Wednesday, August 20, 2008

Coldworker - Rotting paradise (Relapse Records) 2008


Peut être handicappé par le besoin de faire plaisir aux fans du groupe dont il faisait partie précédemment, Nasum, le premier album de Coldworker était un mélange de death metal suedois et de grindcore réussi mais peu satisfaisant. Un bon album qui n'allait pas assez loin et devenait donc une demi réussite.

Rotting paradise, deuxième effort d'un groupe peut être plus sûr aujourd'hui de son objectif présente donc une orientation vers le death metal suedois ou le death metal en général. De At The Gates à Cannibal Corpse, tout les riffs et les clichés du genre sont passés en revue en douze titres brutaux.

Pas de compromis mais aussi pas beaucoup de respiration. Le blast est une religion a laquelle Anders s'adonne complètement. De plus, même si les chansons présentent des variations de tempo, ce n'est en aucun cas une nouveauté dans le genre. Tout juste la preuve que les musiciens ont un sens de la dynamique a plus de deux vitesses. Rien de bien étonnant donc.

Cela n'empêche cependant pas le premier titre de frappé fort et le reste du disque de rester sur le même niveau. Les riffs s'enchainent à merveille pour peu que l'on aime le death metal dans sa globalité. Efficace, mélodique, violent et accrocheur sont des adjectifs qui conviennent à merveille pour décrire ce disque. Innovant et novateur ne font par contre pas partie de la liste.

Rotting paradise est pratiquement un hommage rendu au death metal. Tout y est tellement bien en ordre et agréable que je me suis même surpris en entendant des clichés tels qu'un "GROAAAAAR" poussé par le chanteur au début de "The Black dog syndrome". Le genre de petit détail idiot que tout le monde a déjà entendu mille et mille fois mais qui est le signe d'un genre que les fans reconnaissent facilement.

Bien produit et bien écrit, ce deuxième disque a donc deux défauts majeurs qui ne sont finalement pas due à la musique mais au contexte de sortie du disque. Tout d'abord, Coldworker est un groupe d'un ex. Nasum. Or, il n'y rien dans ce disque qui élèvera Coldworker au niveau de ce mythique groupe de grind. Qui le pourrait de toute manière. Nasum est une vache sacré sur laquelle on ne peut pas craché et je ne serais pas le premier à le faire en tant que fan du groupe. Ensuite, même si "Rotting paradise" est un homme réussit, il ne s'élève pas non plus au niveau des disques dont il s'inspire.

Ainsi, ce deuxième effort de Coldworker ne vous donnera pas envie de frapper un visage à coup de marteaux, massacrer une âme ou d'explorer une crypte mais il vous y fera penser avec juste ce qu'il faut d'insistance pour vous faire passer un bon moment.

Monday, August 18, 2008

Fuck the Facts - Disgorge mexico (Relapse Records) 2008


Après un premier disque sur Relapse où les chansons dépassaient largement le cap de la minute trente, presque une anomalie pour un groupe que l'on classifie en grind, Fuck the Facts revient avec quatorze titres allant de 30 secondes à neuf minutes.

Les titres les plus courts ne sont pas pour autant des signes d'un compromis vers un son grind pour traditionnel. Comme à leur habitude, les chansons de Fuck the Facts débordent d'idées et de changement. Impossible pour le groupe de répéter pendant trop longtemps une même idée, il y en a trop, alors il faut les étaler toutes pour leur donner chacune leur chances tout en ne perdant rien en cohérence. Or, contrairement à beaucoup de groupes qui se veulent chaotique mais ne font qu'enfiler riffs après riffs, Fuck the Facts permet à chacune de respirer.

De même, la courte durée de certaines chansons n'empêchent pas le tempo de ralentir. "As empires expand and collapse" se permet d'être mid tempo en ne dépassant pas la minute trente.

Les petits ajouts électroniques ne se font plus remarquer comme par avant et donnent donc le champ libre à l'habituel trio guitare / basse / batterie. Ces instruments se chargent de toute manière très bien d'occuper l'espace grâce a des compositions inspirés autant musicalement qu'émotionnellement parlant. La voix de Mel Mongeon est par contre moins efficace qu'auparavant. Peut être car ses paroles sont moins compréhensibles que sur l'album précédent où elle hurlait parfois des paroles très touchantes en français. Il en incombe donc aux mélodies de "Driving through fallen cities" ou de "No return" de procurer cette décharge émotionnel qui avait fait de "Stigmata high five" un disque si remarquable en comparaison de nombreux groupes de grind violent et jouissif que l'on distingue mal dans la masse.

Enregistré très rapidement avec beaucoup de galère à la clé,si l'on en croit les blogs que publiaient le groupe à l'époque, "Disgorge Mexico" n'est pas un disque mal dégrossi mais le produit d'une longue réflection. Cette reflection, Fuck the Facts l'a fait décanter depuis déjà huits albums (et d'innombrables splits receuillis sur un double CD) et continue d'être à la hauteur de ce que l'on peut attendre d'eux. Leur grind blast toujours autant mais continue de surprendre et de prendre les chemins de traverse que peu de groupe du genre emprunte. A l'instar de Cephalic Carnage ou de Pig Destroyer, la musique de Fuck the Facts s'enrichit de disque tout en étant toujours associé à la culture grindcore.

C'est par cet état d'esprit que Fuck the Facts rejoint le groupe qui lui a donné son nom, Naked City, en empruntant des éléments au grindcore pour faire leur propre musique. Une musique qui n'a pas fini d'étonner et de ravir toutes celles et ceux pour qui la musique et l'art en général ne doit pas être évident et facile d'accès mais complexe et enthousiasmant.

Nachtmystium - Assassins: Black Meddle Pt. 1 (Century Media) 2008


Comme une préparation à la déflagration a venir, la chanson d'introduction est censé mettre en jambe l'auditeur pour le préparer à l'assaut. Petit vent glaciale sous riffs de guitare saccadé, rien de moins caricaturale pour un disque du genre. La suite est par contre beaucoup plus original et fait honneur à la réputation de groupe original et surprenant que Nachtmystium s'est constitué grâce à un "Instinct : decay" aux influences psychédélique mais toujours résolumment black metal.

"Assassins: Black Meddle Pt. 1" ne sera donc pas très surprenant pour les fans car le groupe y poursuit sa route en introduisant toujours plus d'influences de la même période. Plus autant black metal dans le sens traditionnel du terme qu'auparavant, Nachtmystium est aujourd'hui un groupe de black metal dans le sens où ils produisent du metal sombre d'un point de vue atmosphérique.

La déflagration attendu après la montée en puissance de l'introduction est toutefois de courte durée car l'on ne fait plus dans le blast continu. Le rythme des chansons s'est assagi, voir même assoupi, sur certains chansons afin de laisser encore plus de place à des influences très hard rock. Le refrain de la véritable première chanson, "Assassins" est fait pour être scandé par une salle de fans dévoué. Les refrains sont donc beaucoup plus travaillés et mémorable. Par contre, les expérimentations sont toujours de rigueur comme le montre cette interlude électronique juste avant la conclusion finale du titre.

De même, le triptyque final où viens se poser de la trompette est tout en lourdeur et en atmosphère bien peu norvégienne. Bref, le black metal d'antan se retrouve uniquement dans la voix (toujours gorgé d'échos) et dans certains riffs et certains passages plus rapide. Le reste tourne plus autour d'Enslaved que de Darkthrone ou de Emperor. Résolumment metal, Nachtmystium produit aujourd'hui des titres qui pourraient largement plaire aux fans de Mastodon par leurs cotés prog ou les accroches mélodiques du refrain de "Assassins" ou du break de "Ghost of grace".

L'expérimentation connait aussi des débordements durant ce disque comme durant "Away from the light", interlude atmosphérique sympathique qui brise malheureusement la dynamique imposé par les deux très précédents pourtant très efficaces. Mais hormis ce faux pas et cette introduction inutile, "Assassins: Black Meddle Pt. 1" est une réussite pour ce qui est du mélange black metal et prog psychédélique 70's. Un mariage qui rappelle les expérimentations de Enslaved mais qui trouve dans la musique de Nachtmystium une forme originale et très agréable par ses accents mélodique, son énergie (le début de "Your true enemy" promet de faire des ravages en concert) et la variété du jeu des musiciens. Les solis de guitare sont très réussis (et eux aussi très hard rock). Le jeu du batteur se permet d'être un peu moins rigide que celui d'un batteur de metal traditionnel ce qui confère au disque une touche personnel et humaine bien loin de la froideur que l'on associe au black metal traditionnel. Un disque résolument original qui mérite d'être applaudis malgré ses quelques imperfections de par l'inventivité des musiciens qui l'ont composés.

Sunday, August 17, 2008

Killing The Dream - Fractures (Deathwish) 2008


Lever le poings et entonner des paroles en coeur est pour moi ce qui fait une part de l'essence d'un concert de hardcore. Etre inspirer par la musique et se bousculer pour saisir le micro dans les mains du chanteur. Hurler à plein poumons et dépenser son énergie dans une ambiance bon enfant, c'est cela un concert de hardcore. Le chaos et le fracas des corps entre eux au son d'une même chanson et d'une même émotion. Killing The Dream incarne tout cela dans ce dernier disque.

Je ne suis pas familié du reste de la discographie du groupe mais ce qui m'a d'abord frappé en le découvrant c'était la voix possédé du chanteur. Gorgé d'émotion, chaque parole était hurlé avec beaucoup plus d'énergie et de conviction que la plupart des groupes qui ne hurle que pour se faire entendre au dessus des guitares. C'est cet aspect là qui fait ressembler Killing The Dream à Verse, le groupe de hardcore qui m'aura le plus marqué cette année.

