Après avoir atteint les limites de leur style sur "Mechanics of dysfunction", Beneath the Massacre n'avait pas d'autre option que d'explorer d'autres avenues ou se répéter. Il faut dire que leur première direction, blaster le plus vite possible tout en faisant des arpèges, ne comportait qu'un intérêt limité. Oui, vous pouvez aller très vite, c'est bien, j'adore, mais au bout d'une dizaine d'écoute on a fait le tour des possibilités du disque et il faut passer a autre chose pour avoir une carrière dans un genre saturé par des dizaines de jeunes qui font aussi des arpèges pendant cinq minutes sur toutes leurs chansons. "Dystopia" devait donc être l'album qui ferait la différence pour inscrire le nom de Beneath the Massacre dans les mémoires pour autre chose qu'une curiosité.
Le premier gros changement entrepris par le groupe est la variation de vitesse. Comme le conducteur d'une Ferrari qui découvrirait que l'on peut changer de vitesse entre la première et la cinquième, le batteur fait enfin varier son jeu et propose des breaks plus variés. On a donc aujourd'hui le choix entre trois type de vitesse : lent, mid tempo mais énergique et blast. C'est peu mais pour un groupe dont la musique se veut froide et mécanique c'est une petite révolution. Le refrain de "Reign of terror" est d'ailleurs bien mémorable grâce a ce changement et promet au groupe de conserver sa place en tant que groupe de scène.
Ceci dit, cette petite variation n'est pas non plus une révolution et permet surtout de mieux distinguer les chansons entre elle. Beneath the Massacre est toujours un groupe de death metal froid dont les break down lui permettent de plaire aux fans de deathcore tout en restant assez extrême et metal pour plaire aux fans de death metal. Les arpèges sont de plus assez bien joué comme le prouve le solo de "The wasteland", un petit moment de respiration entre tout ces riffs gras et rapide. Une succession de petit plus donc, suffisant quand on aime déjà le style du groupe, un peu léger si l'on s'attendait à de la nouveauté.
Cependant, il se dégage tout de même suffisamment de cet album un vent de changement pour laisser entendre que "Dystopia" est surtout un album de transition vers quelque chose d'autre. Les nouveautés sont en effet encore un peu mal intégré et ressortent au milieu des blasts comme si le groupe avait voulu délibérément apporter du neuf sans encore très bien savoir comment le faire. Peut être est ce aussi le coté très mécanique du groupe qui fait cela et rend donc le manque de transition entre les parties beaucoup plus mécanique qu'il n'est en réalité. Néanmoins, il y a des idées et des passages très efficace pour peu que l'on ne demande a ce disque que de la violence gratuite, froide et malsaine. Petit point noir par contre, l'inclusion d'une "reprise" de leur propre chanson, "Never more", déjà présente sur le premier EP, "Evidence of inequity". Après comparaison des deux je peux confirmer que la chanson est identique à l'exception de la production plus puissante. Peut être est ce donc une manière de redonner une "jeunesse" à un titre très apprécié en concert pour son break down dantesque très lent mais pour un fan de la première heure c'est une redite inutile qui confirme l'aspect très répétitif de la musique de Beneath the Massacre et son manque de véritable innovation en trois ans d'existence. "Dystopia" est néanmoins un petit pas de plus pour Beneath the Massacre. Un bon disque efficace pour satisfaire les fans et permettre aux groupes de continuer a asseoir sa présence en concert. Ceci dit, j'espère que le groupe se lassera plus vite que son public de ne jouer qu'une musique aussi unidirectionnel et utilisera son talent pour offrir un peu de variété à leurs disques.
Sunday, November 16, 2008
This or The Apocalypse - Monuments (Lifeforce) 2008
La bonne nouvelle c'est que ce n'est pas un nouveau groupe de deathcore. La mauvaise c'est que This or The Apocalypse est juste un clone de Misery Signals. Mosh part survitaminés et polyrythmie sur fond d'arpèges mélodique et de voix crié alliant un coté tougth guy à des cris plus déchirés façon emo. Plus focalisé sur les mosh part et les rythmes brisés que sur les mélodies superbe et aérienne de leur première source d'inspiration, This or The Apocalypse est néanmoins un groupe compétent et efficace. Rien de nouveau mais rien de bien désagréable non plus a écouter. On s'y tirera même a bon compte si l'on recherche un disque de metalcore bourré de rythmes saccadés et plus originaux que la pléthore de groupes de deathcore usant les même chugg chugg sur tout un disque. Bien qu'encore très loin de la qualité d'écriture de Misery Signals ou de Protest The Hero, This or The Apocalypse propose une série de chansons anecdotique mais distrayante. Ainsi, si vous trouvez "Monuments" a un prix modique vous ne regretterez pas votre achat si vous aimez tout les groupes susnommés. Il faudra cependant ne pas être trop regardant du coté de l'originalité. Ceci dit, leur prochain disque a tout le potentiel pour être vraiment original si il décide de s'éloigner de l'ombre de Misery Signals et se polyrythmise encore plus.
Left to Vanish - Versus the throne (Lifeforce) 2008
"Versus the throne" n'est pas un album décevant car pour cela il aurait fallu que j'ai l'espoir de trouver sous cette pochette ridicule un disque correct. "Versus the throne" n'est juste qu'un disque de deathcore de plus que l'on peut résumer à une addition aussi enthousiasmante pour moi que de la perspective d'ouvrir un cadeau de noel en sachant que je vais y trouver un CD de Adibou : Between the Buried and Me + Suicide Silence = Left to Vanish. Même le groupe a l'air de s'ennuyer en jouant. Le chanteur pousse les même grognement poussif que le chanteur de Suicide Silence et alterne avec un cri hardcore aussi puissant qu'un cri de protestation d'un de mes arrière grand parent. La musique suit un chemin tout tracé par les précédents disques des membres susnommé. Structure "complexe" à la Between the Buried and Me période "The Silenc circus" mais où toutes traces d'idées et de personnalité seraient remplacés par des chugga chugga deathcore répétitif. Le seul moment intéressant de ce disque est la conclusion ambiante / electronique du premier titre. Peut être que ce groupe a donc un avenir dans un autre genre ?
Saturday, November 15, 2008
Ken Mode - Reprisal (Escape Artist) 2006
La musique est une affaire de son dans l'absolut mais une fois sur scène c'est aussi une question de présentation. Comment s'habiller, que dire entre les morceaux etc. Bien jouer ne suffit pas. Il faut un plus. Pour Ken Mode, ce plus c'est un chapeau de cowboy. Il dit tout ce qu'il faut sur groupe sans fioriture et sans artifice. Car, bien que canadien, Ken Mode est un groupe qui a tout du cow boy chevauchant seul sur la plaine.
Trio guitare, basse, batterie influencé par Unsane, Ken Mode n'est pas un groupe de noise rock de plus car leur groove est complémenté par des musiciens surdoués qui s'amusent a jouer avec leur groove et le ballader dans tout les sens. La batterie trépigne et sautille dans tout les sens tout en gardant le cap. La basse est lourde et ronde. La guitare accélère avec un afflux de note inattendu. Tout cela se veut pourtant sporadique et ne fait pas perdre de cohérence au morceau. Tout se tient grâce a la magie du groove et la cohésion entre les musiciens. Comme un cowboy qui chevaucherait un taureau en furie mais réussirait a se maintenir malgré tout. Comme un type solitaire qui chevaucherait pendant des heures en explorant de nouveaux territoires sans se perdre pour autant. Un truc de cowboy donc.
Indépendant et unique dans la plaine canadienne, Ken Mode est devenu un groupe à la voix beaucoup mieux défini. Moins influencé par Keelhaul que sur leur premier album où les rythmes étaient plus brisés et moins rond. Servi par une production bien plus lourde, naturel et riche que celle, très sèche, de "Mongrel". L'autre grande force de ce groupe est celle aussi de composer tout avec un esprit rock. Un petit quelque chose de difficile a définir qui sent la sueur, la sincérité et donne envie de danser. Ce n'est pas un hasard si la section rythmique de ce groupe est aussi efficace que le duo Stanier & Bogdan des premiers Helmet. Des musiciens qui savent très bien se servir de leurs mains et de leurs instruments.
Le trio canadien a donc aujourd'hui toute les cartes en main pour abattre toute concurrence. Et quel concurrence en fin de compte ? A l'instar de l'animal de la couverture où l'on retrouve un peu de hyène, du raton laveur et du calamard, Ken Mode est un groupe inclassable qui s'impose en affirmant son identité a coup de chansons anguleuse et ronde à la fois et d'un son très rock et brute. Une anomalie typiquement canadienne a rajouté à la discothèque des amoureux dr rock lourd et original.
Trio guitare, basse, batterie influencé par Unsane, Ken Mode n'est pas un groupe de noise rock de plus car leur groove est complémenté par des musiciens surdoués qui s'amusent a jouer avec leur groove et le ballader dans tout les sens. La batterie trépigne et sautille dans tout les sens tout en gardant le cap. La basse est lourde et ronde. La guitare accélère avec un afflux de note inattendu. Tout cela se veut pourtant sporadique et ne fait pas perdre de cohérence au morceau. Tout se tient grâce a la magie du groove et la cohésion entre les musiciens. Comme un cowboy qui chevaucherait un taureau en furie mais réussirait a se maintenir malgré tout. Comme un type solitaire qui chevaucherait pendant des heures en explorant de nouveaux territoires sans se perdre pour autant. Un truc de cowboy donc.
Indépendant et unique dans la plaine canadienne, Ken Mode est devenu un groupe à la voix beaucoup mieux défini. Moins influencé par Keelhaul que sur leur premier album où les rythmes étaient plus brisés et moins rond. Servi par une production bien plus lourde, naturel et riche que celle, très sèche, de "Mongrel". L'autre grande force de ce groupe est celle aussi de composer tout avec un esprit rock. Un petit quelque chose de difficile a définir qui sent la sueur, la sincérité et donne envie de danser. Ce n'est pas un hasard si la section rythmique de ce groupe est aussi efficace que le duo Stanier & Bogdan des premiers Helmet. Des musiciens qui savent très bien se servir de leurs mains et de leurs instruments.
Le trio canadien a donc aujourd'hui toute les cartes en main pour abattre toute concurrence. Et quel concurrence en fin de compte ? A l'instar de l'animal de la couverture où l'on retrouve un peu de hyène, du raton laveur et du calamard, Ken Mode est un groupe inclassable qui s'impose en affirmant son identité a coup de chansons anguleuse et ronde à la fois et d'un son très rock et brute. Une anomalie typiquement canadienne a rajouté à la discothèque des amoureux dr rock lourd et original.
Misery Signals - Controller (Ferret) 2008
La mode du metalcore étant sur la pente descendante glisse doucement vers la sortie tandis que les ados a mèches se tournent vers le deathcore et continue de faire la toupie dans la fosse, les groupes montrent aujourd'hui leur détermination a jouer un genre dont beaucoup sont lassés. Pourquoi ne pas donc se tourner vers autre chose et suivre la mode ? Pourquoi ne pas faire dans la simplicité ? Ou alors, pourquoi ne pas solidifier sa carrière avec un nouvel album tout aussi efficace toujours produit par Devin Townsend et ne montrer aucun signe de faiblesse ? "Controller" signe ce choix avec brio grâce a un disque qui est sans doute le meilleur de leur courte discographie.
