Sunday, March 30, 2008

Aethenor - Deep in the ocean sunk the lamp of light


J'ai recemment lu une citaton d'un artiste appelé Ashley Wood. En l'espace de quelque phrase bien sentis il y résumait son aversion envers l'art conceptuel et expliquant que si une image avait besoin d'un livre pour être apprecié alors ce n'était pas une image qui avait de l'intérêt. Une image fantastique et une image qui ne s'explique pas, elle s'apprécie par elle même. C'est a peu près le sentiment que je ressent par rapport à des albums conceptuels tourné vers l'expérimentation sonore mais qui perde leur temps a frotter des bouts de metal les uns contre les autres. C'est bien marrant de créer de la resonnance et de secouer des bouts de ficelles mais si le morçeau ne provoque rien, aucune émotion, pas même une image mentale, alors ça ne vaut pas le temps que je passerais a l'écouter.

Aethenor est un nouveau projet de Stephen O'Malley (SunnO)))), Khanate ...). Accompagné de membre de Guapo et de Shora il a composé un disque de musique ambiante d'une demi heure, le tout écrit en une seule soirée d'expérimentation commune. Chansons composés, enregistrés, sorti sous un nom et un titre de disque approprié et chroniqué aujourd'hui par mes soins après une écoute qui m'a laissé impressionné par la qualité de cette collaboration au fruit si spontanée. Il faut vraiment avoir une attitude et un ressenti particulier pour engendrer quatre titre comme ceux ci avec des musiciens d'horizons aussi variés. Pour ce que je connais de la discographie des trois membres de ce groupe, aucun ne produit une musique identique a celle ci. On pourra toujours dire que O'Malley aime les sonorités lourde et les ambiances sombre et que ce disque ne déroge pas à la régle, et on n'aurait pas tort, mais Aethenor propose une musique qui n'est pas la somme de ces membres mais tout autre chose.

D'un point de vue conceptuel, le titre du disque explique très bien l'atmosphère. Plongé au fond de lot, perdu dans une combinaison de scaphandrier, les quatre plage de ce disque sont un condensé de ce que pourrait entendre un homme perdu au fond de lot dans un costume fait de toile et de métal. Fort en image, les assemblages de sample de cris perdu au fond de la pièce, de métal que l'on frotte et que l'on entrechoque, de grésillements et vrombissement sombre doivent paraitre horriblement pompeux et prétentieux sur le papier mais se rencontre pour former un décor dense et en mouvement .

Deux plages de plus de dix minutes, comme il se doit pour un album expérimental, et deux autre d'un peu moins de cinq minutes, tout aussi efficace en terme d'ambiance et de créativité. Contrairement à SunnO))) où la répétition des riffs crée une masse de son hypnotique, les sons crée par les trois musiciens privilégie le mouvement et l'interaction constante a tel point que l'esprit ne peut se laisser aller a d'autre rêveries pendant ce disque et que l'on est constamment attiré par le développement du morceau. Autant les sonorités crée ne sortent pas toute d'instrument traditionnel, il s'agit bien d'un travail de composition et non d'expérimentation a tout va qui fait la magie de ce disque. Les plages ne sont pas des chansons mais elles ont un début et une fin, ouvrant tour a tour la porte pour la plage suivante jusqu'à ce qu'au bout d'un peu plus de demi heure l'auditeur se repose et ait envie de refaire le tour du propriétaire. Et alors que se conclut "Deep in the ocean, sunk the lamp of light", les derniers fredonnement aigus évoquent le chant de sirènes, perdues dans l'obscurité, dont les voix aussi attirante que repoussante exprime le sentiment d'attirance mélangé a la crainte que l'on ressent en parcourant ce disque. Un album qui ne mérite pas d'être décrit pour être compris mais d'être écouté.

Wednesday, March 26, 2008

Nine Inch Nails - Ghost I-IV


Ghost est un album charnière qui fera date dans l'histoire de la musique par la bravoure de son compositeur principal pour s'être totalement affranchi de toute contrainte et avoir composé en ne suivant aucun format. La musique qui en résulte n'est pas pour autant révolutionnaire et exceptionnel quand on la place a coté des monuments crée par Trent Reznor. Ghost est toutefois une œuvre a part qui mérite que l'on s'y attarde car tout dans sa conception musicale et dans sa promotion est lié. Composé à l'origine dans le seul but de collaborer avec quelques musiciens, dont le plus présent sur toutes les chansons est le producteur Atticus Ross (Error, Tapeworm, Korn ...), il en a résulté de ces sessions trente six chansons que leurs auteurs ont jugés assez bonnes pour être écoutés par le public et qui se retrouvent donc sur ce double album en quatre parties. Intégralement instrumentales, il est clair que ces deux disque ne serait jamais sortis avec la bénédiction du label sur lequel était précédemment signé Nine Inch Nails. On vend difficilement un double album. Un double album instrumental avec aucun nom de chansons encore moins. Et pourtant, au bout de deux jours de publicité, le serveur du site croula sous les téléchargements et les transactions. Mieux encore, l'édition limité ultra deluxe à 2500 exemplaires vendus a 300 dollar était sold out au bout de moins de deux jours. Profit total : plus d'1,7 millions de dollar.

Ghost est un pavé a plus d'un titre. C'est un pavé monumental dans la marre de l'industrie musicale, plus encore que le dernier album de Radiohead ou que le précédent essai de Reznor avec Saul Williams, désastreux, économiquement parlant, mais c'est aussi un pavé musical très dense. Ghost, contrairement a ce que l'on pourrait penser en voyant l'univers visuel, n'est pas un album concept mais une collection de chansons individuel. La séparation entre les quatre parties n'est pas vraiment sensible à l'écoute et on passe d'une ambiance a une autre de chanson en chanson. La patte de Trent Reznor est aisément reconnaissable dans les beats, les notes de piano ou dans les riffs de guitare, electriques et discordant mais très mélodiques et souvent accrocheurs. Aucune chanson ne ressort vraiment du lot lors des premières écoutes car il y a tout simplement trop de matière a découvrir. Ambitieux dans sa forme, Ghost l'est aussi dans le fond et il y a fort a faire pour approcher ce disque dans sa totalité. "With teeth" et "Year zero", grâce a des structures facile a retenir et des accroches vocales très bien sentis étaient des albums qui demandait beaucoup d'écoute pour être complètement apprécier mais qui pouvait retenir l'attention très facilement. Ghost par contre ne fait aucun cadeau et ne s'apprivoise que très difficilement.

La musique de Nine Inch Nails a toujours été catharsique grâce a la voix de Trent Reznor et a ses paroles. L'âme de Nine Inch Nails c'est le déchirement intérieur de Reznor qu'il a documenté dans tout ses disques. Ghost par contre est un album purement musicale qui, sans être dénué d'émotion, ne se veut pas aussi précis et incisif que ses prédécesseurs. En fait, bien que le nom de Nine Inch Nails soit associé a ce projet, il serait plus judicieux de dissocier les deux univers et de voir Ghost comme un monde a part dans la production de Reznor à l'instar de sa collaboration avec Saul Williams. Le but n'étant pas de construire des chansons pour obtenir un album mais, de faire de la musique avec les amis pour voir ce que l'on peut obtenir, il y a forcement un décalage entre le Nine Inch Nails de 2007 et celui qui nous est présenté aujourd'hui. Ghost est en fait une collection de scène qui attende d'être filmé. D'ailleurs, un concours est organisé pour mettre en image une plage au choix sur les trente six. Le concours se déroulera sur youtube et le président en sera, bien entendu, Trent Reznor. Ce dernier a d'ailleurs expliqué que c'était pour ne pas influencer les futurs réalisateurs qu'aucune des chansons ne portaient de nom. De la conception jusqu'à la mise en vente, tout a une raison dans l'univers Nine Inch Nails. Ghost est un disque important car il indique toujours plus fortement a quel point le monde de la musique est en mutation aujourd'hui. Mais, en mettant de coté le contexte, c'est aussi un album qui mérite d'être écoute par autant de gens, et même plus encore, de par sa richesse, son intelligence et sa profusion de chansons capable de vous faire passer d'une émotion à une autre en l'espace de quelque minutes. Ghost est, de bout en bout, une réussite.