Musicalement par contre l'esprit de Converge vogue au dessus du disque. Sans être chaotique ou même très metallique, la passion et l'explosion des instruments entre eux rappelle le fracas des décibels entendu sur Jane Doe. Cependant contrairement au borborygmes de Jacob Bannon, incompréhensibles autant sur disques qu'en concerts, les paroles de Killing The Dream sont parfaitement compréhensibles et efficaces à l'instar du cri de ralliement qu'est le "This is letting go !" hurlé durant le break de la chanson "Fractures".

Le hardcore de Killing The Dream est assurément contemporain de par sa vivacité et la richesse des textures crées par les guitares. La batterie expose et les guitares se tordent autour des hurlements du chanteur qui y pratique une véritable catharsie. Les mots et les cœurs se tordent durant chaque chansons. Jacob Bannon a qui appartient le label Deathwish où est signé Killing The Dream expliquait lors d'un interview que pour lui l'étiquette emo ou emo hardcore n'avait pas de sens. Le hardcore émotionnel n'était pas pour lui une scène ou un cadre musical bien définit mais une musique qui le touchait. Il citait alors des groupes comme Isis ou Cave In. Des groupes qui ont défiaient les limitations de leur "genre" pour faire ce qui leur plaisaient. Killing The Dream n'est pas encore à ce stade mais expurge dans ce disque assez d'émotion et de variation pour que l'on ne puisse les associer qu'à un genre qui corresponde à la culture d'où ils viennent et à l'attitude qu'ils ont vis à vis de leur musique et d'eux même : le hardcore.

Thursday, July 10, 2008

Animosity - Animals (Black Market Activities) 2007


Le deathcore est peut être actuellement un des genres les moins subtiles avec le crunk. Mosh part, riffs gras et voix porcine. Une recette presque aussi facile qu'un morceau de crunk prêt a faire rebondir les fesses des filles en soirée et faire remuer les têtes.

Animosity par contre n'est plus un groupe de deathcore mais un groupe de death metal technique. D'albums en albums ces jeunes musiciens gagnent en maturité et en capacité technique. Hier encore auteur d'un album sympathique mais sans prétention appelé "Empire" ils sont aujourd'hui les fiers papas d'un rejeton beaucoup plus imposant. "Animals" est son nom et il le porte bien car dès la première seconde le grognement du chanteur vous entraine dans la fosse et vous fait rentrer dans le rythme.

A l'opposé de tout les groupes de ce genre où les mèches tombent plus vite que les pommes d'adam, Animosity a sut s'éloigner des clichés. La force du succès du groupe est en fait due à une adéquation de plus en plus forte entre leur image de rappeurs bling bling et leur musique (le groupe a tout de même récemment mis en vente des lunettes de soleil à leur nom). A l'instar de Despised Icon dont l'habillement est sensiblement identique, Animosity fait rebondir ses chansons avec le style d'un groupe de rap tout en gardant la vélocité d'un groupe de death technique.

Cependant, technique mais ne veut plus dire excès de démonstration mais véritable riff mémorable. Les chansons sont beaucoup plus distinctes les unes des autres tout en restant dans un style similaire. "Terrorstorm", "Animal" et "Tooth grinder" ne sont plus juste des noms sur la pochette du disque mais des morceaux que l'on reconnait aisement. Des influences variés se font sentir puisque si la passion similaire pour les chansons complexe et brutal de Cryptopsy se retrouve bien entendu les noms de Pantera (le solo de fin de "Plunder incorporated") et de Mastodon (le solo de guitare de "Animal"). Avec un spectre d'influence aussi diverse on pourrait même dire qu'Animosity dépasse le cadre du death technique et forge plutôt son identité dans un bain de metal en fusion.

Tout en affichant leur ambition d'être les sales gosses bling bling du death metal, Animosity produit ici un album mature et très bien écrit. L'étiquette deathcore ne se justifie plus pour ce disque, a part pour désigner ce groupe au sein de la scène de groupe avec lesquels il tourne. Prometteur et jouissif, Animals est un grand pas en avant qui ne trahis pas l'esprit du groupe. Mieux encore, l'évolution est on ne peut plus naturel et c'est aussi cela qui est désarçonnant avec ce groupe, être capable de faire passer avec autant de simplicité une synthèse aussi réussite de leurs influences sans perdre leur identité. Un groupe dont l'évolution promet de très bons disques à venir et offre déjà de bien bon morceau de violence bien sentis.

Sonic Sum - Films (Def Jux) 2008


D'abord sorti "confidentiellement" au Japon, Films est le deuxième disque de ce groupe de quatre musiciens, deux producteurs, un bassiste et un rappeur. Ce dernier porte la moitié du nom du groupe dans son pseudonyme puisqu'il s'agit de Rob Sonic. Déjà signé chez Def Jux pour son premier album solo sorti l'année dernière, la réédition de l'album sur le même label était naturel autant d'un point de vue économique qu'intellectuel.

Def Jux, une des plus grosses structures du rap indépendant américain a dessiné son identité avec la même mentalité que des artistes issu du street art comme Jeremy Fish (responsable de la couverture du dernier Aesop Rock) et Dalek (pas le rappeur). Artistiquement toujours dans la rue, intellectuellement ailleurs.

La musique de Sonic Sum se place donc dans ce courant artistique. Le flow de Rob Sonic est complexe. Le bonhomme articule ses rimes et appuie sur les syllabes donnant plus de force aux mots. Ses textes s'apprécient pour la complexité du vocabulaire et le jeu entre les composition et les mots qu'ils posent sur et entre les notes de basses et les frappes de batterie tout en suivant la mélodie. Elle même issu de la rencontre entre différents samples, le compromis est trouvé entre des sonorités electroniques et d'autres plus naturels. La confrontation des deux nous ramène donc au conflit que doit résoudre l'architecture urbaine moderne. Etre froide et régulière tout en pensant aux hommes et aux femmes qu'elle acceuillera.

Ce compromis est largement résolut par le talent des quatre musiciens dont le travail s'unit parfaitement mais donne des couleurs différentes aux disques. Relant funk sur "Novelty model", trip hop mélancolique sur "Choking victim", electro et assez proche d'un Anti Pop Consortium sur "Oscillator". Tout en étant clairement associé à l'univers Def Jux, Sonic Sum prouve sa valeur en tant que quatuor de musiciens créatifs et intéressants sans pour autant être les plus originaux du monde. Sans atteindre les sommets d'un Cannibal Ox ou d'un El-P, "Films" est un album très plaisant pour qui goutte aux plaisirs du rap intellectuels. Pas très old school et surement pas west ou east coast mais bien fait et surtout pas stéréotypé.

Le défaut majeur de ce disque est en fait malheureusement de sortir en 2008 et pas cinq ans auparavant. Aujourd'hui clairement associé à un univers très codifié, Sonic Sum trouve sa place dans les rangs des représentants les plus talentueux de Def Jux mais n'est pas une des têtes d'affiche du genre. L'auditeur que je suis qui découvre ce disque aujourd'hui n'est donc pas totalement charmé mais, suffisament intrigué pour recommander ce disque à tout fans de Def Jux, de Rob Sonic ou d'Anti Pop Consortium. Ceux ci y trouveront un album qui ne révolutionnera pas leur univers musical mais qui n'aura pas de mal à leurs plaire.

Wednesday, July 09, 2008

Black Sheep Wall - I am god songs 2008


Le mur du mouton noir. Il fallait s'y attendre, après des dizaines d'années, tout les noms de groupes vraiment géniaux et facile à retenir on déjà été pris. Reste donc aux nouveaux groupes à s'inventer des patronymes en piochant un peu partout. D'où : le mur du mouton noir. Heureusement, ce jeune groupe n'aura pas besoin d'un nom marrant pour que vous vous souveniez d'eux. La raison en est simple : quand on est frappé par l'équivalent sonore d'une masse de trente tonne, on a tendance à s'en souvenir. Mieux encore, quand on fait parti des sadiques dans mon genre, on y revient même avec plaisir et on en redemande.

Originaire des états-unis, Black Sheep Wall est en quelque sorte le résultat d'une expérience qui consisterait à fusionner Meshuggah et Unfold puis les plonger dans un bain de pétrole. Le résultat serait donc une machinerie qui oscillerait entre la polyrythmie et les textures post hardcore avec une lourdeur et une noirceur massive. Gras et violent, Black Sheep Wall ne plaisante pas.

Le bref moment qui introduit la première chanson où l'on entend une voix dire "alright ... we're recording" est un excellent moyen d'immerger l'auditeur dans l'univers du groupe en le frappant d'abord d'un grand coup quand il s'y attend le moins. La production y est pour beaucoup. Bien qu'auto produit (et récemment signé sur le label de *shels), le disque a largement de quoi rivaliser avec les grosses productions des labels sans le coté totalement artificiel de ceux ci. Bien que la batterie soit bien mis en avant et ne sonne pas naturel du tout ce n'est pas un désavantage pour ce groupe dont les riffs sont déjà tellement massif qu'ils n'ont rien de normal. Le groupe tourne toutefois et n'est donc pas un nouveau projet studio. Reste à savoir ce que vaut leur performance live.

