Thursday, May 21, 2009

Horse the Band + Crossing the Rubicon au Klub


Début de soirée à 21h donc fin de concert minuit passé. Malgré une marche rapide vers le RER je suis arrivé à 1H30 du matin chez moi. Est ce que concert valait le coup d'être fatigué le lendemain pour aller travailler ? Bizarrement, oui.

D'abord parce que Crossing the Rubicon est un très bon groupe de scène. Musicalement le groupe ne m'inspire pas grand chose. Les musiciens sont tous compétent dans l'interprétation de leur rock and roll aux touches hardcore et ont de quoi faire bouger n'importe quel tête. La fosse s'animera même au cours de leur set au rythme des corps de quelque jeunes fans conquis et de quelques amis du groupe, semble t'il. Le groupe, son chanteur en particulier, n'a pourtant pas beaucoup de considération pour le public. Tout pour la musique et dans l'énergie. On ne succombe pas au jeu des remerciements ici, le public on l'emmerde, on lui crache dessus, on lui rentre dedans. Les amis on leur verse de la bière dans la bouche. Pourquoi ? Parce qu'ils sont corses ? On en saura pas plus mais on s'en fout. Crossing the Rubicon a de quoi enfoncer son nom dans l'esprit du public. A noter aussi le duo chanteur / guitariste dont l'attitude scénique ne pourrait pas être plus décalé. Le chanteur maudit le public tandis que le guitariste les remercie. Crossing the Rubicon a donc ceci de commun avec Quartier Rouge que leurs chanteurs sont trop possédés pendant les concerts pour interagir normalement avec le public et que le rôle de communicateur revient donc au guitariste et d'annoncer les chansons. Très bon concert en tout cas.

Ensuite arrive Horse the Band et son joueur de triangle. Celui-ci interviendra entre deux et trois fois pendant le concert pour faire sonner son instrument et puis repartir. En voilà un qui a n'aura pas payé cher sa place dans le bus de tournée. A moins que ... La vie d'Horse the Band semble être faite de deception "sentimentale" et ceux-ci demanderont plusieurs fois si il y a des filles dans la salle. De préférences des filles française. La seule américaine, une petite asiatique qui mosh, en sera grès d'un doigt baissé de la part du claviériste (un grand type avec une tête d'adolescent qui a grandit trop vite) à la recherche d'une française. Et avec un long tee shirt si possible ! Il est probable que le joueur de triangle ne soit pas là que pour l'instrument mais aussi pour tenir compagnie à nos cinq américains frustrés.

Bref, si Crossing the Rubicon est là pour le rock and roll, Horse the Band est surtout là pour la deconne. "We are Horse the band, we play songs", répète le chanteur a tout les concerts que j'ai vu d'eux (le troisième). Il faudrait peut être lui rappeler que si on ne gardait que les chansons on aurait peut être eu qu'un concert d'une demi heure et je n'aurais pas loupé mon RER. Il faut donc que les échanges entre le groupe et le public soit à la hauteur pour mériter tant d'effort et de nuit aussi courtes. Aucun regret de ce coté là donc je peux vous assurer que tout cela vaut le déplacement. Que ce soit pour l'énergie, les chansons ou la répartie du chanteur devenu expert dans l'art de charrier toutes les personnes qui essayent de se moquer de lui. N'oublions pas aussi les monologues du claviériste qui aimerait tant "être français, boire du vin et manger du fromage tout le temps" et le bassiste bourré qui joue et se ballade partout sauf sur scène. Il assure pourtant malgré tout. Seul le batteur et le guitariste sont un peu en dehors de tout cela et joue sans trop en rajouter. Le public participe de toute manière au foutoir et se bouscule dans la bonne humeur. Une heure de bonne humeur. Le groupe est content et le public aussi. D'ailleurs il parait qu'ils reviendront en septembre ou en octobre. Entre temps peut-être que le public aura appris parlera encore mieux anglais et saura leur dire autre chose que "We are gay", "We rape girls". Horse the Band, ils jouent des chansons mais ils font aussi bien plus que ça.

Sunday, May 17, 2009

Nahemah - A new constellation (Lifeforce) 2009


Si vous m'aviez demandé de vous décrire Nahemah à l'époque de leur disque précédent, The second philosophy, je vous aurais dit "Opeth light". Pas pour dénigrer le groupe ! J'ai vraiment beaucoup aimé le metal progressif et efficace de ces italiens. La voix Akerfeldienne de leur chanteur posait de très bonnes accroches vocales et toutes leurs compositions était bien exécutés. Le groupe était près a faire beaucoup mieux mais ne débutait pas avec un handicap.

A new constellation est donc la réalisation de mes espoirs tout comme Lazarus bird était le pas en avant auquel tout les fans de Burst pouvait s'attendre après Origo. Encore plus progressif, plus technique sans être démonstratif, toujours aussi capable d'écrire de très bonnes chansons sans passer par la case "couplet/refrain/couplet on recommence". Un jeune groupe très talentueux.

A new constellation ne révolutionne pas l'étiquette progressive pour être tout a fait honnête. Si leur disque précédent était comparable à Opeth, aujourd'hui je me porterais plus vers les derniers Enslaved et les dernier Katatonia pour établir une comparaison qui fasse justice à leur musique. Les influences sont digérés et exprimés sous la forme de très bonne chanson. C'est d'ailleurs ce qui m'a le plus marqué sur ce disque. Aucun titre n'est moins bon qu'un autre. Plus l'album progresse et plus les morceaux se font complexes. Chaque instrument a droit a sa place dans le mix. La basse n'est donc pas délaissé comme c'est bien souvent le cas. Le batteur déborde pour montrer ses capacités sans jamais trop en faire.

A new constellation est un album on ne peut plus "juste". Tout y est bien orchestré avec passion et précision. Un disque de rock / metal progressif n'est plus une révolution et celui-ci n'apportera rien de neuf dans l'histoire du genre. Peut on pour autant se passer de souligner l'existence d'une collection de très bonnes chansons ? A new constellation ne surprendra peut-être pas autant que Lazarus bird, cependant il ne souffre absolument cas de la comparaison.

Impending Doom - the Serpent servant (Facedown Records) 2009


"From sunrise to sunset are we part of this big accident? The vastness of space, the delicacy of your face, the artistry of nature, all without a painter. I don't have enough faith to buy into that"

Impending Doom - Anything goes

L'athée que je suis a forcement beaucoup de mal à sympathiser avec cette rhétorique bien que je comprenne les fondements de ce rejet de la science pour embrasser une religion où l'origine de la vie a un sens. Par contre, le metalleux n'a pas mal a accrocher au groove de ces chansons.

Auparavant, Impending Doom n'était qu'un groupe de deathcore où le blast et les mosh part a une corde était la régle. Maintenant, Impending Doom est toujours un groupe de deathcore avec des mosh part a une corde mais avec moins de blast et une influence Meshuggah, période "Nothing", bien assimilé pour donner plus de reliefs à leur mosh part.

Le son est compact, gras et froid. Tout est gras et sombre sur ce disque. Seul quelque ligne mélodique à la Meshuggah tranche dans le vif pour varier au milieu de ces rythmiques où la double se plaque contre les riffs. La variété n'est pas à l'ordre du jour sans que l'efficacité soit oublié.

Les onze titres de The Serpent servant mosh donc pour Jesus Christ avec ce qu'il faut de brutalité pour satisfaire un besoin pressant de violence concentré. Il viendra peut-être l'envie à nos chrétiens du pit de faire varier leur musique une fois qu'ils auront mieux assimilé la polyrythmie suédoise ? L'exercice est pour l'instant suffisamment bien réalisé pour que l'on ne se pose pas de question pendant un demi heure et que l'on laisse tourner avec le sourire cette collection de riffs tous plus identique les uns que les autres sans que cela soit ennuyeux. z

Brutal Truth - Evolution through revolution (Relapse Records) 2009


Parmi les groupes reformés pour le fric ou pour se rappeler leur jeunes années, Brutal Truth est une des exceptions majeurs car leur principal motivation fur de jouer pour les potes. EyeHateGod, en l'occurence, avait besoin 'un peu de tune pour sortir de prison et de la mouise d'une manière générale donc les quatre Brutal ruth s sont empressés de venir jouer sur une compilation.

Après s'être retrouvé, nos grindeux ont redécouvert le plaisir de jouer ensemble. Pas de bol pour le guitariste, cloué à la maison par des obligations familiale, il est remplacé par Eric Burke de Sulaco (et Lethargy, Blatant Crap Taste), surement trop content de faire parti d'un groupe qui l'a influencé étant jeune.

Evolution through revolution arrive donc avec du sang frais, pour ne pas trahir son titre, mais ne s'éloigne pas trop non plus des sentiers battus par les disques précéden. Ce nouveau disque de Brutal Truth n'est cependant pas un joli objet vintage mais une pièce de plus dans la collection de ce groupe de grind atypique qui partage avec Cephalic Carnage cet amour de la beuh au lieu du porno, du gore ou des revendications politiques.

Pas aussi complexe que le death / grind des gars du Colorado, Brutal Truth continue d'aimer expérimenter avec ses instruments et de foncer avec l'énergie d'un groupe qui aurait vingt ans de moins. De quoi faire passer le dernier Agoraphobic Nosebleed pour du Candlemass. Riffs décalés façon Sulaco, batterie constamment défoncés, hurlements de décérébré possédé, rien que ça. Le Brutal Truth nouveau est toujours aussi bon que l'ancien et promet beaucoup pour la suite.

Spiritual Dissection - Mors ultima ratio (Grindhead Records / Great Dane) 2009


Le moins que l'on puisse dire c'est que Spiritual Dissection est influencé par Necrophagist et le leur rend bien. Originaire de Picardie, leur death metal technique s'autorise donc de petites déviations progressive mais préfère la plupart du temps foncer tête baissé avec la même virulence que leur confrère allemand. Malheureusement, l'hommage n'est pas très original bien que le résultat soit efficace par rapport aux normes du genre. En fait, ce qui manque surtout à ce disque c'est un peu de feeling dans les solos et des riffs plus mémorables en plus de toute cette technique et de cette vitesse. Le nom est cependant à retenir pour voir ce qu'ils pourront donner par la suite.

