si ce n'est pour la qualité d'interprétation de la dite image. De quoi se repasser mentalement les meilleurs moments d'un reportage de la chaine Nature passé au ralentis. "Liminoid" et "Lifeforms", deux pièces distinctes formant une bande son complète où chaque minute est proprement exploité à peindre un nouvel espace et former une toile de fond qui, une fois écouté dans sa totalité, se suffit a elle-même.

Year of no Light - Ausserwelt


En quatre ans, la notoriété de Year of no Light aura eu le temps de grandir, au point que leur performance en Pologne soit écouté attentivement et applaudis généreusement par plus d'une centaine de polonais au festival Asymmetry. La couverture de Rock sound n'est pas encore au coin de la rue, quoi qu'à une époque des groupes de la même popularité avait été propulsé en haut du panier pour de simples raisons de copinages, et les bordelais s'en fichent surement sinon ils n'auraient pas pris une direction aussi progressive après leur premier album.

La collection de morceau qui les avait fait connaitre, Nord, fait maintenant bien pâle figure devant la masse post-shoegaze qui accueille l'auditeur sur Ausserwelt. "Plus loin que", "le monde extérieur", voilà le peu que j'ai pu trouver pour traduire le nom de cet album et je suppose être à côté de la plaque. Ceci-dit, ces traductions plus qu'approximatives correspondent bien à décrire le contenu de la nébuleuse de guitare produit par l'union des trois hommes qui font maintenant partie de la formation.

Trois guitares, deux batteries, une basse et un clavier placé au milieu que tout le monde manipule, afin de palier l'absence du chanteur/claviériste des disques précédents. La liste des membres adjoint aussi à l'équipe visible sur scène les responsables du son, Cyrille Gachet, à l'enregistrement et au mixage, Emmanuel, l'éclairagiste et Florian, guide spirituel et logistique que je suppose être leur manager.

Ce n'est presque plus le même groupe en somme et presque plus la même musique. De dix titres ont passe à quatre de plus de dix minutes. L'expansion des riffs a suivis l'expansion du groupe de façon à ce que le groupe devienne une sorte de culte à même de propulser le même genre de riffs travaillés dans Nord dans des constructions sonores autrement plus dense et narrative. Le postcore d'antan devient doom sans perdre sa parure shoe-gaze et sa luminosité.

Ainsi, si l'on entends par maturité une évolution vers un son plus personnel et l'expression d'un spectre d'émotion plus vaste, alors Ausserwelt est l'album où la pomme devient bonne à croquer. Une écoute réjouissante qui promet, si ce n'est l'approbation du public, la joie des critiques heureux de voir un groupe se trouver un son aussi personnel et différent de la masse des clones de NeurIsis. La comparaison devient obsolète sur l'ile forestière qu'occupe maintenant le groupe, sur laquelle ils peuvent construire leur propre navire et faire voyager leurs spectateurs jusqu'à ce petit monde de musique qu'ils se sont construit. Tout ce que l'on pouvait attendre de Year of no Light, c'est une évolution comme celle-ci et ils l'ont réussies parfaitement.

Friday, August 20, 2010

The Abominable Iron Sloth - the ID will overcome


L'abominable paresseux metallique est de retour, les crocs plus acérés, la bouche toujours plus avide et la détermination encore plus affirmé. Précédemment accompagné par différents membres de Will Haven, Justin Godfrey, compositeur principal, maintenant suivit dans sa route par Andre Samabria et Aubrey Pope, a d'abord poursuivi son rêve tout seul sur scène à l'aide d'une boite à rythme, et finit par jeter l'éponge momentanément entre 2006 et 2007. Le projet revint ensuite sous le nom de The Indomitable Iron Sloth, reçu le financement des fans, avant de reprendre de nouveau son premier nom et d'arriver avec deux nouveaux membres et un son trouvé/retrouvé.

Le départ des membres de Will Haven n'aura pas affecté grandement le son de ce groupe, auquel il manque seulement aujourd'hui les solos dissonant de Jeff Irwin, mais pas le groove de mammouth du premier album. Or, c'est surtout celui-ci, bien que toujours très Will Haven, qui fait l'identité du groupe (avec aussi un écart vers Isis pour l'emprunt du riff de "The Tower" pour "the Timely death of Billy Mays") . A l'instar du quatuor de Sacramento, à l'époque de El diablo, les riffs de The Abominable Iron Sloth assomme comme des coups de massue, ou des bras géants d'un monstre lent et plombé. Un paresseux costumé d'une armure de fer donc.

Plus monolithique que jamais, les plages changent et l'effet recherché reste le même. Or, sans aller jusqu'à l'épuisement, the ID will overcome souffre en partie de cette obsession qui rend indistincte les plages entre elle. La présence d'une femme dans les rangs permet toutefois la présence d'un peu de chant féminin, léger, en introduction de "Big iron door". Une variation dont le groupe que le groupe ferait bien de s'approprier dans des futurs morceaux.

Pour autant, la caresse des riffs suffit a bercer tout au long du disque pour faire qu'en un peu plus d'une demi-heure, si l'on zappe un peu l'avant-dernier morceau, "Heterodox nonconformists", de treize longue et inutiles minutes. L'exception qui conforme la règle dans sa collection, autrement sympathique, de titre tous autant bedonnant, évoluant d'un pas chaloupé, vers la destruction de toujours plus de maison et de route. Ce disque manque tout autant de variation que son prédécesseur mais procure le même plaisir sauvage de destruction aveugle. Plombé, efficace et finit bien trop vite pour que l'on puisse s'en lasser.

Fleshpress - Rebuild. Crumble


En plus de son rôle de batteur émérite, Mikko, membre, entre autre, de Clandestine Blaze et de Deathspell Omega, compose du harsh noise sous différents pseudonyme. L'introduction de ce premier titre par quelques effets sonore léger sert donc d'introduction au premier de ce mini album, autre volet des sorties de 2010 pour Fleshpress.

Le visuel d'un paysage sombre et bleuté rappelle celui de Pillars, tout autant que la musique, au rythme autrement plus sec que sur les morceaux de No return. Le sludge reprend possession du trio et la basse de grogner d'autant plus avec appréciation sous des riffs tantôt distordus, tantôt en forme de rocher. Réduit à un peu moins de neuf minutes, l'attaque de ce premier morceau se concentre sur un impact constant, à l'image de son titre, où l'on imagine sans peine l'apport progressif de pierre à chaque frappe de batterie, tandis que la basse représenterait la procession des esclaves et la guitare leur souffle et leurs hurlements.

Le paysage de pleine désolé introduit par des gémissement de guitare est alors parfaitement approprié pour le contre coup de la construction de la pyramide du premier titre. Le rythme frappé dessine le départ des âmes dans le vent de la mélodie où n'apparait encore que subrepticement la basse. Puis, la progression vers la chute se fait de plus en plus décisive à mesure que les notes de guitares s'accentue et que le rythme s'accélère doucement.

Une dernière respiration avant la dégringolade... puis c'est la déferlante avec le retour de la voix sur un riff typiquement black metal sur un tempo où les pierres roulent et s'écrasent un peu plus loin, signalant la conclusion de la souffrance dans l'expulsion de ces pierres pour laquelle tant de personnes sont mort. Dernière explosion avant la conclusion. L'élaboration du tableau prend fin avec plus d'intensité que comme il a commencé et de la façon la plus approprié qu'il soit.