En tout cas, au vu de ce premier effort de neuf titre, l'ampleur du carnage a le potentiel d'être mémorable. Sans jamais accélérer, la musique de Black Sheep Wall écrase par le seul poids de ses instruments compacte en un seul bloc. Couplé à une voix graveleuse et rageuse, la performance essouffle mais ne perd pas en intensité grâce a des plages de tailles variés allant de sept à trente seconde (la dernière plage de 13 minutes étant presque plus une outro qu'une véritable chanson). Les textures post hardcore en revanche donne l'occasion aux rythmiques massives de se reposer. Le contraste permet des variations d'émotions au sein d'une même plage et l'on ne reste pas focalisé sur une violence aveugle mais, l'ont passe du déferlement à l'apaisement pour revenir ensuite à la violence la plus monolithique qui soit.

Black Sheep Wall n'est donc pas qu'un groupe au potentiel impressionnant mais, dont la capacité a créer une musique originale et massive est d'ors et déjà évidente. Il ne reste donc plus qu'à ce groupe à se trouver un public. Avis donc aux amateurs de son lourd, lent et gras, vous avez trouvez votre nouveau monstre.

Pyramids - Pyramids (Hydrahead) 2008



Associé par certain à Mare, mais sans preuve à l'appui, Pyramids est donc une entité étrange arrivant sur HydraHead sans que personne n'ait jamais entendu parler d'eux. Catapulté sur le catalogue de Aaron Hunter, couverture designé par le bonhomme, voilà un disque qui ne demande rien à personne et ne souffre d'aucune attente particulière.

Le lien, même si il reste au stade de la rumeur, avec Mare n'est toutefois pas infondé puisque dès le début on est acceuillis par des choeurs évoquant, autant par leur voix que par la production (des couches de la même voix en canon), la conclusion du mythique et unique EP que nous a laissé ce groupe. Tout aussi avant gardiste que ces canadiens dont on a perdu la trace, la musique de Pyramids joue avec les étiquettes pour se retrouver derrière celle de l'avant garde. Une etiquette passe partout qui convient finalement très bien à décrire le mélange des influences.

Comment décrire un tel disque ? My Bloody Valentine remixé par Xasthur ? On serait franchement loin du compte avec une telle equation car il y a vraiment beaucoup plus que cela dans la musique de ce groupe. Preuve a l'appui la pléthore de nom associé à l'album de remixe vendu avec la première édition du disque pour un prix défiant toute concurrence : Toby Driver (Kayo Dot), James Plotkin, Justin Broadrick, Vinsdall (Blut Aus Nord). Cette dernière plage est d'ailleurs notable rien que pour le fait que le remix est tellement personnel que l'on ne retrouve plus la chanson originale mais, une nouveau titre de Blut Aus Nord période Thematic emanation of archetypal multiplicity.

Pourtant, dans cette assemblage ethoroclite de nom, si l'on prenait un peu de la musique de chacun on obtiendrait peut être un mélange qui ressemblerait à Pyramids, toute proportion gardé. Car si ce premier disque relève de l'ovni inattendu il n'est pourtant pas dénué de défaut. Le premier : le son de la boite à rythme. Le reste du disque, pourtant très bien produit et donnant une dimension étrange, noyé dans des tonnes d'effets, aux différents instruments méconnaissables, est en partie gaché par ce rythme synthétique. Parfois rapide, ces quelques moment de "blast" évoque la musique de Xasthur mais, sans que le mélange de l'electronique et de l'organique se fasse avec autant de bonheur que sur les albums de Malefic.

Le second "problème" de ce disque est par contre propre à la nature même de la musique. Experimental et étrange, elle navigue entre tant de territoires que l'on se perd souvent pendant l'écoute sans pouvoir distinguer clairement chacune des plages. Les dix titres forment alors un ciel nuageux complexe et dense dans lequel on peut se perdre pendant un peu plus d'une demi heure. Ceux qui attendront par contre des plages plus séparés et plus mémorable seront par contre déçu du voyage.

La courte durée du disque l'empêche par contre d'être trop dense et d'éviter le piège de l'oeuvre chaotique et impénétrable. Au bout de la dixième on s'échappe quelque instants de ce labyrinthe de rythme et de guitares shoe gaze possédé pour avoir de suite envie d'y revenir et de gouter de nouveau à ce nouveau mélange. Il y a du potentiel dans Pyramids, beaucoup de potentiel. Seulement, à l'heure actuel, ce potentiel n'est pas encore totalement formé et les éléments qui pourraient faire de ce groupe une révélation avant gardiste ne sont pas encore dans le bon ordre. Cependant, si il y a bien un groupe a surveiller de près c'est celui ci donc ne passer pas devant l'occasion de l'acquérir afin d'ajouter un ovni de plus à votre collection. D'autant plus que l'album de remix est pour une fois très intéressant?. Chaque compositeur ajoute ainsi une perspective supplémentaire à un disque qui peut être abordé de mille et une manière tant ses différentes faces sont étranges et surprenantes.

Verse - Aggression (Bridge nine)


Habité par la flamme du hardcore, Verse sont les fiers détenteurs de l'esprit de Minor Threat. Loin de répéter la musique de leurs ainés, Agression est marqué par la détermination et la puissance de chansons aussi traditionnel qu'elles sont progressives. Le terme n'est toutefois pas le signal d'un départ par rapport au hardcore mais la marque de l'originalité qui parcours ce disque. Possédé par un esprit révolutionnaire, Verse prend le pari de faire un disque dont l'émotion et le discours ouvertement politiquement est inséparable.

Dès les premières notes de The new fury l'émotion jaillit et s'infiltre en dehors du disque. Possédé par le même souffle de révolte qui a parcouru les veines de toutes les femmes et les hommes privés de leur liberté, les paroles du chanteur prennent à la gorge par leur justesse. La qualité d'écriture est ici très impressionnante tant la violence des paroles est contrebalancé par la justesse de chaque mots.

Indubitablement construit autour de ces paroles, Agression est un album qui se lit autant qu'il s'écoute. Alors que les disques se téléchargent sans aucun livret a coté, Agression est un album dont la lecture des paroles n'est pas recommandé, elle est obligatoire.

The new slave's south of the border, murdered or overseas. We still struggle with the fact that one percent has ninety-nine on their knees (The new fury).

La qualité d'écriture n'est toutefois pas en reste, loin de là, car si l'émotion des paroles est si bien porté c'est parce que l'énergie des musiciens qui l'accompagne est aussi explosive et dévorante. "old guard", "Signals", Unlearn", tant de chansons qui agitent le coeur de l'auditeur et l'emporte dans des rêves de courses effrénés. Joué avec forces, chaque chanson est interprété avec la force du désespoir, comme si la vie de chacun de ces musiciens comptaient dans l'interprétation de chaque titre.

Possédé par la détermination et une foi sincère en leur musique et leurs paroles, Verse accompli en moins d'une demi heure de musique ce que des musiciens apprentis révolutionnaire ne réussisse pas à faire. Pas de mascarade ou de tromperie, l'émotion est vrai et ce ne sont pas les hurlements du chanteur, semblable a ceux que l'on entendrait sortir de la gorge dont on retire un couteau du ventre, sur "The new fury" qui me feront mentir. De même, l'énergie positive qui se dégage de "Serenity (Story of a three man - Chapter three)" alors que retentissent les dernières paroles de cette histoire pleine de rage et d'espoir : "This is the story of a free man !".

La sincérité et l'honnêteté qui se dégage de chacun de ces douze brulot de hardcore fait de ce disque un monument essentiel dont la force de la conviction fera surement de Verse un des groupes du genre les plus essentiels à ce jour. Des paroles qui, sortir de la main d'un presque total étranger à la scène hardcore, pourront surement paraître présomptueux. Pourtant il suffit d'une écoute pour se rallier à la cause de ce disque et l'accueillir comme un des disques qui sera sans aucun doute l'un des plus marquant de cette année pour de nombreuses personnes, toute génération confondus. Car tout est dans la conviction et l'émotion.