Genghis Tron - Board up the house


Un accident de voiture plus tard, le trio Genghis Tron est aujourd'hui moins ombrageux et rageur que sur leur premier album, "Dead mountain mouth". Apr_s avoir quitté le territoire de la musique copié / collé rigolote et s'être engouffré dans les méandres du breakcore aux accents grind, Genghis Tron présente maintenant une facette beaucoup plus mélodique, plus metal, plus complexe tout en leur ressemblant toujours autant sans être identique à leur production précédente. Le rythme de batterie effreiné, le son de clavier et la voix criarde, noyé dans les effets, sont des éléments distinctifs de l'identité du groupe qui permet aux fans de s'y retrouver tout de suite une fois un pied mis dans la maison. Seulement, la peinture a été refaite et l'on ne retrouve même plus les meubles à l'endroit où on les avait laissés. Il y a toujours des chansons courtes mais il y a aussi des chansons beaucoup plus longues (une première de cinq minutes et une dernière de dix), une voix mélodique plus présente et une alliance toujours plus prononcé entre les riffs de guitares et les mélodies électroniques. Cette dernière influence est d'ailleurs tellement intégré que la rythmique de conclusion parait même dansante ce qui, pour un groupe que l'on a qualifié de "cyber grind" une nouveauté surprenante.

Transformation, modulation, exploration et retour sur Terre pour présenter a la population ce que l'on a ramené de ce voyage cosmique. Genghis Tron est un groupe toujours plus à part et ne rentre dans aucune case. Post ... quelque chose ? Ou Avant ... ? Ou seraient ils juste extrêmement contemporain et capable de synthétiser avec trois paires de mains ce que Meshuggah, Autechre et des dizaines d'autres artistes accomplissent de leur coté pour en faire une collection de dix chansons. Toujours prêt a expérimenter mais pas a faire dans l'expérimental imbuvable et intellectuel, Genghis Tron écrit des chansons avec un début et une fin et des dizaines de rebondissements. De plages en plage on traverse les pièces d'une maison moderne qui a tout de la précision mécanique d'une usine fabriquant des rêves a la pelle mais où les ouvriers sont des peintres d'une autre dimension qui projette leur couleurs au quatre coins pour ne jamais prendre le risque de se répéter. Et la véritable magie de tout cela c'est qu'ils y arrivent et vous invitent au voyage. "I won't come back alive" pourrait être la musique d'accompagnement d'un voyage entre les étoiles d'une lointaine galaxie. Un space opera réunissant un groupe d'aventurier dont la route serait jonché de pluie d'astéroïde impromptu dans le calme spatial jusqu'à ce que l'attaque finale d'une race extra terrestre précipite les héros dans le doute jusqu'à ce qu'il triomphe victorieux à l'issu de la chanson, leur victoire étant annoncé par le riff d'introduction, glorieux et explosif, de la chanson suivante. Ca n'a peut être pas beaucoup de sens sans la musique derrière mais ça en a beaucoup dans mon esprit alors que j'écris ces lignes.

Les musiques les plus efficace et les œuvres les plus aboutis sont celle qui inspire l'auditeur et le pousse à créer a son tour. C'est pour cela que je ne peux qu'aimer et être fasciné par Genghis Tron. Disque après disque et écoute après écoute, il y a toujours du neuf chez eux et de raisons de suivre leur progression. Toujours plus d'idée mais toujours plus de cohérence envers et contre toutes les influences et les confrontations les plus improbables. L'écoute de "City on a hill" me laisse ébahis par tant d'idées réunis sur une même chanson de trois minutes. Epileptique mais jamais chaotique et incensé. Tout a sa place et tout a un sens. Les mélodies sont mis à leur avantage entre des explosions electronique et rythmique jusqu'à ce qu'un beat parte tressauter dans son coin et qu'une ligne mélodique fasse son chemin, jamais trop loin. Trois paires de main mais surtout trois cerveaux et trois paires d'oreilles attentives à tout. Le trio de musicien pourrait être une hydre que ça ne m'étonnerait pas tant la symbiose entre les différents instruments est complète. Jamais de formule répété de chansons en chansons. De "Dead mountain mouth" à "Board up the house", Genghis Tron a franchit un fossé que l'on pensait encore infranchissable et continu a explorer de nouveaux territoire. Véritable cowboys de la musique metallique et electronique, totalement décomplexé et jouissive a souhait. Plus d'une demi heure de bonheur.

Monday, March 03, 2008

Yggdrasil - Kvällningsvindar Över Nordrönt Land


Au lieu de commencer par les points positifs de ce disque, car il y en a beaucoup, autant commencer par le point négatif : la première chanson. Introduit par un effet électronique reproduisant un lointain murmure indistinct, les guitares acoustiques débutent un morceau prometteur qui n'offre finalement rien de ce que les plages suivantes délivreront au centuples. Yggdrasil, groupe de pagan metal assumé jusqu'au nom, enchaine tout les clichés du genre dans une chanson d'introduction de huit minutes poussives et quelconque. La voix black metal qui fait son apparition vers la moitié de la quatrième minute n'apporte rien et la mélodie lancé par la guitare et le violon se promène jusqu'à ce qu'une accélération lancé par un cri digne d'un chanteur de heavy metal viennent briser la lenteur. Une autre voix typé black metal intervient alors mais avec beaucoup moins de force. Une sorte de raclement de gorge poussif. Le type de voix qui bousille une chanson au lieu d'accentuer une émotion. Le lead mélodique qui intervient après à la septième minute est digne d'un groupe de heavy mal inspiré et arrive en écho a ce cri perçant assez ridicule pour être honnête.

Une minute trente encore et l'on peut passer à la seconde chanson. Celle ci remonte le niveau qui était de toute manière assez bas pour qu'ils suffissent d'une pousée de coccinelle pour allumer une lueur d'espoir. C'est à la troisième plage que le voyage commence réellement. "Frid". Une chanson majestueuse qui pourrait être la définition de ce que l'on attends quand on parle de pagan metal épique si cette expression désigne une musique capable d'évoquer un drakar rempli de vikings chantant la gloire de leur pays.

"Kvallningsvindar over Nordront land" est une ode à la Suède tout en étant un album parfait de pagan metal à partir de cette fameuse troisième plage. Après celle ci, le niveau ne redescends pas et le bonheur est immense quand, à chaque plage, on entend retentir ces choeurs masculins et chaleureux sur des mélodies traditionnels merveilleusement bien composé. Les riffs de guitare electrique sont rythmé et soutiennent bien l'instrumentation classique en lui donnant plus de force pour ensuite s'envoler dans des leads superbe qui complète parfaitement les chansons.

La production est par contre a moitié décevante car les guitares électriques manquent cruellement de puissance et nécessiterait d'être mieux soutenu par la basse que l'on entend pratiquement pas. Le contraste est d'autant plus marquant que ces guitares mis en retrait sont constamment mélèes a des parties acoustiques au son riche et dense. La différence n'est tout de même pas aussi marquante que sur la première plage de "Nattends madrigal" mais la différence dans la production des deux est assez remarquable au début. Ensuite, la force des compositions fait le reste et l'on passe au dessus ce défaut. A mes oreilles ce sera donc le seul défaut que je soulèverais en parlant de ce disque si ce n'est ses débuts difficile. "I Nordens rike" et "Frid" sont pourtant crédités comme ayant été écrites la même année (les compositions datant d'une période courant de 2000 à 2002). Pourquoi, comment cette différence d'inspiration aussi flagrante peut elle être, je n'en ai aucune idée. Mais, autant je continuerais à jetter des pierres sur ce premier morceau, le reste du disque ne recevra de ma part que des applaudissements en l'honneur de ces sept chansons magiques et magnifiques, gonflées de gloire et de fierté.

