Saturday, October 24, 2009

Liturgy - Renihilation (20 buck spin) 2009


L'approche cynique pour décrire ce groupe américain de Black metal, en voyant cette bannière proclamant PURE TRANSCENDENTAL BLACK METAL, serait de rire et de pas prêter attention au mur du son qui traverse vos enceintes une fois que les voix résonnant en canon aient proprement créer l'atmosphère convenant au monstre qu'est Renihilation. L'approche réaliste est donc de se laisser porter par le disque et de prendre le groupe au sérieux dans leur attitude et leur objectif musical de créer un disque dépassant les frontières du black metal.

Les interludes et la page myspace du groupe sont des marques des ambitions de ce quatuor américain. La page blanche et les nuages en guise de photo de profil. La juxtaposition des deux termes Religious / Black metal ont de quoi évoqués l'envie de liberté artistique de ce groupe pour qui le black metal ne semble être que le terreau dans lequel ils plantent leurs graines pour ensuite évoluer vers quelque chose d'autre. Potentiel. Beaucoup de potentiel.

Sous la pochette sobre montrant une éclipse se lit seulement le nom du groupe et de l'album dans une typographie sobre. De quoi se démarquer de manière subtile mais précise contre les habitudes du genre dans lesquels se sont inscrits d'autres groupes atypiques venus du même pays comme Wolves in the Throne Room ou Krallice. Ces derniers figurent parmi les références les plus évidentes pour décrire Renihilation. Les lignes de guitares mélodiques mais intense prolongent l'intensité crée par les voix qui interviennent quatre fois au cours de l'album. L'utilisation de ces chœurs n'est pas sans rappeler Deathspell Omega bien qu'il faille se tourner vers leur période true black metal pour obtenir un point de référence pertinent. On aurait pu trouver des comparaisons moins flatteuses. Il en va cependant sans dire que ces jeunes américains ne souhaitent pas s'inscrire dans la tradition norvégienne mais préfère s'en démarquer.

Accueilli par la presse par une merveille d'originalité et d'ingéniosité, Renihilation ne propose pas véritablement une combinaison très neuve à notre époque. S'inscrivant dans la nouvelle tradition américaine qui se sert du black metal pour exprimer ses envies en mélangeant décibels et spiritualité à travers l'usage de code musicaux permettant de créer une musique intense sans être agressive. Leur signature sur le label 20 Buck spin (Asunder, Graves at Sea ...) signe les ambitions de l'entourage du groupe a devenir plus grand que leurs influences. Car sans mériter le titre de disque de black metal de l'année, Renihilation est un album ambitieux et impressionnant d'un groupe dont le monde entier ignorait hier encore l'existence.

Clutch - Strange cousins from the west (Weathermaker Music) 2009


Après 3 albums en compagnie de Mick Schauer, claviériste de son état, Clutch s'en sépare et continue sa route à quatre. Bien que toujours à leurs influence de toujours, le blues et le rock, l'auditeur que je suis, habitué au tango subtile entre les cinq instruments, se trouvent privé d'un de ses intérêts dans ce groupe et il me faudra surement un peu de temps pour m'y habituer.

Il en est de même pour le groupe, à mon avis, car un vide s'installe dans les chansons. Comme une équation que l'on ne pourrait résoudre faute de la perte d'un membre essentiel. Il faut aussi préciser que je ne suis monté à bord de la caravane qu'à partir de Blast tyrant et n'ai pas terriblement écouté le reste de la discographie. Le cavalier Schauer faisait donc partie intégrante des cinq salopards de Clutch et ce retour au quatuor me désarçonne peut être plus que de raisons.

"Strange cousins from the West" a aussi l'atmosphère d'une fin de parcours plus que d'un renouveau. Les titres plus énergiques et dansant de Clutch ne sont pas au rendez-vous. Le tempo plus blues du disque donne un ensemble plus uniforme que la variété de tempo sur lesquels dansaient "Blast tyrant" et "Robot hive / Exodus". De même, malgré une pochette soigné, rangé dans un fourreau cartonné donnant une deuxième dimension à l'illustration de couverture, et un livret en forme de carte trésor, il n'en est pas autant du disque. A l'issu de la plage, un petit vide se fait sentir, comme si la route s'interrompait alors qu'elle n'était pas fini d'être construite.

Une forte impression d'être laissé sur sa faim qui persiste alors que chaque chanson prouve que Clutch a toujours le sens du groove et l'inventivité dont ils ont toujours fait preuve. Tout ce dont on est en droit d'attendre d'un disque de Clutch est présent et c'est peut être bien là le problème. Pas de surprise, juste de très bons musiciens jouant une musique qui leur sied à merveille tout en laissant en suspend un "mais" un peu trop présent qui occupe autant l'espace que le talent déployé par chacun.

Plus blues, plus détendus, moins dansant, le Clutch de Strange cousins from the West me déçoit un peu et me surprend sans m'enthousiasmer plus qu'il n'en faut. Je suis donc à la fois gêné de ne pas pouvoir me décider sur mon opinion et de ne pas conclure sur une note plus enthousiaste. Clutch continue donc sa route à quatre mais entreprend aussi de continuer sur Weathermaker Music, son propre label. La promesse de sortie plus fréquente et d'albums aussi élaborés que la pochette de celui-ci ? Voilà de quoi sourire en attendant que le groupe s'acclimate à ce nouveau format, et moi aussi.

Doomriders - Darkness come alive (Deathwish) 2009


Fondé à l'origine par Nate Newton de Converge, Doomriders n'est pas seulement l'activité du dimanche mais aussi le premier amour vers lequel il se tourne de temps en temps. Simple, dans sa conception, Doomriders propre un mélange de riffs metal, comme ceux d'Entombed post "Wolverine blues", sur un lit de tempo punk pour un résultat savoureusement rock and roll.

La voix rauque de Newton se veut plus Danzig que Danzig quand il entonne a pleine voix le refrain de la chanson titre. Il ne m'aura d'ailleurs suffit que l'écoute de ce titre pour suffire à me convaincre à investir dans ce deuxième disque. La force du single imparable que l'on retient dès la première seconde.

Le spectre des influences va donc parfois vers le punk / hardcore ou plus vers le metal mais ne déroge jamais à la règle du mélange. D'une qualité constante qui ferait envie à bon nombre de groupe de metal à plein temps, Darkness come alive n'est ni plus, ni moins, qu'une collecton de brulots énergiques et positifs, fidèles à l'esprit de rébellion contre l'oppression quotidienne commun contre laquelle ces deux genres s'élèvent.

Il n'est donc pas si ironique que cela de voir des hardcore kids faire mieux que des metalheads quand les cultures sont brouillés au nom d'une même cause : "Don't let these basards grinds you down !"

Tuesday, October 20, 2009

Gnaw - This face (Conspiracy Records) 2009


Suite à l'annonce de la fin de Khanate, la première question qui m'a préoccupé fut de savoir où la voix d'Alan Dubin allait-elle désormais poser ? Corrosive, elle donnait sens a des paroles sporadiques. Unique et terrifiante, la simple intonation de mots, même associé à des images chaleureuses, suffisait à créer un tout autre sens. L'accompagnement musical devait donc permettre à sa pleine puissance de continuer à s'exprimer.

Au sein de Khanate, l'espace entre les notes était le lieu où la tension s'exprimait le mieux, plus qu'au moment où les cordes et les fûts étaient frappés.

Gnaw prend la tendance inverse et envahit l'espace sonore. Harsh noise et groove doom, l'écriture même de Dubin prend la forme de monologue en lieu et place des phrases tranchés, pour tisser une toile tout aussi dérangeante ("You can hear them laughing. Everybody's fucking but you" à la fin de"Vacant").

