Saturday, October 18, 2008

Corrupted au Point FMR

Faire jouer deux groupes arty se prenant pour des japonais en ouverture d'un des monuments du doom était aussi bien avisé que de faire jouer Eddy Mitchell en ouverture de Cannibal Corpse. Ouverture avec Zeeck Scheck et suite avec la Chatte. Deux projets arty à souhait dont le visuel est plus travaillé que la musique. Zeeck Scheck, tout d'abord, est un groupe déguisé dont la musique free et noise s'articule autour de la projection d'un court métrage mettant en scène les personnages que les musiciennes incarnent. Mélangeant des costumes de monstres de la série Bioman et le cinéma de Bergman, le résultat est amusant puis lassant. Rien ne se passe. Tout les petits bruits sont bien ordonnés mais ne provoque strictement rien. De la performance pour de la performance. En comparaison donc, la Chatte est pratiquement plus intéressant puisque les gros rythme electro qui anime la performance de cette chanteuse dissimulé sur trois kilos de draps poussant des cris aigus recouvert de delay sont dansant. Cependant, les cris aigus ... sans être horripilant (aussi surprenant que ça puisse paraitre) ne provoque rien. Le vide totale. Que ce soit Zeeck Scheck ou la Chatte, ont sens une volonté de faire du "bizarre", de l'"arty", de l'original, voir même du japonais. Mais, en art, on ne s'invente pas une personnalité sans y mettre quelque chose de personnels. Or, la musique de ces artistes est tellement détaché de la réalité qu'ils ont l'effet d'un pétard mouillé.

Après donc deux premières parties plus que dispensable, vient enfin le tour de Corrupted qui interprétera ce soir "El mundo frio", son titre de 55 minutes le plus post rock et donc le plus décevant pour tout ceux qui étaient venu prendre du gros doom dans la tête. Psychédélique, lent et douce, les nappes de guitares qui introduisent le morceau désarçonnent tellement le public que certains protestent un peu. Des discussions animés démarrent dans le fond de la salle et couvre en partie la musique. Des cchht fusent alors mais ont le même effet. Un danois venus spécialement voir Corrupted et visiblement éméchés traverse le public en demandant pardon très fort pour aboutir sur le coté droit de la scène et commencer a demander où est Corrupted car il "aime le Corrupted", il "adore le Corrupted". Grand bien lui fasse mais si il pouvait se la fermer ce serait encore mieux. Heureusement, une envie préssante de rejoindre les toilettes le fera partir assez longtemps pour que tout se calme et que le morceau prennent de son ampleur. Quinze minutes se passent et le batteur arrive enfin. Le jeu est d'abord à l'image des guitares, doux et discret. Le rythme se fait ensuite plus lourd. Des frappes sur la grosse caisse donne le signal du départ. Le chanteur s'approche du micro et commence a parler en japonais d'une voix douce et langoureuse. La montée en puissant se fait de plus en plus dense, la basse envahit et l'espace et soudain, l'explosion. L'explosion de la tension est alors irrémédiable et fascinant. Le chanteur éructe avec un growl inhumain tandis qu'il brandit le micro et que son ombre se cambre, menaçante. Le son et le spectacle sont alors à la hauteur de l'attente du public venu spécialement pour entendre ce son massif. En tant qu'auditeur vierge de toute attente, je prends mieux conscience de la raison pour laquelle des gens viennent du Danemark pour voir le passage de Corrupted en Europe. Quand on aime le doom, on ne peut que venir prier à l'autel de ces dieux japonais. Entouré de ces mélodies douce et froide, à l'image du nom de la pièce qu'ils interprètent, ces riffs sont la quintessence de la lourdeur et de la lenteur. L'explosion sera cependant de courte durée en comparaison avec la lente progression mélodique et le rythme reviendra ensuite aux mélodies du début. Dix minutes s'écoulent au rythme d'une ambiance post rock sombre et froide pour qu'ensuite les riffs reviennent avec toujours la même force mais sans l'effet de surprise. La voix se refait virulente et explose d'une rage à l'opposé même de la figure douce et calme de l'homme qui s'était présente sur scène au départ avec son chapeau melon et son costume noir. Une dichotomie qui sied parfaitement a ces japonais expert dans l'art d'écraser son public. Le final se fera sur la seule conclusion possible, un mur de feedback dans lequel le public se noie pendant plus de cinq minutes, perdus mais fasciné par les instruments qui déversent ce son etouffant et salvateur. Le batteur quitte son siège, les riffs de guitares s'estompe, le chanteur remercie avec le sourire les gens qui les ont fait venir, leurs amis du Danemark, le public puis se retire sous une nuée d'applaudissement enthousiaste. Certain seront déçu par ce manque de lourdeur et ce contraste privilégiant la mélodie aux riffs lourd et gras mais j'ai justement adoré tout cela et je n'attends qu'une seule chose, renouveler l'expérience.

Thursday, October 16, 2008

Hayano Daisuki - Headbanger's karaoke club dangerous fire (HydraHead) 2008

Où commence Gridlink et où finit Hayano Daisuki ? En plus de son investissement dans un nouveau groupe de grindcore similaire aux défunt Discordance Axis pour lesquels il était le hurleur, Jon Chang est maintenant aussi le hurleur attitré de Hayano Daisuki. La différence ? Pour Chang, aucune. Le hurleur pousse toujours le même type de vitupération stridente et corrosive que ses fans apprecient tant. En dessous de cela on trouvera par contre des riffs thrash mélodique efficace et un tempo rapide digne du nom que s'est donné le groupe : Hayo Daisuke = I love speed. Le nom de l'album et la photo au décor enflammé derrière laquelle les membres du groupe posent tels des membres de Kiss ou d'un quelconque groupe de glam ne laissent rien au hasard. Hayano Daisuki est un projet "pour s'amuser", un groupe dans lequel on ne cherche pas à révolutionner mais simplement a imiter les groupes de thrash et de hard rock de sa jeunesse. Une idée bien peu engageante en théorie, tant les side projets se sont souvent révélés être des excuses pour sortir un peu de plastique et boire plus de bière, qui vaut cependant le coup pour tout les amateurs de thrash. Municipal Waste ayant réveillé le gout du public pour un thrash dénué de sérieux, Hayano Daisuki propose sensiblement la même chose mais dans une version moins punk et avec surtout seulement quatre titres. C'est, encore une fois (voir la chronique du premier album de Gridlink) bien peu. Dommage car il y a matière puisque entre tout ces riffs et ces solos il n'y a tout simplement rien à redire. Du metal sans prétention en dehors de celle de s'amuser, rien de plus mais rien de moins non plus.