Depuis "Of malice and the magnum heart" ce groupe dont seul le chanteur a changé après le premier disque ne fait signe d'aucune faiblesse ou manque d'inspiration. Toujours aussi metalcore qu'au premier jour, leur musique est toutefois beaucoup plus technique que la plupart de leur paires. Mélodies inspirés puisant dans un répertoire entre emo et metal pour un résultat à la fois touchant et épique, rythme solide et complexe maintenu a coup de double grosse caisse et hurlement gutturaux intelligibles. Mirros présentait déjà ces symptômes mais ceux ci sont encore plus affinés sur Controller. Plus énergique grâce a des chansons au tempo plus rapide comme "Parallels" ou "Weight of the world", le groupe passe d'un tempo metal a une rythmique emprunté au hardcore pour offrir un peu de variation .Cependant, si le "core" se justifie au vu de certains élément de leur son, il est presque insignifiant face à l'importance des influences metal présente (nottament celle de Meshuggah sur certaines mosh part).
Les mélodies sont aussi beaucoup plus mise en avant et mémorable. Le riff d'introduction de "Coma" ou le refrain de "Set in motion" ne sont que deux des multiple exemple que compte ce disque. L'énergie n'est cependant pas sacrifier puisque le rythme est pesant et puissant grâce a une production qui appuie efficacement la présence de la batterie pour des parties rythmiques offrant plus d'impact. L'alternance entre les mélodies douces et influencé par le post rock (la conclusion de "Coma") renforce le dynamisme et offre une richesse bienvenue pour un disque associé a un genre exploité jusqu'à la moelle par des groupes plus inspiré pour s'habiller que pour composer. Une autre influence notable est celle de Devin Townsend puisque l'ont sent sa patte sur le riff d'introduction de "Labyrinthian" ou l'effet d'écho sur l'intro de "Ebb and flow" ainsi que sur la présence plus affirmé des mélodies. Le retour du producteur est donc bienvenue et leur permet de trouver la maturité qui manquait encore à "Mirrors" tout en donnant plus de place aux fantastiques riffs mélodiques et mélancolique de "Of malice and the magnum heart".
Sur onze titre, aucun ne se distingue par sa médiocrité. Sans éviter totalement les "clichés" du genre (voix mélodique un peu emo par moment et mosh part), Misery Signals ne commet aucune faute de gout et ne se répète pas sans pour autant trahir son style d'origine. Depuis "Of malice and the magnum heart", la qualité d'écriture dont fait preuve ce groupe en maniant habillement leurs instruments pour un résultat de plus en plus metal mais toujours très énergique et original sans pour autant réinventer quoi que ce soit. La persistance et la qualité des albums de Misery Signals continue de ne pas faillir avec ce troisième album et prouve que ce groupe est heureusement fait pour durer. Arriver avec le metalcore, ils vont finir par dépasser cette mode et être classé dans un genre beaucoup plus simple et approprié : le metal mélodique. Une étiquette qui leur sierra beaucoup plus et finira peut être d'affirmer leur présence comme un groupe vraiment intéressant et original pour tout ceux dont l'étiquette metalcore rebute.
Depuis "Of malice and the magnum heart" ce groupe dont seul le chanteur a changé après le premier disque ne fait signe d'aucune faiblesse ou manque d'inspiration. Toujours aussi metalcore qu'au premier jour, leur musique est toutefois beaucoup plus technique que la plupart de leur paires. Mélodies inspirés puisant dans un répertoire entre emo et metal pour un résultat à la fois touchant et épique, rythme solide et complexe maintenu a coup de double grosse caisse et hurlement gutturaux intelligibles. Mirros présentait déjà ces symptômes mais ceux ci sont encore plus affinés sur Controller. Plus énergique grâce a des chansons au tempo plus rapide comme "Parallels" ou "Weight of the world", le groupe passe d'un tempo metal a une rythmique emprunté au hardcore pour offrir un peu de variation .Cependant, si le "core" se justifie au vu de certains élément de leur son, il est presque insignifiant face à l'importance des influences metal présente (nottament celle de Meshuggah sur certaines mosh part).
Les mélodies sont aussi beaucoup plus mise en avant et mémorable. Le riff d'introduction de "Coma" ou le refrain de "Set in motion" ne sont que deux des multiple exemple que compte ce disque. L'énergie n'est cependant pas sacrifier puisque le rythme est pesant et puissant grâce a une production qui appuie efficacement la présence de la batterie pour des parties rythmiques offrant plus d'impact. L'alternance entre les mélodies douces et influencé par le post rock (la conclusion de "Coma") renforce le dynamisme et offre une richesse bienvenue pour un disque associé a un genre exploité jusqu'à la moelle par des groupes plus inspiré pour s'habiller que pour composer. Une autre influence notable est celle de Devin Townsend puisque l'ont sent sa patte sur le riff d'introduction de "Labyrinthian" ou l'effet d'écho sur l'intro de "Ebb and flow" ainsi que sur la présence plus affirmé des mélodies. Le retour du producteur est donc bienvenue et leur permet de trouver la maturité qui manquait encore à "Mirrors" tout en donnant plus de place aux fantastiques riffs mélodiques et mélancolique de "Of malice and the magnum heart".
Sur onze titre, aucun ne se distingue par sa médiocrité. Sans éviter totalement les "clichés" du genre (voix mélodique un peu emo par moment et mosh part), Misery Signals ne commet aucune faute de gout et ne se répète pas sans pour autant trahir son style d'origine. Depuis "Of malice and the magnum heart", la qualité d'écriture dont fait preuve ce groupe en maniant habillement leurs instruments pour un résultat de plus en plus metal mais toujours très énergique et original sans pour autant réinventer quoi que ce soit. La persistance et la qualité des albums de Misery Signals continue de ne pas faillir avec ce troisième album et prouve que ce groupe est heureusement fait pour durer. Arriver avec le metalcore, ils vont finir par dépasser cette mode et être classé dans un genre beaucoup plus simple et approprié : le metal mélodique. Une étiquette qui leur sierra beaucoup plus et finira peut être d'affirmer leur présence comme un groupe vraiment intéressant et original pour tout ceux dont l'étiquette metalcore rebute.
Kill the Client - Cleptocracy (Willowtip) 2008
L'election de Barrack Obama met fin a huit ans de domination du parti républicain à l'état américain. Une victoire que les démocrates et tout ceux qui haïssent George W Bush et son institution se devait de célébrer avec un dernier levé de majeur symbolique exprimant toute la frustration qu'ils ont ressentis pendant ces années. Manipulation de l'information, légitimation de la torture dans des prisons se moquant de tout droit et de toute moralité. Huit années d'une institution marqué par le secret, le mensonge et la violence. Rien de véritablement nouveau dans le monde de la politique (personne n'aura oublié Richard Nixon et son Water Gate) mais jamais aucune institution américaine n'aura était aussi unanimement critiqué pour ses excès. Ce concentré de frustration et de colère pure Kill the Client l'exprime sous la forme de dix sept chansons de grind et d'une reprise de Insect Warfare.
"Escalation of hostility" présentait le groupe comme un héritier de l'engagement politique et sonore de Napalm Death. Blast, riffs gras et chanteur possédé et engagé. En cela, Cleptocracy n'est pas un disque très différent de son prédécesseur. La différence majeur entre les deux disques est que si Escalation of hostility était un album excellent mais juste tout aussi efficace que ceux de ses influences majeurs, Brutal Truth et Napalm Death, Cleptocracy par contre est le fruit d'une mutation beaucoup plus violente que les deux groupes susnommés. Cleptocracy est en quelque sorte le Scum du vingtième et une siècle. Une réappropriation violente et déterminé d'un son mélangeant punk, metal et excès de vitesse autour d'un discours politique marqué par la guerre en Irak durant laquelle le chanteur du groupe a servit sous le drapeau américain. Patriote mais pas aveugle pour autant, il exprime son dégout de la politique et des médias. Le symbole des illuminatis (conspiration politique et spirituel censé expliquer les origines de la religion chrétienne et les prétendus manipulations de la CIA durant les attentats du 11 septembre) qui orne le disque (et le pupitre du personnage sur la couverture) est un symbole de la teneur de l'engagement et des croyances du groupe.
Musicalement parlant, cette détermination se retrouve dans des riffs gras alliant la rapidité de Napalm Death et l'épaisseur des riffs de Brutal Truth à l'époque de Need to control. Le rythme des chansons est toujours branché sur la vitesse maximale à l'exception de quelque chansons plus lourde (mais pas doom pour autant) et de la reprise qui conclut le disque à un rythme un tout petit peu moins intense. La déflagration est donc presque ininterrompu sans pour autant rendre l'expérience lassante. Rapide et efficace, il n'y a aucun moment sur ce disque d'un peu plus de vingt minutes où l'on pourrait trouver a redire si l'on aime le grind. Ce disque est tout simplement la quintessence d'un style. C'est la force de la conviction et la puissance de ses musiciens qui font la différence et rende cet album indispensable pour tout amateur du genre.
"Escalation of hostility" présentait le groupe comme un héritier de l'engagement politique et sonore de Napalm Death. Blast, riffs gras et chanteur possédé et engagé. En cela, Cleptocracy n'est pas un disque très différent de son prédécesseur. La différence majeur entre les deux disques est que si Escalation of hostility était un album excellent mais juste tout aussi efficace que ceux de ses influences majeurs, Brutal Truth et Napalm Death, Cleptocracy par contre est le fruit d'une mutation beaucoup plus violente que les deux groupes susnommés. Cleptocracy est en quelque sorte le Scum du vingtième et une siècle. Une réappropriation violente et déterminé d'un son mélangeant punk, metal et excès de vitesse autour d'un discours politique marqué par la guerre en Irak durant laquelle le chanteur du groupe a servit sous le drapeau américain. Patriote mais pas aveugle pour autant, il exprime son dégout de la politique et des médias. Le symbole des illuminatis (conspiration politique et spirituel censé expliquer les origines de la religion chrétienne et les prétendus manipulations de la CIA durant les attentats du 11 septembre) qui orne le disque (et le pupitre du personnage sur la couverture) est un symbole de la teneur de l'engagement et des croyances du groupe.
Musicalement parlant, cette détermination se retrouve dans des riffs gras alliant la rapidité de Napalm Death et l'épaisseur des riffs de Brutal Truth à l'époque de Need to control. Le rythme des chansons est toujours branché sur la vitesse maximale à l'exception de quelque chansons plus lourde (mais pas doom pour autant) et de la reprise qui conclut le disque à un rythme un tout petit peu moins intense. La déflagration est donc presque ininterrompu sans pour autant rendre l'expérience lassante. Rapide et efficace, il n'y a aucun moment sur ce disque d'un peu plus de vingt minutes où l'on pourrait trouver a redire si l'on aime le grind. Ce disque est tout simplement la quintessence d'un style. C'est la force de la conviction et la puissance de ses musiciens qui font la différence et rende cet album indispensable pour tout amateur du genre.
Trapt Them - Seizure in barren praise (Deathwish) 2008
Au début de l'année j'ai eu l'occasion de voir Trap Them en concert en ouverture de Victims, The Ocean et Rotten Sound. Jeune groupe auteur d'un album et d'un EP efficace allliant un rythme hardcore a des riffs metalique. Les influences black metal du guitariste (aussi membre de December Wolves, excellent groupe de black metal) se retrouvaient dans certains riffs mais le groupe avait encore toute les traces d'une entité qui demande encore a murir. Aujourd'hui, le fruit est tombé de l'arbre et a créer un gros cratère en atteignant la surface du sol.
Seizure in barren praise est l'album que j'attendais depuis la fin de Mistress. Une dose de violence et de rage sans concession alliant des riffs metal à la Dismember a une rythmique grind. Les blast sont toutefois limités à de courtes explosions ce qui rend le rythme de ce disque encore plus imprévisible et devastateur. Une véritable tornade a l'object direct et à l'impact massif en huit titres où l'inspiration et la violence ne s'essouffle jamais.