Gnaw ne mérite par contre pas que l'on s'arrête à la voix de Dubin pour en vanter les mérites. Orchestrer par James Plotkin en studio, Kanate résultat de la collaboration de musicien à travers le filtre d'un seul esprit. Gnaw est par-contre beaucoup plus un travail collectif où chacun mêle constamment son instrument aux autres. La collaboration entre Jun Mizumachi et Carter Thornton permet aux murs de sample de s'exprimer de différentes manières au cours du disque pour ne pas devenir qu'une source de distorsion blanche et impénétrable. Enfin, les percussions de Jamie Sykes sont essentiels dans la structure des titres et non dans leur progression puisque la batterie n'a pas de rôle dynamique ici.

Beaucoup plus conventionnel que Khanate pour ce qui est de la méthode de travail, "This face" n'en est pas moins un objet étrange et difficile d'accès. Les neufs chansons sont clairement distinctes les unes des autres et s'étire dans des longueurs suffisamment étouffantes pour que l'album ait du corps mais ne s'effondre pas sous son propre poids.

Cependant, si c'est le malaise de Khanate que vous recherchiez, vous serait a la place accueilli par une orgie de troubles hystériques. Gnaw tient ici du réalisateur canadien David Cronenberg (Videodrome, Existenz ...) que l'expérience amène toujours vers les portes de la folie sans jamais complètement la refermer une fois le voyage terminé. Un avantage autant qu'un inconvénient pour peu que l'on ne se laisse pas le temps d'apprivoiser ce magma sonore d'où s'extrait une identité originale et forte mais clairement en cours de développement.

Moss - Tombs of the blind drugged EP (Rise Above) 2009


Fasciné par les écrits du fameux rmancier fantastique, HP Lovecraft, Moss donne une vie sonique aux créatures invoqués, et toujours entouré d'une aura de mystère et de folie, par l'auteur. Le malaise, à l'écoute de Tombs of the blind drugged, ne vient pas de la tension inspiré par le danger omniprésent dont on ignore la véracité que distille les nouvelles et les romans du romancier aquaphobe (entre autres ...). Moss plonge intégralement dans les conséquences des histoires de Lovecraft est dépeint la perte de la raison au fin fond des abysses de Yogg Sototh..

Tel en est ainsi depuis leurs débuts et il en de même aujourd'hui. La différence majeur entre les disques de drone doom précédents du groupe et celui-ci se trouve dans la durée des plages. Dix minutes en moyenne pour chacune des trois chansons, avec en bonus une reprise de Discharge écrabouillé sur cinq minutes, pour conclure.

Le résultat n'est pas moins ténébreux et asphyxiant, bien que plus "abordable" en comparaison d'un titre de lpus d'une demi-heure comme celui de "Sub templum". Cela dit, pour reprendre cette comparaison que faisait Stephen O'Malley au sujet de Khanate et de SunnO))), cela revient à dire qu'il est plus facile de traverser de l'acide sulfurique que de la lave en fusion. Une comparaison d'autant plus valable puisque Moss se trouve au confluant de ces deux groupes.

Le nom du trio anglais est synonyme de laideur, de noirceur et de lenteur et continue de l'être. Tombs of the blind drugged est un EP conséquent et jouissif pour qui souhaite donner un fond sonore à des êtres que l'esprit humain ne peut concevoir.

Sunday, October 18, 2009

Mike Patton - Crank : High voltage (Emi) 2009


Ne pas avouer à sa petite amie que l'on est un tueur de la mafia jusqu'au jour où l'on vous force le main en vous injectant un poison meurtrier pourrait être une intrigue suffisante pour faire tenir pendant une heure et demi n'importe quel film d'action. Mais Haute tension (Crank en VO) n'était pas n'importe quel film d'action. C'était le film d'action de la génération FHM atteint d'ADD (Attention Deficit Disorder)!

Mike Patton, l'homme dont le portrait figure à coté de la définition de l'A.D.D. musical était donc un choix naturel pour illustrer en musique la suite des aventures de Chev Chelios (joué par Jason Statham). Après avoir travaillé sur des films à plus (les voix des monstres dans Je suis une légende) ou moins (le court métrage A perfect place) gros budget, Patton se voit chargé d'un film dont la trame scenaristique rentre, théoriquement, en adéquation avec la musique qu'il crée au sein de Fantomas.

Similaire à "Suspended animation" dans ses trente places de courtes durées, chaque titre illustre l'un des mouvements haletants et variés du film. De ce fait, en tant que disque, et non en tant qu'accompagnement musica, Crank : High voltage ressemble à une collection d'instantanée musicaux, typique de la musique de Mike Patton croisant le fer avec différentes atmosphères. Certains des enseignements pop de Peeping Tom sont ainsi au rendez-vous tandis que l'approche versatile du compositeur est toujour aussi présente. Ainsi, en trois titre successifs, "Triad limo" se joue de quelques traces de musique traditionnelle chinoise, "The hammer drops" se pose sur un gros beat rap et Slayer appuie sur l'accélérateur sur "Shock & shootout".

On peut entendre aussi une petite référence à "The Director's cut" et la reprise de "Charade" sur le morceau "Chelios" mais cette comparaison est en la défaveur du disque présent. Là où le quatuor de Fantomas reprenait et se réappropriait des thèmes fameux de fort belle manière, Patton (compositeur et interprète de ce disque) dénué de son trio n'insuffle pas à chaque titre assez de vitalité pour faire ressortir suffisamment de titres du lot. Pris dans son ensemble, "Crank : High voltage" est un disque compétent et cohérent dans sa folie qui plaira aux fans du maître et peut être aussi du film. Mais, dénué des images, la musique souffre du format éparpillé alors que bon nombre d'idées pourraient donner de très bonnes chansons si elles avaient plus de places pour se développer. Un défaut due au format, et au contenu du film, qu'il ne faut pas voir comme un échec pour le compositeur mais comme une étape dans son développement.

Poison the Well - The tropical rot (Ferrret Records) 2009


En 2003, Poison the Well sortait "You come before you' où figurait en troisième place "For a bandaged iris". Le texte de Jeffrey Moreira était alors une lettre ouverte à un de ses héros, Morrissey. Une influene qui aurait pu surprendre à l'époque. Désormais, celle ci est assumée et assimilée dans les lignes vocales déshabillé de leur affiliation emo pour toucher aujourd'hui à un tout autre romantisme plus mature.

Toujours porté par une sensibilité blues sous jacente, intégré depuis "Versions", "the Tropical rot" rejoint aussi "You come before you" par le biais de ses accélérations punkisante. Autour de cette frappe énergique, l'agression n'est plus de mise dans les riffs aujourd'hui auréolés d'une sensibilité beaucoup plus rock tout en restant percutants.

Architecte de l'emocore, Poison the Well a ensuite supervisé les rénovations de son propre habitat et aménagé de nouvelles pièces pour laisser s'exprimer tout le champs de leurs influences. C'est donc un reflet globale de toute ces années d'expérimentations que l'on retrouve sur The Tropical rot avec, par dessus tout, la réalisation d'années de confrontation entre le punk, le hardcore et le rock.

Cave In les ont, en quelque sorte, précédés dans ce mouvement bien que le parcours de Poison the Well se soit fait sans révolution aussi radicale que celle qui accompagna la sortie de l'EP "Creative eclipses" (un EP de rock progressif) après "Until your heart stops" (comparé à Radiohead et Slayer par le magazine Kerrang! à sa sortie). L'aboutissement est cependant comparable car tout deux ont sus conserver leur identité depuis leurs débuts.

Sans être l'apothéose, ni même le nadir, de leur carrière, The Tropical rot est une collection de chansons satisfaisantes qui ne font pas démentir la qualité des albums précédents.

Thursday, October 15, 2009

Burnt by the Sun + Ted Maul + Earth Dies Screaming + Chapters au Fighting Cocks à London (Kingston) le 10/09/09


Rendez-vous au Fighting cocks dans la banlieue londonienne pour ce premier concert de Burnt by the Sun en Angleterre. Petite tournée européenne et puis s'en vont. Le groupe a déjà fait ses adieux aux Etats-Unis et viennent saluer la vielle Europe avant de remballer le tout. Qu'adviendra t'il des musiciens restant après ? Mystère encore, sauf en ce qui concerne Dave Witte, bien entendu, dont l'emploi du temps est toujours bien rempli avec Municipal Waste (et Birds of Prey de temps à autre).