Gridlink - Amber gray (HydraHead records) 2008

Défunt depuis 2001, Discordance Axis n'a était la source d'inspiration que d'une pléthore de groupe emogrind atroce dont l'histoire ne retiendra que les mal de crâne qu'ils auront causés aux chroniqueurs malheureux chargés de les écouter pour s'en faire une idée. Aujourd'hui, heureusement pour nous tous, Jon Chang revient sur le devant de la scène avec un groupe de grindcore qui doit tout à Discordance Axis. Qui irait le lui reprocher ? Revoilà donc le chanteur à la voix de Lemmings écrasé couvrant de ses hurlement incessant des riffs mélangeant thrash et grind. Moins chaotique que Discordance Axis mais pas plus intéressé pour autant dans les chansons de plus de deux minutes, Gridlink grind, explose, blast et s'en va bien trop rapidement pour justifier le prix demandé pour un album aussi court. Dommage car il y a dans cet album de dix titres de très bonnes raisons de s'enthousiasmer du retour de ce vocaliste atypique sur la scène grind. Discordance Axix était un groupe a part et l'est encore malheureusement aujourd'hui. L'arrivée de Gridlink permet donc de combler un vide dans l'univers de la musique extrême mais ne rassasie pas pour autant l'auditeur avide que je suis.

Tuesday, October 14, 2008

Capillary Action - So embarassing

Echanger quelque mails avec Jonathan Pfeffer, seul compositeur et auteur des paroles, m'a permi d'avoir un regard très différent sur ce disque. Au premier abord la couverture et la débauche de changement de style pourrait laissé croire que l'on a affaire a un groupe influencé par l'éclectisme de Mr Bungle. Comique et parodique comme bon nombre d'avatar de ce groupe culte, Capillary Action n'est en fait rien de tel.

Influencé par "le jazz des sixties et la musique classique du vingtième siècle" et plutôt semblable à Cheer-Accident ou Shudder to Think, selon les dires du compositeur, la musique de Capillary Action emploi cependant aussi des débordement plus lourd évoquant le doom (sur "Bloody nose") ou les accélérations de manche de The Dillinger Escape Plan (au début de "Gambit") ne serait ce que pour quelque instants.

Le problème de ce disque est qu'il m'échappe constamment par ses incessants changement de style. Bien que quelque références me viennent à l'esprit l'espace de quelque mesures, mon vocabulaire est ensuite pris de cours par des rythmiques appartenant a différents types de jazz ou à l'avant garde le plus pure. Capillary Action n'est cependant pas un album révolutionnaire. Un amateur de Mr Bungle y retrouvera sans doute ses petits de même qu'un passionné de Kayo Dot (dont je fais partie). Les amateur de ce dernier groupe reconnaitront d'ailleurs peut être des traits propre au jeu de guitare de Toby Driver ou aux notes de violons de Mia. Ces références, comme celle précedemment cités, ne sont pourtant que des éléments de l'équation destiné a donner des points de repères avant de découvrir par soi même l'univers de Jonathan Pfeffer.

Talentueux et evidemment passionnés, les compositions de Capillary Action sont étonnemment matures pour un premier disque après deux EP. Tout les musiciens présent sur le disque démontrent la maitrise de leurs instruments. La seule exception à la régle est malheuresement ce même Jonathan Pfeffer dont le chant est un peu plat et ne convient pas totalement à la musique riche et mouvante qu'il compose. Un défaut qui n'handicappe pas pour autant sa musique puisque les accroches vocales permettent bien de se repérer dans ces chansons. La durée du disque n'est par contre pas excessive puisque les neufs chansons s'écoulent juste en un peu plus d'une demi heure. Complexe, intelligent et dense mais pas prétentieux pour autant.

Reste donc le défaut final de ce disque : sa couverture. Comment ne pas être dérouté par un album à la couverture bleu ciel et au dessin en noir et blanc quand la musique qu'elle dissimule est si colorée. Un défaut majeur pour un disque qui arrivera dans les bacs sans la publicité qu'il mérite pourtant. Ce premier disque de Capillary Action est une réussite émaillé de défaut mineur qui seront surement résolu lors de l'enregistrement du deuxième album. L'originalité et le talent de son compositeur et des musiciens qui l'accompagne ne peux être remis en cause et mérite toute l'attention que l'on peut lui offrir.
"So embarassing" ? Quite the opposite.

Theokony - I (Feto Records) 2007

Quand on sort son premier disque, on a généralement droit a son sticker ou a son bout de carton. Celui de Theoktony indiquait "pour les fans de Anaal Nathrakh, Arkhon Infaustus, Morbid Angel et Immolation". De bons conseils pour une fois. Celui de Baroness citait, côte a côte, "High on Fire, Isis et Municipal Waste", entre autre, histoire de ratisser large. Theoktony par contre est un groupe beaucoup plus facile a classifier. Le batteur du dit groupe étant le cogneur de fut de Anaal Nathrakh quand la bête sort faire un tour en public, il était normal d'attendre du groupe des blasts et du black metal. Les deux éléments sont au rendez vous ainsi qu'une forte influence death metal qui prend le dessus sur l'atmosphère black metal pour préférer une approche brutale maintenu par la vélocité d'un batteur qui ne s'essoufle jamais tandis que des riffs stridants vrillent tout autour. Theoktony pourrait donc être décrit comme le cousin plus sage de Arkhon Infaustus puisque l'on ne retrouve pas le don pour la controverse ainsi que l'atmosphère malsaine des français chez ces anglais. "I" est un excellent disque de black / death metal aux chansons efficaces. Rien de très recherché mais un bon début qui a le mérite de ne pas être ennuyeux et de ne s'approprier un créneau encombré.