La voix a aussi subit un changement de rigueur depuis le concert et le EP. Plus grasse mais toujours aussi déchiré et hurlé avec force et conviction, le chant est maintenant beaucoup plus proche de Dismember que de Converge. A se demander ce que ce groupe fait encore sur Deathwish tend l'influence hardcore est réduit au minimum. Seul le rythme rappelle parfois quelque instant ce genre mais la couleur dominante est le metal suédois sans aucun ajout de mosh part ou de clichés à la mode. Trap Them saute directement sur les artères de l'auditeur et l'assèche en un peu plus de vingt minutes de musique violente et épuisante.
La plupart des chanson ne dépasse les trois minutes. Tout est bien trop concis et explosif. Seul "Mission convincers" atteint un total de sept minute grâce a des riffs massif et une rythmique doom orné de cris toujours aussi puissant mais aux paroles plus desespéré. Le dernier coup de poing d'un enchainement de techniques qui feront du public une masse de corps couvert de sueur épuisé par un tel assaut. Si le groupe reproduit avec autant de force cet album sur scène alors leur prochain passage sera surement beaucoup plus mémorable pour le public qui n'avait que peu réagit lors de leur set sur les planches de la petite Locomotive.
Enfin, la marque de Deathwish se retrouve tout de même dans le livret et la packaging. Présenté dans un digipack permettant a une illustration verticale de s'étendre sur les trois panneaux cartonnés, le disque s'accompagne d'un livret de vingt pages. Imprimé sur un papier de bien meilleur qualité que le papier glacé que l'on trouve généralement, les illustrions mélangent textes et reproduction de peintures catholique en noir sur frond grisâtre. Etant donné le prix demandé pour un disque de ce label, l'objet vaut la dépense rien que pour son livret et sa présentation. Fort heureusement, vous aurez droit en plus à un disque d'excellente qualité que les fans de Dismember, Mistress ou Rotten Sound apprécieront ainsi que tout ceux pour qui la musique doit être énergique, massive et diablement enragé. Trap Them s'impose aujourd'hui comme une figure incontournable dans les rangs des rares groupes qui ont un jour mélangé le grind et le sludge.
Seizure in barren praise est l'album que j'attendais depuis la fin de Mistress. Une dose de violence et de rage sans concession alliant des riffs metal à la Dismember a une rythmique grind. Les blast sont toutefois limités à de courtes explosions ce qui rend le rythme de ce disque encore plus imprévisible et devastateur. Une véritable tornade a l'object direct et à l'impact massif en huit titres où l'inspiration et la violence ne s'essouffle jamais.
La voix a aussi subit un changement de rigueur depuis le concert et le EP. Plus grasse mais toujours aussi déchiré et hurlé avec force et conviction, le chant est maintenant beaucoup plus proche de Dismember que de Converge. A se demander ce que ce groupe fait encore sur Deathwish tend l'influence hardcore est réduit au minimum. Seul le rythme rappelle parfois quelque instant ce genre mais la couleur dominante est le metal suédois sans aucun ajout de mosh part ou de clichés à la mode. Trap Them saute directement sur les artères de l'auditeur et l'assèche en un peu plus de vingt minutes de musique violente et épuisante.
La plupart des chanson ne dépasse les trois minutes. Tout est bien trop concis et explosif. Seul "Mission convincers" atteint un total de sept minute grâce a des riffs massif et une rythmique doom orné de cris toujours aussi puissant mais aux paroles plus desespéré. Le dernier coup de poing d'un enchainement de techniques qui feront du public une masse de corps couvert de sueur épuisé par un tel assaut. Si le groupe reproduit avec autant de force cet album sur scène alors leur prochain passage sera surement beaucoup plus mémorable pour le public qui n'avait que peu réagit lors de leur set sur les planches de la petite Locomotive.
Enfin, la marque de Deathwish se retrouve tout de même dans le livret et la packaging. Présenté dans un digipack permettant a une illustration verticale de s'étendre sur les trois panneaux cartonnés, le disque s'accompagne d'un livret de vingt pages. Imprimé sur un papier de bien meilleur qualité que le papier glacé que l'on trouve généralement, les illustrions mélangent textes et reproduction de peintures catholique en noir sur frond grisâtre. Etant donné le prix demandé pour un disque de ce label, l'objet vaut la dépense rien que pour son livret et sa présentation. Fort heureusement, vous aurez droit en plus à un disque d'excellente qualité que les fans de Dismember, Mistress ou Rotten Sound apprécieront ainsi que tout ceux pour qui la musique doit être énergique, massive et diablement enragé. Trap Them s'impose aujourd'hui comme une figure incontournable dans les rangs des rares groupes qui ont un jour mélangé le grind et le sludge.
Wednesday, November 12, 2008
Krallice - Krallice (Profound Lore Records) 2008
Dans la scène rap, le rap indépendant des labels Def Jux et Anticon sont distingués du reste des rappers par leur thèmes, les musiques sur lesquels il posent et leurs flows. Plus intellectuel et conceptuel que le rap plus traditionnel, direct, revendicatif ou tout simplement support d'un ego trip assumé et jouissif, Aesop Rock ou Dose One revendiquent leur appartenance a la scène rap d'une manière globale mais touche finalement a un registre beaucoup plus large. Bien que venant d'un milieu similaire, tout aussi urbain et bercé par les mêmes rappeurs, leur musique est plus le reflet d'un choix de registre. Comme le prouve très bien les aventures de Dose One au sein de formation aussi varié que Subtle (trip hop / rock), CloudDead (trip hop / avant garde) ou des artistes avec qui il collabore (Mike Patton, Sole ...) ou de El-P, fondateur du label Def Jux et collaborateur de Alec Empire (Atari Teenage Riot), Justin Broadrick (Jesu, Techno Animal ...), leur registre musical est loin d'être limité.
A l'instar de ces artistes, on retrouve une même volonté actuellement dans la scène black metal avec des expérimentations à plus (Wolves in the Throne Room) ou moins long terme (Black one de SunnO))), Weakling et leur unique album, "Dead as dreams"). Tout comme El-P et Dose One, les artistes à l'origine de ces disques collaborent généralement avec bon nombres de personnes ou sont issus de milieu atypiques. Leur musique trouve alors un auditoire au confluant de plusieurs genres ou dans le public de webzine intello/avant gardiste comme Pitchfork et les Inrockuptibles. La décision de faire du black metal l'espace d'un instant est alors motivé par des raisons esthétiques et culturels beaucoup plus réfléchis que la plupart des groupes du genre qui s'insèrent dans le style par simple attrait pour la musique, son histoire ou l'image qui y est associé.
Krallice rentre dans la première catégorie. Mick Barr (Orthrelm ...) à la guitare, à la basse et au chant, Colin Marston (Behold ... the Arctopus ...) à la guitare et à la basse et Lev Weinstein (Bloody Panda ...) à la batterie ne sont pas des norvégiens de pure souches. Bien au contraire. Musiciens chevronnés entourés d'autres esprits inventif, toujours en quête de nouveauté et de nouvelles sonorités, ce trio s'attaque aujourd'hui au black metal mais fera autre chose demain. L'aventure n'est que passagère mais le désir de respecter les codes et l'esthétisme du genre est bien là. Les riffs ne sont pas des parodies du genre mais des créations original évoquant le Darkthrone des débuts et les embardées épiques et déchirés de Weakling.
Fortement influencé par ces derniers, du point de vue de la structures des morceaux, Krallice n'est cependant pas un hommage mais un projet enfanté avec un état d'esprit similaire. La grande originalité de ce disque par rapport à tout les autres projets susnommés se trouve dans le talent des musiciens et leur habilité à savoir très bien joué de leur instruments. Sans pouvoir être qualifiable de technique, Krallice vogue entre les vents froids crée par les riffs glacés et répétitifs des premiers disques du black metal mais y ajoute des touches très personnels. Le soli de guitare distordu durant Timehusk par exemple. Comment empêcher des musiciens chevronnés de se laisser aller à montrer leur talent ? Et pourquoi leur en empêcher d'ailleurs. Le jeu de batterie explose donc derrière les guitares et la basse et soutient la dynamique tout en y apportant de nombreuses variations. De traces des groupes originaux de chacun l'on ne trouve que quelque faibles traces, comme le solo de guitare de Energy chasms qui évoque quelque instant Behold ... the Arctopus, suffisante cependant pour permettre aux disques de trouver des occasions supplémentaires de se distinguer.
Tout en étant esthétiquement parlant très black metal comme le prouve la pochette, le logo, la production très froide et le style des guitaristes, Krallice trouve une troisième voix dans les expérimentations des musiciens et donne un souffle nouveau et original à ce disque. Très mélodique, j'ai était surpris à quel point les chansons composés ici se révèlent plus facile d'accès que les groupes noise, extrême et avant gardiste de ces musiciens (le bassiste / guitariste jouant aussi au sein du duo noise / expérimental Infidel ? Castro !). Moins exceptionnel et surement moins envoutant que Wolves in the Throne Room et son idéologie ecologiste, Krallice n'est pas un disque de musicien mais un disque de black metal enregistré par des musiciens chevronnés toujours prêt a surprendre leur auditoire et eux même.
A l'instar de ces artistes, on retrouve une même volonté actuellement dans la scène black metal avec des expérimentations à plus (Wolves in the Throne Room) ou moins long terme (Black one de SunnO))), Weakling et leur unique album, "Dead as dreams"). Tout comme El-P et Dose One, les artistes à l'origine de ces disques collaborent généralement avec bon nombres de personnes ou sont issus de milieu atypiques. Leur musique trouve alors un auditoire au confluant de plusieurs genres ou dans le public de webzine intello/avant gardiste comme Pitchfork et les Inrockuptibles. La décision de faire du black metal l'espace d'un instant est alors motivé par des raisons esthétiques et culturels beaucoup plus réfléchis que la plupart des groupes du genre qui s'insèrent dans le style par simple attrait pour la musique, son histoire ou l'image qui y est associé.
Krallice rentre dans la première catégorie. Mick Barr (Orthrelm ...) à la guitare, à la basse et au chant, Colin Marston (Behold ... the Arctopus ...) à la guitare et à la basse et Lev Weinstein (Bloody Panda ...) à la batterie ne sont pas des norvégiens de pure souches. Bien au contraire. Musiciens chevronnés entourés d'autres esprits inventif, toujours en quête de nouveauté et de nouvelles sonorités, ce trio s'attaque aujourd'hui au black metal mais fera autre chose demain. L'aventure n'est que passagère mais le désir de respecter les codes et l'esthétisme du genre est bien là. Les riffs ne sont pas des parodies du genre mais des créations original évoquant le Darkthrone des débuts et les embardées épiques et déchirés de Weakling.
Fortement influencé par ces derniers, du point de vue de la structures des morceaux, Krallice n'est cependant pas un hommage mais un projet enfanté avec un état d'esprit similaire. La grande originalité de ce disque par rapport à tout les autres projets susnommés se trouve dans le talent des musiciens et leur habilité à savoir très bien joué de leur instruments. Sans pouvoir être qualifiable de technique, Krallice vogue entre les vents froids crée par les riffs glacés et répétitifs des premiers disques du black metal mais y ajoute des touches très personnels. Le soli de guitare distordu durant Timehusk par exemple. Comment empêcher des musiciens chevronnés de se laisser aller à montrer leur talent ? Et pourquoi leur en empêcher d'ailleurs. Le jeu de batterie explose donc derrière les guitares et la basse et soutient la dynamique tout en y apportant de nombreuses variations. De traces des groupes originaux de chacun l'on ne trouve que quelque faibles traces, comme le solo de guitare de Energy chasms qui évoque quelque instant Behold ... the Arctopus, suffisante cependant pour permettre aux disques de trouver des occasions supplémentaires de se distinguer.