La teneur de l'affiche est aussi un peu mystérieuse pour moi tandis que les groupes locaux s'enchainent avant Ted Maul et Burnt by the Sun. Une fois arrivé dans la petite salle derrière le bar je découvre le metalcore de Chapters. Des adolescents dans leurs tee shirt de groupe favoris répètent des riffs cent fois entendus mais se débrouillent assez bien tout de même. Le chanteur a un look et une attitude similaire à celle du chanteur de Bleeding Through. Le bassiste / chanteur porte un tee shirt Abigail Williams. Peut être finiront ils par intégrer du clavier dans leur musique mais je ne l'espère pas pour eux. En tout cas pour une entrée en matière c'est un début de soirée timide avant la tempête a venir.

Earth Dies Screaming prend ensuite place et propose une musique un peu plus approprié pour accompagner la tête d'affiche. Le guitariste, le bassiste et le batteur ont tous écoutés Psyopus et d'autres joyeuseté grind technique tandis que le chanteur crache des hurlements aigus et amuse la galerie. Seulement un quart d'heure de musique et beaucoup de démonstration dans une collection de chansons rapides et épileptiques. Un autre groupe comme il y en a cent autres mais avec suffisamment de conviction et de savoir faire pour promettre un avenir meilleur. A découvrir par curiosité.

Ensuite, vint un moment que j'attendais avec impatience : ma première expérience de Ted Maul en concert. J'espérais beaucoup de ce groupe après avoir entendu de très bons échos de leurs performances. L'album me plait aussi énormément avec son mélange de brutal death et d'electronique. Le clavier est très bien incorporé à la musique du groupe et apporte beaucoup. Dommage donc que ce dernier n'apparaisse pas et soit remplacés par un Mac posé sur le côté et qu'un guitariste manipule pour faire sortir les effets qui accompagnent leur musique. Faible dans le mix, tout comme la guitare du délégué au Mac, les multiples variations en ressortent etouffés et ne permettent donc pas d'apprécier les quelques nouvelles chansons joués ce soir là, étouffés et compressés par l'acoustique médiocre du bar. Ted Maul doit incontestablement briller sur une plus grande scène tant leur attitude et leur énergie ont de quoi inciter une réaction très positive devant un public plus metal. Celui-ci ne l'est pas tant que ça et la reception est donc mitigé, même quand des titres phares de leur disque ("Forest ... 'with this memory of a free festival") sont joués. A revoir.

Il est 22H passé et je pense alors au train qui doit me ramener à mon train. Mon hotel n'est pas a côté et j'aurais du chemin a faire pour me coucher avant de prendre mon train de retour le lendemain matin. J'espère aussi que Burnt by the Sun jouera "There will be blood", l'une de mes chansons favorite de l'excellent "Heart of darkness". 22H20, Burnt by the Sun commence a jouer et "There will be blood" sort des amplis. La soirée va bien se finir !

Pour cette tournée, le groupe n'est malheureusement pas au complet et c'est un membre de The End qui le remplace. L'homme a une voix identique, chante de la même manière, aux mêmes endroits, à la seconde près et rentre en contact avec le public. La centaine de britannique présent dans la salle n'a de tout de manière pas besoin de cela pour se rentrer dedans, le sourire aux lèvres, et célébrer ce premier passage de leurs héros sur le sol de la perfide Albion.

Ensuite, d'autres titres de Heart of darkness seront interprétés mais la part belle sera aussi donner au premier disque, "Soundtrack to the personal revolution". En premier lieu, "Dow Jones and the Temple of Doom", l'une de mes chansons favorites. L'extase et l'euphorie me gagne et je ne suis pas le seul. Le son est parfait et l'interprétation encore plus. Rien ne gachera cette soirée. Pas même l'acoustique du bar. Rien de rien. "Forlani", "Dracula with glasses", "Don Knotts" suivi de "Famke". La soirée passe trop vite et les titres s'enchainent tous terriblement bien. De quoi faire regretter aux indécis de ne pas être venu. De quoi me faire regretter, alors que j'écris ces lignes, que le groupe se sépare et que je n'ai plus aucune occasion de les revoir.

Le rappel se fera avec "Washingtown tube steak" et "You will move", le "single" du premier EP. La tension monte et au moment crucial tout le monde crie le titre de la chanson avant que le chaos n'explose. Une jeune femme trébuche mais se fait très vite ramassé tout en gardant le sourire. Signe d'une bonne soirée quand la fosse est mixte et que tout le monde s'amuse. Seul un jeune homme rentre un peu trop dans ses camarades, comme a un concert de hardcore (mauvaise soirée pour ça mais je le comprends, Burnt by the Sun est un groupe trop hétéroclite pour n'attirer qu'un type de public). Hormis ce détail, je n'ai rien a redire sur le public anglais, enthousiaste et sympathique. Une belle soirée de fête conclu en beauté avec un groupe génial qui sera resté fidèle a lui même et sera surement copié par des dizaines d'autres groupes. Ce concert témoigne de leur vitalité, à l'aube de leur disparition, et fait donc encore plus regretter cette conclusion. Reste a espérer que les talents de tout ses membres ne seront pas gâchés et s'exprimeront ailleurs très prochainement.


Monday, October 12, 2009

Ulver au Queen Elisabeth Hall à Londres (09/10/09)


Vous m'auriez dit l'année dernière que je verrais Ulver deux fois dans l'année, je ne vous aurez pas cru. Vous auriez pourtant eu raison et je me demande alors quel machine vous auriez pu utiliser pour obtenir cette information. L'idée d'une interprétation live de ces titres composés en studio devait alors germé dans l'esprit du groupe puisque la proposition de l'organisateur du festival littéraire de Lillehammern Stig Saeterbakken, où le groupe s'est produit après 15 ans d'absence des planches, remonte à cette époque. Quinze ans d'absence et aujourd'hui six concerts au compteur, le deuxième ayant eu lieu en République Tchèque dans le cadre du Brutal Assault tandis que les trois suivants s'étaient déroulés en Norvège. Cette date du 9 octobre 2009 marque donc le début de la carrière d'Ulver sur le sol britannique, terre beaucoup plus propice à la venue de fans de toute l'Europe. Ce seront donc plusieurs centaines de metalleux qui investiront ce soir le Queen Elisabeth Hall, salle de concert où se produiront Henry Rollins, Tortoise, un Concerto for Beatbox and Orchestra, le London Jazz festival ou Rashid Taha. Salle plutôt inhabituel pour ce type de public mais parfaite pour la musique de Ulver et de Mothlite, chargé d'ouvrir le bal.

La configuration de la salle est, tout d'abord, celle d'une salle de théâtre. Les sièges en cuir et la propreté immaculé sont des traits appréciables du lieu puisque toutes les conditions sont réunis pour passer une bonne soirée, d'autant plus que l'acoustique de la salle se révélera irréprochable pour les deux prestations. Pas de temps perdu non plus dans l'organisation. Le billet indique 20H et le concert débutera donc un tout petit peu après 20H. La salle se remplira donc encore pendant le set de Mothlite qui ne recevra pas un accueil très enthousiaste malgré toutes les qualités indéniables de leur musique. Intégralement composé par Daniel O'Sullivan (Aethenor, Guapo, Miasma and the Carousel of Headless Horses) et Antti Uusimaki (producteur de disques allant de Soft Cell au groupe de death metal progressif anglais Däm) et interprété sur scène par pas moins de sept musiciens : un chanteur (O'Sullivan) avec deux micros aux effets différents, une chanteuse, un guitariste, un batteur, un délégué aux machines (deux Mac Book et un sampler), un claviériste (avec trois clavier pour lui tout seul) et un clarinettiste jouant aussi des percussions.