Monday, October 13, 2008

All Shall Perish - Awaken the dreamer (Nuclear Blast) 2008

Vous avez aimé "The Price of existence" ? Ca vous plairez de réentendre le même album ? Moi pas et manifestement, le groupe est du même avis. D'un album mélangeant death metal suedois, beatdown et mosh part incisives, All Shall Perish est revenu avec un disque plus lent, plus mélodique où l'on retrouve les même élément mais délaissés de la colère qui animait le groupe pour être remplacé par un sentiment de frustration plus complexe et moins rentre dedans.

Le sens du rythme et des cassures est toujours bien présent chez ce groupe pour qui les mosh part sont une science dans laquelle ils sont passés experts. J'en veux pour preuve le premier riff qui introduit "Awaken the dreamer" et déclenchera surement des moulinet dans les fosses des Etats Unis jusqu'en Europe. Toutefois, ce deuxième disque n'est pas un album moshable qui attirera les deathcoreux a mèche venu danser pour impressionner les filles mais "un disque plus mature".

Qu'est ce d'autre qu'un "disque plus mature" sinon un avertissement signifiant aux fans de leur première heure qu'ils peuvent commencer a se ronger les ongles ? Le shreddaton est toujours là pourtant. Les deux guitaristes continuent de faire une compétition pour savoir lequel ira le plus vite. Les mosh part sont aussi encore présente en grande quantité. Ce qui est par contre beaucoup plus présent ce sont les influences metal du groupe. De là viens les mélodies. De là viens les parties en chant clair très bien assuré. De là viens les interludes mélodiques totalement chanté. De là viendraont surement les cris de "vendu" des gamins qui verront leur groupe favoris évolué sans eux. Attention, si vous aimez uniquement le deathcore, laissez ce disque sur les présentoirs. Par contre si vous voulez voir un groupe de jeune musicien évoluez et incorporez un son plus thrash et plus mélodique sans partir dans des ambiances emo mais dans des morceaux épiques et puissant (en témoigne ce cri Rob Halfordesque durant "Black gold reign") alors précipitez vous dessus.

"The price of existence" était et est encore un disque exceptionnel. Destructeur et massif, ses chansons continueront de dévaster les fosses. Mais avec "Awaken the dreamer", All Shall Perish viens de prouver qu'il y avait plus en eux que des simples suiveur de mode mais des musiciens aimant le metal sincèrement. Les envolés des mains sur les manches sont toujours aussi précis et rapide sans pour autant manquer de gout. Les set de All Shall Perish vont donc gagner en relief a partir de maintenant, au grand dame des fans venus remuer la tête, croiser les bras et avoir l'air de gros dur mais pour le bonheur de tout ceux qui aiment le metal écrit avec talent et intelligence. Un album qui ne révolutionne foncièrement pas grand chose a part le groupe mais qui laisse entrevoir un futur beaucoup plus riche.

Friday, October 10, 2008

Gnaw their Tongues - An epiphanic vomiting of blood (Crucial Blast) 2008

Impossible de mentir sur la marchandise, cet album de Gnaw their Tongues propose exactement ce qui est sur la couverture : se retrouver entouré de cordes façon bondage tandis qu'un homme au masque porcin vous étrangle.

De disque en disque, le talent de ce seul homme ne faiblit pas. Titres après titres au nom toujours aussi évocateur ("My body is nor a vessel, nor a temple, it's a repulsive pile of sickness", "And there will be more of your children dead tomorrow"), sa musique continue de peindre la bande son d'une scéance de torture dans un caveau profond, mal éclairé où seul le silence est une source de lumière au milieu des cris des suppliciés.

Malsain et fascinant à la fois, l'univers de Gnaw their Tongues est non seulement exceptionnel de par sa richesse mais aussi par le manque total de limite imposé par le compositeur. Les ambiances changent, se transforment et se métamorphosent au grés de l'inspiration sans jamais perdre en cohérence. La progression cinématique des plages est tellement maitrisé que l'on pourrait l'associer a une narration cohérente. Chaque plage est toutefois séparé l'un de l'autre. L'unicité d'ambiance est bien là mais n'évoque pas une progression dans un même univers au même titre que "Perdition city" de Ulver ou "Deleted scenes from the transition hospital" de The Axis of Perdition.

En contrepartie, la variété des instruments et des styles se rejoint sur la même scène d'une pièce de théatre où le meurtre de toute chose, sans moralité aucune, n'est rien de plus qu'une pulsion à assouvir. Chœurs, violon, hurlement, trompette, un rythme lourd, un enregistrement d'une discussion entre un tueur et son confesseur ... tant d'éléments que l'on retrouve au même moment sur la deuxième plage de ce disque sans que jamais rien ne viennent troubler l'avancée de cette plage vers sa conclusion logique, la montée d'un vrombissement de basse et une dernière réplique décisive : "What did you do then ?". L'horreur ne s'arrête jamais et recommencera encore et toujours. A chaque titres les éléments se remettent en place et tel les pions d'un échiquier ils recommencent leur danse pour interpréter un nouveau balet. Une nouvelle composition. Un nouveau fait divers dessiné par le son.

Encore méconnu, Gnaw their Tongues est un artiste à la production complexe et fascinante qui ne cesse de faire progresser son art et de sortir de nouveaux disques. Celui ci n'est qu'une réédition datant de 2007 d'une sortie vinyle aujourd'hui disponible en CD. L'occasion pour plus de personnes de découvrir une collection de sept titres indispensables pour quiconque apprécie l'horreur, le fantastique et la terreur non comme des sensations désagréables mais des expériences visuels et auditives unique.