Wednesday, July 02, 2008

Sexualité aujourd'hui

A l'occasion de la sortie du film de Sex and the city l'Express faisait sa couverture avec un dossier sur l'évolution à la sexualité des femmes. Plus libérés, à l'image des héroïnes de cette série (pour ce que j'en sais) les femmes apparaissaient dans ce dossier comme étant finalement toujours plus insatisfaites par leur manque de liberté. Paradoxe ? Dans un pays où la sexualité s'affiche dans les publicités, comme partout en Europe et dans les pays anglo saxons, il existe une rupture entre ce que les médias ont le droit de montrer et de faire et ce que les gens font vraiment. Ainsi en va de l'évolution des images qui se voulaient perverses et abominables pour les générations précédentes et qui ne sont aujourd'hui que des étincelles de chairs sur nos pupilles constamment occupés par des tonnes de publicités exposant des corps de femmes nues à tour de bras.
L'utilisation constante de la femme par la publicité est d'ailleurs un bon exemple de ce manque d'ouverture complet puisque le corps de l'homme nue n'est encore que peu exposé sous toutes ces formes. Il existe différents standards de femmes sur les écrans publicitaires en fonction des produits que l'on veut vendre mais, peu de vision différentes de l'homme. Le mec ne fait vendre que quand il est musclé. Seul exception, le corps de Begbédé sur les publicités d'un grand magasin parisien. Doit on se sentir rassuré par cette ouverture vers un corps d'homme qui n'a pas le physique d'un lutteur grec ?
Pas vraiment.
Ce qui m'effraie en fait plus c'est la dichotomie entre cette supposé liberté sexuel hérité de mai 68 et l'impact néfaste que ces campagnes ont sur la perception de la sexualité. Objectisation du corps et mise en valeur de la performance, de l'efficacité, du fantasme sont les fers de lance de la publicité et des médias. Les plaisanteries autour du sexe se font maintenant en prime time et dans les séries pour adolescents sans que cela pose encore un problème. On peut parler de tout à la télévision mais, par conséquence on laisse les gosses s'éduquer par le biais du petit écran sans vouloir aborder directement le sujet qui fâche avec eux.
Par conséquent c'est cette alliance entre le désinvestissement des parents et cette surenchère médiatique envers le sexe et tout les clichés qui entoure la sexualité moderne et "libéré" qui devraient être interrogés à l'heure actuel.
Mais non, au lieu de cela le Parisien du jour précédent faisait son gros titre avec la prostitution de jeunes filles de 14 ans qui se vendent pour gagner de l'argent en proclamant un seul coupable : la pornographie.
La pornographie est vendeuse et cela les médias propre le savent bien puisqu'ils exploitent l'imagerie de ce genre et invitent ses acteurs sur des plateaux de télévision pour parler de sexualité de manière décomplexé.
Petit problème : les acteurs de films porno ne sont pas les meilleurs pour parler de sexe puisqu'ils font semblant de ressentir et de jouir à longueur de journée.
L'illusion de l'acteur porno est justement de faire croire au public que tout ce qu'il fait ou qu'il subit lui plait. Si ça ne lui plait pas, ça va lui plaire au bout de la deuxième minute. Après ça, continue de regarder et tu ne seras pas surpris par ce que tu verras. Des corps qui s'entremèlent sous tout les angles et des nouvelles positions tellement improbable qu'il faudrait lancer une pétition pour que ces gens soient reconnus comme des athlètes et non comme de simples acteurs. Il y a une vingtaine d'années ont applaudissaient Belmondo car il faisait ses cascades tout seul mais, qu'en est il aujourd'hui de ces femmes qui s'occupent de quatre hommes en même temps. Si ce n'est pas la performance physique il y a aussi une chose qui est sur : ce n'est pas du sexe. Ou en tout cas pas du sexe tel qu'on le pratique dans tout les appartements. La pornographie est un divertissement.
Bruce Willis n'a pas vraiment sauvé le monde à plusieurs reprises. Cela tout le monde est d'accord sur le sujet.
Mais, Jenna Jameson n'a pas non plus adoré coucher avec tout les acteurs avec qui elle a joué. Elle n'a pas non plus pris son pied à chaque scène, surtout quand le réalisateur demande à la maquilleuse qu'elle lui rajoute du fond de temps tout les cinq minutes pendant que Machin Gros truc Chose la tiens en équilibre à l'envers sur le carrelage de la salle de bain.
Or, c'est cette image aseptisés, mécanique et olympique du sexe qui est aujourd'hui vendu par les télévisions et par les panneaux publicitaire. Les poses sont les mêmes, les regards concupiscents sont là. Il ne manque plus qu'aux modèle de retirer toutes leurs fringues pour que je retrouve les jackets des dvd des films porno de Private ou de Vivid (deux des grandes maisons de production de films pornographiques aux Etats unis) sur les murs du métro de la capitale.
La capitale. Elle aime la publicité et regorge d'emplacement parfait pour vendre encore et encore. Qui y trouverait à redire, il faut bien rentabiliser tout ce cirque pour continuer à acceuillir des touristes et donner des emplois à toutes les personnes qui s'emploient à servir les parisiens et les visiteurs de passages. Mais et la province dans tout cela ? Que pense t'elle de ces images ? A t'elle autant ouvert son esprit envers ces images ? Comment ces changement sont ils perçuent ailleurs au delà de nos immeubles de bétons qui obsèdent les caméras de télévision tandis que les autres régions de France sont persona non grata en dehors des JT de 13H.
La France est un pays qui aime se regarder le nombril mais, qui aime revendiquer son propre nombrile. Chacun est le centre d'activité de la France entière et au delà rien ne compte.

Thursday, June 26, 2008


Le consensus sur internet parmi la communauté de fan de Kayo Dot et de Toby Driver est que cet album est décevant ou génial. Jetez un oeil à l'attitude du petit bonhomme en haut et vous saurez de suite de quel coté de la barrière je me trouve. Kayo Dot, ou bien Toby Driver tout simplement, après avoir perdu une grande partie de son orchestre n'a pas pour autant arrêté de composer et a même évoluer. Plainte des fans qui attendaient une suite semblable à "Dowsing anemone with copper tongue" ou un improbable retour vers "Choir of the eye". Kayo Dot évolue, change, s'échappe de son cocon pour partir voler encore plus loin.

Attention car cette iimage n'as pas que de prétentions littéraire. Tout ce que délivre "Blue lambency downward", Driver l'avait déjà évoqué dans ses précédentes compositions. Sa signature même sur Tzadik (label du saxophoniste free jazz John Zorn) trahissait déjà il y a quelques années la tendance qu'allait prendre ce compositeur multi instrumentaliste et multi forme. Le jazz, autant pour ses "codes" de composition complexe et évolutive et cet instrument à vent avec lequel Coltrane et Ornette Coleman ont construit la légende ont toujours eu une part importante dans l'identité et dans les compositions de Kayo Dot. Aujourd'hui, l'influence de ce genre n'est plus uniquement diffuse mais, assumé et c'est ce tournant vers un "genre" plus évident que les fans auront peut être du mal à accepter.

Evident c'est tout de manière très vite dit car si Toby Driver était devenu un compositeur cloisonné dans un genre ce serait le signe qu'il aurait été remplacé par une pale copie venu de l'espace ou d'une usine de cyborg de bas étage. Non, Toby Driver est toujours le même et son jeu de guitare est toujours aussi reconnaissable depuis ses débuts dans Maudlin of the Well (groupe de "metal" progressif dont il fut un des membres fondateurs) jusqu'à aujourd'hui. Son sens de la composition s'est par contre aiguisé et ses compositions sont aujourd'hui plus courtes (plus de marathon de plus de quinze minutes) mais, aussi beaucoup plus complexe.

C'est là aussi la grande surprise de ce disque. La composition de l'orchestre n'a plus rien à voir avec le metal ou même le rock puisque seule la guitare subsiste comme souvenir que Kayo Dot a autrefois était associé à ces genres. Plus de bassiste. Plus de distorsion. Plus de cri. Plus non plus de note laissé suspendu dans l'éternité ... En réduisant la longueur des compositions, Driver a pris la décision de porter son attention vers une plus grande interaction constante entre tout les instruments. Profitant des connaissances musicales impressionnantes des musiciens qui l'accompagne, il s'est permit des structures beaucoup plus denses et complexes.

En effet, lors du concert donné à Paris, bien que seulement six musiciens occupaient la scène, presque chacuns tenaient au moins deux voir trois instruments différents entre les mains pendant toute la durée du set (à l'exception du batteur). Les morceaux sont donc beaucoup plus difficile à analyser et à saisir. Sur trois titre consécutifs la durée ne dépasse pas les cinq minutes ce qui demande donc une attention de chaque instant pour saisir toutes les variations si jamais on tenait d'appréhender le disque comme les précédents.

Contrairement à "Dowsing anemone ..." où l'on pouvait fermer les yeux et se laisser absorber doucement par une stase aux émotions douces et amères, "Blue lambency downward" demande à son public d'être attentif et de participer activement en allumant tout ses sens pour profiter pleinement de chaque instants. Ce n'est toutefois pas un changement qui fait perdre de son identité à Kayo Dot ou même au travail de Toby Driver. Il suffit pour cela de suivre un peu son évolution de "My fruits psychobell" jusqu'à "60 metonimies" pour entendre le chemin logique et subtile que l'artiste à tracé tout au long de sa vie de musicien. On pourrait donc m'interroger et me demander pourquoi je décrivais "Blue lambency downward" comme autre chose qu'une suite logique de l'album précédent. Driver et les musiciens qui accompagne (dont la ravissante Mia au jeu sublime et enchanteur, comme il se doit) ont fait atteindre à Kayo Dot une nouvelle étape. Intemporel tout en étant riche en idée neuve, ce nouvel album ne dénote du reste de la discographie de Driver que pour une chose : sa nouveauté et la promesse d'un avenir encore plus surprenant.

Thursday, May 29, 2008

Aborted - Strychnine 213 (Century Media) 2008


Avoir la chance d'interviewer un artiste dont on apprécie le travail tout particulièrement est une chance que j'ai de temps en temps. Par contre, ressortir du dit interview sans une seconde d'enregistrement à cause d'une erreur de manipulation du magnétophone après avoir eu un entretien des plus intéressant fait partie des situations que je ne désire pas revivre tellement on se sent con et frustré de ne pas avoir remarqué que la bande ne tournait pas.

D'autant plus que le plus que l'interlocuteur en question, Sven de Calouwé, m'a marqué par son attitude éloigné du front man que j'ai pu voir en concert. Interrogé sur l'importance du merchandising dans la vie économique du groupe il m'est apparut comme un homme qui sacrifiait beaucoup, autant dans sa vie personnel et dans ses finances, pour pouvoir continuer a faire de la musique. Le genre de type que l'on ne peut accuser de se vendre ou de faire de la musique pour des raisons annexes. Pas de pose, pas de rattachement à une mode et pas non plus de compromis pour faire plaisir aux fans qui aimeraient continuer à entendre le son Aborted des débuts. Le groupe évolue et prouve encore une fois sa capacité à créer une musique qui lui est propre alors que les jeunes groupes de death metal se pressent de se copier mutuellement.