L'orchestre ainsi réuni interprète les titres de "The flax of reverie" avec précision et charme doucement une bonne partie de l'auditoire avec un mélange de mélodies aux consonances new wave et de compositions riches. Le registre de O'Sullivan est impressionnant, d'autant plus quand on connait le nombre de corde que l'artiste a de dressé sur son arc et bien que sa présence scénique soit réservé, tout comme celle de ses compagnons, la musique dégage suffisamment de personnalité pour que toute l'attention se porte vers la scène. Le rendu sonore de Mothlite permet aussi de s'enthousiasmer du spectacle a venir et Garm vient même interpréter un couplet sous les applaudissements d'un public déjà heureux de voir venir un des héros de la soirée. Tout leur repertoire épuisé (le groupe n'en est qu'à son premier album de six chansons), le groupe prend congé et la scène peut être préparé pour Ulver.

Pendant que s'affiche à l'écran Ulver, avec en dessous Queen Elisabeth Hall, marquant ainsi le côté exceptionnel de l'événement, le personnel s'active pour installer le matériel. Pas de clavier pour Daniel O'Sullivan mais seulement une guitare (alors qu'en République Tchèque il assurait guitare, basse et clavier). Pas de batterie mais deux batteries ! Disposés en cercle avec une place centrale pour le micro de Garm, son ordinateur portable et de quoi assurer des percussions, la configuration est donc plus recherché que lors de leur concert en festival. Le groupe a donc amené en plus de ses instruments des tubes de lumière disposés autour de la scène, projetant ainsi des couleurs à travers l'obscurité et permettant aux musiciens de voir sans être vu. Nul donc besoin de fumer tout un paquet pour se calmer les nerfs. Les projections durant les morceaux seront aussi les même, tout comme la set list pratiquement identique a celle en République Tchèque. Tout serait donc parfait pour une redite du concert précèdent à l'exception que le lieu se prêt a une prestation beaucoup plus impressionnante.

L'acoustique, comme je le disais, est propice à l'interprétation et la diffusion d'une musique complexe et riche. Chose qu'il était difficile d'obtenir en extérieur et lors d'un festival. Les premières notes de "Little blue bird" sonnent donc avec deux fois plus de force et de conviction qu'en République Tchèque et il en sera de même pour les titres suivants comme durant "Rock massif" où la projection d'images mélangés de généraux Nazis et de l'holocauste décuplent la force de ce titre à la rythmique puissante enveloppé d'une lumière rouge perçante.

Ulver enchaine ensuite avec "For the love of God" et commence alors a user du talent des musiciens présent pour recomposer partialement ses titres. Les lignes de chant de Garm ne seront ici pas augmentés d'un effet d'écho (regrettable) mais différeront fréquemment de leur version studio. Manifestation volontaire de l'artiste de s'adapter à la structure plus allongé de ses morceaux que l'énergie et la richesse du jeu des batteurs des machines permet d'agrandir dans des versions où les mélodies se mélangent. Les titres en ressortiront donc semblable à leurs versions studios mais beaucoup plus adaptés à un rendu live et d'autant plus riche que les arrangements studio sont remplacés par d'autres ce qui ne fait perdre a aucun des titres de sa qualité.

Mieux encore, l'arrivée sur scène d'une invité, Pamélia Kurstin (collaboratrice de David Byrne, Foetus ou Sebastien Tellier) pour une interprétation de "Funebre" augmenté d'un solo magistrale. Cet instrument magique pour l'ignare que je suis devant le procédé permettant la production de tel sonorités réduira au silence le plus complet l'intégralité de la salle durant sa longue prestation. Accueilli avec de timides applaudissement, son retour vers la fin du concert (pour "Like music") sera accompagné de beaucoup plus d'enthousiaste de la part du public satisfait de profiter une seconde fois des talents de cette petite musicienne / magicienne.

"Silence teaches you how to sing", "Porn pieces and the scars of cold kisses", "Plates 16-17" et "In the red". Chaque titre se suis et ne se ressemble pas. Très dense, le jeu entre les musiciens oscille entre la coordination et l'improvisation ce qui donne aux titres une énergie différente mais provoque parfois des conclusions un peu maladroite seulement annoncé par quelque frappes de cymbales. Tout les musiciens ne sont pas encore totalement habitués à jouer ensemble et il est même très probable que les deux batteurs (When, dont les disques étaient en ventes au stand de merchandising et le batteur de Mothlite) n'ont pas eu beaucoup de temps pour répéter ensemble. La petite confusion qui peut donc régner par instant sur scène n'est toutefois que très légère et n'endommage en rien la performance. En revanche, il est permet de songer qu'avec plus d'expérience scénique, le groupe pourra briller encore plus que ce soir. De quoi en faire rêver plus d'un tant le niveau est déjà élevé.

"Hallways of always", délicieusement allongé, "Like music" et cette deuxième intervention de Pamélia Kurstin accompagné des notes de clavier de ce titre de "Shadows of the sun", puis "Not saved". L'enfant regarde de nouveau le public de ses yeux absent sur la toile de projection et le groupe s'efface enfin dans l'obscurité. Une sortie de scène assez anti-climatique qui en aura laissé perplexe plus d'un puisqu'après avoir débuté en trombe, les applaudissements s'arrêtent alors que la salle est encore plongé dans l'obscurité et que l'on peut s'attendre à ce que le groupe retourne sur scène. La lumière s'allume, les applaudissements reprennent et le groupe revient alors sur scène pour saluer son public satisfait et enthousiaste. L'atmosphère est bon enfant et Garm prend alors le micro pour annoncer qu'ils n'ont pas prévus de rappel.

Je songe alors à ce stand de merchandising qui avait pris d'assaut avant le concert et ma petite déception quand je me suis rendu compte que le temps que j'arrive à me frayer un chemin toutes les tailles et tee shirt et de sweat Blood Inside avait été acheté et qu'il ne restait que des tee shirt de taille S et XL pour le modèle qui commémorait ce concert au Queen Elisabeth Hall. Pas assez de merchandising, pas assez de chanson. Ulver ne sait pas encore bien géré ses prestations sur ce type d'évènement. Pour un sixième concert, on excusera facilement ce manque d'inexpérience qui est de toute manière largement comblé par une prestation sublime. Il reste cependant encore à Ulver beaucoup de marge pour s'améliorer, d'autant que le groupe ne semble pas vouloir s'arrêter en si bon chemin et a déjà deux concerts de prévus (en Grèce et en Hongrie). De quoi satisfaire les fans et les curieux.

Tuesday, October 06, 2009

Dj Krush + Sweetback à la Maroquinerie (05/10/09)

Tout comme il y a deux ans, au même endroit, le public parisien est venu remplir à ras bord la Maroquinerie pour applaudir Dj Krush, meilleur représentant japonais de la scène rap / trip hop locale. La salle n'est pas encore totalement rempli pendant Sweetback mais le trio contrebasse, batterie et saxophone (augmenté de quelques effets) venu d'Anger reçoit un accueil de plus en plus enthousiaste à mesure que la salle se remplit. Leur mélange de jazz et de funk groove et prend possession en douceur de l'espace sonore.

Les musiciens sont aguérris et intéragissent très bien ensemble mais mettent la technique de côté pour construire des morceaux à la fois dansant et suffisamment profond pour maintenir mon attention et celle du public. En trois quart d'heure les musiciens convertiront une bonne partie de leur public. Les autres, dont je fais parti, ne se plaindront pas pour autant de ce qui leur était offert. L'influence funk maintenu en place par un contrebassiste souriant et un batteur efficace mais au jeu retenu maintient le groove bien en place. Le saxophoniste reste par contre dans la mélodie et n'en profite pas pour jouer en solo bien que les effets utilisés lui procure un peu plus de profondeur et fasse de son instrument le point d'orgue des compositions.