Saturday, May 16, 2009

War from a Harlots Mouth - In shoals (Listenable Records) 2009


Bien que leur premier album partageait leur titre avec une de mes bandes dessinées favorites, je ne m'étais pas penché sur le cas de War from a Harlots Mouth m'attendant à un autre groupe de deathcore. Un de plus, un de moins ... Ce deuxième effort me prouve par contre grâce a un mélange d'influence allant du hardcore jusqu'au doom. Le resultat donne une sorte une metalcore sympathique qui pourrait être par contre bien meilleur si WFHM se décidait a enregistrer une collection de chansons et non une collection d'idée éparses déstructurées. Between the Buried and Me et Into the Moat sont les deux références qui me viennent à l'esprit ce qui n'est pas un mal. Chaque musicien est de toute évidence talentueux, tout particulièrement le batteur dont l'instrument est placé plus en avant dans le mix. En résumé, In shoals est une solide collection d'idée pouvant servir de vitrine pour les diverses tendances musicales des cinq dernières années. En un mot ? Mouairf.

Wednesday, May 13, 2009

HKY + Khong à la Mécanique Ondulatoire


Soirée HKY et Khong donc soirée résolument doom même si les approches deux groupes sont diamétralement opposés.

HKY, tête d'affiche de la soirée en terme d'audience et de mes préférences, occupe l'espace sonore en un instant et fait se prolonger l'atmosphère lourde et menaçante de leur musique tout au long de leur set. Les samples et les riffs gras s'extraient à l'unisson des enceintes et englobent le public tandis que la section rythmique assoie la solidité d'une structure complexe et puissante. Aucun membre ne ressort plus qu'un autre car chacun apporte sa pierre à un résultat qui aura manifestement enthousiasmé le public venu assister religieusement à la séance pour ensuite applaudir seulement le groupe à la fin du set. HKY n'en est pourtant qu'à son premier quatre titre (tout de même presque aussi long que certains albums) et amorce, avec le nouveau morceau dévoilé hier soir, un ralentissement très Khanate mais pas moins personnel.

Le public aura donc déserté la salle quand le tour de Khong arrive. Pire encore, l'invité surprise de la soirée sera la menace du passage de la police pour cause de plainte du voisinage pour nuisance sonore (menace qui ne s'accomplira pas) et qui amputera leur concert d'une dernière chanson. A la sortie de la salle les avis sont peu enthousiaste. Il faut dire qu'il fallait être du bon coté de la salle pour pouvoir entendre convenablement tout les instruments puisque la basse et la batterie dominait sur le coté gauche de la scène (par rapport au public). Dommage car le son lourd qui sortait des amplis orange avait tout pour plaire. En balayant le spectre intégral de ce que le doom peut proposer grâce a une section rythmique puissante, Khong exécute une musique qui n'a rien de désagréable.

HKY est déclaré vainqueur par chaos dès le premier round mais Khong mérite tout de même largement sa place sur le podium.

Sunday, May 10, 2009

Devil Sold His Soul + Memories of a Dead Man au Batofar


On reconnait le parisien blasé a son arrivée après les premières parties. C'est mon cas et pourtant je ne suis ni parisien, ni si blasé que ça. J'avais, par-contre, écouté au préalable ce que proposait Doyle, Splinn et Still Burn avant de prendre ma décision. Sur une échelle de "bien" à horrible" l'idée que m'en faisait étant "horrible" j'ai pris le pari d'arriver deux heures et demi après l'ouverture des portes pour ne voir que Memories of a Dead Man et Devil Sold His Soul. Pari gagné. Je m'oblige cependant à préciser que j'ai déjà vu Doyle en concert, en ouverture d'Horse the Band, est qu'ayant souffert pour la cause je ne voulais surtout pas retenter l'expérience.

Mon concert commence donc avec Memories of a Dead Man, déjà vu avec HKY et Quartier Rouge pour la sortie de leur EP qui célèbre ce soir la sortie de leur album. Leur emocore metalisé est toujours très bien exécuté. L'échange de voix entre une voix crié au premier plan et une voix mélodique tenu par le batteur (à la From Autumn to Ashes) est bien assuré. L'alternance entre des parties énergiques et d'autre plus lourdes transporte le set efficacement sans que rien de passionnant ne s'en dégage. Les chansons sont pourtant vraiment bonnes mais, juste trop ancré dans l'héritage de leur prédécesseurs, From Autumn to Ashes, Hopesfall ou Poison the Well. Seul les interventions du chanteur ne sont pas a leur place. C'est étrange de voir un groupe français encore bien jeune sur le circuit des tournées balancer des phrases aussi clichés que "Bonsoir Paris" et "Est ce que vous passez une bonne soirée" sur le ton d'un groupe étranger en tournée répétant le même set tout les soirs. Ce n'est bien sur qu'un détail et cela ne vient pas pour autant ternir ce concert efficace.

Devil Sold His Soul est un des grands espoir de la scène anglaise. Découvert un peu par hasard, j'avais acheté leur album par curiosité pour finalement être conquis et l'écouter avec beaucoup de plaisir. Je doutais pourtant que leur mélange d'Isis et de Will Haven passe le cap du concert. L'alternance entre le chant clair et les hurlement screamo assuré par la même personne m'inquiétait surtout puisque c'est un des points fort du groupe.

Pourtant, en moins d'un titre, toutes ces craintes sont balayés par l'énergie d'un groupe de jeune musicien détenteur d'un secret que bon nombre de groupe étiqueté, a tort ou a raison, post hardcore, n'arrivent pas à résoudre : Comment être original ?

De plus, ces six anglais répondent aussi à des questions tels que "Comment faire sonner une musique subtile quand on bouge autant?" et "Comment trouver de la place pour se déplacer sur une petite scène comme celle du Batofar". A l'instar de leur confrère d'Architects qui ont livrés un set tout aussi convaincant à la Locomotive, Devil Sold His Soul s'impose avec talent et conviction.

Les chansons d'A fragile hope sont littéralement transcendés sur scène. Le chant se dégage avec confiance de la distorsion Les mélodies soutenues par un sampler jaillissent dessous les soubresauts des riffs. Ce même sampler permet d'ailleurs d'installer une atmosphère continue entre les morceaux et donc de ne pas perdre l'atmosphère et l'avantage qu'ils ont gagnés sur le public dès le début de leur set. A la fois professionnel et enthousiaste, ce concert n'aura pas été vu par énormément de monde, en majorité des jeunes lookés emo, ce qui est très dommage car même si l'extérieur pouvait laisser paraitre a un concert d'un groupe "à la mode", ces jeunes anglais viennent de prouver qu'ils font une musique qui a de quoi pour tenir à coté de leurs ainés.

Black metal is rising V : Darkspace + Setherial + Hegemon + Celestia

Arrivé en retard car enchainer huit groupes de black metal, aussi varié, soit il ne me réjouissait pas du tout, j'apprends que j'ai mal fait de passer à coté de Reverence. Dommage car la description que l'on m'en a donné (black industriel très froid et carré) donnait effectivement envie. Dommage.

C'est donc Celestia que je vois sur scène, peintures traditionnels sur le visage et riffs du même tonneau. Les morceaux sont surement bien reproduit par rapport a l'album vu la qualité du son sans que le passage sur scène n'apporte rien de plus. Le chanteur bouge un petit peu, les guitaristes restent statique. Ont ils une expérience scénique ? J'en doute un peu. Je n'en vois donc qu'un petit bout pour ensuite me refugier un peu plus loin en attendant la suite tout en discutant.

La suite sera beaucoup plus regardable puisqu'Hegemon a un jeu de scène et une véritable attitude scénique. Le groupe joue pour le public, communique et balance tout les grands classiques du répertoire à coup de "PARIIIIIIS" et autre grandes répliques du chanteur de metal qui se respecte. Hormis ces clichés, leur set est très efficace et bien reçu par le public. Proche de Dimmu Borgir de part leurs riffs mélodiques, les musiciens sont visiblement enthousiastes de jouer ce qui tranche largement avec Celestia à qui l'ont aurait bien tendu une corde. L'atmosphère est donc plus metal que black et donc d'autant plus regardable.

Setherial prend ensuite le relais et combine le look et l'atmosphère traditionnel de Celestia avec l'énergie et la puissance de Hegemon pour un effilement de titre tout ce qu'il y a de plus classique mais, franchement efficace. Manifestement, ces suédois sont des figures culte de la scène, bien que je n'ai encore jamais entendu leur nom, et c'est donc avec un enthousiasme débordant que la fosse prend feu. Le nouveau titre, "Prophets of swine" (sur la grippe porcine ?) n'apporte pas grand chose de neuf dans le genre tout en tant à la hauteur du reste du set. Une partie du public ira même jusqu'à scander "Hail Satan" à un moment sans que personne ne leur ait demandé. Il y avait donc de l'enthousiasme a accueillir ce groupe et il fut bien mérité.