La course au plus grand nombre de mosh part ne fait que produire des disques sans fond et sans âme. Des disques passe temps que l'on s'amuse a écouter une ou deux fois avant d'aller voir ailleurs. Certains évolueront peut être vers quelque chose de plus personnel mais, il est encore trop tôt pour savoir ce qui ressortira de cette mode. Dans ce contexte, ce nouvel album de Aborted apparait d'autant plus comme un disque mature et personnel. Une évolution déjà commencé dans "Slaughter & Apparatus" vers des titres plus variés, plus dynamique et une production moins compact et plus naturel. Une volonté de tendre vers un son plus live et plus rock and roll que Sven exprima durant l'interview.

Le titre du disque fait aussi référence à une horreur et une violence plus réaliste puisque le chiffre 213 fait référence à l'appartement où le tueur en série Jeffrey Dahmer emmenait ses victimes. Empoisonné avec de la strychnine puis étranglé, violé et finalement démembré, un rituel que "le cannibal de Milwaukee" (car il faut bien se débarasser de la viande d'une manière ou d'une autre) répéta sur dix sept victimes. Dahmer n'est cependant pas la seule source d'inspiration du disque puisque la plupart des chansons parlent de différents tueurs en série ou d'autres sujets. Musicalement l'album n'a pas non plus une seule facette. "Strychnine 213" est un disque qui fera date pour les fans de Aborted car il divisera surement entre les partisants du changement et les nostalgique du brutal death grind des débuts.

Que l'on ne se meprenne pas pour autant. Aborted est et reste un groupe de brutal death. Les chansons de "Strychnine 213" sont toujours autant rempli de blast et de grognement qu'auparavant. Pas de chant claire non plus à l'horizon. Les riffs et les leads sont par contre beaucoup plus mélodique et accrocheur tout en étant couplé a une rythmique violente et très dynamique. Le contraste ainsi crée permet a Aborted de se créer une toute nouvelle identité qui n'est que le résultat d'une évolution constante (les prémices de ce changement se sentait déjà sur "Slaughter & Apparatus" avec la ligne mélodique d'intro de "The Foul nucleus of resurrection") et pas d'un revirement brutal. Ceux qui attendent encore que le groupe revienne à l'époque "Engineering the dead" ou même de "Goremaggedon" ferait mieux d'abandoner tout espoir. Aborted évolue et continue sa route sur une voix qu'ils tracent désormais eux même en s'afranchissant de beaucoup de limite du genre dans lequel ils étaient classifiés.

Cette volonté de se différencier des productions actuelles se retrouve dans le choix d'une production où tout sonne au naturel. Pas de triggs, pas de mur de guitare surpuissant et tellement entendu qu'ils ne font plus aucun effet. Après avoir écouté tant de groupes de deathcore identique c'est agréable de découvrir une production moins léchés et aussi peu surchargés en effet. Des samples interviennent tout de même mais, leur utilisation est parcimonieuse et surtout très efficace (comme à la fin de "Pestilence subterfuge"). En fait, ce choix d'un son plus naturel sera peut être le facteur le plus déterminant dans l'appréciation de ce disque. Audacieux par son orientation plus mélodique et accrocheuse (sans jamais tomber dans la facilité ou dans le "suédois") son apparence moins léché saute moins à la gorge que les albums précédents et demande donc d'être domestiqué. Un album qui s'apprécie aussi beaucoup plus au casque et qui passera sans nul doute très bien le passage du live. Cette envie de faire des chansons plus variés qui conservent toujours de l'impact pendant les concerts était aussi un des points soulevés par Sven pour définir l'optique dans laquelle ce nouvel album avait été écrit. "Strychnine 213" est un album qui surprendra surement tout ceux qui s'attendent à ce qu'Aborted reste ce qu'il était. Un disque qui a le potentiel d'être un des albums de l'année de certain ou le pire disque pour d'autres. A vous de trancher.

Monday, May 19, 2008

Noise Festival à la Maroquinerie


On ne peut qu'imaginer la difficulté a donner un autre nom a un festival aussi étéroclite que celui ci. Rock, metal, electronique, influences de tout bord se mèlent dans la musique des neufs groupes qui défilèrent sur les planches de la Maroquinerie. Alors, quand toutes les étiquettes sont enlevés, que reste il d'autre que la distorsion , le bruit puissant et ravageur qui repousse le public lambda et attire les individus avide de distorsion et d'enceintes poussé au maximum. Cette envie, ce besoin même, de faire exploser les tympans et de manipuler le son pousser à son maximum est ce qui réunit chacun de ces groupes et tous apporteront leurs influences, leur son et leur propre manière de se produire. Pas de répétition, pas de scène, pas d'ennuis.

Yog, groupe de grindcore venu de suisse s'impose très vite et il suffit d'une chanson pour que le groupe emmène avec toute son énergie les quelques chansons qu'ils joueront ce soir. Influence inattendu sur un groupe de ce genre, une petite pointe de "Meshuggah" pointe à travers les riffs mais n'entrave pas la rué des blasts. Les titres restent assez court mais le jeu des musiciens est surprenant. Le batteur en particulier focalisa toute mon attention a de nombreux moment tant son jeu était riche. Le son est aussi au rendez vous et permet au quatuor d'imprimer son nom dans mon esprit comme un groupe à découvrir sur disque.

C'est ensuite à Tanen de jouer et d'interpréter ce que j'appelerais maladroitement du "posthardcore". Maladroitement car si il y a beaucoup d'éléments propre à cette scène dans leur son il y a aussi beaucoup plus d'énergie et de pêche dans leur prestation que dans la plupart des groupes du genre que j'ai pu voir. Le chanteur saute sur place tout en hurlant ses textes, aucun musicien ne veut rester en place et tous s'agitent, rendant ainsi leur performance mémorable. Musicalement par contre rien ne m'aura toucher dans ce groupe. Les éléments sont là mais ... rien, franchement rien. Désemparé, je m'assis vers la fin de leur set, la tête dans les mains, essayant de trouver quelque chose, en vain. La réaction du public me laisse à penser que je fais partie de la minorité. La prestation du groupe sera tout de même assez intéressante pour mériter d'être vu.

Viens le tour de Fiend dont les membres ont joué ou joue dans des groupes qui vont de Kickback à Senser. Pas de rap ni de coup de pied retourné cependant mais du rock lourd et mélodique bien interprété mais, encore une fois, impénétrable pour mes oreilles. Les musiciens semblent pourtant en place. Le batteur s'évertue de frapper de grandes cymbales et y met de l'enthousiasme, contrairement au second guitariste et au bassiste qui resteront stoïque, presque absent, durant tout le set. Le son n'est aussi pas de leur coté et bien que certaines mélodies vocales ou des leads ressortent et m'interpellent, ils restent trop rare. Après avoir discuté avec quelque amis je pu constater que bien que certains partageaient la même opinion que moi, d'autre étaient tombés sous le charme. Tous ne ce seront donc pas ennuyés, tant mieux pour eux.

Arrivé un peu en retard, je manque le début de Four Question Marks que je peine à reconnaitre tant leurs influences Meshuggah sont aujourd'hui bien digéré et enrichit par une hargne qui laisse la place a plus d'émotion mais toujours autant de polyrythmie. La démarche artistique est donc plus mature mais, malheureusement pour eux, le son n'est vraiment pas avec eux. Trop ou pas assez compressés, les sons qui ressortent des amplis s'éparpillent et me laissent perplexe, cherchant a tout prix une accroche quelconque, n'importe quoi qui puisse me faire rentrer dans ce chaos de riffs intriguant dans lequel deux chevelus du premier rang sont plongés éperduement. A l'instar de Tanen, tout dans ce set me forcera a rester en retrait mais, à l'inverse de Tanen, je ne doute pas une seconde que je pourrais aimer leur musique dans des conditions différentes. Les critiques peuvent donc ranger leur "MESHUGGAH !", comme le cria un type sur le coté, le groupe a désormais trouver son propre son. Le bassiste / chanteur lui répondra d'ailleurs très justement "Non, Four Question Marks". Sans l'ombre d'un doute, oui.

"This song is about sexual relations". Ah. Merci de l'avoir dit, je n'aurais pas deviné sinon. Chanteur arborant un tee shirt Soilent Green. Dénué de bassiste tout comme Pig Destroyer. Complete Failure est un groupe de grindcore qui s'inspire en quelque sorte de ces deux groupes en proposant un mélange de parties rapide et violente et de ralentissement distordus et tout aussi abrasif. Signé sur le label de Steve Austin (Today is the Day), SuperNova Records, les trois musiciens de Complete Failure, dont le batteur joue aussi dans Today is the Day, exécutent durant un set beaucoup trop court une succession de chansons qui pécheront par un manque de puissance dans la guitare mais qui auront le mérite de marquer par leur puissance, leur originalité et leur pugnacité. Encore un groupe à redécouvrir dans de meilleurs conditions mais qu'il ne faudra surtout pas tarder à expérimenter sur disque.

L'intensité pourrait ensuite redescendre d'un cran, en théorie, puisque Jucifer est, en théorie (du moins dans mon esprit) un groupe plutôt rock, et que seulement une guitariste chanteuse et un batteur occupent la scène. Grossière erreur de ma part. Bien qu'accompagné que d'un nombre raisonnable d'ampli (un gros de là où j'étais) contrairement au mur qui est censé prendre place derrière le couple de musicien, le son tellement grave qu'il en devient caverneux de la guitare racle pendant cinq minutes mes tympans et efface d'un coup toutes mes appréhensions et mes attentes. Jucifer est un groupe de sludge/doom/gros son avec une chanteuse / hurleuse accompagné par un batteur déjanté qui tressaute sur son siège, fait voler ses baguettes et démembrent a coup de blast et d'une frappe massive tout ce qui pourrait ressembler a une chanson ou a une prestation conventionnel. Je comprendrais aisément que certains aient eu du mal a rentrer dans ce cirque sonore ahurissant, j'excuse même sans problème ceux qui partirent faire autre chose mais, ils avaient tort. Un très bon groupe de scène et une performance mémorable.