Red Harvest - The red line archive (Seasons of Mists) 2008

A l'instar du 1984 de Georges Orwell, Red Harvest est un groupe dont la vision futuriste de l'humanité n'est plus un rêve mais une réalité. Fear Factory et autre groupe de metal futuriste ont prédit l'avenir à la manière des auteurs de cyber punk par une fusion entre l'homme à la machine. Mais enfermé dans une machinerie et un manichéisme amusant mais bien peu réfléchir par rapport aux oeuvres de William Gibson ou de Red Harvest. Un groupe de norvegien dont la vision du futur ne s'est pas embarassé d'analogie trop forte aux robots mais voyait l'humanité descendre de plus en plus profondemment dans une dépendance aux mécanismes bien huilés et à la froideur mécanique des machines qui étaient censés être les esclaves.

Cette froideur metallique fusionné, Red Harvest ne l'a décrit pas mais l'a fait ressentir à travers une collection d'albums tous plus exceptionnels les uns que les autres. Une carrière qui continue encore aujourd'hui mais s'offre aujourd'hui le luxe d'un album mélangeant remixe et chanson déjà présente sur des albums studios.

On peut d'abord s'interroger sur la raison de titres, néanmoins excellent, comme Last call, Synthesize my dna et Desolation et jusqu'à la fin de ma première écoute j'ai était surpris jusqu'à ce me demander si il n'y avait pas une erreur dans le tracklisting du disque. Ce n'est qu'à la deuxième écoute que je me suis rendu a quel point ces titres convenait juste parfaitement au contenu du disque. Composé de remixe accentuant les ambiances mécaniques et les influences industriel et EBM, the red line archive est une occasion pour Red Harvest de mettre en valeur l'aspect strictement électronique de leur musique.

Sans même tourné autour d'un concept ou nécessiter un enchainement aussi organique que celui dont bénéficie les albums studios de Red Harvest (avec en tête Cold dark matter et Sick transit gloria mundi, deux véritables disques mondes), le début de la première plage est une mise en apnée direct dans un univers différent. La perception des alentours change alors du tout au tout et l'on adapte son rythme et sa vision à celle que projette la voix de Khan, charismatique chanteur à la voix rauque dont chaque lignes décrit un monde au bord du gouffre ("Apocalypse happens every day" dans "Desolation").

Abouti, riche et dense, The red line archive ne constitue pas un morceau de choix dans la discographie du groupe norvégien. Les remixes, bien qu'excellent, ne se démarque pas fortement des originaux et n'apportent donc que peu par rapport à leur contre partie studio. Je retiendrais tout de même un "Move or be moved (full version mix)" et un "Technocrate (Dunkelheit Version 2008 Mix)" exceptionnels tant la mécanique glaciale de ses titres ont eu la capacité de me faire voir à travers les yeux des musiciens la réalité qui m'entourait. Toujours plus froid, toujours plus identique, toujours plus manipulé. Une vision à la fois pessimiste et provocante du climat politique et sociale actuel qui n'encourage pas a l'apathie mais au mouvement ("Move or be moved"). Un disque fort et cohérent qui ne souffre donc juste de ne pas proposer de "véritables" nouvelles chansons.

Emmure - The respect issue (Victory Records) 2008

Intro emo suivis d'une succession de chansons deathcore. Emmure est un groupe Victory de la première à la dernière note. Controversé à cause de son directeur dont l'indépendance et l'intégrité ne rime qu'avec profit et mode, le style Victory associé il y a longtemps avec le hardcore / metal de All Out War est aujourd'hui representé par Emmure. Surproduit et bourré de clichés, The Respect issue est un disque à la date de péremption déjà bien entamée. Chant clair à la Keith Buckley (chanteur de Everytime I Die) et riffs gras à la Suicide Silence jusqu'à des mélodies Fall Out Boy, les groupes les plus vendeurs actuellement se retrouvent tous dans cette mélasse plus ou moins bien composé. Le résultat donne donc une succession de clichés pro toolisé qui est à la musique ce que le hamburger Mac Do est à la gastronomie, un truc que l'on s'offre de temps en temps mais sans grande illusion sur la qualité.

Thursday, October 09, 2008

Gnaw Their Tongues & Sick to the back teeth - Split EP (2008)

Le défaut majeur de ce EP partagé entre deux artistes est la différence de qualité entre les deux. L'artiste derrière Sick to the Back Teeth est très compétent dans son registre mais ses compositions sont bien loin d'égaler la maestria dont fait preuve inlassablement Gnaw their Tongues. Ce dernier est passé maitre depuis plusieurs albums pour composer des atmosphères lugubres et malsaines a l'aide de nombreux samples et d'influences diverses allant du black metal à l'ambiant qui se retrouvent conjugués dans des titres denses. Des couches de samples forment un brouillard épais entrecroisés de hurlement lointains et de rythmes distordus. Une conjugaison de sonorité organique dessinant des volutes de fantasmes horrifiques très variés. Sick to the back teeth est donc en comparaison beaucoup moins intéressant. L'approche plus répétitive est beaucoup moins suggestive. Pire encore, le titre le plus long (onze minutes pour "The seven powers of wrath") est littéralement ennuyeux et n'inspire absolument rien. Un disque bien inégale qui est cependant largement compensés par la qualité des compositions de Gnaw their tongues. Un nom qui sera très vite connu par beaucoup de monde si il existe une justice dans le monde de la musique.