Encore une fois, les deux titres se suffisent à eux-même dans une atmosphère plus fidèle à l'esthétique du groupe, tout en étant plus propice à des expérimentation à continuer sur une prochaine sortie, peut-être?

Fleshpress - No return


Deux mini albums de Fleshpress sortent cette année. Le visage couvert d'yeux est celui de No return. Une image peu commune pour une couverture d'album de Fleshpress, me rappelant le trait et l'univers dessiné par Mike Huddleston dans le comics Deep Sleeper. Dans celui-ci, un écrivain se perd dans ses rêves pour aboutir dans un univers dont il ne pourra plus se réveiller quand un autre prendra finalement sa place dans son propre corps.

La comparaison s'arrête là car le thème de la possession a peu en commun avec la musique de Fleshpress, si ce n'est ce rythme qui guide les pas de l'auditeur vers le premier riff massif auquel celui-ci s'attend. Le sludge black metal des finlandais trouve ici de nouvelles variations dans l'art de composer un morceau pesant grâce au jeu de leur batteur, Mikko, aussi membre d'une dizaine d'autres groupes dont les plus connus sont Clandestine Blaze et Deathspell Omega. Son jeu, celui de la basse et une discrète mélodie suffise à tenir en haleine jusqu'à ce que la guitare surgisse par une porte dérobée pour prolonger la pression, accompagné des habituels vocaux black metal du plus belle effet. Un riff des plus massifs, totalement à la hauteur de l'introduction de cinq minutes qui précède son entrée en scène.

La conclusion justifie ensuite l'usage du black metal comme genre pour définir la musique de Fleshpress avec une accélération haineuse finissant la création d'un morceau dans la progression du superbe Pillars. Après cela, quand une ligne de basse purement Black Sabbath introduit le second, et dernier morceau, la machine est lancé et le riff qui fait suite se révèle tout aussi excellent afin de ne pas faire mentir la pesante introduction précédente. L'atmosphère est alors moins malsaine et moins pesante, voir détendu, et l'ont comprend mieux la raison de ce mini album, constitué de deux excellents titres toutefois bien différent de ce à quoi Fleshpress a pu nous habituer jusqu'à présent.

Le doom prime donc pour ce deuxième titre, si ce n'est pour la voix du hurleur en début de morceau. Reposant après un imposant départ, le point commun entre ces deux morceau est l'interaction constante qu'ont les instruments dans l'élaboration d'un groove plus différent l'un que l'autre mais toujours aussi lourd. Deux compositions parfaites dans leur genre respectif.

Brown Jenkins - Death obsession


Une créature ressemblant à rat appartenant à la mythologie de Cthlhu, voilà ce qu'est un Brown Jenkin. Brown Jenkins en revanche est un duo constitué d'un guitariste/ batterie, bassiste et délégué aux effets et d'un autre bassiste participant aussi quelque parties de voix.

Signé sur Moribound, auréolé d'une grain similaire aux premiers disques de Xasthur, toutes les apparences tendent a porter ce groupe vers le rayon de la scène black metal américaine. Une catégorie qui ne suffit pas a décrire complètement la production de Brown Jenkins, malgré une certaine ressemblance avec les compositions de Leviathan par la longueur des morceaux. Le devoir du duo échappe toutefois aux préoccupations maudites des figures de la scène black metal américaine en se consacrant à autre chose qu'a dépeindre leur haine de l'humanité.

L'univers de Lovecraft est celui vers lequel ces deux musiciens ce sont tournées. Phobique à l'extrême, il créa un univers fantastique dans lequel il pouvait exprimer toute sa peur de l'univers qui l'entourait au moyen d'une mythologie extraordinaire, calice de ses peurs les plus fondamentales (l'eau, les étrangers, voir même son époque). La haine de l'humanité de Brown Jenkins s'exprimerait alors par le proxy d'une passion pour l'auteur?

Cependant, cet intérêt pour une oeuvre littéraire offre surtout au duo un réservoir d'inspiration bien plus profond, n'exprimant par simplement la haine ou la dépression mais une aura noirâtre pour une musique moins intéressés par la création d'une atmosphère que par la création de composition solide allant de riffs en riffs comme une histoire passe de paragraphe en paragraphe.

Le compositeur le plus chargé en instrument, sous le pseudonyme d'Umesh, use de chaque instrument, non pas comme des obligations, mais comme à leur plein avantage pour construire un univers sonore plus particulier que dans la majorité des projets black metal classique. La basse, instrument délaissé dans la plupart des groupes de metal, apparait clairement dans le mix des instruments comme appuie claire dans le rythme des morceaux, rythme peu varié certes, avec cependant quelque roulement bien placé et des accélérations maitrisés.

Une galerie de détails que l'oreille avisée captera avec plaisir durant l'écoute de ces sept morceaux. Un plaisir auditif rare dans un genre, let metal en général, plus préoccupé par la cohésion des instruments dans un tout puissant que la qualité des arrangements. Un genre qui n'aura pas contenté ce fameux Umesh puisque ce disque de Brown Jenkins est le dernier. L'homme se consacre maintenant à The Ash Eaters, un nouveau projet décrit comme étant entre le rock et le black metal avec trois sortis de prévus pour la seule année 2010.

Au regard de ce dernier disque, la qualité devrait suivre assurément tout en laissant derrière soi un disque des plus satisfaisant qui est au black metal ce que le monochrome est pour Yves Klein, un terme qui englobe mais ne définit pas avec profondeur la richesse des dégradés de couleur que l'homme a offert à la peinture.

MF GRIMM - The downfall of Iblyss... a ghetto opera


Trois ans après la sortie de Operation doomsday qu'il co-produit, un an avant sa sortie de prison pour la deuxième fois, MF GRIMM sortait enfin son premier album. Loin du gangsta rap qu'il avait fréquenté pendant sa jeunesse (il affirme avoir joué le rôle de ghost writer sur une partie de The Chronic de Dr Dre), The downfall of Iblys offre ce qu'il promet sous la forme d'un albums concept sur les tragédies et les leçons que rencontrent le personnage d'Iblys.

Tout comme MF DOOM, née dans le monde du rap sous le nom de Zev Love X dans KMD avant de perdre son frère et d'errer dans les rues pour revenir sous le masque de fer de DOOM et mettre en transférant ses tragédies dans la vie du super vilain, GRIMM raconte sous une forme romancé son expérience.

La comparaison entre les deux MF et leur premier album respectif ne s'arrête pas là sans pour autant qu'Iblyss en souffre. Aussi culte et imaginatif soit Operation doomsday, Iblyss l'est tout autant dans un style plus dramatique, sans oublier les boucles accrocheuses (Time and space, Foolish et ses claviers funky si similaire à ceux employés par DOOM).

Plus clair, moins bourrés d'effet de style, le flow et les paroles de Percy Carey sont ceux d'un conteur, et non d'un charmeur. Avec la fougue d'un jeune homme, il rappe encore avec l'abandon d'un homme que l'on a enfermé pendant trop longtemps. Le charme de ce disque vient justement de cette énergie, dont fait tout autant preuve MF DOOM sur Operation doomsday, et avec qui il partage deux morceaux dont "Voices pt. 1" et "Foolish".