A coté de cela, les bostonien de Nachtmystium, fiers chevaliers du black metal, pourraient passer pour des guignols en comparaison. Il n'en est pourtant rien car bien qu'associé à une scène constitué de nihilistes peinturlurés, Nachmystium est avant tout un groupe de metal aussi atypique que ses chansons sont efficace et originales. Solos mélodique pratiquement psychédéliques. Blast beats entrecoupés de passage plus punk. Voix gorgé de delay. Il suffit de s'attarder un peu sur ce groupe pour voir à quel point leur musique est original et intéressante. Ceci dit, bien que j'étais dans les premiers rang a me remuer la tête jusqu'à ce qu'elle roule par terre, je ne dirais pas de leur prestation qu'elle était immense et dantesque. Non, Nachtmystium a juste montré ce soir que leurs chansons passent très bien le cap du live et qu'ils ont beaucoup à offrir.

Co équipier de tourné avec Nachmystium, Genghis Tron prend ensuite le relais et commence a installer son matériel. Sampler, clavier, guitare, micro et six néons colorés. Un large fossé sépare ces deux groupes et pourtant ils semblent bien s'éntendre à voir leur manège sur scène pendant que l'un range son matériel et que l'autre débarque le sien. Contrairement à Nachtmystium dont la musique était metal jusqu'à l'os, la prestation de Genghis Tron est placé sous le signe du mélange et de l'inattendu. Rythmique electronique, jeu de lumière, hurlement criard gorgé d'effet, les influences du trio sont dispersés au quatre coin d'un univers musical très vaste mais ils réussissent à tout mettre en ordre au fil d'une succession de chansons magique débordant d'énergie et d'intelligence. Un groupe qui demande que l'on ouvre son esprit a des influences très variés mais qui compose des titres tellement efficace et puissant, déjà fantastique sur disque, encore meilleurs sur scène, que l'ont ne peut s'étonner de voir une partie du public partir dans tout les sens dans une fosse énergique mais bonne enfant (la seule de tout le festival). Un des meilleurs groupe de la soirée par leur originalité et la qualité de leur prestation qui fut, par contre, beaucoup trop courte (27 minutes d'après un ami).

Horse The Band n'aura par contre pas la même chance que Genghis Tron puisque leur set sera remplis de problème technique. Alors que le trio avait eu droit a un son parfait, très compressé mais parfait pour leur performance aux détours multiples et milimétrés, la musique de Horse the Band aura bien du mal a ressortir clairement des amplis. Pas de guitare à l'horizon, un clavier que l'on distingue a peine et un chanteur que l'on entends qu'a moitié. Et pourtant, Horse the Band reste quand même un des meilleur moment de ce festival. Energique et bourré d'humour, il est impossible de raconter tout ce que le groupe (le chanteur surtout) raconte entre les morceaux mais jamais je n'ai vu autant de personnes rire aux éclats pendant un concert. L'humour n'est de toute manière pas le seul atout du groupe et "Lord Gold's throne room", premier titre a bénéficé d'un son correct, se chargera de prouver cela. Les mélodies du claviérite, aussi entétante que comique, et la bonne humeur du groupe a interpréter sa musique, aussi étrange qu'elle puisse être quand on ouvre pour Today is the Day, donnera a ce concert un esprit de fête et de joie qui poussera beaucoup de monde vers le stand du merchandising.

Le contraste ne sera donc que plus grand au moment de la montée sur scène de Steve Austin et de ses deux acolytes. Machine a fumé et musique d'intro oppressante, la messe noir que l'on nous avait promise peu commencée. Contrairement aux disques, la voix de Austin est plus grave la plupart du temps. Difficile de tenir tout un set avec une voix aussi aigu et possédé que celle des disques de toute manière. L'émotion est de toute manière là ainsi que la violence des chansons. Les blasts presque mécanique exécuté par le batteur de Complete Failure sont à l'image de la mitraillette de la pochette de "Axis of Eden" que l'on retrouve derrière le groupe, froid et rapide sans être des pures produits issus d'un artifice technologique. Les premières chansons imposent un niveau de violence bien supérieur a la plupart des groupes de ce soir mais l'atmosphère monte d'un cran quand Austin décroche son micro et commence a chanter seul, batteur et bassiste étant caché par la fumée, un des titres atmosphérique de "Axis of eden". Visiblement possédé par sa musique et ses paroles, le chanteur remercie le public d'être venu et commence ensuite a vister ces anciens disques. La part belle sera faite ce soir à l'album "Temple of the morning star" puisque seront interprétés "The man who loves to hurt himself", "Pinnacle" et la version électrique de la chanson titre, lente, torturé mais pas moins intense que le reste du set. "Supernova" sera interprété vers la fin, preuve que Austin n'oublie pas ses débuts. Autre époque plus mélodique que je ne connais pas mais qui ne dépareille pas en terme de sincérité par rapport aux autres titres.

La sincérité, c'est peut être bien le deuxième point commun de ce festival mémorable qui aura vu neuf groupes défilés sans aucun faux pas véritable. Un festival qui aura aussi permis un éclectisme musical rafraichissant qui fait plaisir a voir et a entendre.

Monday, May 05, 2008

Autist - Only for the geek (Booze me up records) 2008


Quand j'ai chroniqué la demo de Autist il y a deux ans j'avais découvert un jeune groupe mélangeant screamo et grindcore avec beaucoup d'énergie. Le genre de demo qui vous donne un coup de fouet grâce a un son cradingue et des chansons que l'on sent bourrés de potentiel. aujourd'hui, Autist propose un nouveau cinq titres intitulé "Only for the geek" et même si l'énergie est toujours là et que le son est bien meilleur, je ne retrouve pas la même impression qu'il y a deux ans. Beaucoup mieux enregistré et doté d'un son de guitare croustillant le premier riff annonce pourtant de très bonnes choses mais le groupe ne semble pas parfaitement en place sur ce titre et l'énergie retombe donc assez vite. La basse gigote par moment mais avec un jeu qui semble très aléatoire et qui n'apporte donc rien du tout. La deuxième titre à l'influence black metal remonte toutefois le niveau et laisse supposer que la suite sera beaucoup plus enthousiasmante. Ma lueur d'espoir s'éteint malheureusement tout de suite puisque le troisième titre est un exercice screamo où une guitare acoustique joue une sympathique mélodie que la voix criarde du chanteur s'évertue à cacher avec ses hurlements incessant. Beaucoup trop présent tout au long des titres, le chanteur ne s'arrête que rarement de hurler et étouffe la dynamique des titres. La production est aussi à mettre au banc des accusés car le manque de présence de la batterie handicape aussi fortement les chansons. Le coup de fouet n'est pas là et on s'ennuie ferme même sur un EP aussi court. Le potentiel est toutefois là et deux des titres sont franchement bons ("X my border again" et "All my friends wear Amebix backpatches") mais sur cinq c'est beaucoup trop peu. Pour avoir vu le groupe en concert je suppose que ces titres prennent plus d'ampleur une fois sur les planches. Mais, pour un premier essai avec un son à la hauteur, le résultat est loin d'être aussi agréable que l'expérience live.

Monday, April 28, 2008

Nyia - More than you expect (FETO Records) 2008


Il paraitrait que Nyia ferait du grindcore. Bon, soyons clair dès le départ. Si ce groupe fait du grindcore alors je suis coupable du meurtre de Lady Diana alors que j'avais encore quatorze ans au moment des faits et que je me trouvais en Normandie le soir de l'accident. Nyia n'est pas un groupe de grindcore. Ou alors pas un groupe de grind "traditionnel" puisque figure tout de même quelques influences de ce genre dans leur son. Le batteur blast, le chanteur éructe et les chansons sont nombreuses et court. Voilà pour ce qui est du grind. Entre tout ces éléments vous retrouverez cependant aussi du chant clair, des roulement de batterie, des effets de voix, des riffs très influencés par Meshuggah et même des samples inattendu comme des chants d'oiseaux.

La mention d'un chant clair effraie souvent dans le milieu extrême puisqu'ii nécessite des riffs approprié et donc une baisse de niveau en matière d'agression sonore. Nyia trouve pourtant la solution et ne cherche pas de compromis entre les instruments en posant de la voix clair sur des riffs brisés et répétitifs où sur des passages plus dissonant. La voix, comme le reste des instruments, ne s'exprime pas vraiment de manière coordonné mais propose une ligne mélodique qui s'accorde avec le reste mais n'a pas grand chose à voir avec ce que joue les autres musiciens. Le chanteur est d'ailleurs assez talentueux et possède une voix mélodique pas trop élancé qui lui permet de soutenir ses mélodies sans être le centre de toute l'attention.

Chaque instrument a donc droit de s'exprimer pour créer une collection de plages pouvant aller de l'agression très perturbé rythmiquement rappelant le meilleur de Antigama (avec qui ils ont précédemment partagés un split EP) à des titres très mélodiques et très réussit aussi comme "Bored song" qui n'a rien de la petite chanson mélodieuse rassurante et parfaite pour la radio. Rien n'est évident, tout est complexe mais si bien fait que l'on se prend au jeu et que l'on écoute attentivement l'album souvent et avec de plus en plus de plaisir.