Tout en étant esthétiquement parlant très black metal comme le prouve la pochette, le logo, la production très froide et le style des guitaristes, Krallice trouve une troisième voix dans les expérimentations des musiciens et donne un souffle nouveau et original à ce disque. Très mélodique, j'ai était surpris à quel point les chansons composés ici se révèlent plus facile d'accès que les groupes noise, extrême et avant gardiste de ces musiciens (le bassiste / guitariste jouant aussi au sein du duo noise / expérimental Infidel ? Castro !). Moins exceptionnel et surement moins envoutant que Wolves in the Throne Room et son idéologie ecologiste, Krallice n'est pas un disque de musicien mais un disque de black metal enregistré par des musiciens chevronnés toujours prêt a surprendre leur auditoire et eux même.
Tuesday, November 11, 2008
Planes Mistaken for Stars - Weridetofight (No idea) 2008
Avant les barbes. Avant les photos de groupes accoudé à un bar. Avant les riffs plus metal et les mélodies marqué par le sud des Etats Unis. Bref, avant "Mercy" il y avait un jeune groupe emo. Pas de confusion possible entre les deux groupes, malgré des changement dans le line up le groupe est essentiellement resté le même a l'exception du poste de bassiste qui fut occupé par trois personnes au fil des années.
En 1999 sortait donc un EP eponyme contenant huit chansons aux chant hésitant et aux mélodies évoquant l'ombre de Texas is the Reason. L'énergie punk et la voix nasillarde du chanteur trahit l'age du groupe mais le talent est déjà là. "Coppers and stars" restera longtemps l'hymne du groupe et sera même encore demandé, parait il, par des membres du public des années plus tard. Des demandes qui ne seront pas exaucés pour autant. Le Planes Mistaken for Stars de "Mercy" est pourtant tout aussi sincère. On reconnait aisement dans les craquement du chant de "Staggerswallowell" les hésitations de cette voix tellement forte en émotion qui confessera plus tard son amour et sa haine sur "Penitence", en conclusion de "Mercy".
"Weridetofight" est donc une compilation des premières années de Planes Mistaken for Stars. Elle permet donc de regrouper sur un même support les différents EP comme l'eponyme de 1999, la chanson écrite pour un split EP avec The Appleseed cast et Race Car Riot, le EP Knife in the Marathon de 2000 et les singles Fucking fight et Spearheading the sin movement. Ajoutons a cela quatre reprises de Black Flag et une de Unbroken et c'est toute l'adolescence de Planes Mistaken for Stars qui se retrouve compilé sur un seul disque.
Entre emo et screamo, les mélodies ne s'écartent pas de ce genre mais sont tout aussi touchante que les meilleurs groupes du genre. Pas difficile de comprendre que ce groupe ait eu une longévité et un succès d'estime aussi important pendant un peu plus de dix ans (1997-2008). La sincérité de ce groupe et l'émotion qu'il déversait dans chacune de leurs chansons ne permet pas de douter de son honnéteté. Si les groupes d'emo sont aujourd'hui légions et font sauter à l'unisson les stades que remplissent aujourd'hui Fall Out Boy et My Chemical Romance il n'en était encore rien en 1999. Parti donc d'un style avant qu'il ne se retrouve sous les projecteurs, le groupe a continué d'évoluer et de contorsionner ses instruments pour en retirer le son et les chansons qui les représenteraient dans leur évolution en tant qu'artistes, musiciens et être humains.
Weridetofight est un bien bel album, cohérent et constant dans sa qualité d'écriture et d'enregistrement. Rien n'est a jeter et l'on sent dans cette parution un désir de rendre hommage a un groupe et a ses chansons bien après que l'effervescence se soit dissipés depuis la disparition regrettable de ce quatuor. Planes Mistaken for Stars n'aura jamais été à la mode mais cela ne doit pas vous empêcher d'écouter et d'apprécier leurs chansons. Une bien belle manière de se rappeler qu'émo est bien le définitif "d'émotion" et pas juste un ensemble clichés vestimentaires et capilaires.
En 1999 sortait donc un EP eponyme contenant huit chansons aux chant hésitant et aux mélodies évoquant l'ombre de Texas is the Reason. L'énergie punk et la voix nasillarde du chanteur trahit l'age du groupe mais le talent est déjà là. "Coppers and stars" restera longtemps l'hymne du groupe et sera même encore demandé, parait il, par des membres du public des années plus tard. Des demandes qui ne seront pas exaucés pour autant. Le Planes Mistaken for Stars de "Mercy" est pourtant tout aussi sincère. On reconnait aisement dans les craquement du chant de "Staggerswallowell" les hésitations de cette voix tellement forte en émotion qui confessera plus tard son amour et sa haine sur "Penitence", en conclusion de "Mercy".
"Weridetofight" est donc une compilation des premières années de Planes Mistaken for Stars. Elle permet donc de regrouper sur un même support les différents EP comme l'eponyme de 1999, la chanson écrite pour un split EP avec The Appleseed cast et Race Car Riot, le EP Knife in the Marathon de 2000 et les singles Fucking fight et Spearheading the sin movement. Ajoutons a cela quatre reprises de Black Flag et une de Unbroken et c'est toute l'adolescence de Planes Mistaken for Stars qui se retrouve compilé sur un seul disque.
Entre emo et screamo, les mélodies ne s'écartent pas de ce genre mais sont tout aussi touchante que les meilleurs groupes du genre. Pas difficile de comprendre que ce groupe ait eu une longévité et un succès d'estime aussi important pendant un peu plus de dix ans (1997-2008). La sincérité de ce groupe et l'émotion qu'il déversait dans chacune de leurs chansons ne permet pas de douter de son honnéteté. Si les groupes d'emo sont aujourd'hui légions et font sauter à l'unisson les stades que remplissent aujourd'hui Fall Out Boy et My Chemical Romance il n'en était encore rien en 1999. Parti donc d'un style avant qu'il ne se retrouve sous les projecteurs, le groupe a continué d'évoluer et de contorsionner ses instruments pour en retirer le son et les chansons qui les représenteraient dans leur évolution en tant qu'artistes, musiciens et être humains.
Weridetofight est un bien bel album, cohérent et constant dans sa qualité d'écriture et d'enregistrement. Rien n'est a jeter et l'on sent dans cette parution un désir de rendre hommage a un groupe et a ses chansons bien après que l'effervescence se soit dissipés depuis la disparition regrettable de ce quatuor. Planes Mistaken for Stars n'aura jamais été à la mode mais cela ne doit pas vous empêcher d'écouter et d'apprécier leurs chansons. Une bien belle manière de se rappeler qu'émo est bien le définitif "d'émotion" et pas juste un ensemble clichés vestimentaires et capilaires.
Thursday, October 23, 2008
Puppetmastaz - Clones live in Berlin (Vicious Circle/Louis Ville Records) 2007
Les Puppetmastaz sont un groupe de rap allemand aux paroles en anglais dont l'originalité est de se cacher derrière un spectacle de marionnette qui interprète les chansons "à leur place". D'ors et déjà, l'etiquette rap indépendant clignote fortement au dessus du groupe. Non, le propos du groupe ne tournera pas autour du ghetto, du racisme et de la violences des banlieues. Par contre, vous ressortirez de l'écoute de ce disque avec un grand sourire et un mal de cou que vous compreniez ou non les paroles.
Accompagné d'un DVD permettant d'assister chez soi à l'intégralité d'un concert où se raconte une histoire tournant autour de clones des marionnettes qui tentent de remplacer les originaux, le contenu des deux supports n'est pas identique. Afin de privilégier les chansons, le disque écarte donc la plupart des dialogues entre les personnages ou avec le public pour que ne reste que les chansons. Après cinq albums plus un maxi, la discographie des Puppetmastaz est revisité sans que le concert ne perde en énergie ou en dynamisme.
Sautillantes et festives, les chansons qu'interprètent Snuggles the bunny, Panic the Pig, Mr Maloke, Wizard the Lizard ont pour point commun d'être soutenu par des basses énormes et dansantes incitant un mouvement perpétuel de la tête. Les compositions sur lesquels posent le quatuor ainsi que tout un tas d'autres marionnettes (chacun doté de leur propre voix tout comme dans le Muppet Show dont s'inspire fortement ces allemands) sont toutes aussi efficaces et mélent le coté festif et détendu du rap old school au coté direct et dansant du style plus bling bling de nos jours. Les clichés sont cependant évités et détournés par le jeu des marionnettes comme le montre très bien le clip de "The bigger the better" où les quatres animaux sont accompagnés de deux danseuses qui finissent par être enterrés dans le sable. Les Puppetmastaz ne sont pas juste un groupe de rap basique enrobé dans un jeu de scène atypique mais un groupe original aux chansons on ne peut plus efficaces.
Tout en faisant office de best of, ce live est aussi une occasion de retrouver ces chansons sous une forme plus énergique. Les basses ressortent en effet beaucoup plus que sur les versions studios et l'énergie déployés par les marionnettistes rappeurs se communiquent très bien à travers les marionnettes (sur le dvd) et dans leur flow. Leurs capacités a user de différentes voix tout en continuant a assurer techniquement le rythme des paroles et d'ailleurs complètement bluffantes. On finit par oublier que des hommes se trouvent alors derrière la voix de ces animaux et on se plait a se laisser porter par les demandes d'un lapin à la voix nasillarde a faire la fête. L'illusion est presque totale (si l'on oublie de remarquer la présence de tête bien humaines qui ressortent de derrière le décors) et le spectacle terriblement efficace. Un pari qui n'était pourtant pas gagné avec un concept aussi difficile a rendre crédible mais dont l'interprétation sans faute et l'énergie communicative en fait un disque à découvrir en guise d'introduction à l'univers des Puppetmastaz.
Accompagné d'un DVD permettant d'assister chez soi à l'intégralité d'un concert où se raconte une histoire tournant autour de clones des marionnettes qui tentent de remplacer les originaux, le contenu des deux supports n'est pas identique. Afin de privilégier les chansons, le disque écarte donc la plupart des dialogues entre les personnages ou avec le public pour que ne reste que les chansons. Après cinq albums plus un maxi, la discographie des Puppetmastaz est revisité sans que le concert ne perde en énergie ou en dynamisme.
Sautillantes et festives, les chansons qu'interprètent Snuggles the bunny, Panic the Pig, Mr Maloke, Wizard the Lizard ont pour point commun d'être soutenu par des basses énormes et dansantes incitant un mouvement perpétuel de la tête. Les compositions sur lesquels posent le quatuor ainsi que tout un tas d'autres marionnettes (chacun doté de leur propre voix tout comme dans le Muppet Show dont s'inspire fortement ces allemands) sont toutes aussi efficaces et mélent le coté festif et détendu du rap old school au coté direct et dansant du style plus bling bling de nos jours. Les clichés sont cependant évités et détournés par le jeu des marionnettes comme le montre très bien le clip de "The bigger the better" où les quatres animaux sont accompagnés de deux danseuses qui finissent par être enterrés dans le sable. Les Puppetmastaz ne sont pas juste un groupe de rap basique enrobé dans un jeu de scène atypique mais un groupe original aux chansons on ne peut plus efficaces.
Tout en faisant office de best of, ce live est aussi une occasion de retrouver ces chansons sous une forme plus énergique. Les basses ressortent en effet beaucoup plus que sur les versions studios et l'énergie déployés par les marionnettistes rappeurs se communiquent très bien à travers les marionnettes (sur le dvd) et dans leur flow. Leurs capacités a user de différentes voix tout en continuant a assurer techniquement le rythme des paroles et d'ailleurs complètement bluffantes. On finit par oublier que des hommes se trouvent alors derrière la voix de ces animaux et on se plait a se laisser porter par les demandes d'un lapin à la voix nasillarde a faire la fête. L'illusion est presque totale (si l'on oublie de remarquer la présence de tête bien humaines qui ressortent de derrière le décors) et le spectacle terriblement efficace. Un pari qui n'était pourtant pas gagné avec un concept aussi difficile a rendre crédible mais dont l'interprétation sans faute et l'énergie communicative en fait un disque à découvrir en guise d'introduction à l'univers des Puppetmastaz.