J'étais donc venu pour un simple groupe : Darkspace. Je ne connaissais rien des autres groupes et n'ai pas même pris le temps de gouter à leur musique avant d'acheter ma place. Il fallait que je vois Darkspace tout en sachant que je pouvais être déçu du rendu scénique tant leurs albums peignent des décors désincarnés de toute vie. Derrière le rideau la mise en scène se met en place tandis que devant quelques personnes dévoués s'impatientent bien que la salle se soit déjà bien vidé par rapport à la troupe qui se pressait pour voir Setherial. Une fois le rideau écarté, le nombre ne changera pas tant que cela et c'est sans aucun mot de prononcer que les trois membres de Darkspace, réunit au milieu, prennent place pendant qu'un mur de sample et une lumière bleu crée l'atmosphère nécessaire. Je suis d'abord marqué par la ressemblance avec les quelque photos des concerts que j'ai pu voir. Le groupe joue dans un cadre bien défini grâce a un jeu de lumière qu'ils ont imaginés. Le début est pourtant difficile et je grince des dents intérieurement car le son n'est pas à la hauteur. Les guitares manquent de puissance et la bassiste, pourtant très impressionnante derrière un maquillage noir et blanc à la fois classique et personnel, semble être mal à l'aise. Un ami vient me voir à l'issu du premier morceau et partage avec moi ce mélange d'inquiétude et d'enthousiasme. C'est bien mais, il manque encore quelque chose. A peine vient il de partir que le deuxième morceau débute et fait s'écrouler toute l'appréhension que j'avais. La musique de Darkspace est complexe et j'ai bien conscience qu'il faut connaitre les disques pour vraiment rentrer dans cet atmosphère si particulière mais, c'est à partir de ce moment là que je suis pratiquement rentré en transe au son des hurlements dantesque des trois musiciens et de leurs riffs discordants et impénétrables. Vient ensuite le grand moment d'inquiètude. A peine le troisième morceau commence t'il que la boite à rythme cafouille et que le groupe est obligé de recommencer le morceau. L'ambiance crée par les lumières, le maquillage et la musique est cependant tel que pas même ce problème technique ne va faire descendre la tension. Pire encore, le quatrième morceau est surement un des plus grands moment que j'ai jamais vécu. L'attaque vocale de la bassiste et du guitariste de droite est terrifiante et achève de me convaincre de la grandeur de ce groupe capable de reproduire avec encore plus d'intensité sa musique alors que leur disques sont déjà des monuments composé de matière noir concentré. Deux morceaux seront ensuite interprété avant que ne s'achève leur prestation sous un tonnerre d'applaudissement d'un public conquis après avoir vécu une expérience quasi religieuse devant cette trinité de l'apocalypse sonore.

Saturday, May 09, 2009

Tachigushi Retsuden de Mamoru Oshii


"Entre Avalon et South Park". Après avoir visionné plusieurs fois la bande annonce je décrivais en ces mots le film à toutes les personnes a qui je parlais de Tachigushi Retsunden. En fait, pour être honnête, je parlais toujours du "dernier film de Mamoru Oshii (Ghost in the Shell, Avalon)" et ne pu jamais mentionner le nom que je n'arrivais pas a retenir. Après l'avoir vu par contre, je ne pense pas l'oublier de si tôt.

Peut être que si j'avais su au préalable que j'allais voir un faux documentaires sur l'histoire de personnage mythique censé avoir développé des techniques pour partir sans payer des restaurant de ramen je n'aurais même pas regardé ce film. Absurde, ce film l'est mais, anecdotique, non. Mamoru Oshii, en réalisateur atypique qu'il est jusqu'au bout des ongles, film un sujet anodin et complètement fou pour raconter l'histoire du japon en plaçant en toile de fond l'histoire du pays mélangé a des événements diverses (l'avènement du monstre Mothra, fameux allié de Godzilla) pour se focaliser sur les légendes qui entourent les protagonistes de son histoire.

D'humour, Tachigushi retsunden n'en manque pas. Les visages et les situations juxtaposé au description du narrateur suffissent à rendre les situations comiques. n est par contre pas dans la grosse blague et il s'agit donc d'un film pour fan de cinéma venu voir un film avant gardiste qui utilise une technique mélangeant animation, et acteurs. Les visages sont ceux des acteurs mais, les décors et leurs corps sont crée par ordinateur. Le ton beige des décors, déjà utilisé dans Avalon, est ici utilisé pour donner l'impression d'images d'archives. Les personnages parlent peu et les plans sont souvent fixes tandis que le narrateur raconte, décrit et explique.

Le discours de celui ci est parait il émaillé de jeux de mots mais, le pauvre français anglophone que je suis n'en a vu aucun. Dommage car le film aurait été encore plus drôle et recommandable. Sous sa forme sous titré il est intéressant, distrayant et franchement très bien fait même si j'ai ressenti une envie de ne pas avoir tout le temps une narration et de laisser les personnages jouer beaucoup plus. Le compromis entre le documentaire historique et la plongée dans un univers inventé de toute pièce par le réalisateur / scénariste est abouti et mérite donc d'être visionné par les fans d'Oshii, les amoureux du cinéma asiatique étrange et inventif ou toutes personnes séduites par la perspective de passé une heure quarante en compagnie de sept figures mythique de l'escroquerie des restaurants de ramen.

Monday, April 20, 2009

Agoraphobic Nosebleed - Agorapocalypse


L'équivalent musical d'un dessin animé de Bip Bip et Coyote a des retours et cette fois ils ont amenés une copine et des chansons plus longues.

Auparavant connu pour avoir prétendu au trône du groupe avec le plus grand nombre de chansons avec Altered states of america, Agoraphobic Nosebleed réduit aujourd'hui la mesure et s'arrête a treize chansons. Chansons et pas plages. La différence est de taille puisque parfois les morceaux se superposaient les uns aux autres pour ne former qu'un ou se perdre dans une masse de hurlement, de riffs décousus et d'explosions de boite à rythme qui n'avait pas demandé à être autant torturé.

Les chansons du Agoraphobic Nosebleed atteignent maintenant trois minutes et s'arrêtent parfois encore à un traditionnel cinquante neuf secondes. On ne perd pas les bonnes habitudes.

A coté de Jay Randall nous trouvons aussi aujourd'hui une prénommé Kat dont les hurlement de hyène dopé au stéroïdes extrait d'un corps pourtant bien frêle se complète à merveille.

Ensuite, quand est il des riffs ? On parle de Scott Hull tout de même, la machine a riff de Pig Destroyer et le producteur émérite d'un bon tiers de ce que sort Relapse Record. L'homme est il capable de décevoir ? Peut être mais, pas ici. Très thrash, les guitares vrombissent et expurgent des riffs digne du vitriol répandus par les deux hurleurs. La basse se fait même entendre par moment pour donner plus de relief à tout cela.

Reste donc a asséner le coup final : la boite à rythme ne va plus aussi vite. Oui, je sais ce que vous pensez, c'est une honte ! C'est une infamie ! Que vais je devenir sans ma dose de grind dosé au speed core ? Et bien vous irez surement voir ailleurs car je suis très heureux avec la nouvelle version d'Agoraphobic Nosebleed. Moins sludge que que certains des titres entendus sur les divers splits sortis de ci, de là, depuis "Altered states ...", AnB semble cependant être revenu du rythme effréné et grotesque des disques précédents pour revenir a des variations presque humaines rappelant un peu les titres de "The poacher diaries" partagé avec Converge. Le groupe se décidera t'il a partir enfin sur les routes ?

Peu importe de toute manière, le Agoraphobic Nosebleed nouveau est tout aussi frais, dangereux et dédié à tout les sociopathes de la planète que l'ancien et bien plus encore. Leur meilleur album depuis "Frozen corps stuffed with dope".

Hunab Ku - The gaze inward


Les groupes atteint d'un déficit de l'attention sont amusant tant qu'ils ont quelque chose à dire. The Dillinger Escape Plan ou Genghis Tron à leur débuts sont de ceux-ci et continuent d'explorer de nombreuses avenues dans le cadre d'une seule chanson. La différence entre ceux ci et Hunab Ku est dans l'originalité de cette exploration. La confrontation des styles et des ambiances a tel déjà été faites auparavant. Huna Ku malheureusement peut être trop facilement catégorisé pour que leur myriades de variations ne sentent pas un peu le réchauffé. Un seul nom suffit donc a résumer ce groupe : Mike Patton. Je ferais cependant l'effort d'une phrase pour mieux situer le problème : Mike Patton si il faisait partie d'un groupe de death metal. Les éructations et le chant clair de Mike Gilmore (chanteur et attitré au sampler comme ... Patton) est une copie conforme de celui du grand Mike. Les interludes de carnaval semblent subtiliser à Mr Bungle tandis que les interstices mélodiques rappellent inévitablement Faith no More. Patton, Patton, Patton. Pas du mauvais Patton pourtant et d'assez bons riffs aussi. Le mot d'ordre diplomatique est donc "potentiel". Il faudra cependant des efforts pour que ce quatuor se distingue et passe au travers de cette comparaison envahissante.

The Chaser de Na Hong-Jin


The Chaser est le premier film d'un réalisateur que l'on peut qualifier de surdoué pour avoir aussi bien compris le thriller et avoir fait un film dépassant les codes du genre pour surprendre le spectateur. Durant le film je me suis fait la réflexion qu'aucun autre film américain, du type Seven, ne m'avait autant remué que cette course poursuite pour sauver une jeune femme de la maison d'un tueur.

L'originalité du scénario est de dévoiler dès le départ l'identité du tueur, de le livrer à la police et de le faire avouer durant la première demi heure. Occupé par l'enregistrement de la déposition du criminel, la police ne s'occupe donc plus de ce que le héros, un ancien enquêteur de police devenu proxénète, essaye tant bien que mal de faire : retrouver une de ses prostitués. Accompagné de la fille de cette dernière et de son assistant, un brin stupide, il parcourt alors la ville et et frappe contre des murs et des portes quitte a les défoncer.

Bien que sympathique, ce héros ne fait pourtant rien pour que les choses aillent mieux. Il frappe, ment et se comporte comme un parfait salopard envers cette petite fille qui voit clair dans son jeu et ne se laisse pas berner par les gros bras de celui-ci. Le duo "d'enquêteur" échappe donc a tous les clichés et se comporte finalement comme des personnes tout a fait normal a qui incombe la tâche de retrouver une disparue envers et contre tout. Ils sont désemparés, tente l'impossible et n'ont aucune véritable idée de la marche à suivre.