Dantalion - Call of the broken souls


Bons riffs, bonne production, bonnes chansons. Dantalion est un bon groupe est c'est là le problème. D'origine espagnol, le groupe joue un black metal sombre et mélancholique dont le tempo rapide contraste bien avec les riffs lents, mélodique et sombre et l'atmosphère mélancholique s'installe très vite et reste constante sur toute la longueur de l'album. Cependant, c'est ce manque de contraste dans la structure des chansons, le tempo, la voix graveleuse (rappelant un peu Immortal) et dans l'enchainement des riffs qui fait aussi de ce disque une oeuvre trop identique à la norme du "genre" (le black metal mélancholique n'étant pas une niche aussi calibré que le metalcore). Bien que de nombreux riffs aient ce qu'il faut pour attirer l'attention (comme durant "Prophecy of sorrow" ou au début de "Death's cold layer") les plages restent un peu trop monocorde. Du potentiel mais encore rien de concret pour un groupe qui en est pourtant à son deuxième disque. Le chant grave est manquant fortement d'émotion est aussi responsable de la lassitude que l'on peut ressentir a écouter huit chansons a l'émotion et a la qualité égale où rien ne viens briser la monotonie. Dantalion ne manque cependant pas de talents et une identité pointe lentement vers la fin du disque (tempo plus agressif, riffs plus marquant), suffisament pour que le troisième album soit à surveiller (surtout avec le départ récent du chanteur). Pour l'heure, "Call of the broken soul" est à l'image de sa pochette et des titres de ses chansons, prévisible.

Sunday, March 02, 2008

Splitter - Avskräckande Exemplar (Obscene production) 2007


Emporté par le rythme, les pulsations de la batterie s'accrochent au battement de coeur des musiciens. Quand le rythme ralentit c'est par desespoir mais, quand il s'emporte, comme sur la majeure partie de l'album, c'est pour signifié l'urgence qui anime Splitter. Groupe de grind suedois de plus, Avskräckande Exemplar est une réussite complète dans le genre. Mélange de crust et de grind, très largement influencé par Nasum (période Human 2.0) mais plus punk que metal, Splitter n'est pas un clone mais un héritier. Un groupe de musiciens habités par les mêmes influences. Les paroles sont hurlés dans leur langue natale mais, le livret propose des traductions de toutes les chansons. Attentif donc à ce que leur message passe, Splitter, comme le laissait supposer la pochette, n'est pas un groupe de gore grind amusant. "Todays society is every conformists dream. Everyone looks the same and do what they are told. It's an artificial place perfectly designed to cover up the cold harsh reality" ("Transparent ondska"). Pas besoin d'en dire plus sur la teneur du message, la virulence des cris aigus du chanteur est à l'image des textes et de la musique. Direct, possédé et puissant.

Devian - Ninewinged serpent


Aussi anecdotique que puisse être un nouvel album d'un groupe de thrash (formé par deux ex. Marduk) puisant ses influences dans Slayer et Nagflar je ne peux pas nier que je trouve cela très agréable. Mini chronique ne rime pas avec manque d'inspiration mais avec l'absence d'envie de tourner autour du pot quand le mélange est aussi facile à décrire et à défendre. Devian, avec ses influences évidentes et ses clichés, propose une série de chansons agréables. Dix plages, dont une intro et des chansons allant de 4 à un peu plus de 6 minutes. Stéréotypé dans son agressivité et dans l'essence même de ses riffs , Devian tire pourtant toutes ses qualités de cet état de fait en ne mentant pas à l'auditeur. Progressif ? Eux pas connaitre. Ce groupe semble être née pour assouvrir le simple plaisir de jouer un metal mélodique et agressif qui rendrait hommage leurs influences tout en créant une nouvelle collection de chansons que tout fans du genre puisse apprécier. C'est chose faites et le résultat est tout ce qu'il y a de plus recommendable.

See You Next Tuesday - Parasite (Metal Blade) 2007


Ne jamais juger un livre par sa couverture. See you next Tuesday présente une couverture peinte, originale et travaillé. Le nom du groupe contrebalance par contre la première impression positive. Heavy Heavy, Low Low, the Number Twelve Looks Like You .. See you Next Tuesday est un groupe de grind à mèche. Le genre qui a trop écouté The Locust, Daughters et Discordance Axis mais ne sait pas aussi bien faire que ses ainés. Les chansons passent mais ce sont les titres qui restent le plus en mémoire. "Before I Die I'm gonna fuck me a fish". Cool. "Baby, you had me wish I had three hands". Marrant. La musique ? Beaucoup moins. Mosh part. Blast. Riff grind. Petit effet dissonant. Une chanson, on passe à la suivante ... ah non, c'est la même chose. Difficile de trouver quelque chose de positif à dire sur ce disque. Le produit est bien empaquettés, proprement produit et calculé au centimètre près pour convenir à un public de fan de deathcore emo cherchant à combler plusieurs demi heure de leur existence. Si vous faites parti de ceux là, achetez ce disque, vous ne prendrez pas de risque. Les autres ? Prenez des risques et aller voir ailleurs.

Wednesday, February 27, 2008

Lento - Earthen (Supernatural cat) 2007


Le post hardcore est un genre a part entière aujourd'hui. Le degré d'émulation dont peuvent faire preuve certains groupes est tels que ce titre a aujourd'hui plus de sens qu'il n'en avait a ses débuts quand on se posait encore la question de savoir ce qu'il voulait bien dire. Post hardcore est devenu aujourd'hui un synonyme d'un autre nom : NeurIsis. Neurosis + Isis = NeurIsis. Simple mais, justifié quand dès le disque lancé le premier riff a de fort relant de "Celestial" mélangé au premier EP de Pelican. On se laisse donc glisser dans ce petit monde où l'on a ses repères et on accepte de se laisser bercer une nouvelle fois par ces riffs lourds et atmosphériques qui nous caresse les oreilles dans le bon sens. Ce serait toutefois un peu court de résumer Lento a un enchainement bien senti de clichés repompés à deux groupes phares. "Earthen", si il est un album sympathique, l'est aussi par sa cohérence et la variété de ses ambiances.

D'une part, quand je parle de copie de Celestial, je parle d'une émulation agréable qui n'a rien d'ennuyeuse car, à l'instar de Municipal Waste dont le talent est de reprendre des riffs très typés thrash années 80, Lento s'empare d'une identité musicale pour composer de nouvelles chansons pas si nouvelles que cela mais qui reste de bonnes chansons. De plus, "Earthen" n'est pas juste une succession de riffs comme Isis les faisait il y a quelque années. C'est un disque aux plages ambiantes très bien sentis où de douce nappe de musique vibre sous des gémissement de guitare au résultat comparable au chant des baleines ("Subterrestrial" ou le monumental "Emersion of the island"). Ainsi quand les guitares reviennent sur "Currents" elles révèlent aussi un travail sonore qui va bien au delà de la simple répétition de riffs ondulant vers l'éternité. Tout en reprenant des éléments clairement associé a une scène, Lento affiche une capacité a générer son propre univers d'une manière originale et absolument pas lassante. Ce qu'il m'avait au départ paru être un clone réussi de "Celestial" est en fait un disque qui prend racine dans un univers de guitares lourdes pour ensuite s'envoler vers une dimension sous marines. L'univers sous marins inspire énormément les musiciens en ce moment et l'on retrouve bon nombre de référence a ce milieu dans des groupes influencés par le duo Neurosis / Isis. Peut être car c'est un des endroits que l'homme n'a pas encore complètement exploré et qu'il y réside des secrets qui fascinent l'imagination.

Ce première album est donc un album très conoté et fortement ancré dans son époque. Post hardcore jusqu'au bout des ongles quand les guitares sont lancés. Fasciné par les fonds marins tout comme le tiers de ces petits camarades. "Earthen" est un disque de plus dont on aurait peut être put se passer. Peut-être. Car en toute sincérité, même si je n'ai pas un fixe de post hardcore a respecter par moi, je ne suis pas mécontent d'avoir put entendre des chansons comme "Emersion of the islands" ou "Hadrons". "Earthen" est un disque très engageant, plaisant a écouter, cohérent, dense et surtout très encourageant pour la suite. Sans se dissimuler derrière des prétentitons cérébrales et artistique, Lento a construit sur ce premier disque une pierre d'achoppement qui laisse présager d'une architecture qui ira en se complexifiant. Isis a déjà tracer la route jusque là, Lento trace désormais la sienne dans une nouvelle direction en partant de ce même point de départ.