Tuesday, October 07, 2008

Agenda of Swine - Waves of human suffering (Relapse Records) 2008

Fondé en 1990 par Matt Jacobson, Relapse Record n'avait pas tardé a s'établir comme une référence dans le grindcore et le death metal. Puis, les signatures de groupes étranges s'accumulant, le label avait changé d'images de marque pour devenir le repère des groupes les plus extrêmes et les plus barrés. Une tendance qui s'est maintenant transformé en une ouverture d'esprit et un catalogue comprenant Jucifer, Baroness a coté de Cephalic Carnage et de Pig Destroyer. Agenda of Swine (avec des ex. Benumb et Vulgar Pigeons) aurait par contre put être signé dans les années 90 et serait allé passé totalement inaperçu. Car, dans Agenda of Swine, c'est Napalm Death et Brutal Truth que l'on marie très bien ensemble. Pas de recherche sonore, de riffs techniques alambiqués, de samples dans tout les sens. Juste une voix de pitt bulls enragé et gonflé d'amphétamine, un batteur dont l'on sent la frappe à la double contrairement au roulement compressé et mécanique des batteurs de metal surproduit. Agenda of Swine n'est cependant pas un groupe à blast complétement unidimensionnel. Il y a du riff la dedans. De l'énergie. De la passion. Ce qui fait qu'un disque de grindcore ressort du lot par rapport a un mur de blast et de grognement. Une bien belle signature que celle ci. La preuve que Relapse n'oublie pas les valeurs qui ont fait la marque de fabrique du label.

Sunday, October 05, 2008

PHOBOS - Anoedipal

Ignoré a ses débuts, ce projet solo français avait crée un disque pourtant fort intéresssant. Titré Tectonics et paru chez Appease Me, l'album n'avait pourtant pas reçu le même acceuil que d'autres signatures du label. Dommage car il y avait beaucoup à dire et a écouter sur un premier album aussi abouti.

Aujourd'hui, le créateur du monstre PHOBOS continue seul sa route et s'auto gère pour créer un luxueux et superbe deuxième album. Anoedipal est le second chapitre de l'aventure commencé en 2005 et dont le nouveau volet accuse les trois ans de reflection qui les sépare.

Le disque même est protégé par un digipack luxueux, format dvd, cartonné et agrémenté d'illustration complexe. Une imagerie chrétienne croise la lave et la roche dans un choc qui n'évoque pas un simple rejet pseudo sataniste mais la création d'un nouveau culte. Les paroles quand a elle parle de jouissance physique et intellectuel. Un sentiment qui parcours ce disque avec une vivacité toute particulière.

Dans toute sa froideur et ses cris et ses pulsations désarticulés, "Anoedipal" est une célébration. Un disque monde que l'on explore a la manière d'une exposition. Chaque morceau est une nouvelle pièce, étape d'un trajet visant non pas a révéler une vérité mais un nouveau monde. Celui de son auteur. Les rythmes crée par une boite à rythme synthétique conviennent a merveille pour faire vibrer le coeur de cette machine dont l'inspiration provient des fins fond de la terre. L'illustration centrale du livret traduit parfaitement l'image mentale crée. La roche entoure et recouvre le tracès rouge d'une lave évoquant le sang. Encastré dans ce socle crée par des guitares dissonantes et discordantes et un rythme Godfleshien, les cris sont les seuls marque d'une humanité hurlant non pas par révolte mais par catharcie au contact d'une substance sonore compact et mouvante.

De ce concept aboutis, PHOBOS tire un album unique en forme de voyage au centre de la terre. Une exploration qui mêle la chaire à la roche dans une structure electrique et futuriste. Un artiste unique et vitale qui trouve ses racines dans Godflesh et Blut Aus Nord mais ne ressemble a aucun des deux. Une oeuvre a célébrer.

Portal - Outre (Profound Lore) 2007

Aussi fermé et répétitif que peut être le death metal, il existe des exceptions qui rendent au genre tout son sens. Portal est indubitablement l'un d'entre eux et leur pays d'origine y est peut être pour quelque chose. Car, vivre en Australie quand on aime la musique sombre, c'est s'exposer a l'isolement d'une population dont la réputation est de s'intéresser uniquement au sport et a la bouffe. Un gros vide culturel générateur de replie sur soi afin d'échapper au commun des mortels et trouver sa propre voix. La norvège et sa morale stricte nous avait donné le black metal, l'Australie nous donne aujourd'hui des groupes de death metal originaux et exceptionnel comme Ulcerate, Psycroptic et Portal.

Originaux jusqu'au moindre détail de leur apparence scénique, ce groupe de quatre anonymes déguisés par des masques produit une sorte de death technique qui pourrait être le résultat d'une rencontre entre Darkspace et Immolation si le premier décidait d'apprendre a jouer du black metal au dernier. Malsain, sombre et nébuleux, la musique de Portal semble venir d'un vortex dimensionnel tant les racines de leur musique se brouille dans un magma sonore obscure et impénétrable lors des premières écoutes.

A l'instar de Deathspell Omega et de Blut Aus nord, ce groupe pousse le concept jusqu'a dissimuler leur apparence physique. Nul ne sait leur véritable nom ou leur visage. Et qui s'en soucierait de toute manière ? Une musique pareille est beaucoup plus efficace si elle produite par des visages inconnus que si l'on pouvait se rassurer derrière l'assurance de trace d'une humanité ne serait ce qu'un peu normal.

Cependant, contrairement aux deux projets susmentionnés, Portal interprète sa musique sur scène. Les masques ne sont toutefois pas du même registre que ceux de Slipknot ou de Mr Bungle à leur début. En fait, alors que les costumes de Slipknot criaient dès le départ "nous sommes méchants", ceux de Portal semblent vouloir dire : "nous ne sommes pas de votre monde".

Guitariste, bassiste batteur sont donc habillés de costumes noirs, d'un masque d'épouvantail et d'une corde pendant de leur cou jusqu'en bas. Des damnés. Le chanteur par contre pousse l'originalité a porter en plus de son costume noir une horloge. Oui, une horloge. Ce qui peut paraitre ridicule par écrit prend pourtant tout son sens une fois que l'on écoute la musique.

The Curator n'aurait pas pu porter un accoutrement différent. Ces gens ne pourraient pas faire de concert sans leur n'y en a pas car c'est sans aucun doute la véritable apparence des membres de Portal que l'on peut voir sur scène. La séparation est donc faites entre le quotidien et la musique, espace d'expression personnel libéré de toutes contraintes. Revêtus de leurs habits d'apparat, les musiciens de Portal peuvent créer ces chansons noirs et fascinantes dont la classification dans un genre appelé le "death metal" a beaucoup plus de sens que tout ces groupes qui ne créent que des chansons violentes et complexe en oubliant toute émotion.