Le public aura donc du mal a laisser partir Sweetback sans une bonne dose d'applaudissement mais accueillera avec encore plus d'enthousiasme le petit japonais venu d'abord tester son équipement. Début du concert un peu après 21H30. Le planning de l'entrée annonçait un couvre feu à 22H30, il sera prolongé à 23H15 après un rappel obtenu à la force du poignet. Mais, avant cela, Krush nous aura offert un set tout ce qu'il y a de plus mémorable, voir meilleur que celui d'il y a deux ans. Débuté doucement, le magicien japonais actuionne les sens de son public en douceur avec du pur trip hop dans la veine des débuts de Dj Shadow (quand il était encore bon) en agrémentant le jeu des samples avec de subtiles manipulations rythmiques et quelque scratch.

Sans tomber dans le déferlement technique, Krush joue avec son public et parsème ses interventions de petit moment de maitrise tout en actionnant subtilement à chaque instant ses instruments pour que la musique continue toujours de rouler et maintient l'attention de l'auditoire. Aucune pause mais des variations fréquentes. Le premier changement de ton majeur intervient avec l'introduction d'une boucle de flute dénué de beat sur laquelle le don de Krush pour manipuler un sample vont s'exprimer.

Tenu en haleine pendant toute la procédure, je suis resté fasciné, cherchant à saisir le résultat de chaque mouvement pour percer le secret de ses instruments. Plus qu'un tour de passe passe ou une illusion, un travail d'artisan du son unique. Après cette respiration, la suite se fera plus lourde et aussi plus technique. Le beat devient de plus en plus lourd. La première partie du set était basé sur un mix personnel, Krush passe maintenant sur ses propres titres pour satisfaire son public. "Final home (vocal mix)", un extrait de son album en compagnie du trompettiste Toshinori Kondo et l'enchainement désormais classique de "Organ donor" de Dj Shadow et "Kemuri", la chanson qui marqua les esprits sur le deuxième album mythique de Dj Krush, "Strictly turntablized".

Cette dernière chanson sera d'ailleurs accompagné d'un incident mineur puisqu'un fan enthousiaste montera sur scène pour tenter de se prendre en photo avec le maître. Ses ardeurs seront très vite repoussés et il redescendra sans encombre dans le public. En dehors de cela, ce sont les têtes et les mains qui s'expriment entre et pendant les chansons. L'intégralité de la Maroquinerie est converti et repartira avec le sourire mais pas avant un petit rappel. Krush revient donc après avoir conclu son set sur une explosion de breakbeat violent et jouissif pour deux titres de "Ja-ku", "Still island" et "Pretense".

De quoi satisfaire tout le monde après presque un heure quarante cinq de musique non stop. On en redemanderait presque par gourmandise. D'autant plus que si il persiste dans ce cycle, nous ne reverrons Krush qu'en 2011. Le temps pour lui de retourner en studio pour combler le video discographique qu'il a laissé depuis 2004 après l'excellent "Ja-ku". Pour autant, l'inquiétude n'est pas de mise avec des soirées comme celle-ci. Dj Krush reste le maître incontesté du trip hop internationale.

Sunday, October 04, 2009

Ted Maul - White label (Game Records) 2008


The League of Gentleman ou les Monthy Pythons ont en communs d'être des séries anglaises absurdes et hors normes capable de parler du pire et du meilleur avec un regard toujours complètement décalé. Ted Maul, groupe de death metal anglais dont le nom provient de The Day Today, une émission satirique anglaise (The Colbert Report avant l'heure si j'en crois la description de la page wikipedia), a une attitude similaire vis à vis de leur genre attitré. Leur objectif premier était de produire du death metal sur lequel on pourrait danser. Absurde pour un genre dont le but était de produire le son le plus intense et le plus terrifiant possible mais finalement pas si étonnant que ça en l'état actuel de choses. Tout se croise, se marie avec plus ou moins de bonheur donc pourquoi ne pas croiser le death metal et la drum and bass pour atteindre l'orgasme. Merci mille fois, c'est donc aujourd'hui chose faite.

Foncièrement death metal avant d'être electronique, les rythmes et les nappes de clavier ne font toutefois pas de la figuration et apparaissent au premier plan dès le début de "Forest ... with this memory of a free festival". Le titre indique déjà que l'on ne va pas parler de zombie, de cannibales ou de rituels mais de préoccupations plus terre à terre ancrés dans les expériences personnels du groupe. Ted Maul invite son public a faire la fête au son d'une musique gonflé de rage et d'énergie sans perdre de vue la folie qui gorge le groupe d'un fluide bien différent du reste de ses contemporains.

La rencontre des deux univers musicaux se fait donc sous la forme d'un accompagnement rythmique échappant ainsi à la brutalité mécanique moderne en effectuant une déviation vers des vibrations et des explosions futuristes. Ted maul a regardé dans le futur et vu, non pas une armée de robot, mais des hommes augmentés de parties mécaniques qui emploient la technologie à leurs fins. White label est le résultat de cette vision, futuriste et moderne, violente et presque festive mais jamais conceptuel et obscure.

"Entre Roni Size et Devourement". Je ne pense pas que ce sticker fera vendre beaucoup d'exmplaires de White label aux fans des deux artistes. Ted Maul est un groupe d'iconoclaste bien trop frappé pour plaire à un large public mais c'est aussi pour cela qu'ils sortent du lot et ont une chance de se faire remarquer. Je prie donc que ce paradoxe vous incitera a porter une oreille vers leur musique. Pour cause, Game Records est un label crée par le groupe pour distribuer leur musique après que toutes les offres aient été épuisés. Encore un groupe destiné a devenir culte après leur séparation ? Ils tournent encore aujourd'hui donc peut être y-t-il un espoir pour que ces six timbrés ne se rendent pas compte que tout est peut être perdu et continuent vaillent que vaillent. La suite sera sans aucun doute tout aussi intéressante.

Tuesday, September 22, 2009

Despised Icon - Day of mourning (Century Media) 2009


C'est en regardant Suffocation au Brutal Assautl, en République Tchèque, que je me suis rendu compte a quel point Despised Icon découle totalement des pionniers du mélange entre le death metal et les mosh part. La technique, l'alternance des blasts et des ralentissements ravageurs, la puissance de feu en concert, tout ces attributs propre à Suffocation se retrouvent dans Despised Icon et de ce point de vue, les ainés ont encore beaucoup a apprendre aux cadets.

Les canadiens n'en sont pourtant pas à leur premier essai dans la scène deathcore et ne menace pas de disparaïtre quand les stocks de gel coiffant arrêteront d'être dévalisés ou que New Era mettra la clé sous la porte. Toujours fortement endetté au près de Suffocation, le duo de chanteur et les enchainement de blast, mosh part et beat down continuent de donner du fil à retordre au New Yorkais. "In the arms of perdition" était le cri de guerre lancé envers les ateliers de montage à la chaine de groupes identiques. La confirmation d'un groupe talentueux pour ce qui était de déclencher une nuée de pieds jetés et moulinet dans des fosses de fans de death metal, vieux briscards et jeunes pouces confondus.

"Day of mourning" ne changera donc rien à la côte du groupe à l'exception près que les fans les plus enthousiaste seront un peu déçu d'apprendre que le groupe n'a pas considérablement évolué. Plus rapide par moment et plus lent par d'autre, Day of mourning a tout du disque fait pour ne décevoir personne. Comme annoncé lors de leurs derniers passages en France, le groupe a inclu deux chansons en français mais cela ne change strictement rien à leur manière de poser donc ne vous attendez pas à mieux comprendre les paroles. En revanche, l'écriture est d'aussi bonne facture que sur leurs chansons en anglais et prouve donc leur intérêt pour la France et la francophonie pour laquelle ils montraient tant enthousiasmes à leur passage au Batofar.