*Shels - Laurentian's atoll (Shels Music) 2007


Après un très remarqué première album qui marquait le début d'un projet très prometteur où l'on retrouvait des membres de Mahumodo et de Eden Maine, deux groupes anglais mort trop tôt, voici la suite de leur aventures. Après avoir affronté la mer, le navire *Shels reprend son souffle et s'attarde sur un atoll pour nous donner deux nouvelles chansons, un titre retravaillé ("Water") et l'intégralité de leur premier EP qui était jusqu'alors épuisé. Cette nouvelle version de "Water", single efficace, et même un peu trop sur un disque aux influences progressives, se voit augmenté d'une conclusion acoustique très à propos qui enjolive ce titre déjà très agréable. Les deux morceaux suivants continuent dans la même veine que le premier album. Chant mélodique et envolé de guitare électrique. L'émotion est la même et le groupe va jusqu'à réutiliser des éléments de son première album : la conclusion de "The ghost writer" ou la mélodie d'introducction de "City of the swan". Un disque de transition donc, construit comme tel et, fatalement, moins passionnant que son prédécesseur sans être désagréable ou redondant. Bien au contraire. De plus, l'opportunité de découvrir les débuts de *Shels sur leur première demo n'est pas du tout une perte de temps. Plus agressif et moins aérien et expansifs que sur "Sea of the dying dhow", les débuts du groupe laissaient déjà planer la lueur de la créativité à venir. Un disque qui permet donc de rattraper le retard tout en satisfaisant sa soif de nouvelles chansons. Un EP pour les fans et pour les curieux qui voudraient tremper leurs pieds dans la mer avant d'embarquer dans le bateau qui voguera, je n'en doute pas, très loin sur leur prochain album prévu pour cette année.

El-P - Bomb the system (OST)


Bomb the system est un film indépendant sur le monde du graffiti. Ce n'est pas un reportage mais une histoire qui prend pied dans l'univers des graffeurs en se servant des multiples dangers qui guette un type dont la passion est de peindre à la bombe sur des murs sans se faire prendre par la police. Pour ce que j'ai pu lire sur le film, il a l'air regardable sans être pour autant un chef d'oeuvre. La bande son, réalisé par El-P tombe elle aussi dans le même domaine. Ecoutable car elle est produite par El-P, quelconque si elle avait été produit par quelqu'un d'autre. Les musiques composés par le leader de Def Jux ne sont pas ininteressante pour autant. On retrouve sur ces onze plages tout les traits de ses productions. Tout est électronique, les pulsations battent sous les samples et rythment l'action que l'on devine grâce aux différentes répliques incorporés sur les plages. La musique sert l'image sans la dominer et, de ce fait, l'écoute de ce disque donne des indications sur le déroulement du film et donne envie de connaitre l'histoire. De ce point de vue, on ne peut pas dire qu'El-P ait mal fait son travail. C'est juste qu'en dehors de ce cadre, ce disque n'aura d'intérêt que pour les accros de Def Jux et de El-P. Ceci pourront trouver une demi heure de musique instrumental original, plus agréable et intéressant a certains moments qu'à d'autres (comme sur la ^plage 8 où l'on peut entendre la voix de Tom Yorke) et découvrir une autre facette de ses talents.

Tuesday, February 26, 2008

Brutal Truth + Sublime Cadaveric Decomposition + Blockheads à la Locomotive


Blockheads, Sublime Cadaveric Decomposition et Brutal. Rien qu'en voyant l'affiche, on sait déjà que l'on va vivre un grand moment de grindcore. Les trois groupes jouissent d'une réputation à tout épreuve et d'un passé émaillé de disque considéré comme culte, sans compter les disques de la discographie Brutal Truth sans qui une grande partie des groupes du genre n'existerait même pas. Le flyer montre un dinosaure géant en dessous des noms des trois groupes et si l'on considère l'age de la tête d'affiche, sa place dans l'histoire du grind et la performance de ce soir la métaphore n'est pas volé. Les dinosaures ont survécu, ils ont de grandes dents et ils démontent tout ce qui passe.
Ne vous fiez pas à l'age, les trois musiciens (le guitariste étant hors course puisque plus jeune, venant des maitre du grind chaotique Sulaco) ont encore ce grain de folie et l'expose au grand jour dès leur arrivée sur scène.

Mais, ne nous avançons pas trop vite et revenons sur la performance de Blockhead. La machine a grinder française possède une réputation de musiciens fous, explosifs et blastant a tout va. Ce soir marquait ma première rencontre avec le groupe et ce ne sera, je l'espère, pas la dernière fois que je pourrais les voir interpreter leur musique. Très old school dans le tempo, plus punk que metal, l'énergie est de mise et la clareté du son passe à la trappe. Difficile donc de retenir une chanson en particulier (hormis la reprise de Napalm Death, "From enslavement to obliteration") bien que l'intro doom et le nouveau titre me soit resté dans les yeux (plus que dans les oreilles) comme étant des moments marquant. L'introduction doom tout d'abord car alors que je m'attendais a voir les musiciens exploser sur scène, les voir ralentir de suite le tempo me rassura tout de suite sur la nature de la performance. Le groupe n'est pas là que pour le public mais aussi pour se faire plaisir. Les musiciens qui crachent au nom des conventions sont ceux qui méritent le plus que l'on s'attarde sur leur cas et une fois la première note lancé Blockheads avait déjà gagné toute mon attention. Ensuite, je retiendrais de ce concert ce nouveau titre car il se démarqua du reste des chansons, qui furent pourtant fort bien exécutés et excellentes, et me montra une nouvelle fois que Blockheads avait beaucoup encore a montré. A revoir prochainement, je l'espère, et a découvrir sur Cd.

Passage ensuite à Sublime Cadaveric Decomposition. J'avais déjà rencontré le groupe il y a plusieurs années par leur première album, alors que je me mettais lentement au grindcore et que je découvrais la musique extrême. La production goregrind m'avait laissé de marbre et rien durant l'écoute ne m'avait marqué. Je crois même avoir eu un peu mal au crâne à la fin. Ce soir j'ai pu revoir en partie mon opinion car il n'y a franchement rien d'ennuyeux dans un concert de Sublime Cadaveric Decomposition. Bien que très jeune en apparence, le groupe est manifestement habitué à la scène et le DVD, filmé ce soir, ne manquera surement pas de faire sautiller les fans devant leur télévision. Exécutation propre et très metal, le son est puissant et permet au groupe de faire ressortir ces meilleurs atout, c'est à dire des riffs très death, des blast a gogo et un chanteur capable d'une performance vocale bien dans le ton, et cela sans l'aide d'effet. Cependant, un set de quarante cinq minute c'est un peu long et j'ai bien moins été conquis par le set que par celui de Blockheads. Ceci dit, du coté des fans l'enthousiasme était a son comble et la conclusion du concert avec un titre du premier album (celui là même qui m'avait assomé à l'époque) laissa le public enthousiaste et heureux. Tant mieux pour eux, dommage pour moi.

Conclusion avec Brutal Truth, les maitre de la soirée qui n'auront pas de mal a dominer devant la concurrence malgré la qualité des performances des deux groupes précédents. Il faut dire aussi que tout le monde n'a pas la chanson d'avoir des chanson aussi génial que "Godplayer" et que tout le monde n'a pas non plus le charisme de ces types. Entendons nous bien, le chanteur de Blockheads, super enthousiaste et ultra dynamique est un maitre dans l'art de faire se bouger le public. Mais quand on voit arrivé un type barbu avec un chapeau de chasseur de crocodile australien (vous vous souvenez de Crocodile Dundee ?) qui finira par se frapper le front avec son propre micro jusqu'à tirer des gouttes de sang de son crâne, excusez moi, mais on entre dans une toute nouvelle dimension. Le son par contre n'est pas à la hauteur de la performance et les riffs ressortiront malheureusement très mal durant cette heure et quart de grindcore, intense et barré. Toutefois, la joie de revoir ou de voir ces types après tant d'années d'absence l'emportera sur le son et fera de ce concert une occasion de se remuer et de faire la fête en compagnie de quatre musiciens visiblement heureux d'être là. Le final sera d'ailleurs incroyable quand, après avoir slammer, le chanteur redescendra dans la fosse pour faire des câlins a tout ceux qui le veulent bien. Sourire maculé de sang mais accueil chaleureux du public, heureux de pouvoir remercier personnellement un des héros de la soirée. Les nouvelles chansons sont enthousiasmante, la présence de Erick Burke à la guitare se fait déjà sentir dans les nouveaux riffs et laissent présager du meilleur pour la suite. Assurément, cette reformation est placé sous les meilleurs signes et la suite ne fera pas mentir la réputation de Brutal Truth en tant que grand groupe de grind, autant sur scène que sur disque. Résumé de la soirée en un seul mot : enthousiasmant.