"Outre", de la même manière que "Scepia" mais avec des chansons beaucoup plus lente et cataclismique, continue de forger l'héritage d'un groupe qui en inspirera surement plus d'un, bien au delà des frontières maritimes de leur pays isolé. Un véritable monolithe qui aspire toute lumière et ne projette que le dégout d'un quatuor à l'égard de ce continent si ensoleillé qui les entoure.

Monday, September 29, 2008

Pulling Teeth - Martyr immortal (Deathwish) 2007

Le plus logique pour chroniquer un disque aussi direct est de faire aussi court que la durée moyenne des chansons. Solos empruntés à Slayer, voix criarde digne des dernier Integrity, batterie hardcore et mosh part. On pourrait dire que Pulling Teeth ne fait pas dans l'intellectuel mais ce serait passé a coté du sentiment de jouissance que l'on ressent grâce au solo envolé de "Dead is dead" ou la rage salutaire qui s'échappe de la voix criarde du chanteur. Pulling Teeth ne jouent peut être que du hardcore gonflé a coup de thrash mais ils le font tellement bien que passer à coté de ce disque est un véritable crime. Rien n'est ici très original. Mais quand un groupe saisit aussi bien l'essence de deux musique pour les faire se rencontrer avec autant de brio il n'y a pas de raison de s'en priver. "What are you so afraid of ?".

Sunday, September 28, 2008

Venetian Snares - Detrimentalist (Planet Mu) 2008

Venetian Snares ne produit pas des albums normaux, il produit des "albums de l'année".

De la même manière que Barrack Obama, candidat démocrate à la présidence des etats-unis, est indiscutablement un des "hommes de l'année". L'homme qui aura le plus marqué l'actualité par sa présence, par ce que l'on aura dit sur lui et l'impact qu'il aura. Que l'on soit d'accord ou non avec lui n'a pas d'importance. Ce qui compte c'est qu'il ait marqué l'esprit de chacun.

Detrimentalist, a sa manière, est un disque qui a eu le même effet chez moi que "My downfall" ou "Ross scillag allat szullet" dans des styles totalement différent et c'est en cela qu'il est un de mes albums de l'année.

Detrimentalist frappe mon imagination. Me pousse à reconsidérer ma manière d'écouter la musique de Venetian Snares. C'est un morceau de plus dans la discographie d'un homme qui continue de surprendre, d'influencer et d'emerveiller. Un album qui mérite toute votre attention. Bref, un album de l'année. Le Barrack Obama de la musique électronique.

Après avoir parcouru les plaines de son propre psychisme dans un "My downfall" beaucoup plus ambiant que breakcore, Detrimentalist fait la part belle aux rythmiques chaotique. Le rythme est cependant beaucoup plus controlé, moins violent que "Cavalcade of glee and dadaist hardcore pom pom" et moins complexe que "Huge chrome cylinder box unfolding" mais surtout beaucoup plus dansant. Sans être complétement jungle, Detrimentalist emprunte de nombreux élément du style et redonne au amen break, samplé par tout les artistes breakcore mais surtout par le monde de la jungle, ses lettre de noblesse dans un univers ragga electro chaotique.

Gentleman sera pour beaucoup le hit d'un été qui ne cesse de se prolonger tandis que le soleil se mèle a la froideur hivernal imminente. Un mélange qui convient très bien pour décrire ce titre, dansant et accrocheur tout en étant toujours un peu froid. La voix du toaster venu posé deux lignes mémorables viens réchauffer ce déluge de samples et de rythmes. Des voix interviennent aussi beaucoup plus souvent sur tout les titres sous la forme de sample autant manipulés et triturés que le sont les gresillements et les mouvements des pulsations. Courant de haut en bas sans jamais s'arrêter, chaque titre trouve tout de même son propre souffle et l'album ne tourne jamais en rond.

L'album va du plus dansant au plus calme et atmosphérique puisque ce voyage en terre jamaïcaine du futur se conclut par un "Miss balaton" lent et mélodique, un contraste saisissant qui relève encore une fois la capacité de Aaron Funke de surprendre et de se jouer des atmosphères. L'album n'en reste pas moins très cohérent et surtout très agréable. Chaque plage est assez originale et surprenante pour être la chanson favorite d'une personne. Tout le monde devrait donc y trouver son compte. Detrimentalist est une nouvelle étape dans un voyage musicale qui ne cesse de s'enrichir sans jamais se répéter.

Steambolt - Demo (2008)

Originaire de Lorraine, Steambolt pourrait très bien être originaire du sud des Etats Unis que personne n'y aurait vu que du feu. Rien de très français dans ce stoner rock aux bon relant de doom et blues. Même la voix du chanteur ne laisse pas trop filtrer d'accent français. De bons anglophones donc élevé à bonne école. Celle du riffs gras. Celle de l'accroche mélodique rugueuse mais solide. Celle du solo plein de feeling. Les musiciens s'entendent bien et jouent avec un groove communicatif. La basse est ronde, la guitare est suffisamment distordus, le chant est clair et seulement parfois crié et la batterie joue avec suffisamment de tenu et de feeling pour que tout soit cohérent. Le seul problème de ce quatre titre c'est qu'il ne comporte que quatre titres. Dommage mais pour une mise en bouche ce n'est pas plus mal, d'autant que les quatre chansons, toutes aussi bonnes les unes que les autres, sont disponibles gratuitement sur leur page myspace. Merci la technologique. Merci Steambolt.

Arsis - We are the nightmare (Nuclear Blast) 2008

De duo, le combo James Mallone (guitares et voix) et Michael Van Dyne (batterie) est passé à un groupe que l'on peut voir sur scène et part donc en tournée. Un changement de situation qui a vu le départ de Van Dyne mais l'arrivée de trois nouveaux musiciens venu prêter main forte sur scène mais aussi dans le travail de composition. Cependant, Arsis n'en devient pas autre chose et continue d'être un groupe de death metal mélodique et technique.