Comparable en terme d'atmosphère et de déroulement du scénario à Memories of Murder et The Host de Boon Joon-Ho, The Chaser de Na Hong-Jin est un thriller parfait auquel on ne retrouverait a redire que dans sa fin à tiroir qui en a dérangé certains. J'ai un avis différent sur la question bien que je comprenne très bien ce point de vue car ce film est tellement épuisant qu'au bout d'un moment on ne peut plus retenir la tension et l'on demande que tout cela s'arrête. La course poursuite mené par à bout de souffle par les personnages à travers une ville coréenne où tout le monde semble se contre foutre de la vie d'une prostituée est une meilleures expérience cinématographique que nous a récemment proposé la Corée dont le réservoir de talent ne semble jamais s'épuiser. Na Hong-Jin, voilà un nouveau nom à retenir.

Tokyo Gore Police de Yoshiro Nishimura


Le réalisateur Yoshiro Nishimura est avant-tout le responsable du maquillage sur de nombreux films. Cela explique pourquoi Tokyo Gore Police est un film qui brille d'abord pour les divers accessoires gore que portent les acteurs tout au long du film que par ses plans de caméra. Bien que compétent, Nishimura n'apporte pas grand chose en terme de point de vue et pèche beaucoup quand il s'agit de retranscrire la violence des scènes de combat. Si il y a donc des reproches a faire à Tokyo Gore Police c'est bien de ce point de vue.

En contre partie, peu de films sont aussi violent, gore, jouissif et inventif que celui-ci. Ruka, la fille d'un policier assassiné est une chasseuse d'engineer, des criminels génétiquement modifié capable de transformer leur membres amputés en une arme. Ce pretexte a des explosions d'hémoglobine qui se répandent jusque sur la caméra (un effet un peu trop utilisé durant le film) est aussi une occasion de développer un esthétisme cyber punk entre le manga Devil Man de Go Nagaï (Great Mazinger, connu chez nous sous le nom de Goldorak ou Cutey Honey) et Tetsuo de Shinya Tsukamoto (Tokyo fist, Bullet Ballet, Gemini ...). Entrecoupé de publicité pour des armes, des jeux de tortures ou des sabres, l'univers très riche de Nishimura parodie avec cynisme des travers de la société japonaise (tout produit peut se vendre, même aussi amorale soit il, comme les lames de rasoirs de couleurs différentes pour se trancher les veines) pour créer une société dystopique à souhait.

Le film n'en devient pas pour autant un réquisitoire moraliste tant le cynisme et le gore domine mais, les nombreux fils que tirent le réalisateur durant son film le rend beaucoup plus fascinant et génial que ne le serait un simple film gore avec de beaux effets spéciaux. Même les quelques problèmes techniques qui "décrédibilisent" la fin (la scène des doigts qui reviennent à leur envoyeur) n'arrivent pas a ternir les dernières images laissant présager d'une suite à partir d'une société modifié et encore plus perverse et folle.

Tokyo Gore Police est un film extrême emprunt d'une incroyable folie destructrice laissant présager une carrière très intéressante pour ce réalisateur qui n'en est qu'a quatrième film derrière la caméra. L'interprétation du rôle principale par Eihi Shina (Audition, Eureka ...) est aussi remarquable par son charisme et sa beauté meurtrière fascinante dont les coups de sabre mènent un bal jouissif et sanglant. A suivre.

The Machine Girl de Noboru Iguchi


Ami est une jeune fille au caractère fort qui s'occupe de son jeune frère, Yu, depuis que ses parents se sont suicidés suite à des accusations de meurtre portés envers eux. Le jeune homme est cependant la proie d'un groupe d'adolescents menés par le fils d'un yakuza. Harcelé et brutalisé pour de l'argent mais, surtout par plaisir, Yu va être tué, projetant sa sœur dans une folie vengeresse qui l'amène a se faire remplacer son bras par une grosse mitraillette.
Si le scénario vous parait ridicule vous n'avez pas tort du tout. The Machine Girl, sous couvert d'un scénario partant de faits divers courant au Japon (suicide pour éviter la honte, harcèlement d'élèves jusqu'à la mort), The Machine Girl est un film excessivement gore où tout est prétexte a montrer plus de tripes et de têtes explosé.
Moins drôle mais, tout aussi outrancier que le fameux Brain dead de Peter Jackson, The Machine Girl réserve cependant suffisamment de surprises pendant une heure et demi pour être un bon divertissement jouissif et excessif au possible (un personnage trébuche et coupe un bras). La bande annonce prévient de toute manière très bien de ce a quoi on est en droit de s'attendre : des yakuzas ! des ninjas ! une guillotine volante ! des membres arrachés et de gros trous ainsi que des explosions d'hémoglobine versé au litre au moindre doigt arraché.
La réalisation est efficace et multiplie les effets dynamique lors des scènes de combats. Le budget est par contre intégralement parti dans ces effets de caméra et dans les trucages les plus gore. Les acteurs ne sont donc pas des plus talentueux sans pour autant surjouer à l'excès. Le scénario est malgré tout suffisamment cohérent pour que tout tiennent debout à partir du moment que l'on accepte de regarder un film dont l'héroïne est une jeune fille armé d'une armée accroché au moignon qui lui sert de bras.
Futur film culte ou non, The Machine Girl est un bon divertissement horrifique et comique très japonais et mérite d'être vu par un public déjà séduit par Ichii the killer ou Brain dead.

Book of Black Earth - Horoskopus


Le seul problème que je trouve a ce disque est qu'il est très bien. Parti d'un split avec Fall of the Bastard marqué par l'héritage d'Emperor jusqu'à un premier album entre black symphonique et death metal ces ex Teen Cthulhu (hardcore a clavier) sont aujourd'hui capable de produire un disque tout ce qu'il y a de plus efficace et satisfaisant. Durant les onze titres (dont une introduction) d'"Horoskopus", les américains jouent tout ce qui fait un bon disque de metal extrême. Les riffs sont suffisamment mémorable, l'atmosphère est épique et violente. Champ de bataille, charge de cavalier le sabre au clair, barbare assoiffé de violence, toutes les métaphores me viennent à l'esprit mais, ne m'encouragent pas a en dire plus. "Horoskopus" est juste un bon disque de metal qui ne commet aucun erreur hormis celle de ne pas être très original. Un disque de plus sur l'étagère quand on a déjà tout les classiques dont ce groupe s'inspire. Un pas de plus par contre dans la carrière d'un groupe qui pourrait bien finir par faire mieux que les ainés. Avec un tel disque et une chanson aussi épique que "Death of the sun" ils ont assurément un avenir dans le milieu.

Esoteric - The maniacal vale (Season of Mist) 2008


Je ne me suis jamais intéressé à Esoteric jusqu'à la sortie de The Maniacal vale que tout le monde m'a recommandé avec véhémence. J'avais pourtant déjà écouté "Subconscious dissolution into the continuum" sans y trouver un grand intérêt. Je lui ai même donné depuis une nouvelle chance mais, sans succès. Rien ne me préparait à être emporté par "The maniacal vale" et être aussi fasciné que je le suis, comme toutes les personnes qui l'ont entendu, par ce disque d'une obscurité plus profonde que les trous noirs.

Monstrueusement épique, ce monolithe musicale mérite toute votre attention si vous aimez les musiques sombres. Au delà de la mélancolie et de la dépression, Esoteric peint la disparition d'un univers à la vitesse de la disparition d'une étoile. Les massacres sont chaotiques, désordonnés et violent. La disparition d'une planète est par contre un procédé beaucoup plus lent et ne nécessitant pas une volonté suprême mais, obéissant a un rythme naturel qui se retrouve ici reproduit à la perfection sous la forme d'un doom funéraire dénué de toute émotion humaine.

Contrairement aux groupes de black metal qui se veulent les catalyseur d'une haine suprême, Esoteric dégage une négativité puisé dans la même contrée qu'explore Darkspace. Plus de violence, plus de rage, juste une destruction complète et méthodique de toute trace d'humanité. En vingt minutes, "Circle", la première chanson, résume dans une composition riche la noirceur intégrale que dégage ce double album sur une heure et demi.

On dit des esquimaux qu'ils possèdent plusieurs mots pour parler de la neige. Esoteric eux trouvent de nouvelles manières de créer l'obscurité et de l'étendre sans jamais la rendre redondante ou grotesque. L'esprit dévoré par la nébuleuse, ce double album ne s'écoute pas comme un simple disque mais, comme un rituel auquel on assiste. A l'instar de grands groupes comme Khanate ou Neurosis, Esoteric trône maintenant comme une entité capable d'inspirer bien plus que des émotions mais un véritable environnement dans lequel on aime a se perdre malgré toute la noirceur qui s'en dégage. Difficile, lent et immersif mais, exceptionnel et digne de tous les commentaires élogieux que le groupe récolte aujourd'hui et bien plus encore.

Scale the Summit - Carving desert canyons (Prosthetic Records) 2009


Je me souviens avoir écouté des bouts du premier disque de Scale the Summit et de m'être emmerdé. Un peu trop branlette technique pour moi. Bien que j'aime la musique technique et instrumentale il manquait de la cohérence a leur musique, un sens du groove qui était obsurscit par le besoin des musiciens de démontrer leurs prouesses. Le compromis entre l'aventure promise par un paysage désertique et lumineux et les riffs techniques n'étaient pas encore en symbiose.

Presque par hasard je me suis donc mis a écouter leur dernier disque par pure curiosité. La pochette était joli, le nom me disait quelque chose et j'avais envie d'écouter quelque chose de nouveau. Bien m'en a pris. Où sont les reproches que j'ai pu faire a leur premier disque ? Malgré leur jeune age Scale the Summit vient de produire un album parfait de bout en bout, mémorable et épique, dont la pochette est un parfait accompagnement visuel pour représenter le voyage fait de montagnes et de vallés qu'est cette collection de chansons.

Certes, la métaphore du paysage est un grand classique du chroniqueur pour représenté une musique varié alliant la lenteur et la lourdeur a des envolés mélodieuse. Mais, le groupe tend la perche avec un titre et une pochette aussi approprié donc que peut on faire d'autre que la saisir au vol et appuyer en son sens ? Scale the Summit explore ici tant d'avenues différentes avec tant de brio que les fans de rock allergiques aux voix rauques pourront se ruer sur ce disque et gouter aux lignes mélodiques de "The great plains" et y trouver le parfum d'un futur classique. Vivifiant et lumineux, "Carving desert canyons" est un voyage dans un univers que l'on voit se dessiner en face de soi a rythme des notes frappés sur les cordes, les cymbales et les toms des cinq musiciens.