Jedi Mind Tricks - Servant in heaven, kings in hell (Babygrande) 2005


C'est un signe d'ouverture d'esprit de déclarer, quand on est fan de rock ou / et de metal, d'affirmer un gout pour le rap. Affirmer une passion pour le metal quand on est fan de rap, ou rappeur soit même, est un peu plus rare dans mon expérience. Les deux cultures ont pourtant en commun de prendre à rebrousse poil les conventions et de se revendiquer comme indépendant de la culture dominante. Jedi Mind Tricks, grand nom du rap américain indépendant, plus traditionnel que Def Jux sans être traditionnaliste, pratique un rap qui était, a ses débuts, fortement influencé par le "Enter the 36 Chambers" du Wu Tang-Clan mais, qui a depuis sut prendre ses distances et créer une atmosphère particulière grâce aux références spirituels et conspirationniste (Illuminati, CIA, Skull and Bones ...) de Vinnie Paz (anciennement baptisé The Verbal Hologram), seul rappeur officiel du duo que Jus Allah a quitter il y a un ou deux albums de cela mais, qu'il a rejoint récemment. Cependant, la présence d'un seul rappeur dans Jedi Mind Tricks n'handicappe en rien la qualité de l'album puisque des featuring de bons gouts viennent poser quand il se doit et apportent leurs touche personnel pour créer certaines des meilleurs chansons de ce disque.

"Uncommon valor : A Vietnam story" est la première a retenir l'attention par son accroche vocale féminine qui n'a rien des refrains putassier que le rap radio tente d'imposer aux oreilles histoire de créer des accroches sirupeuse et dégoulinant de glucose. Les choristes sont pourtant pléthores sur ce nouvel album mais, aucune n'est injustifié et apporte un véritable plus d'un point de vue émotionnel ("Razorblade confession", "Black winter day"). Toutefois, pour en revenir à "Uncommon valor", ce titre est mémorable a plusieurs titre car en plus de compter le récit de deux soldats améircains lors de la guerre du Vietnam et de se baser sur de véritables témoignages, le featuring de R.A. the Rugged man est particulièrement impressionant par sa maitrise technique et produit un couplet marquant grâce a un jeu avec les syllabes de toute une phrase, et cela à deux occasions. Un autre featuring notable se trouve aussi sur très efficace "Heavy metal kings" où le phrasé rauque de Ill Bill complimente à merveille la voix de plus en plus grave de Vinny Paz. De plus, cette chanson me permet de souligner les quelque référence au metal que les rappeurs font au cours de cet album. Le titre de l'album en lui même est une référence à une chanson de Kreator (sur "Violent revolution") mais, on retrouve aussi sur ce disque des références à d'autres groupes comme "Cannibal Corpse" durant "When all light dies". Plus loin, durant "Heavy metal kings", Ill Bill déclare "I'm a Slayer album personified" tandis que Vinnie Pazz conclut une des phases de "Serenity in murder" avec un "calculating infinity with dillinger escape plan" qui m'a fait ouvrir bien grand les yeux et la bouche tant cette référence est inattendu mais bienvenue prouvant l'ouverture d'esprit d'un groupe. A ce titre le remix de "Heavy metal kings" par Terror (disponible sur la myspace de Jedi Mind Tricks) est surement une des meilleurs collaboration entre rap et musique a guitare lourde qu'il m'ait été donné d'entendre.

Aucune guitare n'apparait pourtant durant l'album et même si la vidéo de "Heavy metal kings" montre les deux rappeurs portant des tee shirt Iron Maiden et Slayer, la chanson parle par contre de gangsters. Ainsi, sans user à la corde les stéréotypes du rap, Jedi Mind Tricks mélange thème rap classique a des sujets plus originaux. On retrouve donc des titres comme le très festif "Outlive the war", très festif avec son instrumental classique, ou des chansons plus mélancolique comme "Razorblade confession". Cette dernière est d'ailleurs une des chanson les plus efficace de l'album grâce a un texte montrant un aspect plus sensible de Vinnie Paz à l'instar du très encenssé featuring de Mary J. Blige sur "I'll be there for you" de Method Man. Au rayon des chansons atypique on retrouve aussi le precedemment cité "Uncommon valor" mais aussi "Shadow business", une chanson sur l'exploitation des travailleurs en Chine. Independant ? Jedi Mind Tricks le prouve tout au long de cet album et produit ainsi un album, grâce a des instrumentales extremement bien composé et toute très efficace, cohérent et agréable. Tout n'est toutefois pas irréprochable et les performance de chaque rappeur ne sont pas ahurissante. "Outlive the war" par exemple possède un refrain mémorable mais des couplets plutot quelconque tout comme "Suicide" est une bonne chanson mais fait pâle figure à coté de "Uncommon valor". Les chansons s'enchainent cependant très bien et même si d'autre titres ressortent plus que d'autre la qualité du disque n'en pati pas. "Servant in hell, kings in heaven" est un nouveau morceau très sympathique de la discographie de Jedi Mind Tricks sans être aussi incroyable et dévastateur que l'était "the Psychologicial" à son époque.

Monday, February 25, 2008

Misery Index + Despised Icon + Benath the Massacre + Man Must Die au Nouveau Casino


La mode du deathcore a rempli le Nouveau Casino et ce sont donc des death metalleux mais aussi des jeunes portant casquette et combinaison de fan de Job for a Cowboy, Animosity et Despised Icon qui remplissent ce soir le Nouveau Casino. A en croire l'affiche le clou de la soirée devrait être Misery Index mais, si l'on en juge par le public de ce soir c'est Despised Icon qui est le plus attendu, et sera le plus énergiquement acceuilli. Mais, avant cela, ce sont les écossais de Man Must Die qui prennent place sur scène et jouent leur deathcore avec force et conviction mais très peu de réaction du public. Les quelques tentatives d'intéraction du chanteur avec le public sont même soldés par des echecs que l'on peut renvoyer a la barrière de l'accent. Tout le monde n'est pas en mesure de comprendre un ecossais, j'ai moi même quelque problêmes a ce niveau, ce qui explique que seul deux ou trois types réagiront quand le chanteur demandera au public clairesemé si il y a des amateurs de death metal dans la salle. Cela n'effraie pas pour autant le groupe qui comprend semble t'il bien ce qui dérange le public puisqu'il parlera ensuite à deux reprises de son "accent à la Sean Connery". C'est cette anecdote que je retiendrais malheureusement le plus de leur set, bien éxécuté mais pas très excitant.

Pas de barrière de la langue pour Beneath the Massacre, groupe québécois de death metal brutal et mécanique. J'étais venu en parti pour les voir et je fus satisfait par leur performance tout comme le public de devant qui s'agita bien plus que pour Man Must Die. Les mains du guitaristes pratiquent un tapping incessant, le batteur martyrise sa double grosse caisse dopé artificiellement et electroniquement tandis que le chanteur, a la carrure de gorille, agitte sa tête de droite à gauche au lieu de headbanger tant la vitesse de la musique l'empêche de s'agiter comme tout le monde au risque de se briser le cou. Les morçeaux les plus marquants de leur EP et de leur album seront joués, "Society's disposable son", "Profitable killcount", autant de chansons violente et presque identique pour les oreilles non aguérri qui raviront les fans et laisseront les autres de marbre.

Despised Icon par contre a de quoi convaincre même le plus dubitatif. Très energique en live, leur musique prend toute son ampleur sur scène et devient deux fois plus dynamique et agressive dans cet environnement alors qu'elle n'a déjà rien a envié à personne sur disque. "Bulletproof scales" et "Furtive monologue" en ouverture, coup sur coup, enfonce bien le clou et font comprendre au public qui regnera ce soir. On peut toujours se moquer des quebecois pour leur accent et leurs expressions mais quand il s'agit de faire une musique technique et violente il n'y a plus personne pour pointer du doigt et rigoler. Ceci dit, ça n'empêchera personne de sourire en entendant parler de "tabarnac" et de "pièces" (a la place de "chanson"). Trève d'anecdote, ce qui restera le plus dans les esprits ce sont des morçeaux comme "A broken hand" ou "Warm blooded", de pure brulot deathcore à la mécanique implacable très largement influencé par la culture rap pour ce qui est du dynamisme des morceaux, du jeu de voix des deux hurleurs et du jeu de scène. Trois quart d'heure de son et c'est fini, remerciement enthousiaste du public et du groupe envers ceux qui se sont défoulés au son de leurs instruments.