Seul "Sleepless" appuie un peu plus dans un sens postcore pour un dernier titre plus atmosphérique et lourd. Un changement de tempo bien venu bien que le reste du disque soit savamment composé pour que l'ennuie ne se fasse pas sentir. Direct et efficace, Day of mourning ne se cherche pas et n'expérimente pas plus loin que dans la rencontre du death metal et du hardcore qui est ici aboutis. Dommage que le groupe ne cherche pas encore à appuyer leur influence rap (visible dans leur habillement mais aussi dans leurs projets musicaux puisque Alex Erian formaient avec l'ancien chanteur de Ion Dissonance un groupe de rap dans la veine Jedi Mind Tricks / Necro, The Crimson Syndicate, sous le pseudo de Alex Icon) qui ne dépareillerait pas sur leurs rythmiques et leur attitude. Au delà des regrets sur ce qui aurait pu, les faits sont là. Day of mourning assoie et écrase pour affirmer la suprématie d'un des seuls groupe de deathcore qui mérite qu'on le soutienne et qu'on l'applaudisse.


Tuesday, September 15, 2009

Gnaw Their Tongues - Die mutter wählt das todtenkeidchen (Universal consciousness) 2009


Au Pays Bas il se passe des choses bien étranges. Des choses dont j'aimerais tout savoir. Dont j'aimerais ne rien connaître. Gnaw Their Tongues est l'essence de ce sentiment. La petite pulsation qui nous force a regarder une vidéo passé par un pôte alors que l'on sait très bien que l'on aura du mal a s'en remettre. Dans une moindre mesure, c'est aussi la curiosité malsaine avec laquelle on s'invite a se mettre devant une image en attendant que la chose surprenante apparaisse, pour se laisser prendre encore une fois à ce jeu débile, alors que l'on sait parfaitement ce qui va se passer quand le gamin bizarre va apparaitre à l'écran.

La curiosité morbide existait bien avant internet mais la passion de la nouveauté l'exacerbait, l'a démocratisé. C'est peut être pour cela que Gnaw Their Tongues rencontre autant de "succès" alors que sa musique racle les profondeurs pour en ressortir les plus stridentes et affolantes des compositions. Associé au black metal pour faire plus simple pour tout le monde, Die mutter wählt das todtenkeidchen est pourtant beaucoup plus noise An epiphanic vomiting of blood.

Moins de sample de voix. Beaucoup plus de grondement metallique. Gnaw Their Tongues se fait des amis chez Wolf Eyes et nage dans le même marais que "Human animal" si tant est que celui-ci serait gonflé de nappes de cordes perdus sous la distorsion.

Réédité en 2009 après son édition limité en 2007, Die mutter wählt das todtenkeidchen réussit a être plus difficile d'accès, plus abrasif. Rien ne rattache plus le son au metal, aussi black soit il, ce qui rend l'exploration encore plus impraticable. Un peu comme si l'on avait retiré de vos mains la carte de la cave dont vous avez toujours eu peur pendant toute votre enfance et que l'on éteignait la lumière. Extrême et toujours très travaillé, la grande différence avec Wolf Eyes est toutefois que les compositions se veulent très ordonnés autour d'une atmosphère ou d'une mélodie sous jacente. L'accroche subsiste donc comme la petite lumière que l'on continue de chercher des yeux pour ne pas perdre espoir mais vers quoi va t'elle donc amener. Heureusement, seulement vers la fin du disque. En contre partie, le voyage sera douloureux, comme il se doit. Parce qu'il faut être honnête, si vous êtes là, c'est bien pour ça, non ?

Saturday, September 12, 2009

The Mount Fuji Doomjazz Corporation - Succubus (Ad Noiseam) 2009


Deuxième face de The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble. Deux albums de ce projet. Deuxième disque de ces musiciens pour l'année 2009 (le second LP de The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble est aussi prévu pour la fin de l'année). Musicalement semblable à TKDJE, The Mount Fuji Doomjazz Corporation s'oriente dans une veine drone jazzy encore plus lourd que Bohren und der Club of Gore pour accompagner le film Succubus de Jesus Franco.

Sorti en 1969 sous le nom de Necronomicon - Geträumte sünden, le réalisateur espagnol ne s'éloigne pas de la trame erotico / horrifique de ses quelque autre 200 films (le dernier date de 2008). Lui même musicien et passionné de jazz, il est probable que l'atmosphère sonore crée par TMFDJC lui plairait bien que tout en utilisant des instruments propre au jazz, la musique du groupe n'en soit pas totalement.

A l'instar de Bohren, l'univers musical est vaporeux, lourd et enivrant. Contrairement au projet principal, la voix prend a un second rôle dans l'interprétation puisque la musique est ici improvisé en live en s'inspirant du film. Les soixante-dix minutes de "Succubus" colle donc parfaitement à l'érotisme sombre de Franco. On se sent prisonnier tout en succombant à la grâce des compositions tout en plongeant de plus en plus dans la mélancolie. Le titre du disque prend donc parfaitement forme dans ce drone lourd animé par les mouvements du trombone et de la batterie. Le découpage du disque en treize plages apparait alors presque arbitraire tant le ton est constant du début à la fin. "Succubus" est un album dans lequel on se glisse sans pouvoir s'en échapper tant que le délicieux châtiment qui nous est réservé n'a pas pris fin.

Beaucoup moins électronique, bien que des vagues de sons vibrent sous les instruments, le son de TMFDJC est organique et brille par la richesse des compositions improvisés pour couvrir les images du film. Une réédition de celui-ci serait d'ailleurs bien agréable tant l'on a envie de découvrir les images que cache cette musique. Le nom que le groupe s'est donné est donc totalement justifié. L'analogie avec la mythique montagne japonaise se retrouve dans l'épaisseur et la densité du son, tandis que le qualificatif de doomjazz résume parfaitement le mélange des genres qu'ils effectuent à merveille. Tout comme la créature mythique du titre, Succubus est un album qui demande beaucoup de son auditoire mais dont on retire un plaisir certain.

Friday, September 11, 2009

Coalesce - Ox (Relapse) 2009


Coalesce revient après avoir laissé s'écouler dix années entre "0:12 Revolution is just listenning" et "Ox" pour se satisfaire ainsi que leurs fans et faire découvrir à toute une nouvelle génération qui est le Roi dans le royaume du hardcore chaotique. Cette génération j'en fais parti. Coalesce est un nom que l'on m'a répété pendant des années sans qu'il me viennes à l'esprit de me poser dessus. La sortie d'Ox a rectifier le tir et j'en profite donc pour me faire leur prophète auprès de ceux qui auraient encore besoin d'être convaincu.

Ox est d'ors et déjà un de mes albums préférés de cette année. Direct et d'une densité et d'une complexité imparable, l'attente d'un groupe à la hauteur de la réputation que l'on m'en a faite est largement récompensé dès le premier titre et encore plus sur le second. Et ainsi de suite pendant 14 plages. Tout de noir vêtu, Ox déborde de couleurs et de dimensions une fois le livret ouvert, tout à l'image de la musique du groupe. Sombre et rageuse de loin mais surtout vivante et colorés une fois que l'on reste attentif à l'interaction entre les musiciens. La section rythmique de Nathan Ellis (basse) et Nathan Richardson est particulièrement impressionnante par son énergie et sa capacité à réinventer un groove tout au long de chaque chansons.

Un groove que Sean Ingram couvre de sa voix rauque et rocailleuse, tel un Neil Fallon (Clutch) hardcore. L'attaque sonique est constante de tout les cotés sans que la concentration de ces croisant incessant aille au détriment des chansons. Elles sont d'ailleurs toutes parfaitement identifiables et unique en leur genre. Une véritable leçon de musique et de rock qui ne perd jamais de vue l'écriture au détriment des explosions qui ont tant inspirés les groupes du genre.

La variété des chansons me font donc m'interroger sur la validité du genre. Qu'est ce que Coalesce a à voir avec le hardcore des années 2000. Il y a l'énergie, bien sûr, mais la musique en elle même va bien au delà et s'approprie tant de choses que j'y vois plus un groupe de metal (dans le sens large du terme) gorgé de culture noir américaine allant du jazz au blues en conservant les racines de ces genres bien apparent. Un groupe résolument actuel tourné vers le futur. A moins, bien sûr, que mes lacunes dans leur discographie ne m'aveugle et que le groupe ne continue de faire que ce qu'il a toujours fait : Être soi-même sans se préoccuper du reste.