Tant de grâce et de précisions dans les mains de ces jeunes gens est proprement fantastique et bien que je ne puisse rien trouver de révolutionnaire dans leur musique, elle dégage tant de maitrise et m'inspire tellement de joie que je ne peux qu'applaudir et me passer encore et encore cet album sans éprouver la moindre lassitude. "Carving desert canyons" ne marquera peut être pas l'histoire de la musique mais devrait être célébrer suffisamment pour qu'à l'issu de l'année 2009 on ne puisse pas ignorer le nom de Scale the Summit.

Antigama - Warning (Relapse) 2009


Changement de chanteur mais même cap pour le navire Antigama qui continue de voguer sur les mer agités de l'océan grindcore. Les polonais ne succombe pas à la facilité en simplifiant leur son et continuent même de le complexifier.

Lors de leur passage à Paris il était même encore permis de se demander si l'on voyait vraiment un groupe de grindcore devant soi. Mécanique et froides, les explosions de violences totalement contrôlées et maitrisées au poil près par un trio (pas de bassiste ce soir là) de musicien vivant dans leur bulle. Le chanteur restant a proximité de la batterie tandis que le guitariste se concentrait sur son instrument. L'inverse d'un groupe de grind habituel qui privilégie la folie, l'impulsivité et l'énergie. Antigama vit sur une autre planète et il est donc normale que leur musique n'ait rien de commun avec ce qui se traditionnellement dans le genre.

A l'image du labyrinthe cubique de la pochette, il est permis de prendre l'entrée que l'on désire pour se perdre dans leur musique mais, le résultat sera toujours le même, le chaos le plus ordonné qu'il vous sera donné d'entendre. Le jeu de chaque musicien mérite l'attention de l'auditeur pour pouvoir espérer saisir par quel bout de tel explosion de folie sont composées. En comparaison, "Resonnance" était un album presque plus traditionnel dans le genre. Sur "Warning" les variations rythmiques ont un registre encore plus vaste tout en étant plus violent que sur leurs disques précédents. La part belle n'est pas pour autant laissé au batteur puisque quand les cordes parlent c'est pour s'exprimer dans une tonalité bien particulière où les doigts des musiciens s'échappent dans un mélange de folie et de précision. Le chaos d'Antigama a une méthode et désarçonne tout autant que les albums de John Zorn ou de Meshuggah le font pour les fans des genres respectifs.

Antigama découpe ainsi toutes les syllabes du mot grindcore pour s'en extraire et recomposer sa musique. Antigama est a la fois un groupe qui vient du grindcore tout en ayant plus rien à voir avec ce genre. Le paradoxe est digéré et a pris la forme de seize titres tous plus incroyable les uns que les autres. Le mécanique devient organique. L'imprévu devient normale. "Warning" ne surprendra pas les fans mais continue de prouver qu'Antigama est un groupe unique, inclassable et incroyable.

Sunday, April 19, 2009

MF DOOM - Boen like this (Lex Records) 2009


Qu'importe son véritable nom, si ce que l'on sait sur sa vie de famille est vrai ou la disparition du MF troqué pour un simple DOOM, MF DOOM, le rappeur, est un super héros, une figure mythique et emblématique d'un rap décomplexé et toujours juste. Si la mode est au bling bling clinquant, MF DOOM reste toujours le roi de la rime efficace et intelligemment placé et de l'instru ronde qui pourrait tourner pendant des heures sans que l'on s'en lasse un seul instant.

Depuis "Mmm food", son dernier album solo sous le même pseudonyme, deux disques de collaborations ont secoués la vie de l'artiste. Madvillain et ses compositions courtes dont le rythme d'enchainement rapide se retrouve sur "Born like this" et Dangerdoom, un album plus radio, plus direct et moins riches en sample, dont l'impact est aussi visible sur une partie des compositions. Celles ci sont parait il largement puisés dans les "Special herb", une dizaines de disques d'instrumentaux que le masque de fer n'a cessé de sortir entre ces albums. Je ne peux rien affirmer n'ayant porté aucune oreille sur ces disques. Je me fais juste un devoir de mentionner cette possibilité pour prévenir les plus avertis mais, peut être ceci sont ils déjà au courant et crache t'il déjà sur ce disque ?

"Born like this" n'est pourtant pas une collection de redite mais de hits fidèle a la réputation de l'homme à la voix rauque capable de retourner une phrase dans tout les sens pour y puiser des rimes insoupçonnés. Le titre "That's that", deuxième morceau que j'ai eu le plaisir d'entendre avant la sortie officiel du disque, fascine par ses sursauts constant d'une rime à une autre. De mots en mots et non de phrases en phrases, MF DOOM rappe et écrase la concurrence. Ce n'est pas une exception mais, une règle d'or pour l'homme.

Les samples par contre sont moins datés que sur les albums précédents. Aucun extrait du dessin animé des Fantastic Four a signaler pour une fois. Peut être que l'expérience DangerDoom aura convaincu le docteur qu'il se fait maintenant de très bons dessins animés (l'album en collaboration avec Danger Mouse étant centré autour des séries de la chaine adult swim)? Petit détail amusant pour le fan eklektik, un monologue de Charles Bukowsky samplé sur la chanson "Cellz" l'est aussi sur "Orthodoxyn" d'Arkhon Infaustus. Anecdotique mais, amusant.

Assisté de Madlib (un titre), Jake One (quatre) et du défunt J Dilla (deux), DOOM assure le reste du disque en compagnie de quelque featuring comme l'excellent Raekwon (Wu-Tang Clan) ou Tony Starks qui excelle sur "Angelz". L'intervention a coup d'auto tune de Slug (Atmosphere) sur "Supervillainz" est par contre beaucoup plus anecdotique mais se veut surement être une petite attaque contre Kanye West et Lil Wayne qui usent et abusent tout les deux de cet effet studio sur leurs albums.

Hormis ce morceau, il n'y a aucun moment de faiblesse sur "Born like this". Différent tout en restant dans la continuité des deux précédents albums d'MF DOOM, chaque titre s'ajoute et se combine pour créer un nouveau tout, cohérent et bien à la hauteur de l'énorme réputation du rappeur révéré par tous des quatre coins de l'underground rap jusqu'aux fans de rock indé. DOOM est bien plus qu'un homme. Son nom évoque l'excellence, l'efficacité et l'invulnérabilité d'un super héros du rap. "Born like this", efficace et infaillible depuis la naissance, la légende ne faiblit pas un instant et se perpétue jusqu'à un nouveau disque sous un nouveau pseudonyme . Sous le masque de fer qu'il a endossé après la mort de son frère, pour changer sa propre existence et éluder toutes les attentes que l'on pouvait avoir sur Daniel Dumile ou Zen Love X de KMD, se dessine peut être la fatigue du temps mais, la langue ne faiblit pas et continuer de frapper la mesure avec toujours autant de force et de justesse.

Little Girl Terrorist - Verses+ (Swarm of Nails) 2009


Combien de groupe en provenance de Singapour connaissez-vous ? Aucun ? Et bien maintenant vous en connaissez un. Maintenant, combien de groupes que vous pourriez décrire comme étant "entre Genghis Tron et Venetian Snares" pouvez vous me nommer ? Aucun. Grossière erreur, je viens justement de vous apprendre le nom d'un nouveau groupe. Écoutez un peu ce que l'on vous dit bon dieu !

Little Girl Terrorist est votre nouveau groupe favoris. Je peux vous le certifier si vous voulez. Après tout, si vous venez sur un webzine appelé Eklektik c'est que vous aimez des groupes aux influences variés capable de transcender un peu les genres. Donc quatre gamins originaires de Singapour avec des influences allant de l'electro au screamo en passant par des groupes de rock expérimentaux. Jetez donc un œil a la liste de leurs influences sur leur page myspace et jouez ensuite à les retrouver. Je vous garanti que vous en serez capable alors que des noms aussi diverses qu'Ulver, The Mars Volta et Orchid y figure. Bon, See You Next Tuesday se trouve aussi dans cette liste. Chacun a ses petits défauts. Fort heureusement, celui de Little Girl Terrorist est pour l'instant de vouloir partir dans un peu trop de direction. Un défaut qui n'en est pas un quand on plonge la tête la première dans leur univers.

En guise de comparaison extra musicale je vous demanderez de vous imaginer pris dans l'univers de FLCL, un anime très barré que l'on qualifie de weird anime car tout peut s'y passer. Une adolescente sur une vespa rouge frappe un jeune garçon avec une guitare electrique. De son front sort alors deux robots, une main mécanique et un autre complet avec une tête de télévision. Bienvenue dans les dix premières minutes d'un des anime les plus fous et les plus géniaux jamais réalisés. Bienvenue aussi, en quelque sorte, dans le monde de Little Girl Terrorist.

Les samples, le rythmique, les cris screamo, tous se rencontrent au coin d'une rue et se livre une bataille sans merci. Le miracle est que malgré cette impression de chaos émergent un univers tout particulier, séduisant par sa folie et son inventivité. La production est un peu fine au premier abord mais recèle énormément de couches différentes. L'autre grand détail marquant de ce disque est qu'il est composé d'enregistrement datant de plusieurs périodes. Les deux premiers titres qui atteignent la dizaine de minutes chacun sont riches, explosifs et fou. Ce sont les dernières chansons que le groupe ait composé.