Place a Misery Index enfin. Le public change, les deathcoreux rentrent chez eux en masse et abandonnent le Nouveau Casino au fan de grind et de death metal. Dommage pour eux car la musique de Misery Index a autant a offrir en matière de virulence et de puissance que celle de Despised Icon. La différence majeur est qu'eux ne sont pas "à la mode" et que Clément le no life (héros d'un reportage bien connu sur internet) et ses suiveurs n'ont plus aucun interêt a venir pour poser et montrer leurs fringues. Misery Index est un groupe de grind / death à l'énergie débordante mais aussi à la machinerie un peu trop bien huilé. Autant la puissance du groupe n'est pas a remettre en doute pendant les morceaux, il n'y a pas de grande interaction entre le public et le groupe entre chaque titre puisque les musiciens font demi tour à chaque fin de morçeau pour inspecter leurs instruments. Dommage car cela crée une succession de temps mort et de silence désagréable qui font perdre de l'énergie a leur prestation qui n'en manque pourtant pas dès que les doigts et les mains s'agitent sur les instruments. C'était la première fois que je voyais le groupe sur scène et malgrès ma fatigue post Despised Icon / Beneath the Massacre j'en garde un bon souvenir malgré un son assez confus. Pas vraiment la bonne occasion pour découvrir le groupe, si besoin était, mais, un bon moyen de témoigner de la puissance du batteur dont on ne distingue pas assez sur Cd le jeu puissant et riche. Le nouveau morçeau interprété ce soir, extrait de leur split avec Mumakil, laisse présager d'un jeu plus dynamique et moins linéaire. Moins de blast, plus de variation. C'est en ce qui me concerne une très bonne nouvelle et j'espère pouvoir donc entendre prochainement plus distinctement les capacités de Misery Index mis en oeuvre pour jouer une musique encore plus original mais, tout aussi mémorable. Une soirée death metal qui aura présenter plusieurs groupes théoriquement similaire mais dont la musique dégage pour chacun une personalitée intéressante et prometteuse, surtout pour Despised Icon et Misery Index.

Aesop Rock & Rob Sonic au Batofar


J'ai beau apprecié le rap depuis plusieurs années, je ne m'étais jamais jusque là aventuré dans un concert de ce type. Jamais aucun rappeur qui m'intéresse n'était venu sur Paris et, histoire d'en rajouter une couche, je ne savais pas trop comment me renseigner pour savoir où et quand des concerts de ce type se déroulaient. Or, magie de l'internet, last.fm me révéla un soir qu'Aesop Rock passerait en concert au Batofar et, depuis ce jour, je saute de joie de pouvoir enfin voir sur scène le type dont j'écoute la musique religieusement depuis pratiquement sept ans. "Float" m'a accompagné durant toutes mes études à l'université jusqu'à ce que je me mette à rechercher le reste de sa discographie et que toutes ses chansons viennent me toucher les tympans comme aucun autre rappeur ne peux le faire. Ce soir concrétisait donc une attente de plusieurs années, des heures d'écoutes attentive, une impatience qui devait atteindre un sommet infranchissable pour que je ne sois pas déçu.

Mais, avant que tout me soit révélé et que je puisse constater de l'effet de la présence d'un Aesop Rock sur le public du Batofar, un rappeur américain dont le nom m'échappe arrive sur scène. De passage sur Paris, il a été ajouté à l'affiche afin de lui faire profiter de ses fans et se faire connaitre des fans de Aesop Rock. Cependant, le style du type étant plutôt orienté rap américain festif, efficace et sympathique, il ne restera pas dans ma mémoire comme une découverte incroyable. Par contre, pour faire passer le temps avant la tête d'affiche, mieux vaut écouter ce mec qui gigotte sur scène en rythme que le Dj engagé pour faire les transitions (et même mixer à la fin du concert) qui mixera des sons rap sans trop interesser grand monde.

Mais, oublié tout cela une fois qu'Aesop Rock et Rob Sonic monte sur scène. Plus rien ne compte, on écoute et on se laisse porter par le flow des deux rappeurs. L'un soutenant l'autre quand il s'agit d'interpréter une chanson de Aesop Rock ou de Rob Sonic, les deux connaissent sur le bout des doigt le set de l'autre et la conivance entre les deux MC rend la transition de chanson en chanson absolument parfaite. Pas d'accro, juste de très bons titres qui s'enchainent sans problèmes grâce aussi au talent de Dj Bigg Wizz (dj attitré de Aesop Rock sur son dernier album) qui aura droit a son heure de gloire en scratchant en solo quelque minutes, histoire que les deux maître de cérémonie se reposent. Beaucoup de titres de "None shall pass" seront interprétés ce soir, sans aucun accro et aucune perte de souffle de la part de Ian Bavitz aka Aesop Rock, MC surnaturel dont le pseudonyme dépasse le nom tant sa capacité a rapper des paroles étranges au flow irrégulié est ahurissante. Un rap atypique qui convient surement plus aux type de mon genre, pas très ghetto et beaucoup moins touché par les problèmes de banlieue et de racisme, mais du rap tout de même, et du rap de haut niveau. Le passage de titres de Rob Sonic a ceux de Aesop Rock se fait sentir du point de vue de la complexité du phrasé mais autant l'un que l'autre sauront retenir l'attention du public et faire de cette heure passé en leur compagnie ne soit pas source d'ennui mais d'un interêt constant pour ce qui va se passer après. Par contre, promotion de "None shall pass" oblige, les autres albums n'ont droit qu'a peu d'attention et ce ne seront donc que "No regrets", un titre non identifié et "Daylight" que l'on sortira des tiroirs de "Labor days". Petite deception de ma part de ce point de vue là. Cependant, l'éxécution de "None shall pass", "Catacomb kids", "39 Thieves" ou "Citronella" vaudra le déplacement au centuple bien que l'on sente tout de même que les deux hommes sont fatigués par leur tournée et ne seront pas contre une bonne cure de sommeil a l'issu de ce voyage (les cernes autour des yeux de Aesop Rock était particulièrement visible). Mais bon, on peut être fatigué et resté joueur. Le rappel se fera donc en dehors des normes, les deux rappeurs s'asseyant sur scène en demandant au public ce qu'ils veulent comme chanson. "Prosperity" ? "Flashflood" ? "Daylight" ? Ah, un groupe de jeune filles au fond de la salle demande "Daylight" en choeur. Bon et bien ce sera "Daylight". Titre magique et ultra efficace pour envoyer tout le monde au lit. Le public repart mais, avec une petite nouvelle en tête, la possiblité d'une tournée avec El-P si l'on en croit l'information que les deux rappeurs ont laissé planer au cours de leur set. Sept ans d'attente donc, mais, peut être moins que ça avant la prochaine date.

Sunday, February 24, 2008

Dj Krush & Dj Soulist à la Maroquinerie

Pour un habitué des concerts rock la performance d'un Dj est un dilemme difficile à résoudre. L'expérience live classique et efficace consiste en un savant mélange d'énergie et de décibel. La communication entre le public et les musiciens s'établit par l'émotion qu'ils dégagent sur scène et qui se transmet à tout ceux qui acceptent de rentrer dans la danse pour renvoyer leurs émotions sur scène. Dans le cas présent, un Dj ne dépense pas une dose d'énergie phénoménale pour composer. Il se pose derrière ses machines et s'agite timidement pour activer des sons et non les créer. Voilà en résumé les raisons de mon appréhension en rentrant dans la Maroquinerie. Habitué a voir un spectacle très vivant sur scène, n'allais je pas roupiller sec en regardant un type (certes très respectable, tout les Dj n'ont pas la classe de Dj Krush) appuyer sur des boutons ?