L'oreille et la voix pour les mélodies ("Together"), il est plus facile de suivre le discours de GRIMM et de comprendre son propos sans avoir a faire face a des empilement de rime. Les parcours de MF DOOM et MF GRIMM se comparent cependant jusqu'à un point et se séparent dans leur conclusion. Tandis que l'un a choisit l'anonymat, autant dans sa vie que dans ses rimes cryptés, GRIMM est plus clair et déshabille ses personnages sur ses rimes ("Yes you are (it's only a movie"), "To all my comrades"). Une époque, deux albums et deux styles différents pour deux frères d'armes qui se sont ensuite fâches, puis récemment réconciliés et dont on espère entendre une collaboration. Moins sensationnels que DOOM, MF GRIMM ne compte pas autant de fidèle sans avoir a rougir devant son compagnon avec qui il partage des traits communs comme l'originalité d'un style intelligent et unique pleinement exposé sur ce premier album, aujourd'hui réédité. Pas de bonus a signaler, il n'y en avait pas besoin de toute manière. Découvrez ce classique oublié et rattrapez votre retard sur sa discographie.

MF GRIMM - You only live twice


Co-producteur sur Operation doomsday d'MF DOOM, Percy Carey était déjà rentrée dans l'histoire du rap avant cela. Proche de Dr Dre, 2 Pac, Snoop Dogg, il a même fréquenté Chuck D de Public Enemy et est monté sur scène avec tout le crew Death Row avant que ne commence sa dégringolade jusqu'en prison. Les gangs, le traffic de drogue, Percy Carey en a fait partie et MF GRIMM en a parlé.

Les potes que l'on retrouve criblé de balle, son propre frère tué par un gang rivale lors de la tentative d'assassinat qui le mis dans une chaise roulante. La taule ensuite, sa reconstruction morale, physique et économique à sa sortie de prison. La production, de nouveaux deals et un retour en taule pour de nouvelles rencontres et de nouvelles leçons. Aujourd'hui à la tête de son propre label, Day by Day entertainment, Percy Carey et MF GRIMM forment un homme et un rappeur dont l'expérience et la voix produisent des disques uniques. Unique, non par la violence dans laquelle il a vécu, mais la sagesse qui se dégage aujourd'hui de l'homme.

Pas de gangsta rap, pas de fable à la Ice T sur la rue et ses dangers. You only live twice témoigne des errances de Percy Carey et fait suite, comme le souligne la mention "The audio graphic novel", à sa biographie, Sentences, réalisé avec le dessinateur Ronald Wimberly, au cours de laquelle il raconte sa vie sans écarter les erreurs, les tragédies et la stupidité dont il a pu faire preuve par moment. Son honnêteté se retrouve sur ce disque, accompagné d'une couverture et d'illustration de Jim Mahfood.

Les paroles y sont rappés avec précision, de manière a faire sonner chaque phrase comme des leçons de vie. Les phrases et les refrains sonnent alors avec d'autant plus de force que le flow complexe dont il est capable. les riment riches préfèrent la clarté aux effets de styles, en soi un peu regrettable pour une plume aussi talentueuse, contre balancé par l'émotion présente dans la pression exercés sur chaque mot.

Les instrumentaux de Twiz the Beat Pro accompagnent ce cheminement dans une trajectoire toujours originale pour un artiste dont la carrière s'est définit par ses transformations personnelles et musicales. Les riffs de guitare de "Waiting" rappellent Run DMC alors que "The Legend of the golden warrior" (handicapé par une longue introduction de trois minutes) se sert de la musique d'intervention de Goldorak, à la manière de ses confrères des Monsta Island Czars (particulièrement MF DOOM et Rodan) qui n'ont jamais été avares d'emprunts aux dessins animés. Son style n'a pas de limite stylistique en dehors de sa passion pour le rap et la culture hip hop.

Tout au long de treize titres, GRIMM fait la paix avec ses ennemis, sa jeunesse, déclare son amour pour la vie et ses différentes raisons de vivres. Une profession de foi pour le rap sous la forme d'un disque franc, extérieur aux modes ou aux époques, incarnés par une voix et une vie unique. Une porte ouverte vers l'univers d'MF GRIMM, sans ego trip et prétention. Un disque humaniste qui ne touchera peut être pas autant son auditoire si l'on ne connait pas la vie de l'homme (dans ce cas, la lecture de Sentences peut satisfaire cette lacune), mais convaincra sans mal par la force de sa personnalité.

Trash Talk - Shame


Pour avoir vu le concert de Trash Talk à la Boule Noire (avec les excellents Throats et les affligeants Rolo Tomassi), je pense que l'on peut s'interroger sur la capacité du chanteur à se remettre de ses blessures. Deux fois le dos explosé contre la barrière de sécurité, frappé au front par le pied de micro, en moins de vingt minutes, alors que c'était la première date de leur tournée européenne. Sur une autre vidéo j'ai pu le voir partir d'un côté de la scène, puis courir jusqu'à l'autre avant de sauter sur un membre du public. Pourquoi? Surement parce que c'était Trash Talk et que tout peu arriver. Ou plutôt, tout peu arriver au chanteur de Trash Talk. Le public ne semble pas s'en plaindre et sort toujours sur ses deux pieds avec les yeux grands ouvert, le sourire large et l'envie de scander le nom du groupe à toutes les oreilles alentours.

La popularité grandissante de ces quatre de Sacramento ne se dément pas. Produit par Steve Albini, acclamé par des milliers de gamins transis à travers le monde. Il suffit maintenant d'une corde pour que le public partent en vrille, si j'en crois les dires de certains au sujet de leur concert au Ieper Fest. Les explosions sont courtes et tout le monde en profite alors pour se lâcher... totalement. Pas de demi mesure, tout comme dans la musique.

Cette réédition de la majeur partie de leur discographie, Walking disease, Plagues, l'eponyme et l'EP East of Eden, permet de passer en revue le phénomène sur un seul morceau de plastique (ou de vinyle, si il est encore disponible) de trente minute pour trente et un morceaux.

A part ça, qu'elle genre de musique fait Trash Talk? Et bien, pour éviter le risque de fâcher les puristes, je dirais juste que ça peut aller très vite et aller plus lentement. Autant d'occasion de sentir adrénaline partir au quart de tour, s'arrêter quelques instants pour reprendre son souffle, puis sauter sur le micro pour attraper la chance de gueuler quelque mots tant la vitesse de débit du hurleur suit le tempo de la batterie.

"I live in apathy. The sun? It never shines on me. I am everythinh you hate. I am everything you could never be."
Sacramento is dead

Cela parait simple mais ça ne l'est pas. La furie de Trash Talk ralentit autant de suffrage car elle est essentiel, sincère, étrangère à tout obstacle et ne supporte pas le silence un seul instant. Leur réputation s'est gagné à la sueur de leur front et au sang qu'ils ont dispersés, surtout le chanteur, sur les scènes de tout les clubs et de tout les festivals dans lesquels ils ont joués. Miraculeusement, l'incroyable énergie des concerts se retrouve assez bien retranscrit sur ces disque, à l'exception de la durée du disque qui dépasse celle des dit événements. Un nouveau EP vient de sortir, avec des morceaux un peu plus long, mais toujours la marque de d'un groupe pour qui l'honnêteté est la seule loi à laquelle ils obéissent. Ca fera peut être jaser mais ce groupe doit être énorme, et sera énorme.