Les cinq suivantes sont extraites de leur premier EP. Plus courtes et moins riches mais déjà rempli d'idée géniale. Le dernier morceau est une version demo enregistré avec d'anciens membres. Une bonne chanson qui ne bénéficie cependant pas de la même production et donc de la même folie que les deux premières. Le futur de ce groupe est donc ce qui est pour moi le plus intéressant. Leur présent vaut déjà largement le détour. La suite par contre fera se retourner de nombreuses têtes. Pensez donc, a peine Genghis Tron vous a t'il remuez la cervelle, voilà qu'un quatuor originaire d'on ne sait où se décident a aller encore plus loin dans l'expérimentation, la folie et l'originalité. Deux seules solutions s'offre a vous : Fuir ou acceptez et écoutez.

Saturday, March 21, 2009

Candiria - Kiss the lie (Rising pulse) 2009


What doesn't kill you était un album médiocre. Fatigué du style qu'ils avaient développés depuis "Surealistic madness", le groupe voulait se renouveler, d'où un album au style éparse que John Lamachia, guitariste absent au moment de la composition, reconnait comme étant parfois trop éloigné du style qu'ils avaient instaurés. Son retour pour "Kiss the lie" ne signale pas pour autant un retour au source mais la concrétisation de ce besoin de trouver un style qui soit à la fois dans la continuité tout en étant une réinvention.

Deux ans après sa composition, son enregistrement, son mixage et même la conception d'une pochette que l'on peut trouver sur le CD offert avec l'édition vynil (seul édition qui sera normalement réalisé pour ce disque pour des raisons contractuel avec leur label), le disque peut enfin sortir et prouver au monde que la transformation que Candiria avait désiré et maintenant aboutis, n'en déplaise au nostalgique ou aux allergiques au chant clair.

Car, du chant clair, il y en a beaucoup. Carley Coma en a eu manifestement marre de rapper ou de crier avec une voix gutturale et a donc troquer son style pour ces lignes de chant qui rappelaient tant POD sur leur disque précédent. Cependant, la musique qui l'accompagne est maintenant très loin de ses écarts de conduite. La fusion que pratique Candiria se forme aujourd'hui autour de la soul, du jazz, du metal, du hardcore et de divers tendances électroniques (dub, techno hardcore, drum and bass). L'influence rap est beaucoup moins évidente mais n'entraine pas une déperdition du caractère urbain de leur musique. Plus sombre et aussi plus riche en émotion, "Kiss the lie" réussit sa fusion avec toujours autant de groove et de cohésion entre les musiciens.

Les transitions entre chaque parties sont très travaillés afin que chaque chanson ne perde pas en cohérence tout du long. Les variations saccadés qui permettait de souligner les différents styles empruntés ne sont donc plus aussi évidente aujourd'hui et pourront donc faire douter que le groupe n'est plus aussi riche qu'auparavant. Pourtant, difficile d'avoir grand chose à redire sur une chanson comme "Icarus syndrom" avec son introduction très Tool, ses transitions entre le metal, des rythmiques constamment décalés entre tout les musiciens et même l'intrusion d'un beat techno hardcore joué à la batterie en guise de conclusion.

Certes, il y a maintenant des refrains ! Comble de la trahison envers le style éclectique et explosé du groupe à leur début ! Mais quand ces refrains sont aussi efficaces que celui de "Legion" où deux lignes de chant, l'une crié et et saccadé et l'autre claire et élancé, se superposent pour s'acheminer à l'issu de la deuxième reprise vers un soli psychédélique et tordu, il faudrait vraiment être vicieux pour crier à l'infamie.

Une écoute au casque suffit d'ailleurs a se rendre compte de la richesse des chansons. Au premier abord elle m'ont d'ailleurs paru beaucoup plus longues qu'elles ne le sont réellement tant les variations sont importantes de riffs en rythmiques en ligne vocale. La production est aussi très propre et très clair pour donner à chaque musicien la place qu'il mérite.

La sortie de ce disque aura été l'équivalent des douze travaux d'Hercule pour ce mythique groupe qui n'a jamais rencontré la reconnaissance massive qu'ils ont pourtant mérités depuis leurs débuts. Précurseurs d'une fusion riche et intelligente, prête a tout les emprunts et aux variations les plus surprenante, Candiria se place encore aujourd'hui en dehors des modes avec un disque fort, sombre et mélodique. Vivifiant et originale, ce nouveau chapitre ne plaira surement pas à tout les fans mais leur permettra surement de gagner un nouveau public à condition que leur voix se fasse entendre malgré le manque de promotion qu'ils recevront de la part de leur label original, Type A Records,

Thursday, March 12, 2009

Zvoyn - Onomatopeous love letters - Book 1 : Elisa (Autoproduit) 2009


Réalisateur de court métrage, comédien, une fois bassiste de The Ocean lors d'une tournée européenne, membres actif de deux groupes et capable d'avoir une vie sociale autour de tout cela, OYC est décidemment un homme exceptionnel. Si ce pseudonyme vous ai familié, ne cherchez pas, c'est parce que vous avez peut être déjà vu ce nom sur ce site en bas d'une chronique. La chronique enthousiaste que je m'apprête à écrire pourrait donc relever du copinage si ce projet n'était pas à la hauteur. Or, Zvoyn est bien plus qu'à la hauteur, c'est un disque qui mérite d'être écouté attentivement pour tout ce qu'il ose faire avec plus et parfois un peu moins de bonheur.

Composé de sept plages, ce projet réalisé complètement en l'espace d'à peu près un mois est une occasion pour ce talentueux bassiste de démontrer que l'on peut très bien se passer d'un groupe complet quand on a guitar pro à disposition. Oui, guitar pro, le logiciel qui fait ressembler toutes vos compositions à des musiques de jeux vidéos du débuts des années 90 (j'ai reconnu l'espace d'un instant les traces d'une mélodie du jeux Sonic sorti sur Megadrive). Le pari peut paraitre oser sur le papier mais il suffit de prendre en compte deux petites choses pour que cette démarche paraissent tout à fait logique.

La première est que la plupart des groupes de metal extrême qui rentrent en studio font croire que leur batteur est capable de blaster comme un fou sans aucun problème. Ils se déguisent pour cela derrière un mur de son bien propre et retouché au maximum en faisant croire qu'ils ont fait ça tout seul. Ici, tout est fait avec des machines mais est ce que cela change quelque chose à la qualité de la musique ou des compositions ? Pas autant que pour tout les disques composés et enregistrés grâce a des logiciels tels que pro tools.

Ceci m'amène donc à mon deuxième point. Sur le DVD bonus vendu avec "Alien", le quatrième album de Strapping Young Lad, Devin Townsend que l'on interviewait en studio expliquait qu'il ne comprenait pas pourquoi beaucoup de gens critiquaient les logiciels d'enregistrement actuels. Son opinion était que de ne pas profiter de la technologie disponible était absurde et qu'il fallait donc utiliser ses nouvelles ressources pour créer de différentes manières. Bien que musicalement totalement différents de l'univers de Townsend, l'attitude de OYC pour composer ces sept premiers morceaux de Zvoyn est identique.

A la fois drôle et complexe, la planète Zvoyn tourne autour des planètes Unexpect, Meshuggah et Fantomas tout en y ajoutant des références bien terrestre à des musiques arabe dont je ne connais aucun noms et même un interlude vocale. Ce dernier est d'ailleurs une bonne occasion pour l'homme de démontrer ses nombreux talents puisque son dialogue entre lui même et sa conscience est très facile a suivre bien que les deux voix soient identiques. A l'instar de cette échange, le dialogue constant entre les piaillements, les growls et toutes les variations rythmiques et mélodiques est incroyablement clair et même accrocheur pour peu que l'on ait l'oreille habitué à ce type de musique. Pour des chansons enregistrés en une seule prise, il n'y a finalement pas grand chose à redire. La durée est confortable et permet aux chansons de ne pas s'user rapidement et d'être réécouter successivement. Même le packaging est aboutis ! Et est ce que je vous ai parlé du court métrage réalisé par les soins du compositeur disponible en complètement ? Non, franchement OYC, est ce que tu pourrais arrêter de faire les choses aussi bien ?

HKY - HKY (Musicfearsatan) 2009


Autant ne pas le cacher et le dire d'emblée : je suis fan. J'ai déjà vu cinq fois le groupe en concert, dont une fois en répétition, et j'ai eu plusieurs fois l'occasion de discuter avec eux. Ma confession étant faites, je peux donc commencer a encenser leur musique en toute impartialité.

Associé à la scène "post hardcore parisienne", le groupe s'extrait très facilement de ce genre en évitant par une atmosphère encore plus dense et plus sombre que celle couramment associés au style. Ainsi bien que le nom de Neurosis saute aux oreilles, c'est aussi celui de Darkspace qui m'apparait clairement dans le jeu des samples associés aux riffs lourds et sombres. HKY n'en est qu'a son premier album (quatre titre de huit minutes en moyenne) mais tout est donc déjà semé pour que la suite n'est plus grand chose à voir avec la musique composés par les fans de Isis et de Cult of Luna dont les disques s'empilent sur les tables des journalistes.

Lents et denses, les riffs de guitare auréolés de samples glaciales résonnent lourdement devant la section rythmique. Bien que concentré vers un objectif commun, le groupe n'évolue pas comme un seul homme et laisse de la place à chaque membres pour rendre le tout beaucoup plus personnel. HKY trouve ainsi sa propre voix dans un genre balisé et s'extrait donc par la qualité de l'interprétation mais aussi grâce à la forte personnalité de chaque musiciens dont le talent est évident. L'enregistrement est d'ailleurs extrêmement travaillé et permet donc à chaque instant de ressortir avec plus de clarté que sur les amplis de toutes les salles de concert où j'ai pu les voir se produire.

En seulement quatre titre englobés dans des nappes de sons discordants, HKY ne compose pas que des chansons mais écrit aussi univers dont la personnalité est d'ors et déjà palpable. Bon sang ne saurait mentir ou produire un disque interchangeable. Altess, Every Reason To, Immemorial, (Remote). Tant de noms croisés sur des flyers qui se retrouvent sur ce premier chapitre sans pour autant que l'on est besoin de les mentionner pour vanter leurs mérites. Ce premier album parle pour eux et suffira sans l'ombre d'un doute à convaincre jusqu'à ce que leur prochain disque l'enterre.