La chronique pourrait s'arrêter là et tout irait très bien. Un groupe de death mélodique à notre époque est l'équivalent d'un groupe de neo metal durant la deuxième moitié des années 90 ou d'un groupe de thrash durant les années 80 : un disque de plus dont se contenteront les fans et qui laissera indifférent les autres.

Ce passage notable de Willowtip à Nuclear Blast est toutefois remarquable. De groupe de référence totalement obscure, Arsis est maintenant signé sur une grosse machine qui a forcement vu dans les compositions de James Malone quelque chose qui pourrait rapporter. Pas juste un disque de plus a sortir pour inonder le marché. Pas un album qui se vendra a coup de coupes de cheveux et de clichés.

Tout en étant mélodique, Arsis reste extrêmement loin des clichés du genre. Pas une once de In Flames, de At the Gates ou de Dark Tranquility. S'il faut piocher du coté de la suède ce serait plutôt Edge of Sanity qui conviendrait. Toutefois, contrairement a ces derniers, Arsis n'en est pas pour autant progressif. Les structures, bien que complexe et changeantes, s'orientent vers des chansons efficaces comprenant tout ce qu'il faut comme accroche mélodiques. Un changement de taille par rapport à un "United in regret" plus technique et moins facile d'accès que le premier opus, "A celebration of guilt". Le registre vocale ne s'oriente toujours pas vers une once de mélodie. Tout ce qui est susceptible d'accrocher l'auditeur se trouve dans les riffs acérés de Malone.

Dans le genre, ce guitariste continue d'exceller dans l'art de shredder sur un manche sans ennuyer l'auditeur. Un fait toujours important a remarquer quand on se trouve à une époque où l'ont parcours parfois le manche à la vitesse d'un TGV a peine sorti du berceau (Decapitated, The Faceless, Winds of Plague ...). Du feeling il y en a donc a revendre. Le gros défaut de ce disque réside donc ailleurs : dans la batterie. Consciemment choisit pour sonner aussi synthétique (selon ce que disait Malone lors d'un interview), ce choix n'en est pas pour autant justifié à mes oreilles. Peut être que ce qui manque encore à ce groupe est de se focaliser un peu moins sur la guitare et plus sur l'interaction entre les instruments ?

Pour l'heure ce nouveau disque n'en est pas moins très agréable. Ces 45 minutes de shred intense et mémorables conviendront autant aux aficionados du groupe (qui ne doivent pas encore très nombreux) et aux nouveaux venus. "We are the nightmare" est un premier pas sur le territoire des majors extrêmement convaincant. Aucun compromis et une progression dans un style similaire avec des chansons encore plus solides. Ce qui fait donc la force de ce disque est à la fois son seul défaut : d'être juste meilleur dans la même catégorie et de ne rien transcender.

Bien sur, tout les groupes ne peuvent pas être plus originaux les uns que les autres mais il y a fort a gagner pour Arsis de profiter de leurs talents de musiciens pour composer des chansons qui dépasseront le seul cadre délimiter par les quatre mots que je citais en début de chronique : death metal mélodique et technique.

Wednesday, August 20, 2008

Coldworker - Rotting paradise (Relapse Records) 2008


Peut être handicappé par le besoin de faire plaisir aux fans du groupe dont il faisait partie précédemment, Nasum, le premier album de Coldworker était un mélange de death metal suedois et de grindcore réussi mais peu satisfaisant. Un bon album qui n'allait pas assez loin et devenait donc une demi réussite.

Rotting paradise, deuxième effort d'un groupe peut être plus sûr aujourd'hui de son objectif présente donc une orientation vers le death metal suedois ou le death metal en général. De At The Gates à Cannibal Corpse, tout les riffs et les clichés du genre sont passés en revue en douze titres brutaux.

Pas de compromis mais aussi pas beaucoup de respiration. Le blast est une religion a laquelle Anders s'adonne complètement. De plus, même si les chansons présentent des variations de tempo, ce n'est en aucun cas une nouveauté dans le genre. Tout juste la preuve que les musiciens ont un sens de la dynamique a plus de deux vitesses. Rien de bien étonnant donc.

Cela n'empêche cependant pas le premier titre de frappé fort et le reste du disque de rester sur le même niveau. Les riffs s'enchainent à merveille pour peu que l'on aime le death metal dans sa globalité. Efficace, mélodique, violent et accrocheur sont des adjectifs qui conviennent à merveille pour décrire ce disque. Innovant et novateur ne font par contre pas partie de la liste.

Rotting paradise est pratiquement un hommage rendu au death metal. Tout y est tellement bien en ordre et agréable que je me suis même surpris en entendant des clichés tels qu'un "GROAAAAAR" poussé par le chanteur au début de "The Black dog syndrome". Le genre de petit détail idiot que tout le monde a déjà entendu mille et mille fois mais qui est le signe d'un genre que les fans reconnaissent facilement.

Bien produit et bien écrit, ce deuxième disque a donc deux défauts majeurs qui ne sont finalement pas due à la musique mais au contexte de sortie du disque. Tout d'abord, Coldworker est un groupe d'un ex. Nasum. Or, il n'y rien dans ce disque qui élèvera Coldworker au niveau de ce mythique groupe de grind. Qui le pourrait de toute manière. Nasum est une vache sacré sur laquelle on ne peut pas craché et je ne serais pas le premier à le faire en tant que fan du groupe. Ensuite, même si "Rotting paradise" est un homme réussit, il ne s'élève pas non plus au niveau des disques dont il s'inspire.

Ainsi, ce deuxième effort de Coldworker ne vous donnera pas envie de frapper un visage à coup de marteaux, massacrer une âme ou d'explorer une crypte mais il vous y fera penser avec juste ce qu'il faut d'insistance pour vous faire passer un bon moment.