Mike Patton - Mondo cane


Son mariage avec une italienne. Son aventure pop. La rencontre des deux n'a rien de surprenant sur ce nouveau projet. La rencontre avec le chef d'orchestre et associé de Patton pour Mondo Cane est par contre beaucoup plus providentiel. Alors qu'il se trouvait en tournée avec Mr Bungle, un inconnu lui donna un disque de Daniele Luppi, compositeur italien dont le CV inclut une collaboration Danger Mouse dans l'album St Elsewhere de Gnarls Barkley ou la BO de la série Sex in the City. Cet album s'intitule An italian story, un album en hommage au bande son de son enfance italienne enregistré avec les musiciens de l'époque. Intéressé par le travail de l'homme, Patton chercha a le contacter par mail, sans succès, jusqu'à découvrir, par hasard, son nom dans le livret de l'album de Gnarls Barkley et obtenir son adresse email correct par le biais de Danger Mouse et finalement le contacter pour former ce projet.

Ainsi, l'amour de Patton pour la pop italienne put enfin prendre forme sous le nom de Mondo Cane, le titre d'un film italien daté de 1962, un documentaire montrant l'humanité sous son côté le plus dépravé, ayant choqué son époque. De la pochette cartonné, découpé, coloré, à la dédicace à son ex femme ("à la femme de ma vie"), tout dans ce disque constitue une lettre d'amour à l'Italie. L'accent italien du chanteur américain a été travaillé par ses conversations avec ses amis lors de ses multiples séjour au pays, puis retravaillé lors de l'enregistrement pour faire en sorte que l'hommage soit complet et que le moins de détail puisse rappeler les origines du chanteur.

Accompagné de l'orchestre philharmonique ARturo Toscanini, conduit par Aldo Sisillo, pratiquement rien dans ce disque ne rappelle les propres compositions de Patton, si ce n'est la découverte de toutes ces influences qui ont toujours participé aux lignes mélodiques raffinés du charmeur chanteur gominé. Si tout les emprunts aux musiques italienne ou hawaienne ont parfois semblé parodique aux oreilles des fans, Patton ne les a jamais considéré comme telle et traite avec révérence et attention ces morceaux de pures mélodies sucrées, romantiques, raffinés et épicés par les sentiments exacerbés de l'italien amoureux de ses femmes, de son vin et de son soleil.

Tout se retrouve, parfaitement en place, dans Mondo cane et s'attendre au contraire serait tenté la déception. En revanche, pour avoir vu en ligne un concert de l'orchestre, six ou sept titres supplémentaires font partis de la set list et aurait pu être rajouté. Par contre, cela garanti au disque une plus grande fluidité et une durée raisonnable pour un album pop que l'on prend plaisir à faire tourner inlassablement pour se replonger dans ces mélodies de l'été infinis.

Circle of Dead Children - Psalm of the great destroyer


Ca vous ai déjà arrivé de prendre votre siège pour un retour, votre poing pour un micro et le chat pour un public en furie. Poser comme si les enceintes de votre ordinateur dispensaient des décibels a foison quand vous avez du baisser au préalable le volume pour ne pas réveiller maman qui fait la sieste en bas. Soudain, le son prend possession de vos membres et vous exécutez un demi tour arrière en jetant vos bras avec abandon dans l'immensité de votre chambre remplis d'objet éparses, vos pieds s'emmêlent sous la force de votre enthousiaste et vous finissez la tête contre le sol alors que votre mère rentre dans votre chambre. L'anecdote en question sera ensuite dispensé à tout les repas de familles suivant. Ne voyez pas dans ce récit une quelconque expérience personnelle.

Ceci pourrait m'arriver, et vous arriver, en écoutant ce dernier Circle of Dead Children. Là où la production de Steve Austin (Today is the Day) sur Zero comfort margin maculait le son d'un voile étouffant la violence, celle de Psalm of the grand destroyer rétablit la violence, et le niveau de la basse, à son niveau le plus confortable afin de provoquer le plus de moulinet, alimenté par les grognement incessant d'un chanteur qui ferait passer une porcherie pour un atelier de répétition de castra.

La rage la plus pure coule du disque et après avoir vécu tant d'emmerdes, le contraire aurait été surprenant. Sept années se sont écoulés depuis leur dernier album et cinq depuis l'EP produit par Steve Austin. Pendant ce temps, le séjour couteux à l'hôpital de l'un des membres, le départ de deux autres et leur remplacement, on faillit foutre le groupe dans le fossé. Il a fort a parier que le groupe a du y séjourner même un peu, avant que ne se redresse les cadavres des espoirs perdus et que tout ce petit monde reprenne la route vers la gloire du grindcore.

Aujourd'hui elle est atteinte avec un album bien à la hauteur des fantastiques Human harvest et Exotic sense decay. Circle of Dead Children blast et écrase tout autant d'un son lourd et d'une fraicheur retrouvé. Détenteur d'une identité allant au delà du grindcore classique à la Napalm Death ou du gore grind, Psalm of the grand destroyer n'est pas que l'annonce de la destruction mais la destruction incarné. La technique oublie la démonstration pour la castration. Tout dans cet album est possédé par la nécessité vitale de briser tout ce qui s'y oppose. Sludge, grind, gore grind, les galères ont alimentées la naissance de ce disque et la douleur ressentit est communiqué à chaque instant. Le monstre est de retour.

Thursday, August 19, 2010

The Dillinger Escape Plan - Option paralysis


Quand Dillinger Escape Plan promet un disque plus thrash metal, Dillinger tiens promesse et propose un disque plus thrash metal. Ire works n'était pas des plus hardcore, cela relève tout de même d'un changement de fusil d'épaule assez radicale. Le groove de Gil Sharone, partit rejoindre son frère dans Stolen Babies, groupe qu'il n'avait pas quitté de toute façon, est remplacé par la frappe énergique, rapide, et donc moins légère et subtile, de Billy Rymer.

C'est d'autant plus visible en concert quand le groupe reprend des morceaux de l'album Sharone et que les parties rock and roll sonnent plates. Ire work était l'Angel Dust de the DEP. Option parylisis voit l'assaut se focaliser sur deux fondamentaux précédemment exploités par le groupe : le chaotique agressif sans mélodie et sans refrain et le chaotique, agressif avec une grosse mélodie.

Les leçons apprises sur Miss machine portent leur fruit quand Greg Pucciato sort ses cordes vocales les plus tendres et les plus accrocheuses. Ben Weinman se déclarait lui-même surpris d'avoir entendu autant de mélodie sortir de la bouche de Pucciato quand il lui a envoyé les morceaux pour qu'il écrive et pose sa voix. Lui ne s'attendait qu'a que du cri. L'alliance de la violence et de la mélodie fonctionne pourtant sans forcer. Ce serait même les titres les plus violent qui pêcherait d'être trop rapide et de s'évaporer entre les refrains.

Plus mélodique, plus concis. Plus metal. Le changement de metal n'y est surement pour rien, vu la garantie d'indépendance qu'ont du demander les bonshommes. Par contre, leurs compositions plus rigides, plus strictes, dépareillent moins sur le label français.

Une situation ironique tant ce disque s'écoute comme une lettre ouverte à leurs fans américains, plus avide de chansons énergique et violente que des expérimentations prog d'Ire works, si l'on en croit encore les dires de Ben Weinman. En comparaison, les fans européens apprécient les morceaux plus subtiles, comme "Mouth of the ghost".

Cet aspect de the DEP est toutefois toujours aussi présent, en témoigne le titre de conclusion, "Parasitic twins", juste en plus petite dose, ou incorporé dans des morceaux plus énervé, et un peu moins subtile dans les variations de textures et d'atmosphères qu'Ire works proposait avec tous ces interludes et ces introduction.