En guise de comparaison on pourrait parler d'une petit air de ressemblance avec Faith no More pour ce qui est de l'alternance entre les styles et la variété présenté sur le très bien nommé "Beaucoup plus que ce à quoi vous vous attendez". Seul quelques effect vocaux évoquent fugacement Mike Patton mais ce n'est, en aucun cas, un point de comparaison pertinent. Nyia est un groupe qui vient du grind mais écoule toutes ses influences en construisant des chansons cohérentes mais toujours orchestrés avec précision. L'influence de Meshuggah se fait énormément sentir sur les riffs mais loin d'être un clone des suédois, Nyia joue avec cette influence et l'incorpore à son jeu qui n'en est que plus savoureux et démentiel. Surtout quand un titre très complexe et metal comme "Yellow" précède une douce mélodie acoustique intitulé "Desert". Rien n'est jamais prévisible, tout est surprenant. La production très clair laisse aussi filtrer tout les instruments et ne s'embarasse donc pas d'une surproduction qui aurait gonflé les guitares et étouffé le reste. Le seul défaut de ce disque est qu'il n'a tellement rien à voir avec la majeur partie des groupes actuel qu'il aura du mal à trouver son public. Une tragédie pour un jeune groupe extrémement prometteur qui n'aura pas de mal a se faufiler dans les listes des meilleurs albums de la fin d'année pour peu qu'on lui prête l'attention nécessaire.

Jesu - Lifeline EP (Hydrahead) 2007


Si vous m'aviez dit qu'un jour Justin Broadrick de Godflesh et de Techno Animal, un artiste on ne peut plus intègre, ferait de la pop je vous aurez probablement jeté des pierres jusqu'à ce que mort s'en suive pour avoir blasphémé. Mais aujourd'hui Justin Broadrick s'est définitivement incarné dans Jesu et il compose des chansons où l'expérimentation et la continuité de "Us and them" rencontre une sensibilité pop nuageuse et rêveuse. Ces quatre titres ne sont pas pour autant relaxant. Doucement mélancolique, profond et auréolé d'une sagesse que l'on sait provenir d'année d'expérience d'un songwriter émérite qui est passé par de nombreux genres et continuera encore de se renouveller. Tout comme ses EP et ses albums précédents, "Lifeline" montre une nouvelle évolution plus shoegaze que "Conqueror" aux riffs massif. La rythmique est en retrait et soutient la voix, très clair et beaucoup plus confiante dans ses capacités qu'aux débuts de Jesu. Même la présence de Jarboe à l'imparable "Storm comin' home" ne fait pas souffrir la performance de Broadrick en comparaison avec l'émotion a fleur de peau que déploie l'ancienne membre des Swans. Nouvelle étape, nouvelles expérimentations mais, surtout, nouvelle collection de chansons superbe où les mélodies lumineuse perce la morosité sous jaçente à l'image du phare de la couverture.

Sunday, April 27, 2008

Whitechapel - The Somatic defilement (Siege of Amida) 2007


Sample d'une confession de tueur en série. Roulement de double grosse caisse. Cri de porc qui salut fiérement son public de jeunes a mèches et première mosh part. Embarquer dans les enfants en sécurité dans la voiture Whitechapel, vous n'aurez pas la mauvaise surprise de trouver autre chose que du deathcore mais au moins il sera bien exécuté. Tout est prévu dans le paquet. Des mosh part comme il en pleuvait, des grognements gutturaux et d'autre un peu moins, des riffs death sans trop d'effet technique sur le manche mais surtout des chansons assez variés pour que sur les neuf plages (sans compter l'intro) de "The somatic defilement" vous n'ayiez pas envie de zapper pour voir si les mèches ne sont pas mieux gominés ailleurs. Je m'excuse d'ailleurs tout de suite de cette accusation infondée puisqu'en fait il n'y a ni coupe de cheveux emo, ni prétention mélodique suédoise dans ce disque. Whitechapel est un groupe encore jeune mais il y a du potentiel dans leur deathcore. Prévisible mais honnête, leur musique caresse l'oreille pour peu que l'on ne demande rien de plus que le genre demandé.

Friday, April 25, 2008

Dälek + Bleubird + R-Zatz au Glaz'art


"Rien de tel que des premières parties foireuses pour apprécier un concert encore plus".
Romain Mazar, sympathique camarade qui m'accompagnait ce soir avait bien raison en disant cela bien que nous aurions tout aussi bien nous passer de la présence des deux première parties qui handicapère ce concert en bouffant du temps pour finalement pas grand chose. La soirée avait de toute manière mal commencé puisqu'en trainant devant le stand du merchandising j'avais entendu quelque bribes d'une conversation entre Oktopus et des personnes du public où l'on évoquait des "conflits" et "un concert qui serait le dernier". Non, non, non, non, non, non, non. Dälek splitterait ? Tout mais pas ça !
Assis sur mon petit siège je passais donc toute la durée du concert de R-Satz a remuer dans ma tête cette perspective apocalyptique en me disant qu'il fallait que j'aille voir Oktopus quand le son serait revenu a un niveau correct histoire de parler un peu.
En attendant, il me fallu supporter le trip hop mal dégrossis de R-Satz, un groupe qui porte malheureusement très bien son nom. Trois musiciens, deux derrières leurs ordinateurs et un autre jouant de la guitare, se remuent doucement sur unr rythmique down tempo et ajoutent chacun de leur coté des samples, quelque notes de guitare et des chants féminins, eux aussi samplés. Le résultat est très conventionnel et franchement pas réussi. Leur set empire même au fur et à mesure puisque du down tempo on passe a des rythmique binaire et presque club sur quelque chansons. Bien fait, ce genre de musique ne me dérange pas, bien au contraire, mais dans le cas présent il y a encore beaucoup à faire pour dépasser les clichés et profiter des atouts qu'ont ce groupe de trois esprits pour composer des chansons vraiment intéressantes. Ils ont le matériels, ils savent visiblement s'en servir mais il leur manque des idées.

Dès le concert fini je me précipite vers le stand et j'attends anxieusement que mon accolyte est acheté son merch pour poser la question fatidique à Oktopus. Celui ci est assez joyeux d'ailleurs puisque, comme il le dira avec un éclat de rire "I'm drunk !". Etat dont il profite agréablement au moment présent mais qui handicaperas plus tard dans la soirée. Mais, nous n'en somme pas encore là. Après l'avoir interrogé il me rassure d'ailleurs sur l'état du groupe, j'avais heureusement tout compris de travers. Ce n'est pas le groupe qui va mal mais le son dans la salle qui ne sera surement pas au top ce soir, pas assez de volume sonore me dit on. Mais, non, pas de split en vu, un nouvel album est d'ailleurs prévu (déjà enregistré? déjà composé? je n'ai pas demandé) et Oktopus m'assure qu'il sonnera comme un mélange de "Black Sabbath (dit il en parlant fort en faisant des mouvement des bras pour montrer la densité du son), Joy Division et les morceaux les plus lourd de Jay Dilla ". Beaucoup de guest seront aussi présent sur le disque. Les nouvelles sont ont ne peu plus enthousiasmante et continue de l'être puisqu'après avoir évoqué un ancien concert parisien au Batofar (le meilleur concert qu'il ait jamais fait, dit il) il évoque la possibilité de revenir dans cette même salle pour y faire un concert avec un volume sonore approprié.

Passage ensuite sur scène de Bleubird, un rappeur canadien très volubile entre les chansons et au flow rapide et maitrisé. Son concert oscillera donc entre ces deux élément, je parle, je parle, je parle, je rappe vite, je rappe vite, je rappe vite. Et ainsi de suite jusqu'à la fin. Niveau instrumentale le bonhomme pose sur du tout électronique, bien fait mais sans grande originalité. Le tout nous donne simplement avatar des labels Anticon et Def Jux mais sans la fraicheur et l'originalité des meilleurs poulains de ces deux écuries. Tout de même bien meilleur que la plupart des rappeurs que l'on entends à la radio, mais ce n'est pas très difficile non plus. Je retiendrais tout de même de tout cela une anecdote amusante sur un gérant de pizzeria qui chantait tout les soirs le thème du Roi Lion avec un fort accent italien. Marrant, mais aussi tragique quand on pense que c'est la seule chose vraiment positive que je puisse rapporter sur son concert.

23H30 et Dälek et ses accolytes arrivent enfin sur scène. Il faudra que l'on m'explique l'intérêt de faire commencer un concert à 20H30 pour que tout se termine après minuit ? Bref, pas le temps de s'occuper de sa montre car toute l'attention est dirigé vers les trois musiciens qui débute le set en improvisant sur une version allongé de "Isolated stare". Oktopus et Dälek sont une nouvelle fois revenu avec le guitariste Destructo Swarmbots et un autre jeune homme assis devant un ordinateur. Pendant toute la durée du set j'ai eu beaucoup de mal a dire ce que chacun apportait au final mais au moins la conjonction de ces trois là permit au son d'atteindre un niveau confortable pour un concert de Dälek, c'est à dire, assez fort pour que les nappes denses vous enivrent mais pas assez pour que vos oreilles en souffrent. Au bout de moins d'une dizaine de minutes le rappeur tant attendu monte sur scène, tourne les retours vers le public et demande avec insistance que l'on monte le son. "This ain't karaoke night motherfucker !". Pas de problème, l'ingénieur du son fait grimper le volume et on est parti pour quarante minute de bonheur.