Monday, August 18, 2008

Fuck the Facts - Disgorge mexico (Relapse Records) 2008


Après un premier disque sur Relapse où les chansons dépassaient largement le cap de la minute trente, presque une anomalie pour un groupe que l'on classifie en grind, Fuck the Facts revient avec quatorze titres allant de 30 secondes à neuf minutes.

Les titres les plus courts ne sont pas pour autant des signes d'un compromis vers un son grind pour traditionnel. Comme à leur habitude, les chansons de Fuck the Facts débordent d'idées et de changement. Impossible pour le groupe de répéter pendant trop longtemps une même idée, il y en a trop, alors il faut les étaler toutes pour leur donner chacune leur chances tout en ne perdant rien en cohérence. Or, contrairement à beaucoup de groupes qui se veulent chaotique mais ne font qu'enfiler riffs après riffs, Fuck the Facts permet à chacune de respirer.

De même, la courte durée de certaines chansons n'empêchent pas le tempo de ralentir. "As empires expand and collapse" se permet d'être mid tempo en ne dépassant pas la minute trente.

Les petits ajouts électroniques ne se font plus remarquer comme par avant et donnent donc le champ libre à l'habituel trio guitare / basse / batterie. Ces instruments se chargent de toute manière très bien d'occuper l'espace grâce a des compositions inspirés autant musicalement qu'émotionnellement parlant. La voix de Mel Mongeon est par contre moins efficace qu'auparavant. Peut être car ses paroles sont moins compréhensibles que sur l'album précédent où elle hurlait parfois des paroles très touchantes en français. Il en incombe donc aux mélodies de "Driving through fallen cities" ou de "No return" de procurer cette décharge émotionnel qui avait fait de "Stigmata high five" un disque si remarquable en comparaison de nombreux groupes de grind violent et jouissif que l'on distingue mal dans la masse.

Enregistré très rapidement avec beaucoup de galère à la clé,si l'on en croit les blogs que publiaient le groupe à l'époque, "Disgorge Mexico" n'est pas un disque mal dégrossi mais le produit d'une longue réflection. Cette reflection, Fuck the Facts l'a fait décanter depuis déjà huits albums (et d'innombrables splits receuillis sur un double CD) et continue d'être à la hauteur de ce que l'on peut attendre d'eux. Leur grind blast toujours autant mais continue de surprendre et de prendre les chemins de traverse que peu de groupe du genre emprunte. A l'instar de Cephalic Carnage ou de Pig Destroyer, la musique de Fuck the Facts s'enrichit de disque tout en étant toujours associé à la culture grindcore.

C'est par cet état d'esprit que Fuck the Facts rejoint le groupe qui lui a donné son nom, Naked City, en empruntant des éléments au grindcore pour faire leur propre musique. Une musique qui n'a pas fini d'étonner et de ravir toutes celles et ceux pour qui la musique et l'art en général ne doit pas être évident et facile d'accès mais complexe et enthousiasmant.

Nachtmystium - Assassins: Black Meddle Pt. 1 (Century Media) 2008


Comme une préparation à la déflagration a venir, la chanson d'introduction est censé mettre en jambe l'auditeur pour le préparer à l'assaut. Petit vent glaciale sous riffs de guitare saccadé, rien de moins caricaturale pour un disque du genre. La suite est par contre beaucoup plus original et fait honneur à la réputation de groupe original et surprenant que Nachtmystium s'est constitué grâce à un "Instinct : decay" aux influences psychédélique mais toujours résolumment black metal.

"Assassins: Black Meddle Pt. 1" ne sera donc pas très surprenant pour les fans car le groupe y poursuit sa route en introduisant toujours plus d'influences de la même période. Plus autant black metal dans le sens traditionnel du terme qu'auparavant, Nachtmystium est aujourd'hui un groupe de black metal dans le sens où ils produisent du metal sombre d'un point de vue atmosphérique.

La déflagration attendu après la montée en puissance de l'introduction est toutefois de courte durée car l'on ne fait plus dans le blast continu. Le rythme des chansons s'est assagi, voir même assoupi, sur certains chansons afin de laisser encore plus de place à des influences très hard rock. Le refrain de la véritable première chanson, "Assassins" est fait pour être scandé par une salle de fans dévoué. Les refrains sont donc beaucoup plus travaillés et mémorable. Par contre, les expérimentations sont toujours de rigueur comme le montre cette interlude électronique juste avant la conclusion finale du titre.

De même, le triptyque final où viens se poser de la trompette est tout en lourdeur et en atmosphère bien peu norvégienne. Bref, le black metal d'antan se retrouve uniquement dans la voix (toujours gorgé d'échos) et dans certains riffs et certains passages plus rapide. Le reste tourne plus autour d'Enslaved que de Darkthrone ou de Emperor. Résolumment metal, Nachtmystium produit aujourd'hui des titres qui pourraient largement plaire aux fans de Mastodon par leurs cotés prog ou les accroches mélodiques du refrain de "Assassins" ou du break de "Ghost of grace".

L'expérimentation connait aussi des débordements durant ce disque comme durant "Away from the light", interlude atmosphérique sympathique qui brise malheureusement la dynamique imposé par les deux très précédents pourtant très efficaces. Mais hormis ce faux pas et cette introduction inutile, "Assassins: Black Meddle Pt. 1" est une réussite pour ce qui est du mélange black metal et prog psychédélique 70's. Un mariage qui rappelle les expérimentations de Enslaved mais qui trouve dans la musique de Nachtmystium une forme originale et très agréable par ses accents mélodique, son énergie (le début de "Your true enemy" promet de faire des ravages en concert) et la variété du jeu des musiciens. Les solis de guitare sont très réussis (et eux aussi très hard rock). Le jeu du batteur se permet d'être un peu moins rigide que celui d'un batteur de metal traditionnel ce qui confère au disque une touche personnel et humaine bien loin de la froideur que l'on associe au black metal traditionnel. Un disque résolument original qui mérite d'être applaudis malgré ses quelques imperfections de par l'inventivité des musiciens qui l'ont composés.