Plus long et plus direct, un disque du Dillinger Escape Plan sur lequel les fans de Calculating infinity pourront, encore une fois, faire l'impasse. Il y a toutefois la sensation d'un pas en arrière sur ce disque.

Comme si la folle expérimentation d'Ire works, la sensation d'avoir en face de soi un proto Faith no More, avait disparu au profit d'un monstre d'acier trempé nourri aux hormones et prêt a prouver sa valeur de groupes aux prouesses techniques ahurissante et à l'agression débridé. Une déception qui aurait pris la forme d'un album on ne peut plus solide, avec seulement une poignée de titres moins mémorables mais pas dispensables pour autant. Option paralysis, a l'instar de Axe to fall, n'apporte rien de vraiment neuf au groupe tout en asseyant ses capacités et son identité avec toute la force de compositeur et la folie auquel nous sommes aujourd'hui accoutumé.

Madlib - Medicine show n°6 The brain freeze show


Pas de frontières, tous unis par l'herbe. Afrocentrique, a l'exception du volume bresilien du Medicine show, le Brain freeze show (originellement appelé Brainticket, en référence a un obscur groupe germanique, suisse et italien de krautrock dont Madlib doit surement posséder toute la discographie en vinyle entre ses albums d'Aamon Düul et de Can.

Ce volume ne s'occupe toutefois pas que ce genre particulier et pioche aussi dans le funk, le hard rock et des sons étranges. Un véritable détour psychédélique que la couverture illustre bien par ce fantasme furry et forestier éthéré de deux lapins, mâle et femelle, s'envoyant en l'air sur le fond sonore distant provenant des échos de Woodstock.

Votre cerveau sera effectivement détruit au bout du compte. Passé du monologue d'un homme a sa sortie de prison, à la recherche de femme et ne trouvant sur son chemin qu'un bus de nonne; à des mélodies à la flute, à la trompette, au piano, auquel s'ajoute les échos de sonneries, de la glace brisé, des hurlements et les gémissements de femme au son d'un chanteur à la Jim Morrisson.

Le livret complète le tableau avec un exposé sur les illuminatis, le pape venu de l'espace, le nouvel ordre mondiale. C'est un bout des années 70 qui a été prélevé par Madlib et a été déposé dans ce disque. Le voyage est intérieur et propulsé par une sévère dose de psychotrope. Suffisante pour vous faire voir des lapins humanoïdes copuler dans la forêt. Assez fort pour vous faire revenir dans l'état d'esprit d'un gamin collé à sa collection de vinyle, elle même coller à son téléviseur, elle même positionner à côté de la fenêtre. Le résultat est l'enregistrement de tout ce qui se passait au même moment pendant une soixantaine de minutes.

Les changements de chaine, les accidents de voiture, les conversations, les changement de disque. Le brain wreck show. Ce moment dans la journée où vous avez pris le brown acid et n'avez ensuite pas fermé l'œil jusqu'à l'épuisement. C'est à la fois une découverte d'une musique et d'une période indissociable pour comprendre l'un et l'autre. Un bout de disque plus intéressant, et aussi plus étrange, que tous les mix sortis par Madlib jusqu'à ce jour.

Madlib - Medicine show n°5 The History of the Loop Digga


Des muscles, du cul, des flingues. Le comics à l'intérieur du livret présente toutes les marques de la bd d'ado dessinés pour remplacer tout les fantasmes nourris aux hormones que tout mec a eux.

Elle rappelle que ce cinquième volume du Medicine show est la réédition d'une collection de morceaux édités sous forme de cassette pour son cercle d'ami, ou faire la promotion de sa musique auprès de rappeur intéressé. Comme le renseigne le descriptif sur le site de Stones Throw, certaines instrus ont été utilisés beaucoup plus tard pour des productions plus récentes de Madlib comme Percee P ou Wildchild et permettent donc d'apprécier le processus créatif du beat maker.

Compositeur à l'énergie et la créativité inépuisable, cette cinquième étape du Medicine show souligne le caractère erratique des sorties de Madlib, allant d'avant en arrière sans rien laisser soupçonner à l'auditeur. Sur ces 34 plages, une direction moins précise que sur les Beat Konducta se dégage par, non pas le manque, mais la texture un peu plus basique de cette collection. Ce n'est pas l'explorateur mais l'ado resté dans sa cité, ses films et la collection de vinyle qu'il s'est constitué à porter de main dans les disquaires locales. Moins aventureux, moins Indiana Jones et plus Dolemite (un sample d'un spectacle de l'humouriste y figure).

Les beats rugueux pulsent sur des boucles funk. Les scratchs font le raccord entre les titres, aidés de sample rappelant le nom de la compilation ou de ligne de dialogue. Une vraie cassette de beat maker donc, avec tout ce qu'elle comporte comme enchainement étrange ou survol rapide de boucle que l'on voudrait voir un peu plus progresser. En soixante minute, on fait le tour d'une partie de la jeunesse du bonhomme, dont le reste repose encore dans des cartons ou dans les armoires des potes à qui l'on a filé un seul exemplaire avant de perdre le reste en laissant la porte de la bagnole ouverte en partant chercher une nouvelle caisse de disque.

Un fond de tiroir de Madlib vaut pourtant tout les fonds de tiroir de votre quartier (à moins que vous ne viviez à Détroit) et ce cinquième volume, et premier volume de l'histoire du Loop Digga (pseudonyme qu'utilise Madlib sur The Unseen the Quasimoto) permet de faire un lien de plus dans l'histoire du compositeur, encyclopédie humaine relié en performance à un quatre piste qu'il ne quitte manifestement pas très longtemps pendant ses journées.

Wednesday, August 18, 2010

Brutal Assault - Report première journée

Le bien nommé Brutal Assault rassemble encore cette année des groupes internationaux de metal extrême devant un parterre de fan, majoritairement tchèques et polonais, avec toutefois beaucoup plus de français que l'année précédente. L'affiche de cette année m'avait moins excité que celle de l'année précédente, avec toutefois des groupes d'exceptions comme Sigh et Meshuggah, et une pléthore de groupe déjà venu au festival pour fêter sa quinzième année. Par conséquent, chaque journée était très dense en groupe, de 10H à plus de 2H du matin de metal en tout genre.

République Tchèque oblige, le festival débute avec un groupe de grindcore. Je n'avais pas pu assister au préfest, où jouait And Hell Followed With ou Ignovimous Incarceration, faute d'obtenir mon ticket d'entrée assez rapidement pour voir les derniers groupes. La journée de route avait été longue, avec des embouteillages avant l'entrée de Prague (les travaux avancent lentement en République Tchèque), et la queue pour obtenir son sésame l'était presque tout autant, la faute à l'affiche et au festival qui avait attiré une plus grande population que l'année précédente.

Le lendemain, et premier jour du fest, commence avec Disfigured Corpse, un groupe de gindcore à la Napalm Death assez sympa, dont le set passe sans soucis et sans grand évènement notable. Une petite mise en jambe avec un son à la hauteur, comme le seront la plupart des sets des trois jours.

Les problèmes techniques commencent par contre avec SSS dont le set est retardé d'une demi heure, alors que le groupe s'évertue à obtenir du son dans les retours. Une fois obtenue, l'intro lancé et le premier titre joué, la machine s'arrête encore pour changer de tête d'ampli basse, et repartir cinq bonne minutes après. Le chanteur en profite alors pour expliquer qu'il joue avec une jambe cassé car il se l'ai pété avant de partir après être sorti du bain. Pas de bol. Ca ne l'empêche pas d'assurer convenablement, comme le chanteur de Gadget l'année dernière accompagné lui aussi d'une béquille, et d'avoir l'appuie de ses trois compères pour faire sonner leur cross over à la Cryptic Slaughter/DRI.