Cela ne fait pas l'ombre d'un doute car, malheureusement, le Dj faisant office de première partie me permit de vérifier ma théorie. Surement plus habitué a un public de soirée qu'a un public rock habitué a voir et a écouter plutot qu'a danser, Soulist n'est pas vraiment l'homme de la situation et mixe devant un parterre attentif et assis. Spectacle rare et un peu étrange, les spectateurs arrivent et s'asseoient sur les marches et au milieu de la salle. Ambiance tranquille et public volubile ... a tel point que le grondement en commun des voix surnagera pendant tout le set de ce pauvre homme. Les sons mixés allant de la soul au rap en passant par le reggae, il y en a eu pour toutes les oreilles durant cet heure complète où les sons s'enchainèrent les uns à la suite avec gout, agrémentés de quelques scratch pré enregistrés. Ce dernier point ne cessera de me déranger durant tout son set et fut à l'origine de mon désintérêt progressif pour ses talents. Ne pas scratcher alors que l'on est Dj cela me semble un peu dommage et, de ce fait, Soulist ne fut qu'un hors d'oeuvre avant l'arrivée de l'homme de la soirée.

Plat de résistance, plat principal, entrée. Dj Krush sera tout cela et bien plus encore. Seul derrière ses platines et son Mac il sera tout ce que son homologue d'ouverture n'était pas. Composant ses musiques a partir de sample et d'un doigté ahurissant dès qu'il commence a faire tourner ses platines, le maitre Krush tiens en haleine son public avec une maestria ahurissant comme je n'en ai jamais vu auparavant. Les titres s'enchainent et l'atmosphère monte jusqu'a transformer le bain de lumière qui auréole ce petit japonais perdu dans sa musique en une source d'attention dont on ne peut se détacher. Les rythmes s'adressent au corps tandis que les sonorités jazz, rap et japonaise s'adressent a l'esprit pour le faire travailler et voguer loin de cette salle qui devient si petite quand on la mesure a la porté de la musique qui nous est présenté. Etant plus ou moins bien connaisseur de la discographie de Krush, je ne saurais dire si celui ci ne présenta que des titres de ses albums ou si il composa sur le vif une partie de son set. Cependant, je retiendrais de toute cette soirée des moments grandiose qui me firent frisonner par leur sensualité et leur maitrise technique mélé a une sensibilité musicale hors paire. Le genre de concert qui démontre que le trip hop, si l'on peut limiter ce que Krush fait a ce spectre sonore, est un "genre" loin d'être mort. Comme à l'habitude, si j'en crois une vidéo trouvé sur youtube, l'enchainement "Organ donor" (de Dj Shadow) suivi de "Kémuri" (le "single" de Krush, tiré de "Strictly turntablized") est grandiose et emporte le set vers sa descente, tout en douceur, pour nous laisser en extase. Un petit rappel tout de même sous la forme d'une improvisation sonore et rythmique etonnement violente, tant et si bien que si l'on avait rajouté de la guitare par dessus l'on aurait put se croire à un concert de Agoraphobic Nosebleed. Une musique qui sait donc prendre des routes inattendus tout au long d'une heure et quart de concert intense et superbe. Le genre d'experience que je revivrais avec joie régulièrement.

Saturday, February 23, 2008

Celeste + Time to Burn + L'Homme Puma + Einna


Soirée postcore à la Péniche Alternat. Point commun de tout les groupes de ce soir : Ils ont tous écoutés Isis chez eux avec plus ou moins d'attention. Cependant de là à dire que de Eina à Celeste il n'y avait que des variations sur un thème imposé, ce serait jouer les mauvaises langues alors qu'il y avait bien plus à prendre chez chacun que des notes et des ambiances précédemment visités. Einna tout d'abord se place sous la bannière des groupes de screamo / postcore avec des titres allongés mais assez bien exécutés pour que la lassitude ne se fasse pas sentir. Déjà entendu mais pas désagréable a écouter tout de même. De plus, si mes oreilles ne se sont pas trompés, il y aura de quoi se faire plaisir lors d'une écoute attentive sur disque.

C'est ensuite le tour de L'homme Puma, un trio au nom un peu étrange (un hommage à la série Manimal ?) jouant une musique instrumentale, agrémentée de samples de voix, flottant à l'intérieur du "Panopticon". Les lignes de guitares sont mélodiques et aérienne mais, n'introduisent pas systématiquement des segments plus lourds. Un son qui contrastait donc fortement avec les deux têtes d'affiches de ce soir au son gorgé de distorsion. Bien que les compositions ne sont pas des plus originales, la basse et la guitare s'entremèlent avec bonheur pour créer d'agréable plage voluptueuse qui forme un agréable voyage.

Time to Burn est un groupe tellement régulier dans ses apparitions scénique et dans l'interprétation des chansons de son "Is.land" que ce sont les imprévus lié au contexte ou a la salle que l'on retiens le plus. Le concert était(il bon ? Oui, bien sur. Le son par contre n'était pas parfait et les rafales discordantes sortant des amplis ne laissait pas beaucoup de place aux subtilités de leurs chansons. Le concert de ce soir mérita donc très bien son titre de "noise rock" tant l'énergie et les decibels furent les deux éléments majeurs. Même pas trop de voix pour varier un peu, le faible son qui sortait des deux micros ne devaient surement pas s'entendre au fond de la salle de la péniche (qui n'est pourtant pas bien grande). Résultat, une caisse clair de pété dès la fin du premier morçeau (mais vite remplacé) et un quatuor de musiciens timide mais pas avard en énergie pour quelque titres plus ou moins mémorable liés par une performance solide et satisfaisante.

Enfin, tout se met en place pour la folie furieuse qu'est un concert de Celeste. Le public des premiers rangs, venu de Lyon, est remonté a bloc. Tout le monde connait la musique et est venu spécialement pour voir la bête sur scène. Cependant, il faudra tout de même patienter un peu avant le début du concert puisque l'organisation n'a pas été mis au courant des moeurs et tarde a vouloir éteindre les lumières totalement. On les comprends, si il s'agissait d'un groupe normal ce serait du suicide mais, pas quand il s'agit d'un quatuor aussi aguerrit a la tache. Comme il se doit donc, une fois les lumières éteintes, la tempête infernal commence et je me retrouve avec un pied sur scène et un public très en forme qui me malaxera le dos pendant la demi heure de son qui nous sera administré. Puissante et explosive, la performance du groupe est toujours aussi renversante et ne laisse pas de place à la subtilité. Tout est dans l'énergie et dans la virulence du son. L'ambiance noir se confronte avec l'excitation des musiciens et du public pour créer une tempête ahurissante de bras et de tête ochant à l'unisson sous un déluge sonore comme on en voit rarement. Grand vainqueur de la soirée, le groupe achève sa performance après avoir mis à genoux le public mais n'en fera pas pour autant oublier les sets de chacun des groupes précédents, tous interessant à leur propre manière.

Sunday, February 03, 2008

Battles - Mirrored (Warp) 2007


Je me souviens d'un dessin animé qui était régulièrement diffusé dans Ca Cartoon (sur Canal plus, à la grande époque) où un corbeau était suivis par un petit pygmé qui était lui même suivi par un lion. Le corbeau, leader de la marche, obeissait a un rythme étrange en concordance avec la musique que chacun des poursuivant imitait religieusement afin que personne ne se rende compte de la présence de l'autre dans son dos. Atlas, deuxième plage de "Mirrored" aurait très bien put être la musique de cet excellent dessin animé car le groove suivit par chaque musicien accompagné par cette voix passé sous vocoder me fait l'effet d'une tribu de pygmé qui aurait découvert le rock and roll et aurait décidé de suivre le rythme d'un bien étrange animal pendant sept minutes. Quatre musiciens se serait réuni, aurait apporté leurs instruments et tout en obéissant a un rythme particulié, ce serait mis en tête de rajouter a cette pulsation venu d'on ne sait où tout leur talent pour engendrer une musique nouvelle et résolument rythmé. En réalité Battles est un groupe de musiciens émérites venu de formation diverses comme Helmet ou Don Caballero mais le mythe du pygmé qui découvre le rock convient aussi bien à décrire leur musique tant la musique est fraiche et le sens de la structure semble être aborder avec une collection de paires d'yeux et de mains nouveaux.