Ill Bill - The hour of reprisal (Uncle Howie Records) 2008
A l'instar de The Prefix for Death de Necro qui faisait se rencontrer des artistes rap et des artistes metal dans un disque véritablement rap, The hour of reprisal propose un panel d'artiste allant de Max Cavalera jusqu'à Everlast (ex. House of Pain, la Coka Nostra) pour un résultat beaucoup plus mitigé que le disque de son frère.
Débutant sur une note sombre et lente (et un featuring de Howard Jones de Killswitch Engage), Doomsday amorce le début d'un disque au propos sombre. Ill Bill continue de parler de violence, de drogue, de corruption et de la guerre comme durant ses jours au sein de Non Phixion. La drogue et la dépendance y sont par contre traités sous un angle beaucoup plus sombre que sur "The future is now" où le groupe se vantait bien souvent de consommer de la coke et faisait intervenir le fameux Uncle Howie (toxicomane notoire que l'on peut voir se shooter dans le clip de "I need drugs" de Necro) comme une sorte de témoin de la vie dans les rues. Les intervention de Howie, toujours enregistrés de la même manière que sur "The future is now" sous la forme d'extrait de conversations, soulignent la déchéance et la perte d'humanité qu'entraine la dépendance. Un rejet de la drogue exprimé avec virulence et honnêteté sur "My uncle". Ill Bill déclare même en introduction qu'il écrit cette chanson afin de toucher son oncle et de lui faire prendre conscience de sa vie.
Tout au long de l'album, Ill Bill touche à des sujets grave mais déploie un talent de rappeur témoignant de son honnéteté et de son engagement émotionnel dans ces causes. Tout n'est toutefois pas sombre et l'on a même aussi droit a deux chansons aux accents reggae, dont une où apparait HR des Bad Brains, plus ou moins bien faites. A noter aussi une chanson au sujet presque irréel sur un disque de rap (même en connaissant la passion des deux frères pour le metal et le sample de guitare de "Trust nobody") : "U.B.S. (Unauthorized Biography of Slayer)", une courte biographie de la carrière de Slayer, produite par Necro, totalement anecdotique musicalement mais très amusante (le rappeur annonce aussi à la fin qu'il traitera la prochaine fois de la biographie de Bad Brains ...). D'autres références au metal interviennent quelque chansons plus tard sur "The Most dangerous weapon alive" où l'on peut entendre des noms d'albums de Iron Maiden et de Osbourne ainsi que Sick of it All et Warzone.
Le gros défaut de ce disque réside surtout dans les productions de Ill Bill dont le point commun est d'être trop artificiel. "Trust nobody" et son sample d'un solo de Slayer est gonflé par des notes de clavier, très bling bling et surtout très froid, tandis que "My uncle" est accompagné d'arpège de guitare tellement plat que l'on croirait composé sur ejay. Les connaisseurs de ce logiciel grinceront des dents rien qu'en imaginant le résultat. Les autre pourront s'imaginer ce que donne le son d'une guitare reproduit électroniquement et extremement faiblarde. La chanson n'en manque pas moins de puissance grâce au flow de Ill Bill mais empêche la chanson, tout comme l'album, de s'élever du sentiment globale de médiocrité que dégage cette succession de composition sans relief. Les featuring de Dj Lethal (House of Pain, Limp Bizkit) et Dj Premier (Gang Starr) ne manque pas d'ajouter au tableau un des clichés les plus crétin du gangsta rap, des détonations d'armes à feu. Le genre de sample débile que l'on aimerait ne plus retrouver ou alors sur des chansons mieux écrites. Les featuring sauvent en général la mise, comme celui de Vinnie Paz (Jedi Mind Tricks) accompagnant Ill Bill sur la production de DJ Lethal mais on aurait préféré qu'il n'ait pas a faire tant d'effort pour remonter le niveau.
Les interventions de Dj Muggs et de Necro sont par contre beaucoup plus agréable et produisent des résultats enthousiasmant comme "This is who I am" et "Only time will tell" qui conclut l'album efficacement avec des apparitions Necro, Tech N9ne et un Everlast en mode blues sur le refrain. Une conclusion qui ne remonte cependant pas le niveau de ce disque. Sur dix huits titres il aurait été préférable de n'en garder qu'une dizaine des plus efficaces qui aurait fait de ce disque un album sympathique et non l'enfilade de titres en demi teinte qu'il est.
Débutant sur une note sombre et lente (et un featuring de Howard Jones de Killswitch Engage), Doomsday amorce le début d'un disque au propos sombre. Ill Bill continue de parler de violence, de drogue, de corruption et de la guerre comme durant ses jours au sein de Non Phixion. La drogue et la dépendance y sont par contre traités sous un angle beaucoup plus sombre que sur "The future is now" où le groupe se vantait bien souvent de consommer de la coke et faisait intervenir le fameux Uncle Howie (toxicomane notoire que l'on peut voir se shooter dans le clip de "I need drugs" de Necro) comme une sorte de témoin de la vie dans les rues. Les intervention de Howie, toujours enregistrés de la même manière que sur "The future is now" sous la forme d'extrait de conversations, soulignent la déchéance et la perte d'humanité qu'entraine la dépendance. Un rejet de la drogue exprimé avec virulence et honnêteté sur "My uncle". Ill Bill déclare même en introduction qu'il écrit cette chanson afin de toucher son oncle et de lui faire prendre conscience de sa vie.
Tout au long de l'album, Ill Bill touche à des sujets grave mais déploie un talent de rappeur témoignant de son honnéteté et de son engagement émotionnel dans ces causes. Tout n'est toutefois pas sombre et l'on a même aussi droit a deux chansons aux accents reggae, dont une où apparait HR des Bad Brains, plus ou moins bien faites. A noter aussi une chanson au sujet presque irréel sur un disque de rap (même en connaissant la passion des deux frères pour le metal et le sample de guitare de "Trust nobody") : "U.B.S. (Unauthorized Biography of Slayer)", une courte biographie de la carrière de Slayer, produite par Necro, totalement anecdotique musicalement mais très amusante (le rappeur annonce aussi à la fin qu'il traitera la prochaine fois de la biographie de Bad Brains ...). D'autres références au metal interviennent quelque chansons plus tard sur "The Most dangerous weapon alive" où l'on peut entendre des noms d'albums de Iron Maiden et de Osbourne ainsi que Sick of it All et Warzone.
Le gros défaut de ce disque réside surtout dans les productions de Ill Bill dont le point commun est d'être trop artificiel. "Trust nobody" et son sample d'un solo de Slayer est gonflé par des notes de clavier, très bling bling et surtout très froid, tandis que "My uncle" est accompagné d'arpège de guitare tellement plat que l'on croirait composé sur ejay. Les connaisseurs de ce logiciel grinceront des dents rien qu'en imaginant le résultat. Les autre pourront s'imaginer ce que donne le son d'une guitare reproduit électroniquement et extremement faiblarde. La chanson n'en manque pas moins de puissance grâce au flow de Ill Bill mais empêche la chanson, tout comme l'album, de s'élever du sentiment globale de médiocrité que dégage cette succession de composition sans relief. Les featuring de Dj Lethal (House of Pain, Limp Bizkit) et Dj Premier (Gang Starr) ne manque pas d'ajouter au tableau un des clichés les plus crétin du gangsta rap, des détonations d'armes à feu. Le genre de sample débile que l'on aimerait ne plus retrouver ou alors sur des chansons mieux écrites. Les featuring sauvent en général la mise, comme celui de Vinnie Paz (Jedi Mind Tricks) accompagnant Ill Bill sur la production de DJ Lethal mais on aurait préféré qu'il n'ait pas a faire tant d'effort pour remonter le niveau.
Les interventions de Dj Muggs et de Necro sont par contre beaucoup plus agréable et produisent des résultats enthousiasmant comme "This is who I am" et "Only time will tell" qui conclut l'album efficacement avec des apparitions Necro, Tech N9ne et un Everlast en mode blues sur le refrain. Une conclusion qui ne remonte cependant pas le niveau de ce disque. Sur dix huits titres il aurait été préférable de n'en garder qu'une dizaine des plus efficaces qui aurait fait de ce disque un album sympathique et non l'enfilade de titres en demi teinte qu'il est.
Wednesday, October 22, 2008
Psycroptic - (Ob)Servant (Nuclear Blast) 2008
"Symbols of failure" était aussi technique et complexe que concret et composé de chansons pratiquement indissociables les unes des autres. Le manque d'accroche quelconque sur ce disque en faisait un monstre parfait pour les fans de death metal technique mais aussi un véritable casse tête pour se repérer entre toutes les chansons. Il y a une limite a la technique et celle s'appelle "composer une chanson cohérente". La leçon a donc était bien apprise sur "(Ob)Servant" grâce a l'apparition d'une influence insoupçonné chez un groupe de death metal technique australien : Pantera.
Tout en conservant son gout pour les riffs technique, le blast et les chansons archi complexe, des riffs riche en groove se sont ajoutés ainsi qu'une approche vocale entre le growl et le cri à la Phil Anselmo. Une influence très bien assimilé qui permet à (Ob)Servant de respirer comme aucun disque de Psycroptic et de faire de ce nouvel album une réussite presque complète.
Presque car si je n'avais pas eu a subir cet horrible son de batterie dès les premières notes j'aurais sans doute était beaucoup plus charmé par ce disque. Ici le batteur ne sonne pas comme un être humain mais comme une machine à écrire derrière laquelle se trouverait une secrétaire émérite a qui l'on dicterait du Proust. Ses prouesses techniques sont indéniables et son jeux compliment parfaitement les riffs mais ce claquement incessant et artificiel est un frein à l'appréciation complète de ce disque.
Hormis ce problème de production il n'y a pas grand chose à redire sur la qualité des chansons. Sans être parfaitement composé, il y a dans ce disque une complexité et une variété de changement entre des riffs complexe tirant avantage du jeu discordant des guitares et des passages plus lourd laissant respirer la musique sans user de mélodies trop appuyés. Le registre vocale plus large du chanteur est aussi une bénédiction puisqu'il apporte un dynamisme et une décharge émotionnelle qui manquait à "Symbols of failure". Le chanteur précédent avait en effet pour habitude de changer très souvent de style ce qui donnait un aspect presque théâtrale à sa manière de réciter ses paroles. Ce tournant vers une voix à la Pantera fait perdre à la musique son coté froid et rend le tout beaucoup plus agressif et mémorable.
(Ob)Servant est a deux doigts d'être un album de l'année pour moi car il manque d'un son plus naturelle et moins lisse. Ce tournant dans la carrière de Psycroptic transforme cependant ce groupe en un monstre qu'il sera très intéressant de découvrir sur scène en tournée avec Cephalic Carnage et The Black Dahlia Murder pour pouvoir entendre des breaks comme celui de "Removing the common bond" sortir des enceintes et écraser le public.
Tout en conservant son gout pour les riffs technique, le blast et les chansons archi complexe, des riffs riche en groove se sont ajoutés ainsi qu'une approche vocale entre le growl et le cri à la Phil Anselmo. Une influence très bien assimilé qui permet à (Ob)Servant de respirer comme aucun disque de Psycroptic et de faire de ce nouvel album une réussite presque complète.