Afgrund n'accuse pas des même soucis et peut donc embrayer très vite après avec un concert de grindcore suédois à la Rotten Sound. Un poil moins metal que les nouveaux morceaux des suédois, qui jouent un peu plus tard dans la journée, leur grind repasse l'assistance dans le sens du poil et suffit à faire oublier leur manque d'originalité.

Je saute ensuite les sets de Lost Soul et Demonic Resurrection pour revenir dans le coin au moment d'Insania et voir Bonded by Blood. Les thrasheurs doivent pourtant reportés leur set au lendemain, à cause de problème de transport, et c'est à Rotten Sound de prendre très vite le relais et de rattraper même un peu le retard pris sur le planning par les soucis de SSS. Entre temps, Insania aura eu le temps de me polluer la tête avec un néo metal atroce, même par rapport aux standards du genre.

Rotten Sound donc, les rois actuels du grind suédois, dont je n'attendais pas grand chose pour les avoir vu deux fois auparavant donné des concert correct, mais peu impliqué, me surprennent avec une dose de rage inhabituel et bienvenue. Interprétés par un chanteur plus hargneux qu'a l'accoutumé et avec un pied sur l'accélérateur, la sélection de morceau d'Exit et de Circles, avec une reprise de Napalm Death sorti de leur dernier EP, s'enchaine parfaitement. Sans discuter le meilleur groupe de grind de la journée.

Trial of Tears et Suicidal Angels ne recevant pas mon suffrage, je reviens devant la scène pour The Black Dahlia Murder et son metal américano/suédois. Un serbe insiste alors pour me vanter son amour pour Obituary pendant les deux premiers morceaux, mais part ensuite se placer devant la scène d'a côté pour ne pas manquer l'un de ces groupes fétiche. Les joies de l'alcool et des rencontres surprenante d'un festival. Les quarante minutes des américains passent très vite et les titres ne se ressemblent pas assez pour lassés. "Miasma", "Statuory ape", "What an horrible night to have a curse", "Deathmask divine", "Funeral thirst", "Christ deformed" et "Necropolis" en conclusion, tout deux des titres de leur dernier disque, Deflorate, qu je me suis ensuite juré d'acheter à mon retour. Toujours rien d'original à l'horizon mais de l'efficacité à revendre.

Le death metal moderne laisse ensuite la place à la vielle école et Obituary d'embrayer avec l'intro de Frozen in times. Les riffs sont boueux et les cheveux de John Tardy volent, c'est le signe d'un groupe en pleine forme. De Frozen in times à Slowly we rot, le tempo ne varie que de peu et se conclut avec le morceau titre de leur premier album. Dans le public, le chanteur de The Black Dahlia Murder continuait de discuter avec des fans tout en écoutant ses ainés.

Je saute par dessus le set d'Ensiferum pour revenir découvrir enfin Gojira sur scène et me faire une idée de l'engouement autour. Bassiste énergique, chanteur guitariste aux discours rodés et riffs rouleau compresseur. Rien ne me convient vraiment même si tout est bien assez convaincant pour que le groupe tienne dans sa main l'attention du public des pays de l'Est. Comme me le confirmera un polonais rencontré le samedi matin après Cock and Ball Torture, la France a la côte grâce a eux en matière de metal. Rien d'exceptionnel dans la set list d'après ce que m'ont confirmés des amis connaissant mieux le groupe. Juste une petite impression de lassitude à la moitié du concert malgré son efficacité. Je continue aussi de beaucoup trop penser à Morbid Angel en les écoutant.

En arrivant sur la scène où est censé jouer Lock-Up, la nouvelle a déjà fait le tour et ce sera Sepultura qui prendra leur place pour des raisons non expliqués. Pas besoin de long discours de toute manière quand on traite le public d'un concert complet de classique allant de Arise, Troops of doom, Territory, à Ratamahata et Roots, bloody roots en conclusion. 20 ans de carrière passé en revue par un groupe qui ne compte plus qu'un membre d'origine et dont les meilleurs années sont derrière eux, comme le prouve malheureusement très bien les choix de morceaux ne brossant que leur carrière avec les frères Cavalera. Une remise en question nécessaire sera surement au programme si ils veulent continuer à provoquer les même réactions enthousiastes de la part du public.

Des anciens de Roadrunner prennent ensuite le relais, j'ai nommé Fear Factory. Première expérience scénique pour moi par manque d'intérêt nostalgique pour des albums qui ont pourtant marqués mon évolution metallique. J'aurais quand même plaisir à beugler les paroles (c'est fou tout ce dont on peut se souvenir sans même réviser aucun album) et à lever le poing en rythme sur une set list contenant quatre, sympathique, titre de leur dernier album. Un reproche toutefois à Gene Hoglan dont le style ultra mécanique pêche sur des titres plus groovy d'Obsolete que sont Shock et Edgecrusher. La machine a du mal a suivre et casse en partie leur efficacité. L'handicap majeur du groupe reste toutefois Burton C Bell. Heureusement pour moi, positionné sur le côté droit, je n'entendais que peu sa voix claire et n'avait donc pas a supporter son chant outrageusement faux d'après les dires de toutes les personnes que j'ai pu croisé le lendemain et le surlendemain. Preuve encore que la clé d'un concert agréable repose plus sur une bonne place que sur un bon groupe.

J'épargne mes tympans la souffrance du concert de Children of Bodom pour aller manger et découvrir la bête, j'ai nommé Gorgoroth, pour voir ce dont il retourne. Petite déconvenue, car je n'en étais strictement rien, puisque la fumée ne cache qu'une mince étincelle ridicule. Quatre bonhomme ridicule avec leur peinture noire et blanche. Le son est médiocre et les morceaux le sont tout autant sans leur prétendu atmosphère sombre et satanique. Au lieu d'un groupe de black metal je subit un spectacle de guignols insupportable en fin de journée avec la fatigue accumulé depuis midi.

Heureusement, Candlemass restaure toute mon énergie avec une première expérience scénique dont les qualités sont à la hauteur de réputation de ces rois du doom. Les musiciens font preuve d'un naturel et d'une fraicheur bienvenue en interagissant entre eux pendant les morceaux alors que tant de groupes se contente de répéter le même show avec une lassitude évidente. Un titre de Epic doomicus metallicus pour conclure et la légende du doom finit d'inscrire son nom dans les mémoires de tous.

Le vainqueur du concours de popularité de la journée de festival par nombre de fan portant des tee shirt à leur couleur, j'ai nommé Despised Icon, arrive enfin à 01H15 et annihile toutes les personnes présente. Le groupe fait ses adieux à l'Europe sur cette dernière et donne tout ce qu'ils ont en jouant une set list parfaite introduite par l'enchainement de All for nothing et d'A fractured hand. La fosse suit le tempo de la double dans une frénésie alimenté par les charismatiques chanteur et des musiciens toujours aussi énergique. Dernier et quatrième concert de Despised Icon pour moi et peut être même le meilleur de tous.

La cloture de la journée revient à Gwar dont j'ai déjà vu le set à Dour (voir article sur Dour sur lafilledurock.com). Le contenu est le même et je suis un peu trop fatigué pour avoir envie d'une deuxième session, malheureusement.