Celeste - Misanthropes (Denovali / Trendkill) 2009


Lors de la sortie de leur premier album, Cult of Luna avait été taxé de groupe de black metal par le magazine Kerrang !. Une classification qui fut très vite remplis par une autre tout aussi absurde pour la sortie de the beyond, le cinematic sludge. Pourtant, il y avait du vrai dans cette comparaison avec les hordes norvégiennes car la rage déployés par les post rockeux d'aujourd'hui était tellement palpable que l'on aurait pas pu imaginer que par la suite le groupe s'orienterait vers des sonorités aussi douces et apaisés bien que toujours sombre. De ces jours que regrettent les fans de la première heure, Celeste a pris racine et a grandit pour produire un disque coup de poing, Nihiliste(s).

Monolithique et rageur, il ne semblait pas y avoir de chemin possible vers encore plus de violence et de colère. Les lyonnais ont pourtant réussi a aller plus loin et accomplissent ce que le Cult of Luna des débuts avait touché du doigt, la fusion entre l'héritage de Isis et Neurosis accompagné d'une atmosphère quasi black metal. Autant la voix évoquait déjà la Norvège, autant les riffs saturés et certaines mélodies ont plus que les reflets sombre et nage la tête la première dans les marécages avec encore plus de virulence.

Beaucoup plus metal et aussi plus lourde, l'obsession de Celeste semble être d'animer chez l'auditeur un dégout profond de l'humanité. Sans aucune volonté d'améliorer, de changer. La destruction est mis au profit d'un esthétisme qui ne trouve son salut que dans des émotions déchirés et des corps exsangues, fatigués par l'expulsion de tant d'émotions en si peu de temps.

Misanthropes est un pas en avant vers toujours plus de violence mais pas en révolution en soi pour tout ceux qui se seront fait les oreilles sur le précédent volume des aventures de Celeste. La révolution est ailleurs et Celeste en fait partie. Altar of plagues, Waning, Wolves in the Throne Room, des groupes qui rejoignent le post hardcore tandis que de leur coté, Celeste va dans la direction opposé. Une conjonction des genres très prometteuse. Misanthropes n'est pas pour autant un pas gigantesque dans une direction nouvelle mais plus le temps passe et plus le quatuor lyonnais finit par surpasser l'héritage des suédois roi du post hardcore en jouant, et en gagnant, à la compétition du plus sombre.

Tuesday, March 03, 2009

General Surgery - Corpus In Extremis: Analysing Necrocriticism (Listenable Records) 2009


Cher General Surgery,
Je vous écris car je me suis chagé de chroniquer votre dernier et que je me retrouve devant un dilemne. Bien qu'aussi efficace que varié, vos chansons ne me touchent pas alors que tout devrait me plaire. Le grindcore suédois que vous interpréter dans la plus pure tradition de Nasum avec une forte touche de Carcass reconnaissable aux mélodies et au titre de votre disque n'est pas déplaisant. Bien au contraire. Mais, les blast ont beau rebondir gaiement sur mes tympans, je ne ressens rien qui m'accroche vraiment tout au long du disque hormis les quelques solos de guitare dont je ne peu nié l'efficacité. Je me vois donc dans l'obligation de donner une note moyenne à votre disque bien que musicalement je n'y vois pas de véritable défaut. Me retrouvant dans cette situation assez paradoxale, je me vois donc contraint de vous adresser ce courrier en espérant que vous comprendrez mon point de vue.
Sincèrement.

Monday, March 02, 2009

Trigger the Bloodshed - The Great Depression (Metal Blade) 2009


Catégorisé un groupe dans le monde du deathcore est une manière tellement pratique de faire du neuf avec du vieux que tout le monde l'emploi à tort et à travers. Trigger the Bloodshed n'a pourtant rien à voir avec ce genre malgré l'avis contraire de nombreuses personnes qui m'ont décrit le groupe de cette façon. Ce que ces cinq anglais font est simplement du death metal. Certes, leur inspiration vient tout d'abord de Beneath the Massacre a qui ils ont emprunté la passion pour les notes débités à la dizaine toutes les secondes et la structure de leur nom. Mais, en dehors de cela, point de mosh part ou de beat down à signaler. Quand ralentissement il y a (et il y en a au moins un par chanson) ce serait plutôt vers Behemoth ou Cannibal Corpse qu'il faudrait se tourner. Tant mieux d'ailleurs car même si ces emprunt à leurs ainés n'en font pas un groupe des plus original, ils rendent au moins la demi heure que fait ce disque plus intéressante que celle passé avec d'autres groupes de jeunot a qui l'ont a fait découvrir les pig vocals la semaine dernière. "The Great depression" est donc un disque simple et absolument pas révolutionnaire (quoi que peuvent en dire les journalistes anglais qui s'extasient sur eux) mais qui remplit parfaitement tout les critères d'un disque classique de brutal death.

Abigail Williams - In the shadow of a thousand sun (Candlelight Records) 2008


S'il existait un manuel "Dimmu Borgir pour les nuls", Abigail Williams aurait vers quoi se retourner pour s'excuser d'avoir produit un disque aussi ennuyeux et prévisible. Malheureusement, ce livre n'existe pas et ils sont donc les seuls à blamer pour avoir commis ce "Enthrone darkness triumphant" light renommé pour l'occasion "In the shadows of a thousand sun". Attention, si l'adjectif light pourrait vous faire croire que vous trouverez dans ce disque un soupçon de ce qui a fait l'originalité de Dimmu Borgir, ne vous méprennez pas. Abigail Williams a en fait délesté l'album des norvégiens de riffs mémorable ou de mélodies de clavier efficace. Bref, tout ce qui faisait l'intérêt de Dimmu Borgir. Même le chanteur n'a pas le même coffre que Shagrath et ne fait donc rien passer dans ces textes autrement que quelque cris. Pire que Cradle of Filth ? Je n'irais pas jusque là mais je ne pense pas avoir besoin d'aller jusqu'à un tel extrême pour vous faire comprendre qu'"In the shadows of a thousand sun" ne sera même pas un remède digne de ce nom pour combler vos manque en black metal symphonique.

Sunday, March 01, 2009

The Eyes of a Traitor - A clear perception (Listenable Records) 2009


Après avoir jeté un regard à la photo promotionnel au dos du disque je pensais tout savoir sur ce groupe. Coupe emo / tendance pour un des membres du groupe. Chanteur a tatouage regardant l'objectif avec un air de tough guy dédaigneux. Tee shirt Heath Ledger très tendance et torche mis en avant pour faire metal. Deathcore. Encore un de plus dont la seule "originalité" était d'être accompagné des hourras de Terrorizer. La presse anglaise, toujours aussi fière de ses petits groupes nationaux, ne fait jamais d'économie en matière d'encouragement pour ses poulains.

De Deathcore, le groupe n'a pourtant qu'une poignée de riffs un peu typé ainsi que les growls de leur chanteur (qui ne se limite cependant pas à ce registre). Passé l'introduction d'"Under siege", les musiciens installent un tout autre univers musical et l'adjectif "technique" qui avait été aussi employé pour les décrire prend tout son sens. Misery Signals est donc la référence vers laquelle il faut se tourner si l'on veut donner une meilleur idée de ces anglais. Les mélodies ne sont pas aussi mémorables. Les riffs pas aussi épiques. Qu'à cela ne tienne, The Eyes of a Traitor compense avec des structures cohérentes tout en étant variés.

Finalement, seul le chant n'évite pas les clichés (on a même droit à un "Go !" durant "Escape these walls") en empruntant tout les chemins empruntés par ses pairs. Chant clair typé émo, growl death metal, cri screamo. Les compositions sur lesquels il déploie ses cordes vocales le sont beaucoup moins et bien que plusieurs noms viennent à l'esprit en entendant ce disque, il y a aussi un potentiel flagrant. Les interludes mélodiques au sein des chansons par exemple ou encore l'utilisation de beat electro discret. De petits détails qui font que mes oreilles blasés par des dizaine de groupes à la mode metalcore ou deathcore se retrouvent scotchés.

Trois écoutes complète déjà en seulement une journée et demi et l'envie de revenir à ce disque se fait sentir. Les séances de shred ne sont pas composés seulement pour prouver aux gamines que les musiciens savent se servir de leur doigt. Les breaks et les variations rythmiques s'éloignent suffisamment de tout ce qui peut ressembler à une mosh part pour ne pas me faire soupirer. Même les envolés mélodiques ne sont pas d'importation suédoise et donnent donc à ce disque un caché plus metal que la plupart des groupes qui se revendiquent du genre et ne saurait même pas écrire un riff mémorable si leur vie était en jeux.

Pour une fois, l'enthousiasme des journalistes britannique aura eu raison de moi et m'auront fait découvrir un groupe dont le potentiel mais aussi les qualités actuels en font un prétendant au trône de nouvelle valeur sur de la scène anglaise au coté d'Architects.

Tuesday, February 24, 2009

Dälek - Gutter tactics (Ipecac) 2009


Lors de leur dernier concert au Glaz'art, j'ai eu l'occasion de parler aec un Oktopus en état d'ébriété mais enthousiaste et volubile. Celui ci me confia qu'ils étaient en train de travailler a leur troisième album qu'il me décrivit comme un mélange de Black Sabbath, Joy Division et Jay Dilla. Black Sabbath pour la lourdeur, Joy Divison pour la mélancholie et Jay Dilla pour le travail de sampling et l'ancre urbain et rap de leur musique. Voilà comment je pourrais résumer le son de Dälek en une simple équation. Cependant, celle ci résume tout aussi bien les deux disques précédents du duo et ce Gutter tactics n'est en rien une redite.