Presque car si je n'avais pas eu a subir cet horrible son de batterie dès les premières notes j'aurais sans doute était beaucoup plus charmé par ce disque. Ici le batteur ne sonne pas comme un être humain mais comme une machine à écrire derrière laquelle se trouverait une secrétaire émérite a qui l'on dicterait du Proust. Ses prouesses techniques sont indéniables et son jeux compliment parfaitement les riffs mais ce claquement incessant et artificiel est un frein à l'appréciation complète de ce disque.
Hormis ce problème de production il n'y a pas grand chose à redire sur la qualité des chansons. Sans être parfaitement composé, il y a dans ce disque une complexité et une variété de changement entre des riffs complexe tirant avantage du jeu discordant des guitares et des passages plus lourd laissant respirer la musique sans user de mélodies trop appuyés. Le registre vocale plus large du chanteur est aussi une bénédiction puisqu'il apporte un dynamisme et une décharge émotionnelle qui manquait à "Symbols of failure". Le chanteur précédent avait en effet pour habitude de changer très souvent de style ce qui donnait un aspect presque théâtrale à sa manière de réciter ses paroles. Ce tournant vers une voix à la Pantera fait perdre à la musique son coté froid et rend le tout beaucoup plus agressif et mémorable.
(Ob)Servant est a deux doigts d'être un album de l'année pour moi car il manque d'un son plus naturelle et moins lisse. Ce tournant dans la carrière de Psycroptic transforme cependant ce groupe en un monstre qu'il sera très intéressant de découvrir sur scène en tournée avec Cephalic Carnage et The Black Dahlia Murder pour pouvoir entendre des breaks comme celui de "Removing the common bond" sortir des enceintes et écraser le public.
Saturday, October 18, 2008
Corrupted au Point FMR
Faire jouer deux groupes arty se prenant pour des japonais en ouverture d'un des monuments du doom était aussi bien avisé que de faire jouer Eddy Mitchell en ouverture de Cannibal Corpse. Ouverture avec Zeeck Scheck et suite avec la Chatte. Deux projets arty à souhait dont le visuel est plus travaillé que la musique. Zeeck Scheck, tout d'abord, est un groupe déguisé dont la musique free et noise s'articule autour de la projection d'un court métrage mettant en scène les personnages que les musiciennes incarnent. Mélangeant des costumes de monstres de la série Bioman et le cinéma de Bergman, le résultat est amusant puis lassant. Rien ne se passe. Tout les petits bruits sont bien ordonnés mais ne provoque strictement rien. De la performance pour de la performance. En comparaison donc, la Chatte est pratiquement plus intéressant puisque les gros rythme electro qui anime la performance de cette chanteuse dissimulé sur trois kilos de draps poussant des cris aigus recouvert de delay sont dansant. Cependant, les cris aigus ... sans être horripilant (aussi surprenant que ça puisse paraitre) ne provoque rien. Le vide totale. Que ce soit Zeeck Scheck ou la Chatte, ont sens une volonté de faire du "bizarre", de l'"arty", de l'original, voir même du japonais. Mais, en art, on ne s'invente pas une personnalité sans y mettre quelque chose de personnels. Or, la musique de ces artistes est tellement détaché de la réalité qu'ils ont l'effet d'un pétard mouillé.
Après donc deux premières parties plus que dispensable, vient enfin le tour de Corrupted qui interprétera ce soir "El mundo frio", son titre de 55 minutes le plus post rock et donc le plus décevant pour tout ceux qui étaient venu prendre du gros doom dans la tête. Psychédélique, lent et douce, les nappes de guitares qui introduisent le morceau désarçonnent tellement le public que certains protestent un peu. Des discussions animés démarrent dans le fond de la salle et couvre en partie la musique. Des cchht fusent alors mais ont le même effet. Un danois venus spécialement voir Corrupted et visiblement éméchés traverse le public en demandant pardon très fort pour aboutir sur le coté droit de la scène et commencer a demander où est Corrupted car il "aime le Corrupted", il "adore le Corrupted". Grand bien lui fasse mais si il pouvait se la fermer ce serait encore mieux. Heureusement, une envie préssante de rejoindre les toilettes le fera partir assez longtemps pour que tout se calme et que le morceau prennent de son ampleur. Quinze minutes se passent et le batteur arrive enfin. Le jeu est d'abord à l'image des guitares, doux et discret. Le rythme se fait ensuite plus lourd. Des frappes sur la grosse caisse donne le signal du départ. Le chanteur s'approche du micro et commence a parler en japonais d'une voix douce et langoureuse. La montée en puissant se fait de plus en plus dense, la basse envahit et l'espace et soudain, l'explosion. L'explosion de la tension est alors irrémédiable et fascinant. Le chanteur éructe avec un growl inhumain tandis qu'il brandit le micro et que son ombre se cambre, menaçante. Le son et le spectacle sont alors à la hauteur de l'attente du public venu spécialement pour entendre ce son massif. En tant qu'auditeur vierge de toute attente, je prends mieux conscience de la raison pour laquelle des gens viennent du Danemark pour voir le passage de Corrupted en Europe. Quand on aime le doom, on ne peut que venir prier à l'autel de ces dieux japonais. Entouré de ces mélodies douce et froide, à l'image du nom de la pièce qu'ils interprètent, ces riffs sont la quintessence de la lourdeur et de la lenteur. L'explosion sera cependant de courte durée en comparaison avec la lente progression mélodique et le rythme reviendra ensuite aux mélodies du début. Dix minutes s'écoulent au rythme d'une ambiance post rock sombre et froide pour qu'ensuite les riffs reviennent avec toujours la même force mais sans l'effet de surprise. La voix se refait virulente et explose d'une rage à l'opposé même de la figure douce et calme de l'homme qui s'était présente sur scène au départ avec son chapeau melon et son costume noir. Une dichotomie qui sied parfaitement a ces japonais expert dans l'art d'écraser son public. Le final se fera sur la seule conclusion possible, un mur de feedback dans lequel le public se noie pendant plus de cinq minutes, perdus mais fasciné par les instruments qui déversent ce son etouffant et salvateur. Le batteur quitte son siège, les riffs de guitares s'estompe, le chanteur remercie avec le sourire les gens qui les ont fait venir, leurs amis du Danemark, le public puis se retire sous une nuée d'applaudissement enthousiaste. Certain seront déçu par ce manque de lourdeur et ce contraste privilégiant la mélodie aux riffs lourd et gras mais j'ai justement adoré tout cela et je n'attends qu'une seule chose, renouveler l'expérience.
Après donc deux premières parties plus que dispensable, vient enfin le tour de Corrupted qui interprétera ce soir "El mundo frio", son titre de 55 minutes le plus post rock et donc le plus décevant pour tout ceux qui étaient venu prendre du gros doom dans la tête. Psychédélique, lent et douce, les nappes de guitares qui introduisent le morceau désarçonnent tellement le public que certains protestent un peu. Des discussions animés démarrent dans le fond de la salle et couvre en partie la musique. Des cchht fusent alors mais ont le même effet. Un danois venus spécialement voir Corrupted et visiblement éméchés traverse le public en demandant pardon très fort pour aboutir sur le coté droit de la scène et commencer a demander où est Corrupted car il "aime le Corrupted", il "adore le Corrupted". Grand bien lui fasse mais si il pouvait se la fermer ce serait encore mieux. Heureusement, une envie préssante de rejoindre les toilettes le fera partir assez longtemps pour que tout se calme et que le morceau prennent de son ampleur. Quinze minutes se passent et le batteur arrive enfin. Le jeu est d'abord à l'image des guitares, doux et discret. Le rythme se fait ensuite plus lourd. Des frappes sur la grosse caisse donne le signal du départ. Le chanteur s'approche du micro et commence a parler en japonais d'une voix douce et langoureuse. La montée en puissant se fait de plus en plus dense, la basse envahit et l'espace et soudain, l'explosion. L'explosion de la tension est alors irrémédiable et fascinant. Le chanteur éructe avec un growl inhumain tandis qu'il brandit le micro et que son ombre se cambre, menaçante. Le son et le spectacle sont alors à la hauteur de l'attente du public venu spécialement pour entendre ce son massif. En tant qu'auditeur vierge de toute attente, je prends mieux conscience de la raison pour laquelle des gens viennent du Danemark pour voir le passage de Corrupted en Europe. Quand on aime le doom, on ne peut que venir prier à l'autel de ces dieux japonais. Entouré de ces mélodies douce et froide, à l'image du nom de la pièce qu'ils interprètent, ces riffs sont la quintessence de la lourdeur et de la lenteur. L'explosion sera cependant de courte durée en comparaison avec la lente progression mélodique et le rythme reviendra ensuite aux mélodies du début. Dix minutes s'écoulent au rythme d'une ambiance post rock sombre et froide pour qu'ensuite les riffs reviennent avec toujours la même force mais sans l'effet de surprise. La voix se refait virulente et explose d'une rage à l'opposé même de la figure douce et calme de l'homme qui s'était présente sur scène au départ avec son chapeau melon et son costume noir. Une dichotomie qui sied parfaitement a ces japonais expert dans l'art d'écraser son public. Le final se fera sur la seule conclusion possible, un mur de feedback dans lequel le public se noie pendant plus de cinq minutes, perdus mais fasciné par les instruments qui déversent ce son etouffant et salvateur. Le batteur quitte son siège, les riffs de guitares s'estompe, le chanteur remercie avec le sourire les gens qui les ont fait venir, leurs amis du Danemark, le public puis se retire sous une nuée d'applaudissement enthousiaste. Certain seront déçu par ce manque de lourdeur et ce contraste privilégiant la mélodie aux riffs lourd et gras mais j'ai justement adoré tout cela et je n'attends qu'une seule chose, renouveler l'expérience.
Thursday, October 16, 2008
Hayano Daisuki - Headbanger's karaoke club dangerous fire (HydraHead) 2008
Où commence Gridlink et où finit Hayano Daisuki ? En plus de son investissement dans un nouveau groupe de grindcore similaire aux défunt Discordance Axis pour lesquels il était le hurleur, Jon Chang est maintenant aussi le hurleur attitré de Hayano Daisuki. La différence ? Pour Chang, aucune. Le hurleur pousse toujours le même type de vitupération stridente et corrosive que ses fans apprecient tant. En dessous de cela on trouvera par contre des riffs thrash mélodique efficace et un tempo rapide digne du nom que s'est donné le groupe : Hayo Daisuke = I love speed. Le nom de l'album et la photo au décor enflammé derrière laquelle les membres du groupe posent tels des membres de Kiss ou d'un quelconque groupe de glam ne laissent rien au hasard. Hayano Daisuki est un projet "pour s'amuser", un groupe dans lequel on ne cherche pas à révolutionner mais simplement a imiter les groupes de thrash et de hard rock de sa jeunesse. Une idée bien peu engageante en théorie, tant les side projets se sont souvent révélés être des excuses pour sortir un peu de plastique et boire plus de bière, qui vaut cependant le coup pour tout les amateurs de thrash. Municipal Waste ayant réveillé le gout du public pour un thrash dénué de sérieux, Hayano Daisuki propose sensiblement la même chose mais dans une version moins punk et avec surtout seulement quatre titres. C'est, encore une fois (voir la chronique du premier album de Gridlink) bien peu. Dommage car il y a matière puisque entre tout ces riffs et ces solos il n'y a tout simplement rien à redire. Du metal sans prétention en dehors de celle de s'amuser, rien de plus mais rien de moins non plus.