Tuesday, August 17, 2010

Thou - Baton Rouge, you have much to answer for


S'il n'en tenait qu'à moi, le titre de ce disque aurait du être BP, you have much to answer for. Thou vient toutefois de la Nouvelle Orléans et est mieux placé que moi pour savoir comment appeler leur disque. D'ailleurs, celui-ci a été composé et enregistré avant la nouvelle catastrophe pétrolière qu'ont à subir aujourd'hui les bayous de la Louisiane. Le ressentiment que partage Thou pour sa ville est tout autre et trouve son explication dans le texte introductif où la haine de son ennemi est glorifié, tandis que l'amitié est tourné en dérision comme un pénible compromis ne reposant que l'incertitude. Un adversaire, argumente l'auteur du texte, reste constant dans son sentiment et n'atteint rien d'autre de vous que de vous vaincre. "Being loved nnspires complacency, being hated spurs us to action."

De cet environnement, Thou tire son originalité et progresse de nouveau dans un sludge matinée de mélodies post rock jouant sur la gamme du regret et de l'amertume. "A pack of liars. Fakers. Cowards. Trapped now forever in this ghost town." Bâton rouge, ses habitants, le sol sur lequel elle est construite, doit répondre de toute cette haine, et en cela elle pousse Thou a créer et à parcourir le pays pour y revenir et puiser dans ses marécages la force de continuer. Les dernières catastrophes ne promettent rien pour la ville, prise dans l'étau de l'économie pétrolière dont dépendent tant de famille qui ne peuvent se passer de travailler pour des entreprises dont la survie repose sur une exploitation, et a terme des dommage toujours plus important, de l'environnement.

Le style de Thou progresse donc vers toujours moins de clarté mais plus de reflet où s'affine leur regard sur leur vie. Le sludge mis au service de la haine exprime de plus en plus de dégradés de sentiment, jusqu'au plus profond du drone étiré sur "Baton Rouge, Louisiane", troisième titre accompagné d'une discussion d'un film non identifié où un homme et une femme sur l'évolution de l'humanité. L'homme argumente sur sa dégradation, la femme sur son amélioration au fil des siècles.

"Can you give me a pill to help me see the world? Can a pill help me understand Irak, Darfur or even New Orleans". Thou nous aide a comprendre la Nouvelle Orléans a mesure qu'eux apprenne a décrire avec encore plus de précision la richesse de cette environnement qu'il déteste tant. La conclusion de l'EP est laissé a une reprise de l'une des influences supposés du groupe, Nirvana. "Sifting", conclusion de l'album Bleach, se sludgise sous l'effet d'un riff dont le groove est bien plus souligné sur l'original, et étiré un peu plus que sur l'original. Comme tout ce qu'il touche, Thou transmet son identité à ce morceau et continue donc de s'affirmer comme l'un des groupes de sludge les plus intéressant actuellement.

Kayo Dot - Coyote (HydraHead) 2010


Lors de mon voyage en Pologne, pour le festival Asymmetry, j'ai eu la chance de rencontrer Toby Driver, bassiste de la tournée de Secret Chief 3. J'ai pu alors parler de son dernier disque avec lui et de son optique lors de sa composition.

Tout d'abord, contrairement à ce que l'on pourrait croire avec un artiste, et un groupe, dont la musique est aussi évocatrice de formes et de songes, l'optique de Toby Driver était tout d'abord de voir ce qu'il pouvait composer en utilisant les instruments qui ont servis pour ce disque. L'atmosphère du disque a été déterminé par deux éléments principaux. Tout d'abord, les circonstances tragiques de la disparition d'une amie proche, auteur de l'histoire qui forment la trame narrative de ce disque dont l'ensemble des morceaux doivent être pris comme une pièce unique. D'autre part, selon les dires de Driver, son optique était aussi d'utiliser des traits marquants des disques de rock gothique des années 80 qui l'ont marqués, comme une basse couplé à une pédale de chorus.

Là se trouve l'une des grandes particularité de Kayo Dot. Mêlé une connaissance et une manipulation de la théorie musicale propre à l'univers de la musique non-linéaire, extérieur aux compositions rock, a des influences puisés dans l'héritage rock dans son ensemble. Cette confusion des genres a largement contribué a faire de Kayo Dot, aux yeux du public, des disquaires, et même des labels qui ont signés le groupe, tour à tour un groupe de rock progressif, de metal, de post rock, etc ...

Bref, peu de référence de l'univers musicale que cotoie eklektik convienne réellement a renseigner le contenu propre de cet album. D'une certaine manière, bien que Driver ait fait partie d'une formation de metal progressif, Maudlin of the Well, ses occupations musicales actuelles sont à mille lieux de son passé, et ce disque ne fait pas exception. Cette confusion des "genres", qui n'a rien a voir avec une prétention artistique mais plutôt à une confusion liés aux différents labels dont Kayo Dot a pu faire partie (à l'exception de Tzadik, le label du saxophoniste free jazz John Zorn), est un problème dont souffre la musique de Kayo Dot, faute de trouver un public qui convienne bien et dont les attentes ne soient pas déçu.

Tout cela pour dire qu'avec tout le respect que je porte pour Toby Driver et Kayo Dot, je voulais profiter de cette chronique pour souligner l'incohérence du genre dans lequel ce groupe est rangé sur ce site. "Post rock expérimental"... ouais, on va dire que j'étais un peu jeune et pas très renseigné sur la question, hein?

Ne préférant donc ne pas faire de comparaison déplacé, je resterais donc à comparer ce disque à ses prédécesseurs. Les instruments en vent font un retour très appréciables dans ces compositions où elles forment de superbe trame mélodique sur lequel se superpose la voix de Driver, plus plaintive que d'habitude (thématique et atmosphère gothique oblige). Le jeu de la violoniste, Mia Matsumiya, ainsi que David Bodie de groupe Time of Orchids, une autre formation atypique aux préoccupation inter-genres, crée une atmosphère proche de la discordance, parfois frénétique, de certains instants de Dowsing anemone with copper tongue.

En revanche, le format des morceaux oscille entre l'enchevêtrement de variations sur des plages plus courtes, de Blue lambancy downward, et le format plus étiré, de Dowsing anemone with copper tongue. Toutefois, si il y a un instrument dont la présence renseigne le plus efficacement ce disque, c'est bien la basse, joué par Toby Driver, dont la présence fantomatique navigue entre les instruments comme la présence d'une âme perdue.

Enfin, si cette chronique semble être l'équivalent d'un agenouillement à la Wayne's World en face de son idole ("On est des merdes, on est pas digne !" devant Alice Cooper), son but était surtout de souligner la richesse des compositions de Toby Driver et des acolytes dans la composition d'une pièce unique et originale comme peu d'artiste en sont capable. Un véritable monument d'originalité a ne pas laisser dans un genre ou dans un rayon mais a diffuser le plus possible pour tout les passionnés de musique complexe, pensée et articulée avec intelligence.

Monday, August 02, 2010

Guilty Simpson - OJ Simpson (Stones Throw) 2010


Après un album de rap aussi impérial, et classique dans sa forme, que le premier Guilty Simpson, ce deuxième disque fait figure de MadSimpson en lieu et su d'une suite logique de Ode to the ghetto.

Les 24 plages, au lieu des 16 du précédent, mettent la puce à l'oreille. Madlib n'est pas que producteur mais collaborateur. Il apporte instrumentales et thématiques par la dizaine d'interlude peuplé de personnages du stand up noir américain, notamment Dolemite dont on peut entendre la voix à plusieurs reprises.