Les pieds dans le tarmac, la culture hip hop est toujours au coeur de la musique de Dälek tout en effectuant un nouveau pas en avant dans un univers musical différent. La distinction entre culture et musique est ici pleinement en action. L'intention reste la même mais la tension crée par le conflit des influences est tout autre. En comparaison, Absence sonne aujourd'hui comme un disque de hardcore. Efficace et direct mais presque primaire par rapport a leur développement sonore. Même la scène rap indépendante ne va pas aussi loin que le duo bien que le talent d'El-P a echapper aux régles et aux limitation peut s'entendre en échos dans les sonorités industriels employé par moment. Cependant, quand je parle d'indus, je ne fais pas référence à l'attaque frontale d'il y a deux albums. Le grondement des basse ronde et douce à la fois ne forme plus non plus le gros du disque comme c'était le cas sur Abandoned language.

C'est donc dans un compromis entre ces deux disques qu'a grandit Gutter tactics et qu'il s'épanouit grâce a des sonorités électroniques différentes. Je crois par exemple entendre dans la conclusion d'"Armed with krylon" des reflets des expérimentations sonores de Trent Reznor. Quand à "Collection of muserable thoughts laced with wit" , la timide mélodie qu s'échappe des basse est comparable à celles de Board of Canada. Ajouter a cela leurs collaborations avec Faust et les Young Gods et on obtient un terreau propice à l'expérimentation à la lumière de la connaissance de ces anciens de l'avant garde. Une collection de musiciens qui ne peut s'empêcher de penser toujours trois pas en avance.

Beaucoup plus de corps, de variation, de mélodies, de sonorités chaude... Dälek explore des dizaines d'avenues nouvelles et s'ouvre de nouvelle voie. Le flox de MC Dälek est lui aussi différent. Entre le spoken word et le flow rap, coulant et caressant les compositions, son approche vocale répond aux expérimentations qui le soutiennent. Rien n'est jamais laissé au hasard sur ce disque, pas même la pochette réalisé une nouvelle fois par Paul Romano. Il faudra beaucoup d'effort pour égaler un tel album.

Monday, February 23, 2009

Jedi Mind Tricks - A history of violence (Babygrande) 2008


Deux ans après "Servants in heaven, kings in hell" et le retour de Jus Allah au sein du groupe, n'est pas une révolution mais une simple continuation du chemin emprunté. Un disque sans véritable surprise que l'on pourrait voir comme un passage à vide si ses titres n'étaient pas aussi efficace. Recette d'un paradoxe.

En effet, si le retour de Jus Allah tant annoncé pour faire la promotion de ce disque n'est en fait qu'un petit camouflé puisque celui ci n'apparait que sur peu de chansons, les deux membres principaux de Jedi Mind Tricks sont encore présent et continue de suivre la même recette. Instrumentals gonflés de samples et accrocheuse orné d'un flow rauque et efficace. Le flow de Jus Allah s'est d'ailleurs accomodé a ce changement de voix effectué par Vinnie Paz et lui aussi suit cette tendance mais au détriment de son efficacité.

Pour avoir vu le groupe en concert à l'occasion de leur passage parisien pour faire la promotion de ce disque (dont ils ne jouèrent que peu, voir pas de titres, étrangement), l'homme manque de souffle et ne compense par la virulence de ses propos. Vinnie Paz n'ont plus n'est pas exactement au rendez vous sur ce disque. Alors qu'on le trouvait verbeux et habile de ses mots sur "Servants in heaven ...", il n'a pas de grands moments de bravoure et laisse son flow se faire porter par les compositions de Stoupe, the Enemy of mankind.

Des trois, ce dernier est par contre le plus en forme et ne cesse de composer des mélodies qui font honneur à l'art du sampling. Réputé pour ses musiques comprenant de nombreux samples alors que la plupart des compositeurs du genre s'arrête à deux ou trois, Stoupe travaille minutieusement pour accorder chaque touche autour d'une accroche vocale, bien souvent féminine, mais très efficace et mémorable. Ainsi, si le flow des deux MC manque a l'appel et ne ressort pas avec la même force, le chef d'orchestre fait en sorte que chaque chansons ressortent. Seul "Terror" pâlit en comparaison de ses semblables mais, peut être est ce aussi car elle est placé après deux très bons morceaux, "Sceance of shamans" et "Godflesh" (dont la musique n'a rien a voir avec le groupe du même nom, malheureusement).

"A history of violence" est un album en demi teinte qui sait compenser, d'une part grâce a une suite de morceaux à la hauteur des productions précédentes de Jedi Mind Tricks mais aussi grâce a des featuring bien venus (cinq pour dix titres sans compter l'introduction et les interludes). De quoi se poser des questions si l'on a pas récemment vu le groupe enflammer le public de l'Elysée Montmartre grâce a un show qui en laissera plus d'un avec le regret de ne pas en avoir entendu plus (juste une heure de concert). Jus Allah n'est pas encore totalement de retour mais il est manifestament enthousiaste. Vinnie Paz n'est pas a son meilleur mais il est toujours un très bon MC. Quand a Stoupe, ce disque est un témoignage de son talent et de sa majesté. Pas de raison de s'en faire, si ce disque est en dessous de la moyenne, le groupe est loin d'être fini et se reprendra surement par la suite.

The sons of Talion - And the sky opened (Autoproduction) 2008


De Dismember et d'Entombed est venu In Flames. Puis le son suédois s'est éloigné des pays nordiques et de jeunes américains ont décidés de leur rendre hommages en formant un groupe, The Black Dahlia Murder. Ensuite, les riffs voyagèrent un peu plus loin et arrivèrent en Angleterre où de plus jeunes gamins décidèrent de s'amuser un peu avec tout ça et de former un groupe, Bring Me The Horison. Une traversée de manche plus tard, leurs disques se retrouvent entre les mains de The Sons of Talion qui décide de faire exactement la même chose mais avec une influence In Flames un peu plus prononcée. Même tranche d'age, même public mais pas le même pays. A un détail prêt donc car on pourrait croire à un groupe formé par des frères tant la ressemblance est forte. Le disque est amusant et change tout de même de tout les groupes deathcore aux tempos bas et aux riffs gras. Les moshs pars sont sympathiques et les arpèges fleurissent dans tous les sens. Un vrai groupe bubblegum comme il en existe des tonnes, produit à la chaine, mais suffisamment agréable pour que l'on aille piocher de nouveau dans le paquet de temps à autre. Par contre, pour le prochain album, il faut éviter les passages house, comme celui d'Octopus, qui est aussi malvenu qu'un pet pendant une veillée funéraire.

Blut Aus Nord - Memoria vetusta II : Dialogue with the stars (Candlelight) 2009


Blut Aus Nord a toujours été un groupe dont l'essence même défie la catégorisation. Echapper à la définition. Toujours aller plus loin que les quelques mots derrière lesquels tant d'autres se déguisent. Alors que leur black metal symphonique s'auréolait d'une lueur progressive toujours plus puissante, leur tournant vers des territoires industriels qui surpris et émerveilla. Puis, se fut l'éclosion d'une bête connu sous le nom de "Mort" dont le contenu était un point d'interrogation dressé devant tout les critiques et les passionnés qui avaient brandit le terme de black metal devant eux. Ensuite, après avoir annoncé un retour vers le black metal symphonique d'antan, voilà que le groupe trompe son monde et écrit un disque qui aurait très bien pu se placer avant leur virage industriel. Comme si le fil de la pensée qui les avait amené vers le froid glaciale et mécanique de "The Work which transforms god" avait été interrompu en cours de route pour qu'un rejeton naisse. Donc, quand aujourd'hui parait un disque censé compléter un de leur plus mythique moment pour les adorateurs de la première heure, autant dire que le public avait tout les droits de rester dubitatif.

Le droit, ils l'ont eu, les raisons, ils ne les ont plus. Memoria vetusta deuxième du nom, "Dialogue with the stars", est la suite logique de ce disque qui fut décrit au détour d'un commentaire par un anonyme comme "un album complet de Ye entrancemperium" (pour les novices, il s'agit de la chanson qui suit l'introduction de "Anthems to the welkin at dusk" d'Emperor). L'ombre des papes du black metal symphonique planne de nouveau au dessus de Blut Aus Nord mais l'influence est aujourd'hui digéré et peut presque toiser du regard son ainé. "Memoria vetusta II : Dialogue with the stars" est sans aucun doute un des joyaux de la discographie de Blut Aus Nord. Un album rayonnant qui emprunte tout les habits du black metal symphonique mais les découpe à sa manière pour en faire une toison neuve et superbe qui ne remet pas une seconde en cause leur statut de groupe progressif.

Car comment un groupe qui a toujours vécu sa musique en étant dix pas en avance de tout le monde pourrait sortir un album qui ne soit qu'un retour nostalgique en arrière. Nulle besoin de la Doloréan de Doc Brown, Blut Aus Nord a juste eu besoin de relire sa copie et d'imaginer ce qu'ils auraient put être si ils étaient ce qu'ils sont aujourd'hui. Le "juste" est de trop mais, l'acte est fait de tel manière qu'on le croit simple et évident pour ce groupe indistinct de musiciens.

Plus lumineux donc, les riffs épiques et mélodiques sont de retour. La dissonance d'il y a deux albums est troqué au profit d'une fulgurance métallique enrobé de nappes de clavier discrète. Blut Aus Nord ne cherche toujours pas à s'approcher du piège de la facilité en prenant appui sur quelques réflexe a la Rondo Veneziano mais imagine plutôt sa symphonie comme si elle était composé pour accompagner un périple au sein des montagnes blanches et mystérieuses qui ornaient le premier épisode de cette saga aujourd'hui conclut. Les chansons sont longues mais la durée ne se ressent a aucun moment tant l'on est constamment pris dans les accroches et les surprises. Surpris d'entre ce groupe sonné comme avant mais aussi comme jamais. Les passages où la batterie et la voix se taisent sont les vallées de ce panorama tandis que les accélérations sont autant de sommet a gravir afin de contempler un paysage toujours plus fantastique.

De groupe expérimental, trop pour certain, Blut Aus Nord change aujourd'hui de statut et surprend tout ceux qui les attendaient ailleurs en créant un disque inattendus que beaucoup feront bien d'ajouter a leur liste d'achat urgent et essentiel.