Thursday, September 10, 2009

Venetian Snares - Horsey noises (Planet Mu) 2009


Toujours déterminé a échapper à tout ceux qui voudraient le suivre, Aaron Funke continue de suivre sa propre route et aboutis aujourd'hui dans le petit monde de la pop. Par pop je veux dire "refrain chanté" et "petite mémorable". Si Mike Patton a eu son Peeping Tom alors Horsey noises peut être vu comme la passade accessible, et un poil parodique, de Venetian Snares.

Le canadien n'a donc pas perdu de son amour de l'absurde et il en profite donc sur ce EP pour emprunter à cet univers musicale son costume pour le tailler à sa mesure. Le refrain chanté de la chanson titre proclame donc à une "fille sexy" que le dit chanteur "aimerait lui faire faire des des bruits de cheval". Plus loin, sur "Pig dync", ce sont des grognements de cochons qui sont samplés et transformés en rythmique breakcore. Enfin, sur "Horsey noisers", un dernier sample d'un homme non identifié nous annonce qu'il "nous a dessiné un girafe en train de baiser un éléphant", tout en attirant notre attention sur "cette moustache" qui ressemble à la sienne. On a donc atteint le niveau d'absurde du "C'est une machine pour faire des vaches" qui figurait dans "Vache" sur l'album "Cavalcade of glee ...".

Après "Filth", Venetian Snares devient encore plus technoïde tout en restant éclectique. Il explore des sonorités moins aventureuse, par rapport au reste de sa discographie, tout en allant là où il n'était encore jamais allé. Tel est le paradoxe de l'artiste toujours en avance sur son temps, il n'explore donc pas ce que son époque produit et regarde toujours pour lui. Et bien Venetian Snares est venu, il a vu et il a vaincu. Toujours prêt a remettre en question ce que l'on attends de lui, ce 4 titres fait parfaitement suite à la thématique sexuel de "Filth" tout en parodiant ses même pulsions. Une approche donc totalement inverse à l'érotisme électrique de "Nymphomatriarch", enregistré avec Hecate aux machines et au lit.

Reste en suspend la question de la voix que l'on entend sur ce premier titre. Est ce celle de Funke ? Serait ce donc ainsi sa première apparition vocale sur un de ses disques ? Ce petit détail, anecdotique pour les touristes mais essentiels pour les passionnés marquera peut être un tournant pour la suite de ses aventures musicales. La possibilité d'une expérimentation vocale plus importante n'est pas a exclure mais rien non plus n'est à exclure avec Venetian Snares. La réponse à cette question, l'année prochaine.

Wednesday, September 09, 2009

Hiroshima Will Burn - To the weight of all things (Lacerated Enemy) 2009


Être ou ne pas être The Faceless, tel est la question ? La réponse d'Hiroshima will Burn se trouve nettement au milieu et permet donc au groupe d'éviter le bac à solde de peu. En combinant le tapping et les beat down du premier The Faceless a des riffs un peu plus groovy à la Burnt by the Sun, "To the weight of all things" gravit progressivement les marches qui le sépare des groupes de troisième zone pour arriver à la deuxième, celle des groupes prometteurs qui manque encore d'originalité. Le titre d'ouverture, "Methodical disfigurement", fait pourtant figure de patchwork mal dégrossis et ne promet rien de bien. C'est donc avec surprise qu'un groupe compétent apparait dès le deuxième titre et s'affirme suffisamment pour inciter quelque mouvement de la tête de temps à autre. L'influence jazz dont parle la biographie du groupe n'est par contre pas du tout visible puisqu'en lieu de cela on trouve du tapping intempestif et mal intégré. L'album file de toute façon a tout allure et ne laisse pas le temps de se souvenir de grand chose. Il faudrait donc demander au groupe de ralentir un peu la cadence pour que leurs chansons prennent un peu de relief et s'éloignent des clichés deathcore où leur musique menace de s'enterrer. Potentiel, potentiel. Hiroshima Will Burn suivra peut être la route de The Faceless tout en s'éloignant et nous offrira peut être un second disque surprenant. Il y a tout de même de quoi avoir un peu d'espoir.

Monday, August 24, 2009

Le Bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-Woon


Récession, crise économique, chute de l'industrie du disque et grosse inquiétude du coté du cinéma. La crise frappe partout et la corée n'est pas épargnée. Le contexte de sortie du Bon, de la Brute et du Cinglé était donc le suivant : un gros succès au box office pour montrer aux investisseurs que le cinéma coréen avait encore de beaux jours devant lui. L'histoire ne dit par contre pas quel impact le film eu sur le climat cinématographique coréen mais on ne peut qu'espérer que l'argent investit aura plu au public car il n'aura pas été floué en effets visuels.

Servis par un casting qui regroupe deux des grandes stars du cinéma local, Lee Byung-Hun (A Bittersweet life, 3 extrêmes [dans le segment de Park Chan-Wook]) et Song Kang-Ho (The Host, Memories of Murder, Lady Vengeance, Sympathy for Mr Vengeance, The Foul King ...) dont l'interprétation respectivement de The Bad et de The Weird est idéal pour un western coréen qui se veut à la fois un hommage et une ré actualisation du western de Sergio Leone.

Le scénario est donc très simple : une carte donnant les indications pour un mystérieux trésor est convoité par un nombre croissant de personnes et au milieu de tout cela se retrouve trois hommes qui en viennent a trouver leur compte dans cette chasse. A partir de là, les scènes d'actions s'enchainent très rapidement durant plus de deux heures et s'alternent avec des scènes d'expositions où les personnages montrent leurs intentions et font avancer tranquillement le scénario. Le Bon, la Brute et le Cinglé accomplit donc tout ce que l'on demande à un divertissement grand public et se paye ainsi le luxe d'avoir de très bons acteurs et un réalisateurs inventifs et dynamique dont les capacités derrières les caméras sont tout aussi impressionnante, quelque soit le style de film qu'il fait (film noir, comédie, épouvante, drame et aujourd'hui western / film d'action).

Il reste tout de même a souligner qu'il ne s'agit ici que de western coréen et qu'il n'est donc pas question de respecter l'atmosphère du genre. Certes, il y a bien un duel, des hommes qui s'affrontent pour l'honneur et un décors approprié mais je rapprocherais tout de même plus The Good ... de Mon nom est personne que de l'original parodié. Une scène fameuse où The Bad tire sur le chapeau de The Weird pour l'empêcher de partir fait cependant écho à ce classique mais elle figure toutefois aussi dans l'autre western susnommé. En dehors de cela, les scènes d'actions sont riches en cascade et en effet visuel. Les courses poursuites se font avec des motos équipés de side-car et la panoplie d'armes a feu dépasse ce que l'on pouvait trouver dans l'ouest sauvage rugueux et aride. L'armée chinoise vient d'ailleurs se mêler à l'action vers la fin et apporte de grands cannons qui n'auraient pas fait tâche sur de grands vaisseaux. A se demander comment ont ils fait pour amener tout cela dans le désert. Bref, le résultat est outrancier mais qui s'intéresse à la cohérence historique quand tout explose si bien à l'écran.

Il est donc très facile de comprendre pourquoi les espoirs d'une profession reposaient sur ce concentré d'intelligence et de folie à la sauce coréenne mis au service du cinéma a grand spectacle. Kim Jee-Won prouve encore une fois que ses capacités sont celles d'un grand réalisateur, habile dans tout les genres, et autant capable d'émouvoir et de terrifier que d'émerveiller et de provoquer de bonnes doses d'adrénaline. Les fans comme moi resteront peut être sur leur faim après le chef d'oeuvre du film noir qu'était A bittersweet life mais les profits générés par ce très bon divertissement lui permettront surement de financier des productions plus personnels. Le Bon, la Brute et le Cinglé est un western coréen qui offre tout ce qu'il promet et bien plus encore.