Gridlink - Amber gray (HydraHead records) 2008
Défunt depuis 2001, Discordance Axis n'a était la source d'inspiration que d'une pléthore de groupe emogrind atroce dont l'histoire ne retiendra que les mal de crâne qu'ils auront causés aux chroniqueurs malheureux chargés de les écouter pour s'en faire une idée. Aujourd'hui, heureusement pour nous tous, Jon Chang revient sur le devant de la scène avec un groupe de grindcore qui doit tout à Discordance Axis. Qui irait le lui reprocher ? Revoilà donc le chanteur à la voix de Lemmings écrasé couvrant de ses hurlement incessant des riffs mélangeant thrash et grind. Moins chaotique que Discordance Axis mais pas plus intéressé pour autant dans les chansons de plus de deux minutes, Gridlink grind, explose, blast et s'en va bien trop rapidement pour justifier le prix demandé pour un album aussi court. Dommage car il y a dans cet album de dix titres de très bonnes raisons de s'enthousiasmer du retour de ce vocaliste atypique sur la scène grind. Discordance Axix était un groupe a part et l'est encore malheureusement aujourd'hui. L'arrivée de Gridlink permet donc de combler un vide dans l'univers de la musique extrême mais ne rassasie pas pour autant l'auditeur avide que je suis.
Tuesday, October 14, 2008
Capillary Action - So embarassing
Echanger quelque mails avec Jonathan Pfeffer, seul compositeur et auteur des paroles, m'a permi d'avoir un regard très différent sur ce disque. Au premier abord la couverture et la débauche de changement de style pourrait laissé croire que l'on a affaire a un groupe influencé par l'éclectisme de Mr Bungle. Comique et parodique comme bon nombre d'avatar de ce groupe culte, Capillary Action n'est en fait rien de tel.
Influencé par "le jazz des sixties et la musique classique du vingtième siècle" et plutôt semblable à Cheer-Accident ou Shudder to Think, selon les dires du compositeur, la musique de Capillary Action emploi cependant aussi des débordement plus lourd évoquant le doom (sur "Bloody nose") ou les accélérations de manche de The Dillinger Escape Plan (au début de "Gambit") ne serait ce que pour quelque instants.
Le problème de ce disque est qu'il m'échappe constamment par ses incessants changement de style. Bien que quelque références me viennent à l'esprit l'espace de quelque mesures, mon vocabulaire est ensuite pris de cours par des rythmiques appartenant a différents types de jazz ou à l'avant garde le plus pure. Capillary Action n'est cependant pas un album révolutionnaire. Un amateur de Mr Bungle y retrouvera sans doute ses petits de même qu'un passionné de Kayo Dot (dont je fais partie). Les amateur de ce dernier groupe reconnaitront d'ailleurs peut être des traits propre au jeu de guitare de Toby Driver ou aux notes de violons de Mia. Ces références, comme celle précedemment cités, ne sont pourtant que des éléments de l'équation destiné a donner des points de repères avant de découvrir par soi même l'univers de Jonathan Pfeffer.
Talentueux et evidemment passionnés, les compositions de Capillary Action sont étonnemment matures pour un premier disque après deux EP. Tout les musiciens présent sur le disque démontrent la maitrise de leurs instruments. La seule exception à la régle est malheuresement ce même Jonathan Pfeffer dont le chant est un peu plat et ne convient pas totalement à la musique riche et mouvante qu'il compose. Un défaut qui n'handicappe pas pour autant sa musique puisque les accroches vocales permettent bien de se repérer dans ces chansons. La durée du disque n'est par contre pas excessive puisque les neufs chansons s'écoulent juste en un peu plus d'une demi heure. Complexe, intelligent et dense mais pas prétentieux pour autant.
Reste donc le défaut final de ce disque : sa couverture. Comment ne pas être dérouté par un album à la couverture bleu ciel et au dessin en noir et blanc quand la musique qu'elle dissimule est si colorée. Un défaut majeur pour un disque qui arrivera dans les bacs sans la publicité qu'il mérite pourtant. Ce premier disque de Capillary Action est une réussite émaillé de défaut mineur qui seront surement résolu lors de l'enregistrement du deuxième album. L'originalité et le talent de son compositeur et des musiciens qui l'accompagne ne peux être remis en cause et mérite toute l'attention que l'on peut lui offrir.
"So embarassing" ? Quite the opposite.
Influencé par "le jazz des sixties et la musique classique du vingtième siècle" et plutôt semblable à Cheer-Accident ou Shudder to Think, selon les dires du compositeur, la musique de Capillary Action emploi cependant aussi des débordement plus lourd évoquant le doom (sur "Bloody nose") ou les accélérations de manche de The Dillinger Escape Plan (au début de "Gambit") ne serait ce que pour quelque instants.
Le problème de ce disque est qu'il m'échappe constamment par ses incessants changement de style. Bien que quelque références me viennent à l'esprit l'espace de quelque mesures, mon vocabulaire est ensuite pris de cours par des rythmiques appartenant a différents types de jazz ou à l'avant garde le plus pure. Capillary Action n'est cependant pas un album révolutionnaire. Un amateur de Mr Bungle y retrouvera sans doute ses petits de même qu'un passionné de Kayo Dot (dont je fais partie). Les amateur de ce dernier groupe reconnaitront d'ailleurs peut être des traits propre au jeu de guitare de Toby Driver ou aux notes de violons de Mia. Ces références, comme celle précedemment cités, ne sont pourtant que des éléments de l'équation destiné a donner des points de repères avant de découvrir par soi même l'univers de Jonathan Pfeffer.
Talentueux et evidemment passionnés, les compositions de Capillary Action sont étonnemment matures pour un premier disque après deux EP. Tout les musiciens présent sur le disque démontrent la maitrise de leurs instruments. La seule exception à la régle est malheuresement ce même Jonathan Pfeffer dont le chant est un peu plat et ne convient pas totalement à la musique riche et mouvante qu'il compose. Un défaut qui n'handicappe pas pour autant sa musique puisque les accroches vocales permettent bien de se repérer dans ces chansons. La durée du disque n'est par contre pas excessive puisque les neufs chansons s'écoulent juste en un peu plus d'une demi heure. Complexe, intelligent et dense mais pas prétentieux pour autant.
Reste donc le défaut final de ce disque : sa couverture. Comment ne pas être dérouté par un album à la couverture bleu ciel et au dessin en noir et blanc quand la musique qu'elle dissimule est si colorée. Un défaut majeur pour un disque qui arrivera dans les bacs sans la publicité qu'il mérite pourtant. Ce premier disque de Capillary Action est une réussite émaillé de défaut mineur qui seront surement résolu lors de l'enregistrement du deuxième album. L'originalité et le talent de son compositeur et des musiciens qui l'accompagne ne peux être remis en cause et mérite toute l'attention que l'on peut lui offrir.
"So embarassing" ? Quite the opposite.
Theokony - I (Feto Records) 2007
Quand on sort son premier disque, on a généralement droit a son sticker ou a son bout de carton. Celui de Theoktony indiquait "pour les fans de Anaal Nathrakh, Arkhon Infaustus, Morbid Angel et Immolation". De bons conseils pour une fois. Celui de Baroness citait, côte a côte, "High on Fire, Isis et Municipal Waste", entre autre, histoire de ratisser large. Theoktony par contre est un groupe beaucoup plus facile a classifier. Le batteur du dit groupe étant le cogneur de fut de Anaal Nathrakh quand la bête sort faire un tour en public, il était normal d'attendre du groupe des blasts et du black metal. Les deux éléments sont au rendez vous ainsi qu'une forte influence death metal qui prend le dessus sur l'atmosphère black metal pour préférer une approche brutale maintenu par la vélocité d'un batteur qui ne s'essoufle jamais tandis que des riffs stridants vrillent tout autour. Theoktony pourrait donc être décrit comme le cousin plus sage de Arkhon Infaustus puisque l'on ne retrouve pas le don pour la controverse ainsi que l'atmosphère malsaine des français chez ces anglais. "I" est un excellent disque de black / death metal aux chansons efficaces. Rien de très recherché mais un bon début qui a le mérite de ne pas être ennuyeux et de ne s'approprier un créneau encombré.
Monday, October 13, 2008
All Shall Perish - Awaken the dreamer (Nuclear Blast) 2008
Vous avez aimé "The Price of existence" ? Ca vous plairez de réentendre le même album ? Moi pas et manifestement, le groupe est du même avis. D'un album mélangeant death metal suedois, beatdown et mosh part incisives, All Shall Perish est revenu avec un disque plus lent, plus mélodique où l'on retrouve les même élément mais délaissés de la colère qui animait le groupe pour être remplacé par un sentiment de frustration plus complexe et moins rentre dedans.
Le sens du rythme et des cassures est toujours bien présent chez ce groupe pour qui les mosh part sont une science dans laquelle ils sont passés experts. J'en veux pour preuve le premier riff qui introduit "Awaken the dreamer" et déclenchera surement des moulinet dans les fosses des Etats Unis jusqu'en Europe. Toutefois, ce deuxième disque n'est pas un album moshable qui attirera les deathcoreux a mèche venu danser pour impressionner les filles mais "un disque plus mature".
Qu'est ce d'autre qu'un "disque plus mature" sinon un avertissement signifiant aux fans de leur première heure qu'ils peuvent commencer a se ronger les ongles ? Le shreddaton est toujours là pourtant. Les deux guitaristes continuent de faire une compétition pour savoir lequel ira le plus vite. Les mosh part sont aussi encore présente en grande quantité. Ce qui est par contre beaucoup plus présent ce sont les influences metal du groupe. De là viens les mélodies. De là viens les parties en chant clair très bien assuré. De là viens les interludes mélodiques totalement chanté. De là viendraont surement les cris de "vendu" des gamins qui verront leur groupe favoris évolué sans eux. Attention, si vous aimez uniquement le deathcore, laissez ce disque sur les présentoirs. Par contre si vous voulez voir un groupe de jeune musicien évoluez et incorporez un son plus thrash et plus mélodique sans partir dans des ambiances emo mais dans des morceaux épiques et puissant (en témoigne ce cri Rob Halfordesque durant "Black gold reign") alors précipitez vous dessus.
"The price of existence" était et est encore un disque exceptionnel. Destructeur et massif, ses chansons continueront de dévaster les fosses. Mais avec "Awaken the dreamer", All Shall Perish viens de prouver qu'il y avait plus en eux que des simples suiveur de mode mais des musiciens aimant le metal sincèrement. Les envolés des mains sur les manches sont toujours aussi précis et rapide sans pour autant manquer de gout. Les set de All Shall Perish vont donc gagner en relief a partir de maintenant, au grand dame des fans venus remuer la tête, croiser les bras et avoir l'air de gros dur mais pour le bonheur de tout ceux qui aiment le metal écrit avec talent et intelligence. Un album qui ne révolutionne foncièrement pas grand chose a part le groupe mais qui laisse entrevoir un futur beaucoup plus riche.
Le sens du rythme et des cassures est toujours bien présent chez ce groupe pour qui les mosh part sont une science dans laquelle ils sont passés experts. J'en veux pour preuve le premier riff qui introduit "Awaken the dreamer" et déclenchera surement des moulinet dans les fosses des Etats Unis jusqu'en Europe. Toutefois, ce deuxième disque n'est pas un album moshable qui attirera les deathcoreux a mèche venu danser pour impressionner les filles mais "un disque plus mature".
Qu'est ce d'autre qu'un "disque plus mature" sinon un avertissement signifiant aux fans de leur première heure qu'ils peuvent commencer a se ronger les ongles ? Le shreddaton est toujours là pourtant. Les deux guitaristes continuent de faire une compétition pour savoir lequel ira le plus vite. Les mosh part sont aussi encore présente en grande quantité. Ce qui est par contre beaucoup plus présent ce sont les influences metal du groupe. De là viens les mélodies. De là viens les parties en chant clair très bien assuré. De là viens les interludes mélodiques totalement chanté. De là viendraont surement les cris de "vendu" des gamins qui verront leur groupe favoris évolué sans eux. Attention, si vous aimez uniquement le deathcore, laissez ce disque sur les présentoirs. Par contre si vous voulez voir un groupe de jeune musicien évoluez et incorporez un son plus thrash et plus mélodique sans partir dans des ambiances emo mais dans des morceaux épiques et puissant (en témoigne ce cri Rob Halfordesque durant "Black gold reign") alors précipitez vous dessus.