Beaucoup de titres de Absence seront joué ce soir, peut être par défi vis à vis des contraintes sonores puisque de leur discographie ce sont de cet album que viennent les chansons les plus lourdes et les plus agressives. "Eyes to form shadows", "Even somber", "Asylum", "Culture for dollar". "Abandoned language n'est pas oublié avec "Paragraphs relentless" et un "Tarnished (subversive script" pour conclure la soirée avant le rappel. Rappel qui se fera sans Oktopus niles deux autres musiciens puisque celui ci est un peu trop malade pour continuer. Déjà bien entamé quand il nous avait parlé, la décente ne l'a pas épargné et il tombe de plus en plus au fur et à mesure de la soirée jusqu'à avoir la tête allongé sur son ordinateur. Il est tout de même assez parlant qu'un set de Dâlek handicapé par des problèmes de boisson est tout de même bien meilleur que beaucoup d'autres artistes. Tout cela nous laissera donc avec un concert plutôt court mais tout de même très bon. MC Dâlek reviendra tout de même sur scène pour rapper seul et effectuer en rappel une chanson qu'il "n'a pas joué depuis dix ans". Avant cela il faudra retrouver l'instrumental sur l'ordinateur de Oktopus, qui est surement parti vomir en coulisse". Après moulte recherche infructueuse il sera décidé de faire les choses "à l'ancienne" en utilisant un Ipod pour diffuser le morceau désiré. Un final à l'arrache mais une belle conclusion de la part d'un groupe qui ne sait pas me décevoir, autant sur scène que sur disque.

Thursday, April 24, 2008

Mike Patton - A perfect place (Ipecac) 2008


N'ayant pas vu le court métrage associé a ce disque, je ne pourrais vous dire si la musique de Mike Patton s'associe parfaitement au film qu'elle illustre. Selon l'Internet Movie Data Base ce court métrage, le premier pour son réalisateur, Derrick Scocchera qui avait auparavant réalisé deux documentaires, se classifierait dans les deux catégories : "comedy" et "crime", deux genre clairement identifié dans les deux ambiances sonores qui vont suivre.

Passons donc à la musique. Celle ci ne tarde pas a prendre des accents propre aux activités musicale pour lesquels ont connait Patton. Quelque note de piano pour installer l'ambiance très film noir / mafiosi en goguette et les violons ne tardent pas à exploser avec le dynamisme cartoonesque d'un morçeau de Fantomas. Que ce soit dans le rythme ou dans la mélodie, tout rappelle les années folle, la mafia et les films où l'on passe ce temps a se tirer dessus pour défendre l'honneur de la famille et.ou sauver une jeune femme qui n'est jamais très innocente.

Non, pas de doute, le spectre de Fantomas plane bien au dessus ce disque et ce n'est pas le petit sifflement qui introduit la deuxième plage, "A perfect place", qui me fera changer d'avis tellement elle me rappelle "The Director's cut". Logique ceci dit puisqu'il s'agit d'une musique de film et que ce disque reprenait des musiques de films. Les variations sont tout de même beaucoup moins sporadique et épileptique que sur un album traditionnel écrit par Mike Patton (l'exception étant la plage suivante "Car radio" où l'on s'amuse a passer sur divers musique entrecoupés de distorsion radiophonique).

S'en suis "A perfect twist" où l'on trouve la voix de Patton (en mode intelligible) qui interprète un twist dont la ligne de guitare n'a pas manqué de me faire penser au thème d'introduction de Pulp Fiction. Association d'idée pertinente ou non, il n'empêche que cette B.O. laisse entrevoir un court métrage qui pourrait très bien avoir en commun avec ce classique de Tarantino de rendre hommage aux films de gangster sous une optique comique.

Composé de quinze plages dont la plus longue atteint les 3 minutes 11 secondes, les changements d'ambiance et de mélodie sont assez fréquent pour que les fans du compositeur retrouvent en partie ce déficits chronique de l'attention qui caractérise la plupart des disques de l'homme. Cependant, il est utile de souligner que si ce disque est associé a un court métrage il ne faut pas s'attendre à retrouver toutes ces chansons durant le film puisqu'en commencant a composer le bourreau de travail qu'est Patton s'est retrouvé avec une somme de musique plus importante que celle nécessaire. Ainsi, si l'atmosphère des chansons doivent bien définir le disque, cette collection de chanson n'est finalement pas une bande originale dans le stricte sens du terme. Mais, est ce un inconvénient ?

Les habitués se retrouveront sans problèmes dans ce disque et les allergiques aux Pattonisme auront tout de même une bonne poignée de chansons a écouter pour peu qu'ils goutent aux joies des atmosphères de film noir des années 50, avant que l'on ne colorise les malfrats et qu'on ne leur enlève cette couleur grisâtre qui convient si bien à définir leur sens de la moralité qui a toujours tendance a tanguer. Une bande de son hommage donc qui ne réinvente rien mais où l'on retrouve la personnalité de son compositeur, une bande son de film noir passé sous le filtre Mike Patton en somme. Plus qu'une curiosité, "A perfect place" est un bon album qui ne se démarquera pas dans la discographie de l'artiste comme une nouvelle surprise mais reste un très bon album, cohérent et agréable.

Wednesday, April 23, 2008

Leviathan - Massive conspiracy against all life (Moribund) 2008


Un homme laisse sa femme enfermé dans les toilettes de leur appartement. Assise sur le siège des toilette, elle refuse de sortir ou reste enfermé contre sa volonté. Nul ne sait vraiment pourquoi cette femme est resté là. Pendant deux ans, ce couple a vécu ainsi jusqu'à ce le mari appelle les autorités et que les pompiers viennent déloger cette femme dont la peau s'est formé autour du siège des toilettes.

Ailleurs, dans un village en Amérique du Sud, un orang outan femelle était prostitué. Des hommes du village ou d'ailleurs venait, payé et se servait de cette orang outan comme d'un jouet. Il a fallu l'intervention d'un groupe d'activiste écologiste aidé par des soldats pour libéré l'animal qui était protégé par ses propriétaire et les membres du village qui ne voulait pas voir partir "leur" prostituée.

Parfois dans le monde, on ne peut s'empêcher d'ouvrir ses yeux bien grand et de s'interroger sur ce qui peut bien passer par l'esprit de tel personne. Comment ? Pourquoi ? Y'a t'il vraiment un interêt a chercher à comprendre pourquoi de telles choses arrive ou ne devrait pas tout simplement concevoir une "conspiration massive contre toute vie" afin d'éradiquer cette stupidité ambiante ? Leviathan ne prêche pas pour une solution finale ciblé contre un peuple ou une religion. Ce que le black metal glorifie c'est le sentiment de rejet complet que l'on peut ressentir face à la bêtise quotidienne qui nous entoure.

Contrairement a "The tenth sublevel of suicide" qui était un disque sombre et pessimiste, "Massive conspiracy against all life" est un album qui hurle se rage contre tout. Aveuglement et avec une émotion délivré violemment, sans fioriture, Leviathan délivre une dernière collection de chanson sous ce pseudonyme qui est devenu un synonyme de qualité et d'intégrité complète vis à vis de "l'éthique" black metal. Cette même éthique dont on aime se moquer sur les forums internet, et avec raison quand elle tombe dans le parodique et le grotesque. Cependant, il n'y a rien de tel sur ce disque. Le titre en lui même a bien sur un coté jusqu'au boutiste qui pourra faire sourire mais qui convient à merveille pour définir le sentiment que ces sept chansons recèlent.

Dernier disque donc pour d'obscure raison de contrat entre le label Moribund et l'artiste qui avait poussé ce dernier a vouloir sortir ce même disque sous le nom de son autre projet lurker of chalice. Finalement, le contrat le rattrapera et le contraindra a sortir ce dernier monument sur ce label a qui il ne voulait plus faire gagner de l'argent. Seul vestige de cette décision, les titres différents et le nom du groupe qui s'affiche quand on insère le disque dans son ordinateur. Pourtant, que l'on ne s'y trompe pas, "Massive conspiracy ..." est un disque de Leviathan et non de Lurker of Chalice. Des passages des chansons sont effectivement plus atmosphérique mais, ce sont le son des guitares acérés, sales et malades, et le claquement de la batterie (véritable, contrairement à l'habituel boite à rythme) qui domine ce disque.

Toujours aussi vénéneux et fascinant, les chansons débordent de colère et de violence tout en évitant les éceuils d'un black metal trop agressif qui ne ferait que répéter des riffs sans vie gonflé par des blast a la frappe artificiel. Rien de cela ici. Les guitares ronflent et grondent, créant cette masse noire et agressive qui mérite bien son titre de metal noir. Ici l'émotion n'est pas surjoué. Ce disque n'est pas un hommage aux ainés venus de Norvège que l'on vénère en empruntant leur image, leurs idées et leur riffs. Ce disque ne représente que les émotions et témoigne de la détermination de son auteur a persévéré contre tout, même le label qui a publié ses disques et vient du même milieu que lui.

"Massive conspiracy against all life", dernier assaut contre l'humanité, est un disque de black metal intense et complexe. Ce n'est pas un album progressif sonnant le renouveau d'un genre. C'est un testament, intègre, complet et d'une noirceur impénétrable. Bref, la somme de tout ce qui fait le meilleur du black metal. L'émotion, l'atmosphère étrange et dérangeante, l'agression aveugle contre tout et le desespoir de savoir que le combat est déjà perdu. Ce dernier disque est donc un dernier crachat a la gueule du monde qui n'aura surement pas d'impact envers la bétise humaine mais qui comblera ceux pour qui ce sentiment de rejet et de dégout a un sens.