Crows Zero de Takeshi Miike


Le reste du monde tente de rattraper la production de Takeshi Miike mais celle ci est beaucoup trop dense pour que les éditeurs et les traducteurs contentent les fans impatients. Ceux-ci d'ailleurs semblent être en nombre croissant puisque Crows Zero (réalisé en 2007) bénéficie aussi d'une sortie en kiosque, traitement habituellement réservés aux nanards du samedi soir.

Crows Zero n'est effectivement pas un film hautement intellectuel. Il voit s'opposer deux leaders de gangs d'adolescents, des furyos (des loubards au grand cœur) qui ont tous de très bonne intentions mais ne savent pas forcement bien se débrouiller dès que l'on sort de la castagne. Le but ultime de leur affrontement est d'ailleurs plus qu'étrange puisqu'il s'agit du contrôle de leur lycée. Or, ce rêve n'en est justement qu'un puisqu'il ne permet rien d'autre que de se retrouver ensemble et d'affronter d'autres élèves pour prouver qui est le plus fort "aux autres".

Crows Zero n'est donc pas une production très personnelle pour ce réalisateur japonais qui aura habitué ses spectateurs à des scénarios complexes aux retournements inattendus (qui pourrait oublier la fin de Dead or Alive 1, The Audition ou Gozu ?). Crows Zero est un film de combat tout ce qu'il y a de plus banale pour un public adolescent si ce n'est que la réalisation y est de qualité et que les combats sont à la fois stylisés et réaliste.

Contrairement a Matrix ou une production coréenne ultra léché comme Volcano High, les personnages souffrent, se roulent dans la boue, saignent amplement et affrontent de véritables risques qui vont bien plus loin qu'un combat de gangs. Miike aborde ainsi aussi l'adolescence et la transition vers l'âge adulte pour des jeunes dont le seul objectif est de se battre et de rester entre amis. L'intrigue emprunte finalement tout les clichés du genre (petite amie enlevé, problème avec de dangereux mafieux, ami à l'hopital) mais sait rester rafraichissant.

Crows Zero est donc un bon moment de détente où l'on partage pendant deux heures la vie de furyos, tous plus attachant les uns que les autres (il n'y a finalement pas de "méchant" dans ce film) que l'on veut voir réussir. Le succès du film a d'ailleurs permis à Miike de réaliser une suite puisque la dernière image du film peut être pris pour un cliffangher sans que cela gène la cohésion de l'histoire traité dans ce numéro 0.

Wednesday, August 19, 2009

Bashung - Vertige de la vie de Pierre Mikaïloff (éditions Alphée - Jean-Paul Bertrand )


Sous une couverture de biographie vendu en super marché, Pierre Mikaïloff (écrivain, musicien, journaliste, biographe de Françoise Hardy et de Bertrand Cantat) rend hommage à l'une de ses obsessions artistiques : Alain Bashung. Suivant comme un fil d'Ariane la discographie de l'artiste, Mikaïloff retrace le parcours de l'artiste, de son enfance jusqu'à son décès. Chaque titres, chaque collaboration, chaque moment de doute est passé en revu grâce a des extraits d'entretiens avec Bashung tiré de magazines aussi variés que Libération, le Nouvel observateur, les Inrockuptibles ou Best ou d'autres ouvrages sur l'artiste (dont Alain-Baschung de Jean-Jacques Jelot Blanc ou Bashung de Philippe Barbot). La vie privée est donc laissé de côté tant qu'elle ne rentre pas en ligne de compte avec la création artistique. L'auteur évite donc de faire dans le racolage à la Voici pour ne parler que de musique (contrairement à ce que la couverture peut laisser penser).

Justement, l'univers musical dépeint est celui de la variété française. Dick Rivers y est par exemple interviewé concernant l'album qu'Alain Bashung à écrit avec lui (Rocking along... the River's country side entre 1972 et 1973) et le qualifie de "compositeur avant gardiste". Plus loin on entend parler de parole de chansons "adaptés" pour des artistes français comme le "Hey Joe" de Hendrix francisé pour Halliday et là on sait que l'on est pas sur la même planète. Pourtant, l'itinéraire de Bashung prend une telle ampleur que ce n'est pas simplement la vie de la chanson française dont on parle mais aussi celle de la France. Il s'associe à des causes politiques (la chanson "Touche pas à mon pote" écrite avec Boris Bergman, l'écrivain de nombreux textes des débuts comme le hit envahissant "Gaby, oh Gaby" pour S.OS. Racisme), fait du cinéma (Rien que des mensonges en 1991, Ma soeur chinoise en 1993, La confusion des genres en 2000 ...) et compose même un disque avec Serge Gainsbourg (Play blessures en 1982).

Bashung traverse donc le siècle et évolue. Chanteur, guitariste mais surtout metteur en scène sachant s'entourer pour toujours se renouveler. Son parcours musicale en lui même est passionnant puisqu'il le voit partir de racines rock and roll (sa fascination pour Buddy Holly) pour aboutir ensuite à des rencontres studios avec des musiciens de Roxy Music, Wire et même Front 242 (qualifié dans le livre d'electro, seul "erreur" que j'ai noté). Le parcours de Bashung n'est donc pas simplement celui d'un artiste de variété mais bien d'un artiste complet prompt à l'expérimentation et à la remise en question. Certes, pas aussi rock à mes yeux que le prône tout les intervenants interrogés dans cet ouvrage , l'artiste a toutefois beaucoup à dire et fascine aisément par son originalité vivante perdus dans un genre musicale qui se jette une nouvelle pelleté de terre de plus sur la tête chaque année.

Grand patchwork journalistique, Mikaïloff ne manque pas de faire entendre sa voix en donnant son avis de fan et sa perception de l'évolution de l'homme et de son art. Il se fait globalement petit et n'intervient que par bribe. Discret dans la première partie du livre, il se fait surtout entendre, au début de la deuxième, à propos d'un extrait d'article sur Bashung en tournée où il tente de nous faire croire que des musiciens rock and roll on a arrêté d'en faire après le grand Alain. Bref ... En dehors de ça, l'ouvrage n'est pas trop emprunt de nostalgie et laisse surtout parler l'artiste pour qu'il y parle de son travail et de lui même. Milkaïloff évite donc de prêt le syndrome Inrockuptible du "c'était mieux avant ..." et on l'en remercie.

Les critiques sont bien par conséquent souvent occultés pour laisser place aux réflexions du compositeurs et ses proches. Tant est si bien que seul le dernier album, Bleu pétrole", sera vraiment critiqué par le biographe qui adjoint sa chronique du dit album, paru à l'époque. L'ouvrage ne pue pas pour autant le cirage et se laisse lire avec facilité tout en apportant de nombreux détails qui éclairent la vie de l'artiste et les mécanismes de sa création. De quoi satisfaire autant les curieux que les passionnés.

Tout au long de ce livre reviendra une référence qui n'aura pris sens que vers la fin de ma lecture. Bashung évoque Orson Welles. Son admiration pour le cinéaste qui a rendu compréhensible Shakespeare, auteur dont on lui vantait les mérites en classe mais aussi la hardiesse. D'abord introduit en cours de route, ce souvenir revient fréquemment vers la fin sans qu'il soit explicité plus que ça. Le parallèle est pourtant évident. Bashung, en tant que chanteur de chansons française et musicien à mi chemin entre le classicisme rock et l'expérimentation est, a sa manière, un Orson Welles de la chanson française. Il a ainsi su se faire une place au soleil au milieu de chanteurs qui ont toujours préférés la facilité et la simplicité. Si il y a donc une chose à retenir pour le néophyte que je suis, c'est bien cette vivacité artistique et cette originalité pour laquelle Bashung a lutté pendant toute sa carrière. Un ouvrage qu'il me semble bon de mettre entre les mains de tout ceux qui font suivre le nom de ce grand nom de la chanson française par un point d'interrogation.