"The price of existence" était et est encore un disque exceptionnel. Destructeur et massif, ses chansons continueront de dévaster les fosses. Mais avec "Awaken the dreamer", All Shall Perish viens de prouver qu'il y avait plus en eux que des simples suiveur de mode mais des musiciens aimant le metal sincèrement. Les envolés des mains sur les manches sont toujours aussi précis et rapide sans pour autant manquer de gout. Les set de All Shall Perish vont donc gagner en relief a partir de maintenant, au grand dame des fans venus remuer la tête, croiser les bras et avoir l'air de gros dur mais pour le bonheur de tout ceux qui aiment le metal écrit avec talent et intelligence. Un album qui ne révolutionne foncièrement pas grand chose a part le groupe mais qui laisse entrevoir un futur beaucoup plus riche.
Friday, October 10, 2008
Gnaw their Tongues - An epiphanic vomiting of blood (Crucial Blast) 2008
Impossible de mentir sur la marchandise, cet album de Gnaw their Tongues propose exactement ce qui est sur la couverture : se retrouver entouré de cordes façon bondage tandis qu'un homme au masque porcin vous étrangle.
De disque en disque, le talent de ce seul homme ne faiblit pas. Titres après titres au nom toujours aussi évocateur ("My body is nor a vessel, nor a temple, it's a repulsive pile of sickness", "And there will be more of your children dead tomorrow"), sa musique continue de peindre la bande son d'une scéance de torture dans un caveau profond, mal éclairé où seul le silence est une source de lumière au milieu des cris des suppliciés.
Malsain et fascinant à la fois, l'univers de Gnaw their Tongues est non seulement exceptionnel de par sa richesse mais aussi par le manque total de limite imposé par le compositeur. Les ambiances changent, se transforment et se métamorphosent au grés de l'inspiration sans jamais perdre en cohérence. La progression cinématique des plages est tellement maitrisé que l'on pourrait l'associer a une narration cohérente. Chaque plage est toutefois séparé l'un de l'autre. L'unicité d'ambiance est bien là mais n'évoque pas une progression dans un même univers au même titre que "Perdition city" de Ulver ou "Deleted scenes from the transition hospital" de The Axis of Perdition.
En contrepartie, la variété des instruments et des styles se rejoint sur la même scène d'une pièce de théatre où le meurtre de toute chose, sans moralité aucune, n'est rien de plus qu'une pulsion à assouvir. Chœurs, violon, hurlement, trompette, un rythme lourd, un enregistrement d'une discussion entre un tueur et son confesseur ... tant d'éléments que l'on retrouve au même moment sur la deuxième plage de ce disque sans que jamais rien ne viennent troubler l'avancée de cette plage vers sa conclusion logique, la montée d'un vrombissement de basse et une dernière réplique décisive : "What did you do then ?". L'horreur ne s'arrête jamais et recommencera encore et toujours. A chaque titres les éléments se remettent en place et tel les pions d'un échiquier ils recommencent leur danse pour interpréter un nouveau balet. Une nouvelle composition. Un nouveau fait divers dessiné par le son.
Encore méconnu, Gnaw their Tongues est un artiste à la production complexe et fascinante qui ne cesse de faire progresser son art et de sortir de nouveaux disques. Celui ci n'est qu'une réédition datant de 2007 d'une sortie vinyle aujourd'hui disponible en CD. L'occasion pour plus de personnes de découvrir une collection de sept titres indispensables pour quiconque apprécie l'horreur, le fantastique et la terreur non comme des sensations désagréables mais des expériences visuels et auditives unique.
De disque en disque, le talent de ce seul homme ne faiblit pas. Titres après titres au nom toujours aussi évocateur ("My body is nor a vessel, nor a temple, it's a repulsive pile of sickness", "And there will be more of your children dead tomorrow"), sa musique continue de peindre la bande son d'une scéance de torture dans un caveau profond, mal éclairé où seul le silence est une source de lumière au milieu des cris des suppliciés.
Malsain et fascinant à la fois, l'univers de Gnaw their Tongues est non seulement exceptionnel de par sa richesse mais aussi par le manque total de limite imposé par le compositeur. Les ambiances changent, se transforment et se métamorphosent au grés de l'inspiration sans jamais perdre en cohérence. La progression cinématique des plages est tellement maitrisé que l'on pourrait l'associer a une narration cohérente. Chaque plage est toutefois séparé l'un de l'autre. L'unicité d'ambiance est bien là mais n'évoque pas une progression dans un même univers au même titre que "Perdition city" de Ulver ou "Deleted scenes from the transition hospital" de The Axis of Perdition.
En contrepartie, la variété des instruments et des styles se rejoint sur la même scène d'une pièce de théatre où le meurtre de toute chose, sans moralité aucune, n'est rien de plus qu'une pulsion à assouvir. Chœurs, violon, hurlement, trompette, un rythme lourd, un enregistrement d'une discussion entre un tueur et son confesseur ... tant d'éléments que l'on retrouve au même moment sur la deuxième plage de ce disque sans que jamais rien ne viennent troubler l'avancée de cette plage vers sa conclusion logique, la montée d'un vrombissement de basse et une dernière réplique décisive : "What did you do then ?". L'horreur ne s'arrête jamais et recommencera encore et toujours. A chaque titres les éléments se remettent en place et tel les pions d'un échiquier ils recommencent leur danse pour interpréter un nouveau balet. Une nouvelle composition. Un nouveau fait divers dessiné par le son.
Encore méconnu, Gnaw their Tongues est un artiste à la production complexe et fascinante qui ne cesse de faire progresser son art et de sortir de nouveaux disques. Celui ci n'est qu'une réédition datant de 2007 d'une sortie vinyle aujourd'hui disponible en CD. L'occasion pour plus de personnes de découvrir une collection de sept titres indispensables pour quiconque apprécie l'horreur, le fantastique et la terreur non comme des sensations désagréables mais des expériences visuels et auditives unique.
Red Harvest - The red line archive (Seasons of Mists) 2008
A l'instar du 1984 de Georges Orwell, Red Harvest est un groupe dont la vision futuriste de l'humanité n'est plus un rêve mais une réalité. Fear Factory et autre groupe de metal futuriste ont prédit l'avenir à la manière des auteurs de cyber punk par une fusion entre l'homme à la machine. Mais enfermé dans une machinerie et un manichéisme amusant mais bien peu réfléchir par rapport aux oeuvres de William Gibson ou de Red Harvest. Un groupe de norvegien dont la vision du futur ne s'est pas embarassé d'analogie trop forte aux robots mais voyait l'humanité descendre de plus en plus profondemment dans une dépendance aux mécanismes bien huilés et à la froideur mécanique des machines qui étaient censés être les esclaves.
Cette froideur metallique fusionné, Red Harvest ne l'a décrit pas mais l'a fait ressentir à travers une collection d'albums tous plus exceptionnels les uns que les autres. Une carrière qui continue encore aujourd'hui mais s'offre aujourd'hui le luxe d'un album mélangeant remixe et chanson déjà présente sur des albums studios.
On peut d'abord s'interroger sur la raison de titres, néanmoins excellent, comme Last call, Synthesize my dna et Desolation et jusqu'à la fin de ma première écoute j'ai était surpris jusqu'à ce me demander si il n'y avait pas une erreur dans le tracklisting du disque. Ce n'est qu'à la deuxième écoute que je me suis rendu a quel point ces titres convenait juste parfaitement au contenu du disque. Composé de remixe accentuant les ambiances mécaniques et les influences industriel et EBM, the red line archive est une occasion pour Red Harvest de mettre en valeur l'aspect strictement électronique de leur musique.
Sans même tourné autour d'un concept ou nécessiter un enchainement aussi organique que celui dont bénéficie les albums studios de Red Harvest (avec en tête Cold dark matter et Sick transit gloria mundi, deux véritables disques mondes), le début de la première plage est une mise en apnée direct dans un univers différent. La perception des alentours change alors du tout au tout et l'on adapte son rythme et sa vision à celle que projette la voix de Khan, charismatique chanteur à la voix rauque dont chaque lignes décrit un monde au bord du gouffre ("Apocalypse happens every day" dans "Desolation").
Abouti, riche et dense, The red line archive ne constitue pas un morceau de choix dans la discographie du groupe norvégien. Les remixes, bien qu'excellent, ne se démarque pas fortement des originaux et n'apportent donc que peu par rapport à leur contre partie studio. Je retiendrais tout de même un "Move or be moved (full version mix)" et un "Technocrate (Dunkelheit Version 2008 Mix)" exceptionnels tant la mécanique glaciale de ses titres ont eu la capacité de me faire voir à travers les yeux des musiciens la réalité qui m'entourait. Toujours plus froid, toujours plus identique, toujours plus manipulé. Une vision à la fois pessimiste et provocante du climat politique et sociale actuel qui n'encourage pas a l'apathie mais au mouvement ("Move or be moved"). Un disque fort et cohérent qui ne souffre donc juste de ne pas proposer de "véritables" nouvelles chansons.
Cette froideur metallique fusionné, Red Harvest ne l'a décrit pas mais l'a fait ressentir à travers une collection d'albums tous plus exceptionnels les uns que les autres. Une carrière qui continue encore aujourd'hui mais s'offre aujourd'hui le luxe d'un album mélangeant remixe et chanson déjà présente sur des albums studios.
On peut d'abord s'interroger sur la raison de titres, néanmoins excellent, comme Last call, Synthesize my dna et Desolation et jusqu'à la fin de ma première écoute j'ai était surpris jusqu'à ce me demander si il n'y avait pas une erreur dans le tracklisting du disque. Ce n'est qu'à la deuxième écoute que je me suis rendu a quel point ces titres convenait juste parfaitement au contenu du disque. Composé de remixe accentuant les ambiances mécaniques et les influences industriel et EBM, the red line archive est une occasion pour Red Harvest de mettre en valeur l'aspect strictement électronique de leur musique.
Sans même tourné autour d'un concept ou nécessiter un enchainement aussi organique que celui dont bénéficie les albums studios de Red Harvest (avec en tête Cold dark matter et Sick transit gloria mundi, deux véritables disques mondes), le début de la première plage est une mise en apnée direct dans un univers différent. La perception des alentours change alors du tout au tout et l'on adapte son rythme et sa vision à celle que projette la voix de Khan, charismatique chanteur à la voix rauque dont chaque lignes décrit un monde au bord du gouffre ("Apocalypse happens every day" dans "Desolation").
Abouti, riche et dense, The red line archive ne constitue pas un morceau de choix dans la discographie du groupe norvégien. Les remixes, bien qu'excellent, ne se démarque pas fortement des originaux et n'apportent donc que peu par rapport à leur contre partie studio. Je retiendrais tout de même un "Move or be moved (full version mix)" et un "Technocrate (Dunkelheit Version 2008 Mix)" exceptionnels tant la mécanique glaciale de ses titres ont eu la capacité de me faire voir à travers les yeux des musiciens la réalité qui m'entourait. Toujours plus froid, toujours plus identique, toujours plus manipulé. Une vision à la fois pessimiste et provocante du climat politique et sociale actuel qui n'encourage pas a l'apathie mais au mouvement ("Move or be moved"). Un disque fort et cohérent qui ne souffre donc juste de ne pas proposer de "véritables" nouvelles chansons.
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