Rudy Ray Moore, aka Dolemite, est le pimp noir américain qu'il ne faut pas faire chier. D'abord personnage de fiction sur la scène des spectacles de Moore, il a ensuite été adapté à l'écran dans de nombreux films à la glorieuse époque de la blackspotation. Ces films inspirent globalement le contenu d'OJ Simpson en puisant au rayon des héros de fiction noir américain la même attitude fier et bagarreuse que représente le rappeur.

Madlib laisse le micro à Simpson de temps à autre lors de morceaux, toutefois beaucoup plus court que ceux de son premier disque solo. Pas de refrain monstrueux à la "Kill'em" ou "Almighty dreadnaughtz", "juste" des successions de couplet à la manière de MF DOOM sur Madvillain. Un style qui sied beaucoup plus au masque de fer qu'au champion des rues de Détroit. Pour autant, Simpson s'adapte bien au format des morceaux et pose avec toute la maitrise qu'on lui connait. Ce serait plutôt l'auditeur ici présent qui attendait de la part d'un de ses nouveau rappeur favoris plus de morceaux classique et pas autant d'expérimentation.

Les deux collaborateurs se laissent donc une part égale, contrairement à ce que l'on pouvait attendre à l'écoute du Medicine show vol.1, Before the verdict, plus classique dans la fond et dans le forme. Une mixtape d'avant-goût qui ne préparait pas le terrain à la surprise aigre douce que fut ce disque lors des premières écoutes. Des beats et des instrus somptueuse, pour sûr, il y en a revendre. Madlib fournit peut être même son meilleur disque depuis Madvillain en ce qui concerne la production des morceaux de rap purs. "Cali hills" sera un hit, ou ne sera pas, et l'on aimerait du coup bien qu'elle dure plus longtemps et s'articule autour d'un refrain dont on sait capable Byron Simpson tant il l'a prouvé à de nombreuses reprises.

Pris pour ce qu'il est, c'est à dire une collaboration entre deux grands noms du rap moderne, OJ Simpson se pose un peu en dessous, mais pas si loin que ça, du désormais mythique Madvillain. Il faut juste ranger ses attentes d'un successeur à Ode to the ghetto et espérer que l'homme revienne à un format plus classique sur son prochain album, ou affine sa collaboration pour avoir plus de place au micro que Madlib en à la production. Une situation un peu absurde que l'on peut pardonner aisément grâce à la grande classe de ce producteur génial qui ne sait décidément pas s'arrêter.

Friday, June 11, 2010

Attack Attack! - Attack Attack! (Rise Records) 2010


Combien de visages horrifié se sont contorsionnés en découvrant la vidéo de Sticky, slicky quand le buzz du crabcore s'est déchainé sur internet. Les poses, le deathcore pour les nuls et le refrain blindé d'auto tune jusqu'au jeu de jambe du chanteur et ce final à la Eiffel 65. Depuis, le groupe a acquis une solide base de fan qui apprécient, avec ou sans ironie, leur mélange contre nature. Leur chanteur a lui été viré (à cause de problème de santé qui l'empêchait de tourner) avec perte et fracas et ce sont donc le claviériste et le guitariste qui se partage le micro.

Attack Attack! doit maintenant jouer correctement ses cartes pour acquérir un niveau supérieur de popularité et ce disque le leur donnera surement. Et pour cause, le mélange de tendances tout aussi populaire et indigestes les unes que les autres est perfectionné sous la puissance d'une production millimétré.

Le deathcore n'est alors plus le genre approprié pour décrire ce mélange étrange entre la house façon Ed Banger Records, les parties beat down à la Emmure/The Acacia Strain, les mélodies emo radio et les refrains bardés d'auto tune. Le seul point commun entre tout ces styles est la popularité qu'il rencontre actuellement. Ces groupes et ces genres se partagent l'attention de la plupart des adolescents modernes et Attack Attack! compte les rallier tous à sa cause. Le mélange est contre nature mais les voix de la pop sont impénétrables et le groupe a donc toute ses chances.

En revanche, leur popularité potentiel n'en rend pas moins leur musique complètement imbuvable. Seul certains passages de chansons méritent d'être sauvés (la conclusion dubstep de "Lonely", le pré refrain de "A for Andrew", cliché mais efficace) parmi les clash entre les genres seulement soutenus par une approche chirurgicale de l'enregistrement approprié à la musique électronique et aux production r'n'b moderne. On ne peut reprocher à Attack Attack! de ne pas être en phase avec son époque. Leur disque est assurément le son d'une époque. La fusion tenté sur leur disque précédent atteint sa perfection ici mais reste bien plate et dénué d'inspiration. Pur produit de super marché, le contenu de ce disque est tout simplement le caddy bien remplit d'un(e) adolescentes des années 2010 où les morceaux ont été jeté éparses, sans trop se préoccuper de leur cohérence ou de leur fraicheur. Le disque d'une génération que les plus âgés ne manqueront pas de rejeter. Un disque parfait pour polariser les opinions mais qui n'en mérite pas tant. Beaucoup de bruit pour rien.

Monday, June 07, 2010

Exilym - No more freedom (Swarm of Nails) 2010


Des années de galère pour finalement trouver des musiciens avec qui donner vie à ses idées et écrire un premier disque. Welcome to the second new era. La première a eu lieu ailleurs et l'histoire commence véritablement ici, sur ce disque. Elle n'attends d'ailleurs pas d'être introduit à grand renfort de notes suspendues dans les cieux car la distorsion arrive bientôt. Pas besoin d'atteindre 90 000 miles à l'heure pour passer en hyper espace, Exilym vous garantit le décollage en moins d'une minute.

La brièveté est un don que ne possèdent généralement pas les groupes post mais Exilym en fait sa marque de fabrique sur ce six titres. Les fusées s'envolent aujourd'hui en bien moins de temps qu'à l'époque de Neil Armstrong et les ambitions spatiales n'en peuvent plus et s'épanouissent bien vite en apesanteur par des rafafles compressés de mélodies à la frontière du post rock et du metal. Ce son musclé prend possession de l'atmosphère, contrairement à tant de groupes qui se laissent flotter au grand du vent et de leurs mélodies.

Une structure auquel se tient cinq des six morceaux de l'EP puisque seul le dernier prend plus de temps à s'épanouir. C'est d'ailleurs le moins efficace puisque les mélodies, quelles soit jouées à la guitare ou ajoutées au piano ("One more step before the end") sonnent presque pop et accentuent cette immédiateté en attirant tout de suite l'attention vers elle pour mieux porter le sentiment d'élévation que le contraste, entre les riffs lourd et les mélodies légères, auquel toutes les personnes qui n'ont pas vécu sous un rocher durant la dernière décennie, sont désormais habituées.

Les groupes ne manquent pas pour comparer ce que fait Exilym. J'en choisirais donc un dans la pile et son nom est Rosetta. Exilym n'est pas américain, est instrumental et prend trois fois moins de temps à s'exprimer mais possèdent cette même force qui les fait grimper très vite jusqu'en apesanteur et ce gout de la superposition des guitares. Un gout que vous n'entendrez pas très bien sur la version en streaming sur leur page myspace mais qui leur permet de se distinguer une fois de plus du reste de la marmaille qu'à engendrer un jour Isis en composant le dénommé Panopticon et d'asseoir par les même occasions le début d'une troisième ère dans laquelle on espère voyager encore plus loin.