Nos pigmés produisent parait il une musique que l'on dénomme le math rock. Ah. Ceci dit n'ayant jamais écouté de math rock je ne saurais dire si Battles ressemble a ce qui se fait dans la matière mais, a ce que j'ai put lire, ce n'est pas le cas donc autant dire que ce classement n'est justifié que par le curriculum vitae des musiciens. Ici on ne prie pas les dieux des mathématique mais les dieux du groove tout puissant, celui qui détermine la direction d'une chanson et fait s'accorder tout les instruments ensemble. Mais, une bonne régle se doit d'être transgressé pour pouvoir avancé et c'est en manifestant leur propre ego de musiciens capable de produire des sonorités inattendues, mélodiques mais résoluement rythmées que les quatre individus réunit sous le nom de Battles composent leurs chansons. Si cela sent l'égo demesuré de musiciens démonstratifs qui ne sait pas controler et se perd dans des chansons de dix minutes vous vous trompez. De 7 à 4 en passant par 3 minutes et moins encore, ces 11 titres commencent et s'achèvent en formant des tous distincts et mémorables. "Leyendecker" se permet même une accroche vocale sous la forme d'une mélodie nassilarde passé dans la poile a frire d'un effet electronique quelconque.

Frais et surprenant, Mirrored est un album que l'on attend pas et qui continue de surprendre pendant son écoute et au fil de ses passages sur votre chaine hi fi. Car non seulement Battles est de ces groupes qui brule le livre des régles, l'envoie au fond du puit et jette des crocodiles à sa suite, mais, c'est aussi un groupe qui s'amuse énormement. Les rythmes et la mise en place des instruments, tout en étant surement le produit de très longues journées de répétitions minutieuses, sonnent très naturel, comme si il n'avait fallut qu'un regard pour que chacun sachent où et quand se placer, quand démarrer et quand laisser la parole à son voisin. Dans les mains de musiciens beaucoup moins talentueux la musique que joue Battles serait surement une bouilli sonore indigeste. Mais, mais, Battles est un groupe qui vous pousse à mettre des "mais" dans tout les coins. Un groupe que l'on recommande à toutes les oreilles qui n'aiment pas forcement le rock, qui sont fatigués des clichés et peut être même à ceux qui écoutent des musiques traditionnels. Tout en étant résolument moderne, s'emparant d'effets électronique et d'instruments electriques pour les faire communiquer ensemble, ce qui fait marcher la machine que ses quatre musiciens ont construit est une sorte de rythme presque ancestrale qu'ils auraient redécouvert et vous livreraient comme si de rien n'était un nouveau chapitre insoupçonné dans le grand livre des groupes que l'on n'attendait pas, mais qui sont pourtant bien là. Merci.

Venetian Snares - My downfall (Planet Mu)


Mes connaissances en matière de musique classique ont toujours été limité par la pureté et la rigueur de ce genre. Elevé au rang de musique suprême, tout ce que l'on place sous le signe de la musique classique n'a jamais sut me toucher justement à cause de ce manque de faux pas et d'erreurs heureuses que l'on retrouve dans le jazz ou dans le rock. Peut être est ce une sorte de manque d'humanité que je pourrais déplorer dans cette musique, ce qui est plutot étrange pour un amateur de metal, un genre qui emprunte justement au classique cette même rigueur dans l'execution des morçeaux. L'emploi d'instruments liés aux classiques (violon et piano en tête) n'est plus une nouveauté et bon nombre d'artistes ont experimentés avec ces instruments en les sortant de leur contexte pour les introduire autour d'autres instruments dont je vous épargnerais la liste. Venetian Snares lui même avait endossé le costume de chef d'orchestre sur, le maintenant fameux album, Rossz Csillag Alatt Született pour mélanger ses rythmiques chaotiques, complexe, violente mais jamais répétitive. "My downfall (original soundtrack) se place comme une sorte de continuation, mais uniquement en apparence. Loin, très loin de sa personalité traditionnel et atypique, le costume qu'endosse Aaron Funk est ici plus proche du poète maudit, du compositeur grandiose et solitaire, de l'artiste intouchable.

Les rythmiques electroniques n'ont pas droit au premier rôle pour une fois car ils sont remplacés par un orchestration complexe et sublime où se mèlent violon, violoncelles et autres instruments a corde de la même famille ainsi que des choeurs angéliques placé là tel des muses divines qui accompagnent l'auditeur et le compositeur dans cette lente, douce et sombre depression. Car, titre trompeur, "My downfall (original soundtrack) n'est pas censé accompagner des images mais un récit intérieur dont on ressort affecté. Les quelques passages les plus violents où la caisse clair samplé se mélangent a des sonorités empruntés à la techno hardcore ("Integration") sonnent presque comme des respirations en comparaison avec les sombre chants que l'on entend pointer dans le fond. Les pulsations s'excitent mais la pression redescend pour que la chute continue (Hollo utca 5) sous fond de violons mélancolique. A n'en pas douter, Aaron Funk a surement vécu un évenement particulièrement déchirant pour composer cet album. Mais si "My downfall" peut être vécu comme le récit d'un echec personnel, c'est par contre un document qui relate une victoire indiscutable contre ses propres démons et ce que l'on pourrait attendre de lui en tant que compositeur de musique electronique.

Comme je le disais en introduction, ce que je ne ressent pas et ce que je ne peux ignorer en écourant ce disque, qui a pourtant presque tout d'un disque de musique "classique", c'est l'âme et l'émotion qui s'en dégage. Non seulement le mariage des sonorités est parfaitment réussi mais la maestria avec lequel Venetian Snares place chaque rythme et dirige ses instruments dans mille et une direction relève du génie pure. Surement est ce que parce que j'ai découvert ce disque au moment opportun où mes sentiments et mes gouts musicaux étaient dans une conjonction propices mais je pense malgré tout qu'un observateur extérieur plus "impartiale" ne pourrait me refuser des adjectifs comme "unique", "hors du commun" et "saisissant" pour décrire cet album. J'irais même jusqu'à dire que "My downfall" se place au même rang que le dernier chef d'oeuvre de Ulver qui a tant fait l'unanimité sur ce site et partout ailleurs. On y retrouve aussi la passion et la réinvention du classiue, la maitrise de chaque détail ... et puis surtout cette émotion si sombre mais si entrainante. Personnel et universel à la fois, tout dans ce disque crie, se tord et s'apaise finalement sur une avant dernière plage révélatrice, "How I could say I love you". Un disque complexe et magestueux pour une confession simple mais pourtant toujours aussi complexe, même pour les dieux.

Saturday, February 02, 2008

Kaosu de Hideo Nakata


Une femme, un homme "à tout faire", un plan et une heure quarante trois d'un scénario qui se déroule et déroute. Réalisé par Hideo Nakata, le talentueux réalisateur de Ring et de Dark water, deux excellents films d'épouvantes ancrés dans la lignée des films de fantômes avec des petites filles mais tout les deux magistraux, propose cette fois ci un thriller moderne destabilisant et surprenant. Moderne car là où le spectateur pense que le scénario ira, la caméra dévoile et pose de nouvelles questions. Le film débute par un enlévement. Un homme d'affaire déjeune avec sa femme, la perd, se rend à son bureau pensant la retrouver plus tard et reçoit un appel lui indiquant que son épouse a été enlevé et qu'il devra verser une rançon. Puis, la femme se révèle être la conspiratrice du kidnapping tandis que le chef d'orchestre présumé est en fait un employé. Pourquoi ? Qui est vraiment responsable. A partir de quand le plan déraille t'il ?

Les questions s'accumulent, trouvent leurs réponses et tracent leur propre route . La fin en elle même n'est pas "à tiroir" car la véritable fin ne se trouve que lors de l'avant dernier plan. Une surprise finale qui achève un film qui n'en manque pas. Le scénario et la réalisation sont les deux architectes de l'ambiance de ce film. Les acteurs, convainquant sans être exceptionnelles, servent le récit et executent leur rôle. La caméra, ses orientations, ses plans larges laissant de grands espaces sur les cotés (tout comme dans Ring où le danger pouvait surgir de n'importe quel endroit) ne donne que peu de stabilité aux scènes de tel sorte que les personnages ne sont jamais placés au centre ce qui provoque un décalage constant avec l'image. L'oeil doit toujours se replacer et guetter chaque mouvements et chaque répliques pour que l'histoire prenne sens. Les détails comptent et malgrès la progression lente et méthodique de l'action chaque plans et chaque répliques sont justifiés. Kaosu, à l'image de son titre est un film où rien n'a de sens hormis les indices laissés par le scénario et le réalisateur. Le chaos est ordre mais dans la vie de ces personnages ce sera le chaos qui régnera au dessus de l'ordre.